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Feu vert au CUSM, mais le CHUM attendra

Kathleen Lévesque   12 septembre 2008  Québec
Le ministre de la Santé, Yves Bolduc, renonce à mener de front la modernisation du CHUM et de son pendant de langue anglaise, le Centre universitaire de santé McGill (CUSM). Du coup, il donne son aval à ce que le CUSM mette en branle son projet dans les prochaines semaines, a-t-il confirmé hier au Devoir.

«Je ne retarde plus McGill si le CHUM n'est pas prêt à cause de retards qui ne sont pas de notre responsabilité», a soutenu le ministre de la Santé.

Yves Bolduc pointe du côté de la Fédération des médecins spécialistes du Québec (FMSQ) pour expliquer que les critiques et les changements réclamés depuis trois semaines risquent d'entraîner des délais. «On ne retardera pas McGill pour eux autres. [...] Pour le campus de la cour Glen, on est prêts à procéder», a-t-il ajouté.

Pour ce qui est de l'impact dans la population de voir le CUSM sortir de terre avant le CHUM, le ministre Bolduc ne s'en inquiète guère. Le fossé entre les communautés francophone et anglophone ne semble pas être pris en considération par le ministre, qui se définit comme un homme d'action. «Les gens doivent comprendre que ce n'est pas la faute de McGill si le CHUM retarde. McGill n'a pas à payer pour ça», a affirmé le ministre.

Le projet d'un grand hôpital universitaire francophone est né en 1999, alors que le premier ministre de l'époque, Lucien Bouchard, constatait l'échec de la fusion des trois hôpitaux (Saint-Luc, Notre-Dame et Hôtel-Dieu) qui forment l'actuel CHUM. McGill avait déjà soumis un projet de mégahôpital à la fine pointe de la technologie, financé en grande partie par des fondations. Même en période d'austérité financière, M. Bouchard estimait que le gouvernement investirait jusqu'à 1,5 milliard de dollars dans le CHUM.

Près de dix ans plus tard, le projet ne s'est toujours pas concrétisé. Le ministre Bolduc a toutefois donné l'assurance que l'ouverture se fera en décembre 2013, et ce, même si le processus d'appel de proposition devant aboutir avant Noël pour le CHUM devait être freiné par une révision du programme fonctionnel et technique. Le ministre n'a pas expliqué comment la chose est possible, puisqu'il faut compter au moins une année de négociations, une fois le partenaire privé choisi, et trois autres années pour la construction de l'édifice.

Chose certaine, le ministre croit que les sorties répétées de la FMSQ, qui dit ne plus croire au projet du CHUM au centre-ville tel qu'il est proposé aux médecins spécialistes, créent une certaine confusion dans la population. «Je ne suis pas sûr que l'information qui est donnée à la population est exacte. On se sert d'arguments pour défendre un dossier, qui ne visent pas nécessairement à répondre aux besoins de la population», a soutenu Yves Bolduc, qui estime que la rémunération des médecins est un enjeu dans le débat actuel, puisque la FMSQ ne veut pas voir le volume de soins diminuer pour ses membres qui sont payés à l'acte.

La FMSQ a demandé que Québec prenne un temps d'arrêt afin de procéder à des changements sur le plan clinique du futur hôpital, ce à quoi le ministre Bolduc s'était pourtant dit ouvert en début de la semaine. Hier, ce dernier laissait plutôt entendre qu'il faut cesser d'y aller à reculons en remettant tout en question, comme le fait la FMSQ. De «petites améliorations» seront toutefois ajoutées au programme fonctionnel et technique.

Or, ce programme, qui est une configuration des services offerts dans le futur CHUM, devait être présenté hier à la table des chef de départements de l'hôpital. Cela a été reporté à la fin de la semaine prochaine, soit deux jours avant qu'il ne soit déposé officiellement au ministère de la Santé pour approbation.

À la FMSQ, Gaétan Barrette n'a pas caché son irritation. «Autant dire que c'est un fait accompli. Pour faire des changements, il faut avoir entre les mains le document que l'on veut changer», a-t-il laissé tomber.

Pour ce qui est de la pérennité du CHUM, une préoccupation exprimée par le Dr Barrette, le ministre Bolduc l'a rejetée du revers de la main. Selon lui, le projet du CHUM pourra répondre aux besoins de la clientèle pour les 25 prochaines années. «Je pense que l'expansion va être possible, mais je ne peux pas le confirmer. On est en exploration là-dessus», s'est-il borné à dire.

Le ministre de la Santé avait convoqué hier le président du conseil d'administration du CHUM, Patrick Molinari, afin de discuter de trois dossiers délicats: la succession à la direction générale du CHUM, les communications internes et externes ainsi que le projet du CHUM.

Les deux hommes ont convenu qu'il fallait combler le plus rapidement possible le poste afin «de stabiliser l'établissement». Pour ce qui est de l'information transmise à la population, le ministre juge qu'elle est déficiente et dit avoir donné la «consigne» que cela change. Ironiquement, le CHUM refusait toujours hier de répondre à quelque question que ce soit. M. Molinari n'était pas disponible pour commenter la situation.

Quant au projet, le ministre a réaffirmé sa volonté de ne pas rouvrir le débat sur l'emplacement, tout comme il est hors de question de revoir le nombre de lits. Lundi dernier, la porte-parole du ministre affirmait que cela pourrait faire partie des changements envisagés.






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  • Claude Stordeur
    Abonné
    jeudi 11 septembre 2008 23h58
    on voit ou se tient la clientele des libéraux
    « Voilà que le sous ministre de Charest en santé découvre son jeux, favorisé le 25% de l'ile de Montréal anglophone avec un hôpital tout neuf et laisser trainer son pendant francophone qui traite les robineux de Montréal. En plus favoriser les cliniques privées financées par les acolytes de l'ancien ministre de la santé.
    Le nombre de lit sera compensé pour les 75% des habitants de Montréal par des cliniques privées... »

  • Michel Décarie
    Abonné
    vendredi 12 septembre 2008 05h46
    Le ridicule ne tue pas!!!!!!!
    « Petit peuple... Deux CHUM, deux hôpitaux pédiatriques...Deux solitudes... Quand deviendrons-nous adultes??? Pas de solutions en vue. Désespérant. N'ai rien à suggérer... Trop bas, trop haut, trop tard..... »

  • Jean-Pierre Tremblay
    Abonné
    vendredi 12 septembre 2008 07h47
    Un sous-fifre d'action
    « J'étais déjà écoeuré du fait qu'on n'investisse pas en premier lieu dans un CHUM pour les francophones, avec tout le budget nécessaire, puis de voir toutes ces manoeuvres réductrices d'un CHUM, après l'intervention des "spécialistes Daniel Johnson et Brian Mulroney" amenant contre toute logique une augmentation importante pour un CUSM. Là le ministre Bolduc m'insulte carrément avec son comportement de matamore moraliste dénigrant les besoins de la population francophone, par son attaque aux demandes des médecins. Un autre petit arriviste francophone au service du pouvoir anglo pour ratatiner son peuple. Ça se dit un homme d'action. Mais ça donne quoi quand c'est à titre de sous-fifre d'une clique au détriment de la population? Avec tant d'autres gestes du gouvernement Charest, ça contribue à nous ramener à l'état dans lequel nous étions avant l'oeuvre de bâtisseurs comme Lévesque et Parizeau. En tout cas, voir aller cela après tout le chemin parcouru, ça écoeure, c'est insultant et c'est décourageant. »

  • Gilles Bousquet
    Inscrite
    vendredi 12 septembre 2008 08h24
    Pas la faute à McGill, la faut au PLQ très et trop provincial, M. Bolduc
    « Le Ministre de la santé, M. Bolduc déclare : «Les gens doivent comprendre que ce n'est pas la faute de McGill si le CHUM retarde. McGill n'a pas à payer pour ça»

    Il a bien raison, c'est la faute du Parti Libéral très et trop provincial qui a changé le terrain recommandé par le comité Béland et choisi par le PQ. Messieurs Charest et Couillard "qui divergaient d'opinion sur l'endroit" en voulait un plus...Libéral. Le choix a pris du temps et a résulté dans un endroit qui manquait de terrain au centre-ville. Pas surpris que M. Couillard, un des responsable du problème, ait démissionné.

    Ça va être beau, la minorité anglo qui va battre la majorité franco une autre fois grâce aux LIBÉRAUX de M. Charest, plus intéressés à leur caisse électorale et à leur réélection qu'au fait français à Montréal...me semble. »

  • Claude Archambault
    Inscrit
    vendredi 12 septembre 2008 10h11
    que de connerie de la part du petit peuple minable
    « Que de connerie lit-on dans ces commentaires. C'est à croire que par ce qu'une administration est anglophone qu'il sera impossible de se faire servir en français. À ce que je sache il est de loin plus difficile d'avoir des services en anglais dans un hôpital francophone que dans un hôpital anglophone.
    Et à en lire certain, il faudrait annuler le projet anglos car il fait ombrage au projet franco. Quel petit peuple sommes nous. Une chance que la souveraineté ne se fera jamais et que la nouvelle génération voie les choses d'un autre oeil.

    Jamais un francophone s'est fait dire d'aller dans un hôpital francophone si il voulait des services en français mais tous les jours il y a des anglos qui se font dire que si ils voulaient des services en anglais d'aller dans un hôpital anglos.
    Mais cela n'est pas la question ici. Ici l'on parle de 2 projets, il y a toujours eu deux projets, un qui avance mais en anglais l'autre qui stagne toujours et qui est déchiré par des idéologies différente. Depuis quand les infirmières ou les médecins sont devenu des experts en localisation d'hôpitaux ? Et pourtant ils osent dire ou construire. Depuis quand les employés on un mot à dire sur la localisation de l'usine ? Peut être sur le design intérieur mais ou vat être l'usine n'est pas du tout du ressort de ceux qui y travailleront.

    Oui je viens à croire qu'on devrait avoir seulement un méga hôpital, mettre tout notre argent dans le projet qui a du succès et oublier l'autre. De toute façon les médecins qui y travailleront comprennent et parlent en majorité français. OH catastrophe les affiche seront bilingue. Mais cela se règle, on a juste à crever les yeux aux ayatollahs de la loi 101, ils n'y verront plus rien »

  • Raymond Saint-Arnaud
    Abonné
    vendredi 12 septembre 2008 11h21
    «... eux autres»
    « «On ne retardera pas McGill pour eux autres», lance le ministre Bolduc. Quel mépris!
    Il ne faut surtout pas faire attendre la minorité la plus dorlotée au monde. La minorité anglophone qui par son vote monolithique permet au parti libéral de prendre le pouvoir grâce aussi à la division des francophones. »

  • Pierre Mourot
    Inscrit
    vendredi 12 septembre 2008 11h47
    Les francophones vont perdre la face...
    « Bon, plus de soixante millions de dollars "d'études" plus tard, le choix du site est loin d'être accepté pour les futurs utilisateurs... Toute personne avec un petit peu d'expérience sur ce sujet sait que les très grands hôpitaux modernes doivent limiter les déplacements par ascenseurs, offrir beaucoup de stationnement, éviter de la rénovation/construction en présence de malades dans l'édifice, prévoir des terrains d'expansion, etc... Le CUSM respecte tous ces critères, tandis que le CHUM n'en respecte aucun... Trouvez l'erreur! Ce qui me désole, c'est que les francophones avaient l'occasion de concevoir à Outremont un projet magnifique et ultra-moderne pour le 21ième siècle, mais qu'ils sont en train de se planter royalement pour les raisons politiques que l'on connaît. Quel dommage... Est-ce trop tard pour le triomphe de la raison dans ce débat déplorable? »

  • Gilles Bousquet
    Inscrite
    samedi 13 septembre 2008 16h23
    @ M. Claude Archambault
    « M. Archambault est certainement un activiste séparatiste à la lumière de ses textes qui devraient faire choquer les souverainistes assez pour fouetter leurs sentiments nationalistes mous afin de les réveiller pour qu'ils aillent voter en faveur du Bloc à la place de rester bien assis sur leur cul en octobre en laissant passer les Conservateurs, leurs guerres et leur pollution albertaine. »

  • Gabriel Altit
    Inscrit
    jeudi 18 septembre 2008 00h20
    À tous les aveugles
    « Je vous invite à lire le commentaire de Lysiane Gagnon dans La presse de cette semaine: "Le CHUM, de nouveau".

    Elle y écrit:
    " Finalement, le gouvernement a donné le feu vert à l'hôpital universitaire de McGill: il pourra commencer la construction dès maintenant, avant la mise en marche effective du CHUM. C'est un développement heureux, car il devenait complètement absurde de ralentir le CSUM - qui est prêt depuis des mois - sous prétexte que le CHUM est embourbé dans les problèmes. Ce délai imposé à l'un à cause de l'incurie de l'autre était injuste pour McGill, et pénalisait toute la communauté montréalaise, car il faut savoir que près de la moitié de la clientèle du CSUM est francophone, et que nombreux sont les médecins francophones qui y occupent des postes-clés. Seuls les petits esprits englués dans les anciens ressentiments verront là une fleur faite aux «Anglais»."

    Je suis un étudiant en médecine à l'université McGill et présentement à "l'emploi" au service de la médecine interne à l'hôpital Royal-Victoria et je peux vous dire, qu'étant francophone de naissance, je trouve cela très désobligeant quand j'entends (ou plutôt, quand je "lis") certaines personnes parler d'ANGLOS et de FRANCOS en terme CUSM vs CHUM. Je vois la réalité de notre population admise sur l'étage, et je peux vous dire qu'on admet autant de francophones, que d'anglophones (si ce n'est pas davantage de francophones), que d'allophones... et que de toute facon, la maladie n'a pas de langue.

    Je lis parfois certaines opinions sur les forum du journal Le Devoir, et je trouve cela très désobligeant que de voir que les hôpitaux du CUSM sont vu d'une manière si .... "négative" au vu d'une vision géo-politique dépassée et complètement aberrante (burlesque... un mot puissant que je vient de lire dans l'un des commentaires). Je ne dis pas qu'il n'y a pas d'anglais dans le système... mais le français y a certainement une place très importante (et je dirais, aussi importante, sinon davantage). Les gens oublient trop souvent que ces hopitaux sont BONDÉS de patients qui nécessitent des soins (ce n'est pas comme si ce sont des hopitaux qui sont là pour notre "caprice"... le Québec en a besoin... sinon ou est-ce qu'on mettrai tous ces patients?). Certains en parlent comme s'il y avait les hopitaux du Québec (CHUM, CHUS, CHUL, etc.)... et ce qui ne sont pas vraiment ceux du Québec (ceux du CUSM, hôpital Général Juif, Hôpital pour enfants, etc.). Alors qu'il me semble que ce sont tous des institutions Québecoises dont nous devrions êtres fiers et que nous devrions supporter. Ces hopitaux sont remplies de travailleurs dévoués, d'infimières épuisés de leurs multiples heures supplémentaires, de préposés passionés, de docteur impliqués et de d'autres professionels qui se donnent corps et ames pour offrir le meilleur service à la population dans un contexte de ressource assez restreinte. La population réalise rarement à quel point nous parvenons à faire un travail dans ces hopitaux avec des outils dépassés... tout en réussissant à accomplir ce que certains centres font avec des ressources parfois bien plus avancées. Le Québec réalisent aussi trop rarement que nos hopitaux sont en état de ruine... que certains seraient dignes d'une époque moyen-ageuse (si ce n'est pas tous)... et que ce virage vers les superhopitaux, et plutôt un virage vers les " hopitaux normaux pour notre époque, mais vu qu'on a des hopitaux d'il y a 4000 ans... on s'offre ce petit cadeau qui n'est pas un cadeau, mais une GIGANTESQUE nécessité". S'en est la santé du Québec qui est en jeu. Nous sommes à la traîne et bien en arrière de ce que les soins de santé sont dans les autres pays (et autres provinces) du monde occidental (et je peux vous dire ca apres avoir fait un stage dans un hopital vieux de 500 ans à Paris (Hopital Necker pour les intéresser)... qui étaient bien mieux que nos hopitaux vieux de 100 ans)!

    Je vous rappelle également que c'est le CUSM qui a apporté l'idée d'un "superhopital" en 1996... et que c'est Lucien Bouchard qui s'est dit: "On va en faire aussi pour le CHUM"... et depuis cette journée là, le CUSM attend. Attend avec un terrain décontaminé, attend avec un plan de transport et d'architecture, attend avec une équipe de francophone et d'anglophone pour mettre en marche la machine. Le premier edifice aux abords de la cours glen est déjà acheté... et on attend depuis 12 ans, que de l'autre côté de la montage, on se décide "mais ou est ce qu'on pourrait bien construire notre hôpital". Quelle exemple terrifiant d'une organisation rouillée... d'un débat dénué de sens ou tout le monde veut y mettre le nez et crier à tous: "J'en sais plus que toi, c'est moi la sagesse incarnée, c'est moi qu'on doit écouter... recommencons depuis le début ce qu'une multitude d'expert ont déjà évalué".

    Toutefois, malgré TANT de pessimisme, je me trouve choyé, en tant que Québecois, d'avoir la chance d'avoir un si vaste réseau d'hôpitaux, dont deux grands centres universitaires à Montréal. On ne devrait pas le voir comme un défaut... mais comme une des belles réussites (et malheureusement, une des rares réussites) de l'organisation de notre système de la santé...

    Je veux remercier madame Gagnon pour son commentaire dans La Presse. Un article construit sur des faits, teinté d'un message intéressant et intelligent. Des propos aussi éclairés me manquent quand je lis les journaux et fut un baume sur ma vision parfois trop pessimiste de notre société. »

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