Fromagers: Québec tente de réparer les pots cassés
Québec — Québec n'indemnisera pas les fromagers et détaillants qui ont perdu gros dans la crise de la listériose, mais il a annoncé hier un plan de 8,2 millions sur trois ans pour réparer les pots cassés. Ce plan a été présenté par le ministre de l'Agriculture, Laurent Lessard, comme étant «d'abord» une occasion de «rassurer» les consommateurs québécois.
Outre trois mesures sanitaires visant à améliorer le contrôle de la qualité et à intégrer de «bonnes pratiques» chez les détaillants, le plan comporte une dimension d'aide financière aux fromagers et aux détaillants touchés. D'abord, le ministère de l'Agriculture accordera des prêts sans intérêt d'un an pouvant atteindre 250 000 $ aux entreprises aux prises avec des problèmes importants de liquidités en raison de la crise de la listériose. Il accordera aussi jusqu'à 50 000 $ en subventions aux détaillants qui voudront regarnir leurs tablettes de fromages québécois.
Le plan comprend aussi une campagne publicitaire pour inciter les Québécois à redécouvrir les fromages d'ici. La conférence de presse a eu lieu dans le centre commercial Petit Cartier, sur l'avenue du même nom à Québec, dont un des commerçants, Les Petits Délices, a été durement affecté par la crise reliée à la bactérie listéria. Un des propriétaires de ce commerce, Benoît Carbonneau, se disait très satisfait du plan du ministère hier.
La main à la pâte
Après la conférence de presse, le ministre a lui-même tendu un plateau de fromages aux médias, commerçants et fonctionnaires présents en lançant des «allez, donnez l'exemple, mangez du fromage!». Plus tard dans la journée, une rumeur a été lancée dans des médias selon laquelle «la moitié des fromages présentés étaient fabriqués par le géant de la transformation Saputo». Après vérification auprès du détaillant Les Petits Délices, on nous a affirmé qu'aucun des fromages servis ne provenait directement ou indirectement de chez Saputo.
Virulentes oppositions
Le plan du ministre n'a pas impressionné les partis d'opposition, qui ont critiqué en termes durs le ministre Lessard pour sa gestion de l'affaire. Le porte-parole adéquiste en matière d'agriculture, Albert De Martin, estime que M. Lessard applique maintenant des mesures déjà suggérées en 2005 dans le rapport de Luc Mailloux (frère du fameux Doc et fromager artisanal lui-même). Selon M. De Martin, l'application de ce rapport aurait permis d'éviter la crise. Au sujet du plan Mailloux, l'adéquiste a lancé: «Ç'a coûté quelques dizaines de milliers de dollars aux contribuables québécois. Ce rapport prévenait justement [le ministre] d'une crise et lui donnait les moyens de la prévenir. Le ministre et le MAPAQ n'ont rien fait. Encore un rapport qui a été tabletté.»
Le principal intéressé, M. Mailloux, était présent à la conférence de presse du ministre hier. Il estime qu'il est évident qu'après une crise de ce type, «il est toujours possible de dire qu'on aurait pu faire telle ou telle chose». Sauf qu'à ses yeux «le risque zéro n'existe tout simplement pas». Il soutient qu'il faut «regarder vers l'avenir» et qu'avec le plan du ministre, «on est partis dans le bon sens». Reste une chose peut-être: il faudrait «que le ministre mette un peu d'eau de Javel dans son ministère aussi», a-t-il dit en faisant référence à certains «incompétents» qui, selon lui, y sévissent.
Aux yeux de la porte-parole péquiste Agnès Maltais, le plan constitue un «strict minimum» qui a d'abord pour but de «redorer l'image» du ministre Laurent Lessard, qui n'a «pas vu venir la crise». Mme Maltais a rappelé qu'un rapport datant de 2005 au sein du ministère de l'Agriculture proposait l'adoption de «meilleures pratiques» qui auraient permis d'éviter la crise. Mme Maltais a raconté des «histoires d'horreur» de commerçants de son quartier qui ont vu certains de leurs stocks saisis et détruits par le MAPAQ pour ensuite avoir été tenus dans l'ignorance totale.
Outre trois mesures sanitaires visant à améliorer le contrôle de la qualité et à intégrer de «bonnes pratiques» chez les détaillants, le plan comporte une dimension d'aide financière aux fromagers et aux détaillants touchés. D'abord, le ministère de l'Agriculture accordera des prêts sans intérêt d'un an pouvant atteindre 250 000 $ aux entreprises aux prises avec des problèmes importants de liquidités en raison de la crise de la listériose. Il accordera aussi jusqu'à 50 000 $ en subventions aux détaillants qui voudront regarnir leurs tablettes de fromages québécois.
Le plan comprend aussi une campagne publicitaire pour inciter les Québécois à redécouvrir les fromages d'ici. La conférence de presse a eu lieu dans le centre commercial Petit Cartier, sur l'avenue du même nom à Québec, dont un des commerçants, Les Petits Délices, a été durement affecté par la crise reliée à la bactérie listéria. Un des propriétaires de ce commerce, Benoît Carbonneau, se disait très satisfait du plan du ministère hier.
La main à la pâte
Après la conférence de presse, le ministre a lui-même tendu un plateau de fromages aux médias, commerçants et fonctionnaires présents en lançant des «allez, donnez l'exemple, mangez du fromage!». Plus tard dans la journée, une rumeur a été lancée dans des médias selon laquelle «la moitié des fromages présentés étaient fabriqués par le géant de la transformation Saputo». Après vérification auprès du détaillant Les Petits Délices, on nous a affirmé qu'aucun des fromages servis ne provenait directement ou indirectement de chez Saputo.
Virulentes oppositions
Le plan du ministre n'a pas impressionné les partis d'opposition, qui ont critiqué en termes durs le ministre Lessard pour sa gestion de l'affaire. Le porte-parole adéquiste en matière d'agriculture, Albert De Martin, estime que M. Lessard applique maintenant des mesures déjà suggérées en 2005 dans le rapport de Luc Mailloux (frère du fameux Doc et fromager artisanal lui-même). Selon M. De Martin, l'application de ce rapport aurait permis d'éviter la crise. Au sujet du plan Mailloux, l'adéquiste a lancé: «Ç'a coûté quelques dizaines de milliers de dollars aux contribuables québécois. Ce rapport prévenait justement [le ministre] d'une crise et lui donnait les moyens de la prévenir. Le ministre et le MAPAQ n'ont rien fait. Encore un rapport qui a été tabletté.»
Le principal intéressé, M. Mailloux, était présent à la conférence de presse du ministre hier. Il estime qu'il est évident qu'après une crise de ce type, «il est toujours possible de dire qu'on aurait pu faire telle ou telle chose». Sauf qu'à ses yeux «le risque zéro n'existe tout simplement pas». Il soutient qu'il faut «regarder vers l'avenir» et qu'avec le plan du ministre, «on est partis dans le bon sens». Reste une chose peut-être: il faudrait «que le ministre mette un peu d'eau de Javel dans son ministère aussi», a-t-il dit en faisant référence à certains «incompétents» qui, selon lui, y sévissent.
Aux yeux de la porte-parole péquiste Agnès Maltais, le plan constitue un «strict minimum» qui a d'abord pour but de «redorer l'image» du ministre Laurent Lessard, qui n'a «pas vu venir la crise». Mme Maltais a rappelé qu'un rapport datant de 2005 au sein du ministère de l'Agriculture proposait l'adoption de «meilleures pratiques» qui auraient permis d'éviter la crise. Mme Maltais a raconté des «histoires d'horreur» de commerçants de son quartier qui ont vu certains de leurs stocks saisis et détruits par le MAPAQ pour ensuite avoir été tenus dans l'ignorance totale.
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