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Fromagers: Québec tente de réparer les pots cassés

Antoine Robitaille   4 octobre 2008  Québec
Québec — Québec n'indemnisera pas les fromagers et détaillants qui ont perdu gros dans la crise de la listériose, mais il a annoncé hier un plan de 8,2 millions sur trois ans pour réparer les pots cassés. Ce plan a été présenté par le ministre de l'Agriculture, Laurent Lessard, comme étant «d'abord» une occasion de «rassurer» les consommateurs québécois.

Outre trois mesures sanitaires visant à améliorer le contrôle de la qualité et à intégrer de «bonnes pratiques» chez les détaillants, le plan comporte une dimension d'aide financière aux fromagers et aux détaillants touchés. D'abord, le ministère de l'Agriculture accordera des prêts sans intérêt d'un an pouvant atteindre 250 000 $ aux entreprises aux prises avec des problèmes importants de liquidités en raison de la crise de la listériose. Il accordera aussi jusqu'à 50 000 $ en subventions aux détaillants qui voudront regarnir leurs tablettes de fromages québécois.

Le plan comprend aussi une campagne publicitaire pour inciter les Québécois à redécouvrir les fromages d'ici. La conférence de presse a eu lieu dans le centre commercial Petit Cartier, sur l'avenue du même nom à Québec, dont un des commerçants, Les Petits Délices, a été durement affecté par la crise reliée à la bactérie listéria. Un des propriétaires de ce commerce, Benoît Carbonneau, se disait très satisfait du plan du ministère hier.

La main à la pâte

Après la conférence de presse, le ministre a lui-même tendu un plateau de fromages aux médias, commerçants et fonctionnaires présents en lançant des «allez, donnez l'exemple, mangez du fromage!». Plus tard dans la journée, une rumeur a été lancée dans des médias selon laquelle «la moitié des fromages présentés étaient fabriqués par le géant de la transformation Saputo». Après vérification auprès du détaillant Les Petits Délices, on nous a affirmé qu'aucun des fromages servis ne provenait directement ou indirectement de chez Saputo.

Virulentes oppositions

Le plan du ministre n'a pas impressionné les partis d'opposition, qui ont critiqué en termes durs le ministre Lessard pour sa gestion de l'affaire. Le porte-parole adéquiste en matière d'agriculture, Albert De Martin, estime que M. Lessard applique maintenant des mesures déjà suggérées en 2005 dans le rapport de Luc Mailloux (frère du fameux Doc et fromager artisanal lui-même). Selon M. De Martin, l'application de ce rapport aurait permis d'éviter la crise. Au sujet du plan Mailloux, l'adéquiste a lancé: «Ç'a coûté quelques dizaines de milliers de dollars aux contribuables québécois. Ce rapport prévenait justement [le ministre] d'une crise et lui donnait les moyens de la prévenir. Le ministre et le MAPAQ n'ont rien fait. Encore un rapport qui a été tabletté.»

Le principal intéressé, M. Mailloux, était présent à la conférence de presse du ministre hier. Il estime qu'il est évident qu'après une crise de ce type, «il est toujours possible de dire qu'on aurait pu faire telle ou telle chose». Sauf qu'à ses yeux «le risque zéro n'existe tout simplement pas». Il soutient qu'il faut «regarder vers l'avenir» et qu'avec le plan du ministre, «on est partis dans le bon sens». Reste une chose peut-être: il faudrait «que le ministre mette un peu d'eau de Javel dans son ministère aussi», a-t-il dit en faisant référence à certains «incompétents» qui, selon lui, y sévissent.

Aux yeux de la porte-parole péquiste Agnès Maltais, le plan constitue un «strict minimum» qui a d'abord pour but de «redorer l'image» du ministre Laurent Lessard, qui n'a «pas vu venir la crise». Mme Maltais a rappelé qu'un rapport datant de 2005 au sein du ministère de l'Agriculture proposait l'adoption de «meilleures pratiques» qui auraient permis d'éviter la crise. Mme Maltais a raconté des «histoires d'horreur» de commerçants de son quartier qui ont vu certains de leurs stocks saisis et détruits par le MAPAQ pour ensuite avoir été tenus dans l'ignorance totale.






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  • Pierre-S Lefebvre
    Inscrit
    samedi 4 octobre 2008 10h20
    Réactionnaire Charest pour cause
    « Sentez-vous des élections pointer à l`horizon? Corriger des mesures impopulaires font justice aux dépourvus du marché des producteurs et détaillants du fromage. Par contre des coups de sonde de l`opinion publique démontrent que son gouvernement pourrait se retrouver en sables mouvants, au moment de déclencher des élections anticipées. »

  • Normand Chaput
    Abonné
    samedi 4 octobre 2008 11h20
    quelle crise?
    « comment un ministre peut-il voir venir une crise qui n'existe pas? Ce ne fut qu'une crise de jalousie du fonctionnaire chargé de l'affaire, envieux de son confrère de l'Ontario qui faisait la sellette. »

  • Aurel Godmaire
    Inscrit
    samedi 4 octobre 2008 11h22
    Crise sur le fromage
    « Si le gouvernement n'avait pas réagis et que des personnes auraient été malade. tout le Québec aurait trouvé cela abominal, crier haut dehors ce gouvernement. Soyons raisonnable et dite-vous bravo au gouvernement »

  • André Audette
    Abonné
    samedi 4 octobre 2008 11h48
    les fromages d'Alexis de Portneuf
    « c'est bien vrai que les fromages de la fromagerie Alexis de Portneuf présentés par le ministre Lessard sont fabriqués par une fromagerie appartenant au groupe Saputo.La fromagerie Cayer de Portneuf a en effet été achetée il y a quelques années par Saputo. »

  • Roland Berger
    Abonné
    samedi 4 octobre 2008 15h17
    Une farce
    « L'attitude du gouvernement envers le fromager pourrait se traduite ainsi : « Je sais que je t'ai ruiné mais t'en fait pas, je vais te prêter de l'argent. »
    Roland Berger
    St-Thomas, Ontario »

  • Gilles Bousquet
    Inscrite
    dimanche 5 octobre 2008 14h23
    C'est qui les nonos ?
    « Les gars de Québec ou du MAPAQ "je ne sais pas qui", ont décidé de tout jeter le fromage sur lequel ils ont mis la main : enveloppé ou non, sain ou pas sans distinction. Maintenant, ils disent : c'était pour vous sauver la vie.

    Allô les nonos ! Le genre à faire brûler une maison parce que le toit coule un peu afin de sauver la vie de ses propriétaires vu qu'il pourrait y avoir des champignons dans les murs suite à l'humidité accumulé. »

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