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Assemblée nationale - Le jupon libéral

Bernard Descôteaux   25 octobre 2008  Québec
Les membres de l'Assemblée nationale ont trouvé le moyen de faire une rentrée remarquée après leur long congé estival. Le tout s'est déroulé sur fond de rumeurs d'élections anticipées que Jean Charest serait tenté de déclencher. Dans le contexte de ralentissement économique qui apparaît inévitable, la tenue d'un scrutin n'est pas prioritaire, loin s'en faut.

Ces rumeurs d'élections sont habilement entretenues par les libéraux qui ont ainsi clamé que la défaite de leur candidat à la présidence de l'Assemblée nationale mettait fin à la cohabitation avec les partis d'opposition. Il aurait été pourtant facile d'accepter de bonne grâce que la présidence de la chambre aille à l'opposition. Cela aurait été un vrai geste de cohabitation. Le Parti libéral l'a

refusé péremptoirement.

Le message aux adéquistes et aux péquistes a été le même toute la semaine. Le premier ministre et ses ministres ont émaillé leurs réponses aux questions de l'opposition de provocations qui montrent bien qu'il n'y a de leur part aucune volonté de collaborer. Mais il y a plus, on est sur le pied de guerre, comme le démontre l'incursion réussie dans les rangs adéquistes où on a recruté deux députés.

S'il déclenchait des élections pour le 1er ou le 8 décembre, les deux seules dates possibles cet automne, le premier ministre invoquerait le climat régnant à l'Assemblée nationale et demanderait un mandat fort pour affronter la tempête économique. Mais le jupon dépasse. Il n'y a jamais eu de conditions aussi propices à une victoire libérale, et on veut en profiter.

L'Action démocratique est en désarroi, comme l'a illustré la défection de deux de ses députés jeudi. D'autres pourraient d'ailleurs suivre. Depuis un an, ce parti a retrouvé le niveau de popularité qu'il avait en 2003: il avait alors recueilli 16 % des suffrages et fait élire seulement quatre députés. Le leadership de son chef, Mario Dumont, est atteint. Si une élection avait lieu cet automne, le Parti libéral serait vraisemblablement reporté au pouvoir à la tête d'un gouvernement majoritaire, et le Parti québécois redeviendrait l'Opposition officielle. Même si l'opposition que le PQ livrerait au gouvernement Charest serait plus musclée que celle qu'offre actuellement l'ADQ, les libéraux préfèrent un tel scénario, animés qu'ils sont du désir d'écraser ce parti né d'une scission dans leurs rangs.

Le jupon libéral dépasse tellement que les électeurs, qui n'ont déjà pas apprécié que le gouvernement conservateur dépense 300 millions pour une élection fédérale qui nous a ramenés au point de départ, pourraient être tentés de punir les libéraux de leur opportunisme. Car une élection à ce moment-ci n'aurait aucun autre objet que d'éliminer l'ADQ. Or, sa faiblesse est justement ce qui rend futile la tenue d'un scrutin: la perspective d'être écrasé par les libéraux ne peut que rendre ce parti très coopératif pendant encore plusieurs mois. Les députés adéquistes pourront bien élever le ton à la période des questions, mais, venu le moment de voter les budgets de la ministre des Finances, ils n'auront d'autre choix que de composer avec cette réalité.

Le contexte économique actuel exige au contraire que le premier ministre Charest mette de côté la partisanerie et gouverne avec une certaine hauteur. Ces 18 derniers mois, il a adopté des mesures économiques et financières qui rendent aujourd'hui l'économie québécoise moins vulnérable que celle de l'Ontario au ralentissement qui s'annonce. Même s'ils n'avaient pas été conçus à des fins de sécurité publique, ces programmes tombent à point et génèrent une activité économique au moment où on en a besoin. Il faudra faire plus toutefois car la situation est préoccupante, en dépit des paroles rassurantes de la ministre des Finances.

Le principal défi du gouvernement Charest est d'élaborer une réponse concertée au ralentissement économique pour en limiter les effets. Pour ce faire, il doit mobiliser l'ensemble des acteurs socioéconomiques, comme d'autres gouvernements québécois l'ont fait lorsqu'ils ont été confrontés aux mêmes défis. Rappelons-nous le succès qu'avait eu la Corvée Habitation lors de la récession du début des années 80. Si le premier ministre réussit cette mobilisation, les partis d'opposition ne seront pas en mesure de lui mettre des bâtons dans les roues. Tout au contraire, il pourra se présenter devant les électeurs dans 12 ou 24 mois avec un bilan qui lui vaudra alors la reconnaissance des électeurs.
 
 
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  • Bernard Gervais
    Abonné
    samedi 25 octobre 2008 02h02
    Délivrez-nous des élections !
    Bien sûr que la tentation est grande pour les libéraux de déclencher de nouvelles élections, surtout en raison de la faiblesse actuelle de l'ADQ.

    Cependant, pas besoin de faire des sondages pour savoir qu'une vaste majorité de Québécois y sont opposés, surtout qu'on vient à peine de sortir d'une campagne électorale fédérale qui a coûté près de 300 millions $ dont la tenue s'est finalement avérée (sauf peut-être pour le PLC en Ontario) inutile.

    Charest a été élu à la tête d'un gouvernement minoritaire il y a moins de deux ans. Bon sang, qu'on nous laisse respirer un peu. Les gens ont autre chose à faire, croyez-moi !

  • René Latendresse
    Inscrit
    samedi 25 octobre 2008 02h30
    Le navire lève l'ancre : Tous à bord pour les élections!
    Votre propos est incohérent. Vous dites d'une part, et je vous cite : "Si une élection avait lieu cet automne, le Parti libéral serait vraisemblablement reporté au pouvoir à la tête d'un gouvernement majoritaire". Du même souffle vous ajoutez qu'une "élection à ce moment-ci n'aurait aucun autre objet que d'éliminer l'ADQ." Vous concluez en disant qu'il serait préférable que Jean Charest attende un peu de façon à pouvoir "se présenter devant les électeurs dans 12 ou 24 mois avec un bilan qui lui vaudra alors la reconnaissance des électeurs." Votre contradiction est patente et ne laisse pas d'étonner. Et tout le monde sait que d'une contradiction on peut déduire n'importe quoi!
    Soyons un tant soi peu réaliste et pragmatique un instant. N'avez-vous pas reconnu vous-même que si Jean Charest déclenche des élections cet automne, il obtiendra une majorité? Là-dessus je pense que la plupart des analystes partagent votre avis, moi y compris. Certainement, Jean Charest, le principal intéressé, le partage aussi. Quel autre argument vous faut-il? Quant à vos prétentions douteuses qu'il faut d'abord mobiliser les principaux acteurs sociaux pour affronter la tourmente économique qui se profile à l'horizon afin que le PLQ puisse présenter dans 12 ou 24 mois un bilan qui suscitera la "reconnaissance de l'électorat", je trouve votre analyse d'une rare naïveté. Qui peut dire quelle sera la température du thermomètre électoral dans 12 ou 24 mois? Et de toute façon, les partisans d'un déclenchement automnal n'y verront qu'un argument supplémentaire. Car il peut être légitime de prétendre qu'en ces temps difficiles, il est plus important que jamais pour le grand timonier du Québec de pouvoir disposer d'un mandat fort que seul une majorité peut procurer. Il pourra ainsi affronter avec toute la résolution, la force et la confiance nécessaires la tempête économique qui sévit actuellement. Et avec un seul capitaine au commande du gouvernail, bien installé à la barre pour une période de 4 ans, la perspective de voir le navire du Québec arriver à bon port malgré les eaux troubles semblera plus prometteuse aux québécois que s'il est livré, comme c'est malheureusement le cas actuellement, a une mutinerie larvée qui risque fort de faire échouer l'équipage et, à terme, transformer l'Assemblée nationale en un cortège de joyeux naufragées! Voilà une perspective guère réjouissante s'il en est une. Et s'il est vrai que le jupon libéral dépasse un peu, il y a foule sous le jupon de Pauline Marois et rien sous les jupes de Mario Dumont!

  • Denis Beaulé
    Abonné
    samedi 25 octobre 2008 04h16
    En plein d'dans
    « une élection à ce moment-ci n'aurait aucun autre objet que d'éliminer l'ADQ. Or, sa faiblesse est justement ce qui rend futile la tenue d'un scrutin ».

  • Gilles Bousquet
    Inscrit
    samedi 25 octobre 2008 09h45
    Souhait corrigé
    S'il n'y a pas de pouvoir pour les Libéraux sans unité, alors, on leur souhaite d'être désunis pour la vie...merci.

    Avec leur rapatriement et leurs amendements de la constitution de 1982 malgré le refus du Québec, ils mériteraient la disparition...rien de moins.

  • Gilles Bousquet
    Inscrit
    samedi 25 octobre 2008 09h59
    Ménage québécois à 3 ou à 2 ?
    Est-ce que le ménage à trois à notre Assemblée nationale va durer ?

    Les Québécois auront à choisir entre le PLQ très provincial et full-fédéraliste de M. Charest, L'ADQ qui devrait mieux définir, en fin de semaine, comment il va pouvoir entrer son autonomie entre les dents du fédéral et le PQ qui dévoilera ce matin son Manifeste pour la souveraineté et un argumentaire pour convaincre les Québécois d'adhérer au projet souverainiste.

    Quel parti aura la meilleure recette pour plaire et est-ce que le ménage québécois reviendra à 2 partis ? Probable.

  • Pierre-S Lefebvre
    Inscrit
    samedi 25 octobre 2008 10h03
    La Constitution à rouvrir selon Dumont
    Il n`y a pas si longtemps Dumont prêchait la création d`une Constitution du Québec. Le temps a passé et il a remisé le dossier. Telle une girouette il nous dit vouloir rouvrir la Constitution fédérale de 1982. La prochaine fois ce sera la Constitution de l`ADQ. Dumont continue son périple éphémère mais la plupart des québécois n`embarquent plus dans son train de perfidies. IL n`a plus la crédibilité requise pour convaincre les citoyens plus sages que sa campagne vide de sens et son leadership enfantin.

  • roger montreal
    Abonné
    samedi 25 octobre 2008 10h06
    Le vrai visage de CHAREST
    Mais pour que CHAREST reste crédible dans la population ,il va devoir cacher son arrogance qu il a eu cette semaine /cachez se défaut mais le naturel revient aussitôt/
    Nous avons vu cette semaine le vrai visage de CHAREST arrogant méprisent têtu il se pensait le ROI dans l'ASSEMBLÉ NATIONAL.
    LE PREMIER MINISTRE avait subit une défaite aux mains de l opposition quel horreur.
    ROGER MONTREAL

  • Jean Pierre Bouchard
    Inscrit
    samedi 25 octobre 2008 19h35
    Chèque en blanc pour Charest?
    À l'époque où le taux de participation est plus bas que jamais, comment s'imaginer que quelque parti que ce soit puisse avoir le vent dans les voiles. Le PLQ devrait se méfier de ces sondages largement estivaux qui l'ont favorisé depuis quelques mois lorsqu'en fait c'est son service de propagande gouvernementale qui l'a soutenu dynamisé par la condition d'une gouvernance minoritaire. Un travail de communication du parti au pouvoir n'est pas synonyme d'un bon bilan.

    P.Marois ne fait pas courir les foules toutefois son expérience ministérielle la rend crédible pour remplacer Charest comme premier ministre. Les soixante pour cent de Québécois qui voudront exercer leur droit de vote parce qu'ils croient encore que la politique ne doit pas être sous contrôle complètement des politiciens ne procureront pas nécessairement un chèque en blanc à Charest.

  • Michelle Bergeron
    Abonné
    samedi 25 octobre 2008 20h10
    Seulement un an et quelques mois c'est totalement abusif
    Incapable de gouverner minoritaire M. Charest? Majoritaire on a dit non. Avant de déclencher des élections je cherche à savoir à combien est rendu notre bas de laine? Est-ce si terrible? M. Charest vous avez changer les règles de la caisse de dépôt passant de 30 à 50% pour des produits boursiers. Si je calcul bien c'est 253 milliards divisé en 2= 125 milliards si les pertes sont entre 20 et 30% ce qui veut dire de 25 milliards à 41 milliards 125 millions de perte? Peut t'on connaitre aussi le montant des pertes du parpier commercial?

  • Jacques Gagnon
    Abonné
    dimanche 26 octobre 2008 13h19
    Un défi de taille : simuler l'action par l'immobilisme !
    Si les Conservateurs n'avaient pas déclenché les élections fédérales, nous en aurions une au Québec, ça c'est sûr.

    Monsieur Charest n'en déclenchera pas parce que le temps lui manque et les électeurs en ont marre.

    Or donc, il doit agir pour contrer la crise financière. Bien que La Sacoche et son Premier tentent de nous faire croire qu'ils l'avaient vu venir, ils ne pourront tenir longtemps cette farce comme mesure de lutte économique. Madame Sacoche me fait penser à ces vieilles dames qui nous payaient en «paparman» pour faire les commissions. Il va falloir autre chose que ramasser les cents et les «paparman».

    Mais voilà, monsieur Premier pratique l'inaction comme remède universel aux maux économiques. La seule action qu'il a appris, c'est que l'investissement dans les infrastructures, c'est pas de la «mauvaise dette». Son plan Nord pourrait être rebaptisé Utopie nordique, car ce lieu nouveau de l'utopie doit être aussi l'utopie autochtone, ce qui est loin d'être fait, et la crise elle, se passe maintenant.

    Il n'y a aucun entrepreneur dans ce gouvernement et on ne voit pas poindre le leadership qui pourrait remettre en question le rôle de l'état et stimuler la croissance économique. Ce rôle ne se résume pas à ramasser les sous dans sa sacoche.

    ....

  • Michel Samson
    Abonné
    dimanche 26 octobre 2008 14h10
    La brutale réalité des choses....
    ...d'aujourd'hui fait en sorte que la seule personne apte à siéger comme premier ministre serait une Première Ministre.Sa maturité et ses aptitudes la placent loin devant Jean Charette et laisse Super Mario loin dans les plates-bandes. Sauf que des chefs sans parti, c'est triste.

    Il y eut une époque où les programmes électoraux signifiaient quelque chose, excitaient la tronche. Aujourd'hui ils sont devenus des concoctions de derviches-tourneurs, des formules toutes faites parce que les débats d'idées se défendent mal et que «coalition» est un mot que l'on comprend peu.

    Quelque soit le parti et malgré ces gigantesques opérations d'assemblées annuelles de parti, l'incidence sur les programmes n'a que peu d'importance parce que les promesses mourront de leur belle mort en deça de la première année.

    Certaines de ces promesses naissent le jour même de l'élection : un élu encore sous le choc s'imagine oint de la force divine et s'invente une cause nouvelle telle que nous inventa celui qui s'auto-mandata grand éliminateur du «No-fault» en assurance-automobile. Vous vous souvenez ? Ses amis avocats se frottaient déjà les mains. Ils en auront étés quittes pour un «No-fault» dans l'élimination du «No-fault». Ce sera peut-être pour une autre fois.

    Le reste des orientations, et de leurs soeurs, les promesses est à l'avenant, quelque soit le parti. Ronflantes, supposément populaires, évidemment issues de la base (outch), et apte à engager le Québec d'aujourd'hui dans l'aventure de demain. Vous voyez le genre.

    Dans le fond du fond, pourquoi ne veut-on pas d'élections maintenant et pourquoi la campagne qui la précéderait nous horripile tant juste à l'idée de devoir l'endurer ? Simplement parce que nous venons de nous faire rouler dans la farine, deux semaines passées, et que nous en avons assez de nous faire prendre pour des éperlans. Euh! enfin... Encore là, vous voyez le genre.

    Si les Co-locs pouvaient nous préparer un programme, nous aurions peut-être quelques bonnes idées à nous mettre dans le neurone, ce grand solitaire...

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