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Charest frustré par Ottawa et Sarkozy

Christian Rioux , Antoine Robitaille   20 septembre 2008  Québec
Jean Charest et Nicolas Sarkozy à Paris, en juillet 2007.
Photo : Agence Reuters
Jean Charest et Nicolas Sarkozy à Paris, en juillet 2007.
Québec — Ottawa s'apprête à reporter le bref Sommet Canada-Union européenne prévu pour le 17 octobre, au cours duquel les négociations sur le libre-échange entre les deux entités devraient être lancées, a appris Le Devoir. Ce sommet devait constituer le moment fort de l'automne européen de Jean Charest, qu'il évoque dans tous ses discours depuis un an. Autre accroc au scénario du premier ministre: Nicolas Sarkozy fera en partie faux-bond au premier ministre québécois, à l'occasion du Sommet de la Francophonie (17, 18, 19 octobre), a aussi appris Le Devoir. Le président français quittera en effet ses homologues avant la fin du Sommet, le samedi 18 octobre.

Le Sommet Canada-Union européenne devait se tenir le 17 octobre, jour d'arrivée de M. Sarkozy, lequel est aussi, jusqu'au 31 décembre, président de l'Union européenne. Mais en raison de la proximité des élections fédérales, qui se tiendront trois jours plus tôt, la tenue de ce sommet sera reportée à une date ultérieure, a confirmé hier au Devoir une source très au courant du dossier.

Puisque le gouvernement fédéral est en campagne électorale, il n'a tout simplement pas eu le temps de se préparer pour cette importante réunion, a-t-on expliqué. Par exemple, «le ministre qui porte le ballon à Ottawa», Michael Fortier, avait prévu au moins deux missions en Europe pour «préparer le terrain», mais elles ont été annulées en raison des élections. «On voit mal comment le gouvernement fédéral pourrait être prêt pour un tel sommet», a-t-on dit. Les élections ont lieu le 14 octobre. On ignore si, le lendemain, M. Harper et son ministre Fortier seront encore en poste. Dans «le meilleur scénario», ils le seront et pourraient «peut-être» se rendre à Paris avant le 31 décembre afin de discuter libre-échange Canada-UE avec M. Sarkozy.

De son côté, Jean Charest a fait du libre-échange Canada-Europe la pierre d'assise de son «nouvel espace économique» avec un projet d'entente France-Québec sur la reconnaissance mutuelle des acquis et des compétences. Il a effectué plusieurs missions en Europe afin de convaincre l'Union de s'engager dans une telle démarche, mais la Commission européenne a d'importantes réticences. Il a toujours dit compter sur la présidence européenne de Nicolas Sarkozy.

Hier, en marge de la réunion de son caucus à Victoriaville, M. Charest a martelé que le sommet du 17 octobre aurait lieu. Il a même soutenu, à propos du lancement des négociations entre l'UE et le Canada, que «le bébé se présente assez bien» tout en ajoutant «ce n'est pas encore fait». «Si on continue à persévérer jusqu'à la date de la rencontre, on a de très bonne chances de lancer les négociations qui seront globales», a-t-il dit. Quand Le Devoir a évoqué les rumeurs de report du Sommet auprès de son entourage, un de ses conseillers a répondu d'un ton sec «pour nous, le sommet a lieu», tout en ajoutant «bien sûr, ce n'est pas nous qui prenons la décision».

Au reste, à moins d'un mois de sa tenue, la confusion règne au sujet de cette rencontre. Où aurait-elle lieu? Montréal, Québec... Ottawa? Il fut impossible hier de le savoir. Plusieurs ont évoqué la métropole, alors que d'autres signalaient la complexité de véhiculer M. Sarkozy de l'aéroport au centre-ville, puis du centre-ville à l'aéroport, d'où il décollerait pour Québec, où il doit s'adresser à l'Assemblée nationale en après-midi avant d'assister, le soir, à l'ouverture du sommet francophone.

Il est par ailleurs toujours prévu que Nicolas Sarkozy et Jean Charest se rencontrent afin de signer une entente sur la mobilité de la main d'oeuvre entre le Québec et la France.

Les nombreuses critiques formulées à l'endroit du gouvernement Harper par Jean Charest et ses ministres ces derniers jours ont-ils miné l'appui que lui apportait jusque-là Ottawa? M. Charest refusait de le croire, hier: «Je m'attends qu'avec tout le travail qui a été fait, ce dossier-là avance. Je pense que les gens sont amplement capables de faire la part des choses», a-t-il répondu.

Francophonie

Par ailleurs, si l'agenda du président français n'est pas modifié prochainement, celui-ci doit quitter Québec le samedi 18 octobre et ratera donc une importante session du Sommet de la Francophonie. Le dimanche matin, les 55 chefs d'État et de gouvernements doivent examiner la place de la langue française dans le monde. Plusieurs rapports seront soumis afin d'évaluer la manière dont les pays membres assument leurs responsabilités à cet égard. Fait exceptionnel, le président sera aussi absent lors du rapport de synthèse qui rendra compte des travaux des chefs d'État. Il s'agit d'une première dans l'histoire des sommets puisque, traditionnellement, le président français est toujours présent avec les représentants du pays hôte lors de la conférence de presse finale.

L'Élysée a refusé de confirmer la nouvelle qui circule pourtant depuis déjà quelques semaines à Québec et à Paris dans les milieux concernés. Selon plusieurs sources, l'entourage de M. Sarkozy n'aurait guère laissé d'espoir que le président revienne sur sa décision. On invoque évidemment les «lourdes responsabilités» de ce dernier. La ministre des Relations internationales, Monique Gagnon-Tremblay, croisée hier à Victoriaville, au caucus des députés libéraux, a admis qu'il était «extrêmement difficile» de fixer un horaire pour ces trois journées puisque M. «Sarkozy est tellement pris». Celui-ci doit notamment participer à un sommet avec les pays asiatiques à Pékin, lequel ne commence toutefois que le 24 octobre.






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  • Pierre-S Lefebvre
    Inscrit
    samedi 20 septembre 2008 00h12
    Les magouilles du fédéral
    « Cette campagne électorale semblait être favorable à une percé majeure des Conservateurs au Québec. Maintenant les dés sont pipés et le Bloc Québécois pourrait devenir le favori en fin de course. Les intrigues des Fortier, Bernier, Blackburn et Verner auront eu raison de leur enthousiasme. Ces petits esprits ne font pas le poids à Ottawa de toute évidence. Les coupures de budget dans les arts, les investissements de la petite entreprise de la région de la capitale et les jeux de coulisse au 400ème de Québec ainsi que cet événement France-Québec en sont une preuve bétonnée. Ces politiciens ne doivent plus représenter les Québécois à Ottawa. Il faudra les vaincre aux urnes du 14 octobre prochain. La solidarité exige que nos citoyens se réveillent et lèvent le bouclier. Tant de perfidies en si peu de temps! La fondation de Québec fut le début du Canada d`après Harper, Michaëlle Jean et leurs acolytes égarés. Les magouilles du fédéral en mai dernier en France se répètent cette fois-ci à Québec, sans oublier la rencontre ratée des parlementaires de la francophonie en juillet dernier, pour des raisons de visa! »

  • Michel Simard
    Abonné
    samedi 20 septembre 2008 06h59
    Sarko et la chute de la France
    « On voit tout l'attachement de Sarko pour la place du français dans le monde. Il aurait tellement voulu être Américain. Avec lui, il est sûr que le rayonnement de la France et de la Francophonie ira déclinant, nonobstant ses petits voyages à Tbilissi. Je ne vois pas pourquoi il serait plus occupé que ses prédécesseurs - peut-être devrait-il prendre du Ritalin. »

  • Belanger Marc
    Inscrit
    samedi 20 septembre 2008 08h49
    Incompréhensions québéoise et canadienne
    « Ottawa et Québec font l'erreur de réduire l'Union Européenne (et de facto la France) à une simple entité économique. Rien de plus incompréhensible voire vexant pour la France qui considère l'Europe comme une oeuvre politique et un outil géopolitique.
    Pire, ils valident la vision de l'Europe qui est celle de Londres et travaillent dans un sens contraire aux intérêts et ambitions français.

    Charest serait bien avisé de comprendre les raisons pour lesquelles les Français (à commencer par de Gaulle) ont initié la construction européenne et pourquoi les Français sont les partisans les plus fervents d'une Europe politique.

    Au regard ce qui ce fait à Bruxelles, des ambitions européennes et franco-européennes, ce qu'il propose peut tout juste faire sourire les Européens et irriter les Français que l'on persuade plus encore que la bataille, leur bataille, ne se jouera décidément pas au Canada ou au Québec.
    Il y aura bien sûr des accords (l'UE les multiplie avec tous les pays et les entités possibles) mais ce qui intéresse l'Europe et au premier chef les Français, ce sont les accords stratégiques et politiques.

    Même chose s'agissant de la francophonie. Pour la France, la langue est une conséquence pas une cause. La France est un Etat idéologique motivée par la géopolitique. Le manque d'audace et le cafouillage des uns et des autres ne servant ni son idéologie ni sa géopolitique, il ne faut pas s'étonner de certaines absences. »

  • Gilles Bousquet
    Inscrite
    samedi 20 septembre 2008 09h16
    Souveraineté et Bovril
    « Est-ce que M. Charest a des visées souverainistes internationales pour la Province de Québec ? Pour ça, faudrait qu'il obtienne la souveraineté du Québec parce que le vrai pays actuellement, c'est le Canada et c'est M. Harper qui le gouverne. M. Charest ne veut pas que M. Harper mette se doigts dans ses affaires et ça va être réciproque si M. Charest veut trop se mêler de traités internationaux.

    Tant qu'à M. Sarkosy, à la place de prendre du Ritalin comme le suggère M. Simard, je lui suggère d'aller prendre son Bovril, son bobo, so, bobo, Bovril. Çe ne prend pas de prescription et ça calme autant quand pris très chaud. »

  • Yvon Montoya
    Abonné
    samedi 20 septembre 2008 09h24
    Sarkozy...
    « A-t-on vraiment besoin de Sarkozy? Avec un peu de dignite, on dira que non. Il nous faut comprendre que mon cher president de la Republique Francaise s'en bat l'aile du Quebec comme du Canada et des Sud-americains, seul compte pour lui l'Amerique de Bush. »

  • Belanger Marc
    Inscrit
    samedi 20 septembre 2008 09h57
    @ Michel Simard
    « Sarkozy est favorable à la poursuite du partenariat stratégique UE-Russie avec à terme "l'Europe de l'Atlantique à l'Oural" chère à Gaulle. Qui est contre ? Les Etats-Unis (avec l'aide de ses satellites en Europe).
    Préalable à cette fusion : une Europe politique dotée d'une défense européenne autonome. Conséquence de cette fusion : inutilité de la tutelle américaine en Europe.
    Il n'est pas certain que Sarkozy soit si atlantiste que ça et qu'il apprécie l'acharnement américain à contrarier ce rapprochement.

    L'avenir géopolitique de la France se joue principalement en Europe. Son avenir linguistique (qui pour la France n'est qu'une conséquence d'une réalité géopolitique) aussi.

    Le Canada est un théâtre secondaire. La Francophonie réduite aux seuls pays francophones et au débat sur la langue l'est aussi.

    Quant au Québec, en quoi celui-ci peut-il se présenter comme un allié stratégique de la France servant la géopolitique de cette dernière ? Vous me direz de Gaulle... sauf que pas 1% des Québécois ont compris le sens véritable des discours de 67 de de Gaulle au Québec.
    Pour de Gaulle, un Québec libre signifie un Québec français, c'est à dire rattaché à la France... une France rayonnant sur deux continents et de ce fait un acteur géopolitique incontournable. Faute d'être compris et même entendu, sera retenue la formule "ni ingérence, ni indifférence".

    Qu'à Montréal où l'on discutaille à la marge, Sarkozy préfère Bruxelles et Moscou mais aussi par exemple Beyrouth et Jérusalem (toujours pour des raisons géopolitiques), n'est pas étonnant.

    Le Québec a des obsessions linguistiques. La France a des obsessions géopolitiques. Il conviendrait de le comprendre pour servir les intérêts des deux parties. »

  • Roger Dion
    Abonné
    samedi 20 septembre 2008 11h25
    QUÉBÉCOIS/ses/ quand vont ils dire a HARPER nous voterons pour vous lorsque vous nous respectez
    « Une autre fois le QUÉBEC est humilié par HARPER et les conservateurs.
    Combien de ses humiliations va il faire, pour que les QUÉBÉCOIS/SES/, comprennent que HARPER ,rit de nous et nous ment a pleine figure.
    Les annonces sur DION, meme si je ne voterai pas, pour cette homme, il a doit a notre respect .Son ministre qui rit, d une personne morte de la listériose, mais HARPER accepte /c est parce qu il était fatigué/vrai farce.
    A l ouverture du 400 de QUÉBEC en FRANCE, c est la petite reine qui nous représentaient, non notre PREMIER MINISTRE CHAREST /humiliation/.
    A QUÉBEC encore la petite reine pour l ouverture a QUÉBEC du 400.Parce que ATAWA avait fourni de l argent DE NOS TAXES.
    Coupe dans la culture /c est des gens gâtes/que QUÉBEC paye le manque a gagné des artistes.
    Je vais régler le déséquilibre fiscal, il a menti le déficit n est pas réglé/humiliation de notre PREMIER MINISTRE/.
    Aux artistes / nous avons nos priorités,/parole de HARPER/oui 17.milliards pour l armement ,des milliards pour les PÉTROLIÈRES et les banques, rien pour les artistes, la santé et l éducation poste secondaire /
    HARPER nous prends pour des imbéciles ,il veut continuer de nous humilier, avec sa voie doucereuse/je demande aux nationalistes de voter pour nous je vous comprends/
    humiliation il rit de nous.
    Quand un homme /HARPER/ va conduire son enfant a l école /il lui serre la main, plutôt que l embrasser /dans la publicité a la TV il pousse un carrosse d une électrice /si ce n est pas rire des gens .
    ROGER MONTREAL »

  • Gerry Pagé
    Inscrit
    samedi 20 septembre 2008 11h30
    Pitoyable misérabilisme libéral.
    « Stephen Harper, Nicolas Sarkozy, Mario Dumont et qui que ce soit d'autre n'y sont pour rien. Jean Charest est devenu un LOOSER. Jean Charest est un FRUSTRÉ, point et à la ligne. Le minoritaire peut écrire à qui il voudra. Devenu grabataire en chef des commissionnaires qui nous coûtent une fortune, pour des rapports qui sombrent sous els poussières de l'indifférence et de l'oubli, celui qui a oublié la devise des Québécois, n'a de leçon à donner à personne. Il serait mieux avisé de s'occuper de l'embonpoint de son indifférence et de sa nonchalance de l'abolie de ses insouciances ainsi que des frisous de sa suffisance.

    Alors que «Les Misérables» tiennent encore l'affiche au Capitole, «Le Misérabiliste libéral» est encore au menu politicailleur du Parlement. Quelle pitié !

    Gerry Pagé
    Ville de Québec »

  • Pierre-E. Paradis
    Inscrit
    samedi 20 septembre 2008 13h41
    Pôvre M. Charest, condamné à gérer une province
    « M. Charest brille de tous ses feux en matière de politique interprovinciale et internationale. Son ambition était d'ailleurs de devenir premier ministre du Canada.

    Aujourd'hui, il aurait la crédibilité et la stature pour entamer une renégociation de la place du Québec dans une véritable union (con)fédérale - sans toutefois avoir le timing parfait comme Robert Bourassa en 1990 - mais il a choisi son camp en 1995: celui d'un Canada centralisateur et colonial.

    Bref, je ne suis guère ému par ses steppettes politiciennes et ses prétendus échecs, surtout destinés à se maintenir au pouvoir à Québec. Après tout, il était présent personnellement quand Sarko a remis la Grande croix de la Légion d'Honneur à Paul Desmarais... »

  • Roland Berger
    Abonné
    samedi 20 septembre 2008 17h08
    La grenouille et le boeuf
    « La fable de La Fontaine s'applique parfaitement à Charest. Les grands auront vite fait d'envoyer au coin ce petit politicien qui se prend pour le président d'un vrai pays. Mais Charest s'en fout. Il ajoutera la pension du Québec à celle d'Ottawa, un bon coussin pour brasser des affaires avec papa.
    Roland Berger
    St-Thomas, Ontario »

  • Robert DesLauriers
    Inscrit
    dimanche 21 septembre 2008 20h50
    Charest frustré
    « Les québecois ont mérité leur gros Jean (comme ci-devant). Veux,veux pas il est NOUS. Un peuple colonisé et donc peureux. Sarkozi s'en fout du francais et de la francophony qui permet la France de parader devant ses anciennes colonies.L'état de NOTRE langue est pitoyable et avec le bilinguisme institutionnel sans balises que NOUS voulons nous n'aurons pas a nous soucier de l'avenir de notre langue. Elle sera flushé dans le bol de la mondialisation (en anglais bien sur). »

  • Lorraine Dubé
    Abonnée
    mardi 23 septembre 2008 05h29
    @ Pierre S. Lefebvre
    « Monsieur Lefebvre, le 14 octobre pourquoi pas le Bloc à l'opposition officielle comme en 1993? On peut toujours rêver! Michael Fortier, obligé de quitter son poste de non-élu car non-élu à nouveau...il perdrait son arrogance! Lui mettre sur le nez qu'il n'est pas élu légitimement, donc... non pertinent. Il faudrait lui démontrer ce qu'est le respect de la démocratie, le respect de l'électorat de ses adversaires! Remettre en cause le vote de ceux qui ne pensent pas comme eux, que de mépris pour la démocratie! Il a craché en l'air...je lui souhaite toute une retombée. Au début de la campagne électorale, un citoyen écrivait que Steven Harper lui faisait penser à Forest Gump...malgré TOUT ce qu'il a fait, la chance lui courait au... Lui aussi n'a qu'à bien se tenir. On ne peut impunément se moquer ainsi de la population. Quel manque de transparence dans ce gouvernement Harper!
    SOUVERAINEMENT »

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