Charest se défend d'avoir aidé le Bloc
Jean Charest
Québec — Jean Charest nie que les ministres de son gouvernement et lui, par leurs sorties constantes contre le gouvernement Harper depuis le 7 septembre, aient aidé le Bloc québécois à augmenter ses appuis. C'est ce qu'il a soutenu hier alors qu'il rendait publique une lettre, destinée aux partis fédéraux, sur des «enjeux essentiels pour le Québec au cours de la présente campagne électorale fédérale». Il s'était engagé le 12 septembre à dresser cette liste de demandes avant le premier débat des chefs, qui doit avoir lieu demain soir.
Lorsqu'on lui a fait remarquer qu'il s'était fait très revendicateur ces dernières semaines, réclamant une forme de souveraineté culturelle et le rétablissement du financement des organismes de développement économique, envoyant ses ministres dénoncer, qui les compressions en culture, qui la position conservatrice sur les jeunes contrevenants, qui le projet conservateur de création d'une commission pancanadienne des valeurs mobilières, et, par le fait même, aidant le Bloc contre le parti de Stephen Harper, il a répondu qu'il se bornait à mettre «sur la table» les enjeux qui préoccupent le Québec. «Comme ça, le lendemain de l'élection, peu importe le résultat, les gens sauront [...] où on campe. Personne ne pourra plaider le fait qu'on a été silencieux sur ces enjeux-là.» Il soutient faire ces interventions «avec la volonté de parler au nom de tous les Québécois, peu importent les allégeances politiques».
Plus positif
Le premier ministre, qui s'est posé depuis deux semaines et demie en défenseur farouche des «intérêts du Québec», a adopté un ton plus positif, hier. Dans sa lettre, il souligne au crayon gras que «beaucoup de chemin a été parcouru» depuis cinq ans dans le sens de la revitalisation du fédéralisme canadien. Il salue le «pas important» de l'entente sur les congés parentaux, «l'étape primordiale» de la présence du Québec à l'UNESCO, le «jalon historique» que représente la reconnaissance de la nation québécoise. Le premier ministre y prend la peine de rappeler «que le gouvernement du Québec est fédéraliste» et que toutes ces «grandes réalisations» démontrent qu'une «approche axée sur des ententes administratives, qui nous permettent d'obtenir des résultats tangibles pour nos citoyens, est nettement plus efficace que celle de la confrontation stérile». Il a du reste condamné l'accent mis sur les questions constitutionnelles par ses adversaires péquistes et adéquistes. «Pour nous, la priorité, c'est l'économie, ce n'est pas une ronde de négociations constitutionnelles.»
La liste des «dossiers prioritaires» présentée hier par Québec comprend 14 enjeux souvent abordés par lui. Elle se veut non exhaustive et fondée trois principes: le fédéralisme asymétrique, le respect des compétences du Québec et la reconnaissance de la différence québécoise.
Le gouvernement Charest réclame par exemple que le prochain gouvernement fédéral respecte l'engagement déjà pris le 19 décembre 2005 par Stephen Harper, «répété dans le discours inaugural», d'encadrer le «présumé pouvoir fédéral de dépenser».
Il demande aux partis fédéraux de s'engager à conclure une entente en matière de culture qui conférerait à Québec la maîtrise d'oeuvre en ce domaine. Sur le «déséquilibre fiscal», la lettre de Québec se veut beaucoup moins directe que la ministre des Finances, Monique Jérôme-Forget. On y dit que la réforme du programme de péréquation a «permis d'atteindre une partie» d'un règlement au déséquilibre fiscal, mais que le financement pour l'éducation postsecondaire n'a toujours pas été pleinement restauré. Par conséquent, l'annonce d'une augmentation de 800 millions de dollars des transferts fédéraux pour l'éducation postsecondaire est «insuffisante» et Québec réclame la pleine restauration du financement fédéral au niveau d'avant les compressions de 1994-1995.
M. Charest a mis en relief le fait que, sur la question des changements climatiques, «il y a un différend qu'il faut nommer, qu'il faut dire». Québec déplore en particulier que le plan d'Ottawa prenne 2006 comme année de référence. «Nous demandons — et on n'est pas tout seuls là-dedans, je pense à l'Ontario — que la mise en oeuvre des règles tienne compte de l'année 1990 comme année de référence.»
De plus, Québec demande que l'on confirme de façon formelle le processus de nomination des trois juges civilistes de la Cour suprême.
Jean Charest demande par ailleurs un engagement dans un domaine que l'on croyait réglé: celui du versement de quatre milliards de dollars du plan d'infrastructure de Chantiers Canada, programme par lequel on doit financer notamment l'agrandissement des musées des beaux-arts. Québec demande «de conclure rapidement les ententes de contribution qui découlent de l'entente-cadre, de manière à minimiser les délais dans l'obtention des fonds fédéraux». Il réclame par ailleurs de respecter la compétence exclusive des provinces en matière de valeurs mobilières.
En multipliant les requêtes à l'égard du fédéral, M. Charest a-t-il aidé le Bloc québécois? Selon la chef péquiste Pauline Marois, il a plutôt fait la démonstration que le fédéralisme ne fonctionne pas et ne donne pas les résultats escomptés. «Si ça donne un coup de pouce au Bloc, tant mieux! Le Bloc fait cette démonstration-là depuis des années», a-t-elle répondu hier en point de presse. Sur le fait que Jean Charest soutient qu'il n'est pas temps de parler constitution lorsque l'économie est en crise, Mme Marois a répondu: «J'ai toujours pensé que des responsables, des leaders, devaient être capables de travailler sur plusieurs fronts à la fois. C'est ça, la responsabilité d'un leader, compte tenu de sa fonction comme chef d'État ou comme chef de parti.»
Lorsqu'on lui a fait remarquer qu'il s'était fait très revendicateur ces dernières semaines, réclamant une forme de souveraineté culturelle et le rétablissement du financement des organismes de développement économique, envoyant ses ministres dénoncer, qui les compressions en culture, qui la position conservatrice sur les jeunes contrevenants, qui le projet conservateur de création d'une commission pancanadienne des valeurs mobilières, et, par le fait même, aidant le Bloc contre le parti de Stephen Harper, il a répondu qu'il se bornait à mettre «sur la table» les enjeux qui préoccupent le Québec. «Comme ça, le lendemain de l'élection, peu importe le résultat, les gens sauront [...] où on campe. Personne ne pourra plaider le fait qu'on a été silencieux sur ces enjeux-là.» Il soutient faire ces interventions «avec la volonté de parler au nom de tous les Québécois, peu importent les allégeances politiques».
Plus positif
Le premier ministre, qui s'est posé depuis deux semaines et demie en défenseur farouche des «intérêts du Québec», a adopté un ton plus positif, hier. Dans sa lettre, il souligne au crayon gras que «beaucoup de chemin a été parcouru» depuis cinq ans dans le sens de la revitalisation du fédéralisme canadien. Il salue le «pas important» de l'entente sur les congés parentaux, «l'étape primordiale» de la présence du Québec à l'UNESCO, le «jalon historique» que représente la reconnaissance de la nation québécoise. Le premier ministre y prend la peine de rappeler «que le gouvernement du Québec est fédéraliste» et que toutes ces «grandes réalisations» démontrent qu'une «approche axée sur des ententes administratives, qui nous permettent d'obtenir des résultats tangibles pour nos citoyens, est nettement plus efficace que celle de la confrontation stérile». Il a du reste condamné l'accent mis sur les questions constitutionnelles par ses adversaires péquistes et adéquistes. «Pour nous, la priorité, c'est l'économie, ce n'est pas une ronde de négociations constitutionnelles.»
La liste des «dossiers prioritaires» présentée hier par Québec comprend 14 enjeux souvent abordés par lui. Elle se veut non exhaustive et fondée trois principes: le fédéralisme asymétrique, le respect des compétences du Québec et la reconnaissance de la différence québécoise.
Le gouvernement Charest réclame par exemple que le prochain gouvernement fédéral respecte l'engagement déjà pris le 19 décembre 2005 par Stephen Harper, «répété dans le discours inaugural», d'encadrer le «présumé pouvoir fédéral de dépenser».
Il demande aux partis fédéraux de s'engager à conclure une entente en matière de culture qui conférerait à Québec la maîtrise d'oeuvre en ce domaine. Sur le «déséquilibre fiscal», la lettre de Québec se veut beaucoup moins directe que la ministre des Finances, Monique Jérôme-Forget. On y dit que la réforme du programme de péréquation a «permis d'atteindre une partie» d'un règlement au déséquilibre fiscal, mais que le financement pour l'éducation postsecondaire n'a toujours pas été pleinement restauré. Par conséquent, l'annonce d'une augmentation de 800 millions de dollars des transferts fédéraux pour l'éducation postsecondaire est «insuffisante» et Québec réclame la pleine restauration du financement fédéral au niveau d'avant les compressions de 1994-1995.
M. Charest a mis en relief le fait que, sur la question des changements climatiques, «il y a un différend qu'il faut nommer, qu'il faut dire». Québec déplore en particulier que le plan d'Ottawa prenne 2006 comme année de référence. «Nous demandons — et on n'est pas tout seuls là-dedans, je pense à l'Ontario — que la mise en oeuvre des règles tienne compte de l'année 1990 comme année de référence.»
De plus, Québec demande que l'on confirme de façon formelle le processus de nomination des trois juges civilistes de la Cour suprême.
Jean Charest demande par ailleurs un engagement dans un domaine que l'on croyait réglé: celui du versement de quatre milliards de dollars du plan d'infrastructure de Chantiers Canada, programme par lequel on doit financer notamment l'agrandissement des musées des beaux-arts. Québec demande «de conclure rapidement les ententes de contribution qui découlent de l'entente-cadre, de manière à minimiser les délais dans l'obtention des fonds fédéraux». Il réclame par ailleurs de respecter la compétence exclusive des provinces en matière de valeurs mobilières.
En multipliant les requêtes à l'égard du fédéral, M. Charest a-t-il aidé le Bloc québécois? Selon la chef péquiste Pauline Marois, il a plutôt fait la démonstration que le fédéralisme ne fonctionne pas et ne donne pas les résultats escomptés. «Si ça donne un coup de pouce au Bloc, tant mieux! Le Bloc fait cette démonstration-là depuis des années», a-t-elle répondu hier en point de presse. Sur le fait que Jean Charest soutient qu'il n'est pas temps de parler constitution lorsque l'économie est en crise, Mme Marois a répondu: «J'ai toujours pensé que des responsables, des leaders, devaient être capables de travailler sur plusieurs fronts à la fois. C'est ça, la responsabilité d'un leader, compte tenu de sa fonction comme chef d'État ou comme chef de parti.»
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