vendredi 27 novembre 2009 Dernière mise à jour 13h38


Chercher

Inscrivez-vous (gratuit)
Mot de passe oublié?
Abonné papier? Connexion
S'abonner au Devoir
Publicité

Le plan Charest - Pourquoi le Nord?

Jean-Robert Sansfaçon   2 octobre 2008  Québec
Le premier ministre Jean Charest a trouvé trois grandes causes à défendre à la veille d'une prochaine élection: la mobilité de la main-d'oeuvre; la négociation d'un accord de libre-échange avec l'Europe; le développement économique du Grand Nord. Sans vouloir minimiser la nouvelle «vision» de ce gouvernement, on peut s'interroger sur sa portée.

Dans certains secteurs comme la santé, le Québec fait face à des besoins qu'il est difficile de combler à cause des conditions posées par les corporations ou de la réglementation en vigueur. Il faut donc saluer l'initiative du premier ministre.

Cela dit, ce n'est pas demain la veille qu'un omnipraticien français pourra pratiquer chez nous sans autre formalité que de chercher un hôpital prêt à le recevoir. Par ailleurs, il faut aussi être conscient qu'une plus grande mobilité favorise l'exode de travailleurs spécialisés quand leurs conditions de travail sont moins intéressantes ici qu'ailleurs. La mobilité n'a pas que des avantages, surtout lorsqu'il y a pénurie.

Pour ce qui est d'un éventuel traité de libre-échange avec l'Europe, le projet ne date pas d'hier: Pierre Elliot Trudeau en avait fait un axe important de sa politique de diversification du commerce, sans succès. M. Charest aurait-il des arguments plus convaincants pour amener l'Union européenne à une table de négociation? On en doute...

Quant au Plan du Nord sur lequel M. Charest semble tabler le plus, il y a bien sûr l'hydroélectricité, mais pour le reste, la réalité invite à la modestie.

À Québec, on parle de construire des routes et des infrastructures, mais pourquoi? Pour y attirer les touristes? Sans doute, mais quand même!

En fait, la vraie raison, ce sont les ressources minières. Or, voilà une industrie très cyclique et peu intéressante en matière de retombées économiques... sans parler des retombées environnementales.

Il y a un an, on ne comptait plus les projets. Grâce à la forte demande mondiale et aux prix élevés, la valeur des titres de ressources en Bourse atteignait des sommets, ce qui facilitait la recherche de capitaux. Dans la région de Lebel-sur-Quévillon, Breakwater a même dû faire venir des mineurs tunisiens faute d'avoir trouvé sur place des ouvriers compétents.

Mais voilà, depuis deux mois, la source de capitaux est à sec, les prix ont chuté (sauf pour l'or) et compte tenu des coûts d'exploitation à la hausse, la plupart des sociétés retardent ou annulent leurs projets. À moins d'une relance peu probable à court terme, il faudra peut-être attendre des années avant de revivre la frénésie de 2007.

Si le gouvernement Charest veut prouver qu'il est le mieux placé pour stimuler une économie de plus en plus fragile, ce n'est pas vers les mines, le tourisme ou les forêts qu'il doit attirer l'attention des électeurs, mais vers des projets à forte valeur ajoutée, tant dans la fabrication que dans les services.

Comme l'avait réussi le gouvernement du Parti québécois au lendemain de la récession de 1991, le prochain gouvernement du Québec doit identifier ces secteurs d'avenir pour les jeunes Québécois et profiter de la crise actuelle pour mettre en place les infrastructures et les incitatifs indispensables pour prendre ensemble le prochain virage vers une économie essentiellement basée sur le savoir, la créativité et la capacité de concurrencer les pays les plus avancés.






Envoyer
Fermer

Haut de la page
Cet article vous intéresse?
Partager
Digg Facebook Twitter Delicious
 

Vos réactions

Triez : afficher les commentaires 
  • Marjolaine Beausoleil
    Inscrite
    jeudi 2 octobre 2008 05h10
    plan charest. pourquoi le Nord
    « Pourquoi le Nord, parce qu`il est là, et qu`il est à développer. Le savez-vous que le Québec est un grand territoire et il n`y a presque personne à l`intérieur.Parlez des vrais affaires..Les familles qui ne manquent pas d`argent et qui n`encouragent pas leurs jeunes à étudier..Les parents sont ailleurs...Les quartiers qui ne sont plus des quartiers...et ca c`est pas la faute de Harper
    marjolaine1007@hotmail.com »

  • jpthoma1
    Abonné
    jeudi 2 octobre 2008 07h16
    Il y a longtemps que vous êtes venu dans le Nord monsieur Sanfaçon!
    « Que d'affirmations gratuites dans votre texte.

    Vous affirmez que "l'industrie minière est très cyclique et peu intéressante en matière de retombées économiques". Mon cher monsieur, si vous venez en Abitibi, vous allez réaliser qu'en pleine crise forestière, il y a pratiquement plein emploi ici et le taux de vacances dans les logements est nul. La construction est en surchauffe et tous ceux qui veulent travailler et font l'effort de se former se trouvent un emploi. Et tout ça grace au boom minier.

    Actuellement, les principaux projets miniers en développement ici et dans le nord nécessiteront des investissements d'au moins 3,5 milliards de dollars au cours des prochaines années. Et contrairement à ce que vous affirmez, un seul de ces projets a dû être reporté. Tous les autres se poursuivent selon l'échéancier prévu(Lapa, LaRonde II, Opinaca, Lac Bloom....).

    L'industrie est cyclique vous dites. "So what"! Elle l'est pour tout le monde. Si nous ne développons pas nos ressources minières, d'autres pays le feront car les consommateurs comme vous continuent d'utiliser nos métaux et minéraux dans leur vie quotidienne (votre maison, votre auto, votre ordinateur, votre cuisinière, ....).

    Par la suite, vous dites que ce n'est pas par les ressources naturelles, mais par le manufacturier et les services qu'il faut développer le nord.

    Ici, on appelle cette affirmation "la joke des bien-pensant du sud!". Monsieur Sanfaçon, il y a une seule route qui mêne ici et dans le nord (la 117 et la route de la Baie James) et ce n'est pas une autoroute. Le chemin de fer est archaïque et je vous parlerai pas des vols aériens qui dimuinuent d'années en années. On ne peut développer le manufacturier dans de telles conditions. Tout investisseur qui a le minimum de connaissance économique installera son entreprise à proximité des marchés, pas en bordure du lac Sakami!!!!

    Oui, on peut faire de la valeur ajoutée, mais oubliez-ca l'aérospatiale et la haute technologie à Matagami ou Chibougamau.

    Vous savez monsieur Sanfaçon, les régions Abitibi-Témiscamingue et Nord du Québec ont choisi le développement des ressources naturelles dans la démarche ACCORD et elles ne se sont pas trompées croyez-moi.

    Et je suis surpris de votre silence à propos des autochtones dans votre éditorial. Peut-être croyez-vous qu'ils vivent encore de cueillette, chasse et pêche et qu'ils n'ont pas besoin de développement économique. Le développement des ressources naturelles rapporte déjà aux communautés Cris et Inuits et ce n'est que le début. Les jeunes de ces communautés sont avides d'emplois bien rémunérés comme ceux du secteur des ressources naturelles.

    Ah oui l'environnement. Laissez-moi vous dire que vous n'avez-pas de leçon à nous donner à ce sujet. Le sud du Québec est pratiquement déboisé, ses rivières et lacs sont polluées. Quand à l'air que vous respirez, on en parlera pas. On n'a qu'à regarder ce nuage gris-brun qui recouvre votre ville lorsqu'on s'approche du centre-ville de Montréal en provenance du nord. Ouashhh! »

  • Gilles Bousquet
    Inscrite
    jeudi 2 octobre 2008 08h12
    Le nord du nord
    « On nous l'a souvent dit : «Faut pas perdre le nord», pas nécessairement le développer jusqu'à la toundra et la Taïga. Fa fret par là ! même s'il y a réchauffement de quelques degrés.

    D'un concept général de développement du nord, faudrait bien savoir ce qu'on pourrait y faire, en particulier: Chercher et trouver des gisements d'affaires qui se vendent "cher" ? Développer le tourisme sur ski-doo ? Y couper les arbustes ? Y construire des prisons pour le fédéral ? »

  • Julie Charette
    Inscrite
    jeudi 2 octobre 2008 08h41
    Une industrie peu intéressante en matière de retombées économiques ?!?!?!?!
    « ..."Une industrie peu intéressante en matière de retombées économiques"....

    Wow... Voulez-vous bien m'expliquer à partir de quels chiffres vous avez basé votre affirmation ?!?

    De toute évidence, vous ne venez pas souvent en région M. Sansfaçon !

    Allez répéter ça aux centaines et centaines d'employés de la Fonderie Horne qui ont été touchés par une grève de près d'un an. Demandez-leur s'ils ont passé de belles vacances d'été et un beau Noël cette année-là.

    Les retombées économiques de l'industrie minière sont, en Abitibi, le souffle de notre économie. Elle fait vivre directement et indirectement des centaines de familles qui vont au restaurant, à la pêche, à la chasse et gâtent leurs enfants aux Fêtes.

    Et les retombées environnementales ! Ah oui ! Ces fameuses grosses bibittes qui vont causer la fin du monde !! Mettez-vous au fait des dernières normes et initiatives en matière environnementale dans l'industrie minière et faites découvrir à vos lecteurs les moyens employés par Agnico-Eagle à Val-d'Or pour neutraliser l'acidité d'un parc à résidus miniers par... ses propres résidus ! Si c'est pas de la récupération ça !

    Ah ces "genses" de la grande ville... Ils ne mettent pas le nez dans le Nord parce qu'il y fait "ben trop frette", mais ils savent ce qui est bon pour nous !!! »

  • Georges Dick
    Abonné
    jeudi 2 octobre 2008 09h04
    Les ressources du nord
    « Je partage l'opinion de M. Thomassin. Le nord du Québec est riche de ressources minières et énergétiques. À ce titre on y trouve non seulement des ressources hydroélectriques importantes mais un potentiel éolien tout aussi significatif.
    Le secteur minier est cyclique comme le reste de l'économie. Les dernières bulles illustrent bien ce point: techno, immmobilière et financière. Les gens de ces bulles vous diront que leurs activités étaient à valeur ajoutée mais cela n'a pas empêcher la perte d'emploi. Ce qui provfoque la nature cyclique d'un secteur c'est le surinvestissement. C'est pour cela que le gouvernement a la responsabilité de planifier le développement du nord pour s'assurer que les infrastructures sont disponibles au niveau où elles seront utilisées pleinement de façon durable. Bravo pour cette initiative qui tranche avec l'improvisation habituelle en matière de développement régional. »

  • Michel Galarneau
    Abonné
    jeudi 2 octobre 2008 10h10
    Au nord du 45
    « Oui il est il faut le développer,pour les populations du nord.Moi j'habite le sud montreal sans Motreal gens du nord vous êtes rien ou retourner àvos terres de roche.Le québec est à développe.Très Libéral comme approche sans vision autre que electoral. »

  • Marc A. Vallée
    Abonné
    jeudi 2 octobre 2008 10h22
    Le mépris des ressources minérales
    « M. Sansfaçon, le mépris que vous affichez face aux ressources minérales du Québec montre une méconnaissance du sujet. Le Québec est reconnu depuis longtemps comme un vaste territoire riche en ressources minérales, et l'exploration de son territoire est encore aujourd'hui très prisée. D'abord exploitées par des Américains et des Torontois, les Québécois ont pris leur place dans le domaine minier, entre autres grâce à la SOQUEM. Bien sûr, le domaine est cyclique et c'est un élément avec lequel il faut savoir composer. Mais on ne peut oublier le rôle important que les métaux ont pris dans notre civilisation, à partir de l'utilisation du cuivre la première fois par l'humanité il y a dix mille ans. Que ce soit l'acier inoxydable de votre évier de cuisine ou de votre coutellerie, les métaux qui entrent dans la fabrication de votre ordinateur ou votre voiture, les métaux sont partout dans notre environnement quotidien. Dans le domaine de l'environnement, les normes ont beaucoup évolué et la restauration de sites miniers est aujourd'hui obligatoire. De plus, les gouvernements provinciaux et canadien, incluant le Québec, ont développé une démarche pour associer les Autochtones à l'exploration et au développement minier. L'industrie suit, comme en fait foi la collaboration de la compagnie Goldcorp avec la nation Cri dans l'implantation du projet Éléonore à la Baie James. Enfin, si vous voulez en savoir plus sur le domaine de l'exploration minière au Québec, je vous suggère d'assister au congrès Québec Exploration 2008 (/www.quebecexploration.qc.ca/) qui se tiendra du 24 au 27 novembre au Château Frontenac à Québec. Vous y rencontrez près de 2000 personnes qui construisent le futur du Québec et qui s'occupent d'en contrôler les richesses du territoire. »

  • Jacques Gagnon
    Abonné
    jeudi 2 octobre 2008 10h55
    Il n'y a pas assez de régions en difficulté ?
    « On veut fermer des régions à Québec. Celles-ci se meurent et n'ont pas de plan, pas de vision, etc. et on veut ouvrir d'autres fronts sur le territoire.

    Pensez donc un Plan Région à la place.

    .... »

  • Pierre Rousseau
    Inscrit
    jeudi 2 octobre 2008 13h16
    Quel nord?
    « Je pensais que M. Charest parlait du vrai nord, c'est-à-dire le pays des Cris et des Inuit, pas de l'Abitibi! J'ai vécu dans le «nord» et l'Abitibi c'était le sud, comme le reste du Québec et du Canada. D'ailleurs, il y a pas mal de «colonisateurs» d'Abitibi qui voulaient en montrer aux Inuit sur bien des plans... et c'était pathétique.

    Ceci dit, si M. Charest parle effectivement du nord, le vrai, le Nunavik, alors les autochtones sont incontournables et c'est à eux à décider comment leur territoire doit être «développé», ce n'est pas à des gens du sud. Il y a des peuples qui vivent «là-haut» et ils ont le droit inaliénable de décider de leur avenir, tout comme les Québécois, surtout lorsque ces projets affectent directement leur territoire. L'approche Charest ressemble étrangement à l'approche coloniale et paternaliste du passé et si ça continue comme ça, c'est voué à l'échec. »

  • Roland Berger
    Abonné
    jeudi 2 octobre 2008 17h00
    Le Nord pour distraire
    « Jean le stratège se fout probablement totalement du développement de la région nordique du Québec. Mais cette question servira à distraire ceux qui pensent qu'il n'a pas de vision. Regardez-le aller.
    Roland Berger
    St-Thomas, Ontario »

  • Serge Manzhos
    Inscrit
    vendredi 3 octobre 2008 00h48
    les ressources minières.. peu intéressante en matière de retombées économiques
    « cette article m'a rappelle l'épisode de South Park ou le Surgeon General dit "And therefore I believe that interorectogestion would actually put a stop to high cholesterol and most kinds of stomach cancers. And I base that on absolutely nothing. "
    A quel point faut-il être zombifié par le discours anti-ressource (qui est couplé a celui anti-petrol -> anti-alberta et anti-conservateur, anti-marche -> anti-anglais en extrapolation ) pour refuser le développement d'une industrie qui est a la base de tout, qui épaule notre balance commercial et qui génère les emplois des plus bien rémunérés?
    La fabrication est les services a forte valeur ajoutée c'est bien sur beau, mais encore faut-il être conscient du fait que la il faut savoir concurrencer a peu près tout le monde, et le Canada n'est peut-être pas le pays le plus adapté a ce genre de changement (compte tenu de son bilan en productivité ces dernières années). Ou peut-être M. l'auteur parle des remplacer les miniers avec les préposés de Macdo, dans le secteur des services? »

  • Michel Thibault
    Abonné
    vendredi 3 octobre 2008 16h23
    @ monsieur Berger
    « Vos propos résume bien la situation. De même que ceux du Devoir.

    Les mines offrent un bon potentiel, mais elles auraient chuté récemment. Quant aux forêts, elles sont plus productives au sud surtout en forêt privée et le sont moins vers le nord. Pour ce qui est de l'énergie, plusieurs rivières ont été harnachées; on gagnerait peut-être à développer l'éolien. »

  • Louise Hurteau
    Inscrite
    vendredi 3 octobre 2008 21h14
    le Nord est assez important pour que la Russie et les US s'y intéresse - Pourquoi pas nous ?
    « Quand même, je veux bien croire que les libéraux on ÉNORMÉMENT négligé et fait place à la privatisation de notre système de santé, sauf que ... le Grand Nord, avec les fontes - a un potentiel IMPOSSIBLE à ignorer.

    Pour le système de santé - qu'attendons-nous pour prendre action légale pour le non-respect de la loi en matière de santé du gouvernement actuel ? Qu'attendons-nous pour questionnier l'appellation UNIVERSITAIRE - mot caché pour PRIVATISATION ?

    On est pas assez curieux et il manque de journaliste investigateur au Québec ! »

Déjà inscrit? Ajoutez votre commentaire ci-dessous

    Connexion




Cet article vous intéresse?
13 réactions
0 votes
 
Mots-clés de l'article
Recherche complète sur le même sujet


Abonnez-vous pour recevoir nos Infolettres par courriel
Choisir mes
infolettres
Publicité

Les blogues du devoir

Vos commentaires

 
Recherche



Exemples de recherche :
Robert Sansfaçon
"directeur général des élections"

S'abonner au Devoir
Abonnez-vous au journal papier Le Devoir ou à la version Internet.
Publicité
Vous souhaitez annoncer dans Le Devoir, contactez le service de publicité.

» En savoir plus
© Le Devoir 2002-2009