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Le Conseil de la souveraineté devrait faire une place à l'UFP et au RIQ, dit Parizeau

Clairandrée Cauchy   24 février 2003  Québec
Photo : Jacques Nadeau
L'ancien premier ministre Jacques Parizeau croit que le Conseil de la souveraineté devrait faire une place à l'Union des forces progressistes (UFP) et au Rassemblement pour l'indépendance du Québec (RIQ).

«Il y a plus de souverainistes que de péquistes. Le PQ n'a rien à perdre et tout à gagner à ce qu'il y ait un forum, qui n'est pas contrôlé par lui, où les souverainistes peuvent échanger leurs points de vue. On peut être d'accord sur la souveraineté et avoir des visions assez différentes de la société qu'on veut construire», a-t-il déclaré hier lors d'un brunch de financement de l'Association du Bloc québécois (BQ) de Hochelaga-Maisonneuve.

Le président du Conseil de la souveraineté, Gérald Larose, avait expliqué lors de l'assemblée de fondation, le 10 février, que seuls les partis qui comptent des élus avaient été invités à faire partie de l'organisme.

Dans son discours aux militants bloquistes, M. Parizeau s'est réjoui de voir la souveraineté récolter 45 % d'appui dans le dernier sondage: «C'est phénoménal, après deux mandats qui n'ont pas été des plus faciles, où le gouvernement a dû dire non plus souvent qu'à son tour [en raison du contexte budgétaire difficile].» Il a mis en garde le PQ contre ses «vieux démons», qui pourraient l'inciter à mettre l'option souverainiste en veilleuse pour ratisser plus large en campagne électorale.

Il a dénoncé le gouvernement fédéral, qui a réduit ses transferts aux provinces au moment où le Québec cherchait à atteindre le déficit zéro, pour ensuite réinvestir en faisant fi des champs de compétence du gouvernement québécois.

Alors qu'il est «dans les câbles» financièrement, le gouvernement du Québec a néanmoins réussi à instaurer des mesures progressistes importantes, soutient l'ancien premier ministre. Il a notamment fait référence aux garderies à 5 $ par jour et à l'assurance-médicaments. «C'est pour cela que cela nous fait mal quand des gens cherchent à nous faire croire qu'on est à droite», a poursuivi le ténor souverainiste, qui compte bien multiplier les apparitions publiques pour soutenir le PQ d'ici à la prochaine élection.

Bons d'éducation : des ghettos scolaires

Déjà en mode électoral, Jacques Parizeau a mené une charge à fond de train contre l'Action démocratique du Québec, qui «recule dans les sondages au fur et à mesure que leur programme électoral est connu».

Il s'est insurgé contre la proposition adéquiste des bons d'éducation: «C'est évident que cela peut créer des ghettos, où chaque groupe d'intérêt, chaque groupe d'origine ethnique va chercher son école. On s'est saigné à blanc pour monter un système scolaire qui a du bon sens, on va le faire éclater en petits morceaux.» Il a illustré son propos en donnant l'exemple des raéliens qui pourraient utiliser le financement pour envoyer leurs enfants dans une même école.

« Des cow-boys à Washington »

Le chef du Bloc québécois, qui prenait aussi la parole au cours de l'événement, a réitéré la position québécoise contre une guerre en Irak.

«Suivra-t-on Donald Rumsfeld [le secrétaire d'État américain à la Défense], qui n'exclut pas le recours à l'arme chimique et même nucléaire contre l'Irak. Il y a peut-être une dictature à Bagdad, mais il y a des cow-boys à Washington», a-t-il déclaré en substance.

Le leader souverainiste souhaite que les députés puissent se prononcer à la Chambre des communes sur la participation à une guerre: «Les élus se sont exprimés pour la Deuxième Guerre mondiale, pour la participation à la guerre de Corée et pour celle du Golfe. Mais depuis que les libéraux sont au pouvoir, on ne vote plus. La guerre ou la paix, c'est suffisamment important pour voter», s'est-il exclamé.

Dans trois semaines, le Bloc québécois invitera d'ailleurs les ambassadeurs en poste au pays à une rencontre pour expliquer la position du Québec face à une guerre. «Nous leur expliquerons que, non, la manifestation qui a réuni 150 000 personnes à Montréal n'était pas un événement souverainiste, mais que si le Québec était souverain, nous serions en faveur de la paix», a précisé Gilles Duceppe.
 
 
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