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Universités: Courchesne est prête pour le coup de barre

Clairandrée Cauchy   10 septembre 2008  Québec
La ministre de l’Éducation, Michelle Courchesne, a annoncé au Devoir sa ferme intention de présenter un projet de loi sur la gouvernance des universités.
Photo : Jacques Nadeau
La ministre de l’Éducation, Michelle Courchesne, a annoncé au Devoir sa ferme intention de présenter un projet de loi sur la gouvernance des universités.
Que les recteurs d'université se le tiennent pour dit, la ministre de l'Éducation, Michelle Courchesne, est déterminée à présenter cet automne un projet de loi sur la gouvernance des universités.

En dépit des résistances observées dans le milieu universitaire, la ministre entend exiger la présence de deux tiers de membres indépendants au sein des conseils d'administration des universités. «En terme de gouvernance, le conseil d'administration doit pouvoir jouer pleinement son rôle. Pour ce faire, dans les règles de bonnes pratiques de gouvernance, que ce soit dans les hôpitaux, les universités, les cégeps, les entreprises, je crois à la nécessité des deux tiers de membres externes», a soutenu Mme Courchesne lors d'une rencontre éditoriale sur ses priorités de la rentrée, soulignant que ce principe a déjà été imposé aux sociétés d'État.

Au printemps, la ministre a rencontré les présidents des conseils d'administration des différentes universités ainsi que les recteurs afin de discuter des les suites à donner aux recommandations du Groupe de travail sur la gouvernance des universités, présidé par le professeur des Hautes Études commerciales Jean-Marc Toulouse. Elle entend les rencontrer de nouveau au cours des prochaines semaines, avant de faire cheminer un éventuel projet de loi dans les officines gouvernementales.

Ce principe d'une forte présence de membres indépendants ne passe cependant pas comme une lettre à la poste dans le milieu universitaire. «Les universités ne veulent pas de loi. Elles pensent qu'elles peuvent modifier la situation à travers leurs chartes. Je sens une grande réticence, une résistance à ce que le gouvernement adopte une loi pour assujettir les universités aux principes de gouvernance reconnus», a constaté Mme Courchesne.

Elle n'entend cependant pas s'en remettre à la bonne volonté pour parvenir à ses fins. «Il faut que les universités finissent par accepter qu'elles sont très majoritairement financées par les contribuables québécois, donc par des fonds publics. Cela veut dire qu'une gouvernance appropriée doit être mise en oeuvre, et une reddition de comptes détaillée. [...] Dans une société moderne, les universités ne peuvent échapper aux principes reconnus de gouvernance. Certaines de ces universités les enseignent d'ailleurs», a-t-elle lancé.

La ministre attribue les hésitations à la crainte des membres des communautés universitaires d'être tenus à l'écart des centres décisionnels que sont les conseils d'administration. «Ce n'est pas notre objectif, tranche Mme Courchesne. Les dirigeants des universités devront développer, institutionnaliser leur capacité de rendre des comptes et de faire participer la communauté universitaire dans des forums», pour compenser la représentation moins importante des acteurs de l'université au sein des conseils d'administration.

La loi sur la gouvernance des universités devrait aussi prévoir l'obligation de former un comité de vérification interne ainsi qu'un comité consacré aux ressources humaines. On y définirait aussi les rôles respectifs du président du conseil, des membres, du recteur ou encore du président du comité de vérification.

Cet éventuel projet de loi fait non seulement écho au rapport Toulouse, mais aussi à celui du Vérificateur général sur la situation financière de l'Université du Québec à Montréal (UQAM), déposé en juin dernier. Le Vérificateur y montrait du doigt la composition du conseil d'administration de l'UQAM, où siègent une majorité de membres qui travaillent ou étudient à l'université. «Se considèrent-ils tous comme des administrateurs chargés de défendre les grands enjeux de l'université, dont son équilibre financier, au risque de déplaire soit au recteur, soit au groupe qu'ils représentent ou se voient-ils plutôt comme des représentants des intérêts de leur groupe», s'interrogeait alors le Vérificateur général.

La ministre Courchesne refuse cependant de voir dans ce dossier uniquement une réaction aux problèmes survenus à l'UQAM avec le dérapage immobilier. «Arrêtez de penser que c'est juste l'UQAM. Je ne vais pas dévoiler ce que je constate dans d'autres universités, mais je les suis toutes», a-t-elle affirmé.

Outre l'enjeu de la gouvernance des universités, les correctifs à apporter aux programmes de formation au primaire et au secondaire, pour rectifier le tir de la réforme scolaire, figureront aussi en bonne place sur la table de travail de Mme Courchesne et de son ministère. D'ici à la fin du mois, le ministère devrait pouvoir fournir aux enseignants la nouvelle mouture des programmes de français du primaire, revue et corrigée pour préciser les connaissances qui doivent être acquises par les élèves chaque année.

Ce que l'on appelle la «hiérarchisation des savoirs» en jargon pédagogique devrait ensuite se poursuivre pour les autres matières, au primaire comme au secondaire.

La loi sur la gouvernance des commissions scolaires, déposée au printemps, devrait aussi revenir au menu législatif de l'automne.






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  • Michel Lebel
    Inscrit
    mercredi 10 septembre 2008 05h15
    La minstre fait fausse route.
    « La ministre se trompe au sujet de la gouvernance des universités. Les professeurs doivent demeurer majoritaires au conseil d'administration d'une université. Cela fait partie d'une très longue tradition qui doit demeurer. Ceci dit, les universités, puisqu'elles gèrent des fonds publics, doivent sérieusement rendre des comptes devant les instances gouvernementales et parlementaires appropriées. Et en particulier tout grand projet d'immobilisation devrait obtenir l'aval de ces instances. De fait, toute cette question de la gouvernance des universités en est une d'éthique et de bon jugement. Comme ces qualités peuvent manquer et manquent dans les universités(et ailleurs), il faut des balises, des garde-fous. Pas trop, mais des sérieux et efficaces. La ministre y va trop fort, ne sachant pas que les universités sont des institutions à part, ne fonctionnant pas comme des entreprises privées. Ce sont des institutions hors norme, qui ont toujours vécu sous un "certaine anarchie". Inutile donc de vouloir trop les enrégimenter, même si la tentation est grande pour la ministre. Inutile aussi pour la ministre de s'imiscer dans la gestion proprement interne et académique des universités. De toute façon, elle ne s'y retrouverait pas!


    Michel Lebel
    Ancien professeur d'université »

  • ethan solal
    Inscrit
    mercredi 10 septembre 2008 07h57
    Les professeurs majoritaires dans les C.A.? Et puis quoi encore...
    « J'ignorais qu'on pouvait être à la fois auteur et objet d'une recherche, mazette voila que je l'apprends!

    Les prof en majorité sur les C.A., c'est l'université d'aujourd'hui : une université de mafioso, de patentes, de protection des médiocres et des incompétents. Qui paie cette politique? Les étudiants. Que les professeurs paresseux et méprisants et autres carriéristes se le disent : l'époque bénie des planqués est bel et bien terminée. Le temps du professeur protégé par sa hiérarchie facultaire est révolu. Et c'est tant mieux. Quand on vous dit que même les professeurs se plagient entre eux, on prend la mesure de l'échec des universités québécoises. Et pourquoi celles-ci, à quelques exceptions près (McGill évidemment) ne figurent pas dans les classements des meilleurs universités du pays. »

  • vincent bussiere
    Abonné
    mercredi 10 septembre 2008 08h07
    La ministre sur la bonne voie!
    « Monsieur Lebel je reprends votre texte et le corrige, Dieu que ça fait du bien de corriger le devoir du prof!

    La ministre ne se trompe pas monsieur le professeur, la gouvernance des universités doit changer. Les professeurs majoritaires au conseil d'administration d'une université, c'est exactement contraire à vos propres enseignements. Cela fait partie comme vous le dite d'une longue tradition mais cette tradition doit changer. Les universités, gèrent des fonds publics et doivent rendre des comptes, devant le cochon de payeurs, et devant ceux qu'il a élu, ne vous en déplaise. Il y a suffisamment de preuves accumulées dans des cas récents, soit celui de l'Université du Québec avec l'ilot au centre ville et celui de l'Université de Montréal avec l'achat et la revente (honteuse) du couvent sur le Mont-Royal. Tout grand projet d'immobilisation devrait obtenir l'aval d'instances reflétant différentes opinions provenant de différentes personnes qui ne sont pas liées. De fait, toute cette question de la gouvernance des universités en est une d'éthique et de bon jugement dites vous et bien, ces qualités ont manquées beaucoup trop récemment dans les universités, il vous faut des balises, sérieux et efficaces. La ministre a tout à fait raison, elle sait que les universités sont des institutions à part, ne fonctionnant pas comme des entreprises privées. Ce sont des institutions hors norme, qui ont toujours vécu sous un "certaine anarchie". Il est donc temps de les ramener sur le plancher des vaches c'est à dire sur la même terre que nous! Enfin un(e) ministre qui voit plus loin que le bout de son nez et qui regarde dans la gestion des universités.
    Pas assez brillante pour comprendre pensez-vous...
    Vincent Bussière »

  • Régine Pierre
    Abonnée
    mercredi 10 septembre 2008 08h09
    Les experts à l'écart
    « Comment la Ministre compte-t-elle proposer des modifications qui se tiennent à une réforme qui ne tient pas debout et de surcroît en continuant de tenir les experts à l'écart? »

  • andré michaud
    Inscrit
    mercredi 10 septembre 2008 08h10
    Un peu de discipline fera du bien
    « Comme le soulignait le vérificateur général, on ne peut laisser les université que dans les mains des profs, car ils sont de piètres administrateurs qui partent souvent du principe que le gouvernement servira de vache à lait au besoin...et les contribuables sont écoeurés de cette forme de parasitisme administratif...Si on administrait nos familles de cette façon ce serait épouvantable...

    Il faudra aussi un jour remettre en question tous ces cours qui ne débouchent que sur des dettes...et qui sont sans possibilité d'emploi. Ces cours sont des arnaques qui sèment des illusions et conduisent à l'endettement. Et ce ne sont pas les prof qui enseignent ces cours et qui sont en conflit d'intérêt qui pourront le faire... »

  • jacques noel
    Inscrit
    mercredi 10 septembre 2008 08h42
    La ministre de la guenille doit démissionner
    « Vs avez vu la convention américaine à St.Paul?Vs avez vu le respect qu'ils ont pour leur drapeau?
    Un politicien américain qui comparerait la bannière étoilée à de la guenille serait lynché.

    D'ailleurs, y'a-t-il un seul ministre au monde qui comparerait son drapeau national à de la guenille? »

  • Nicolas Goyette
    Inscrit
    mercredi 10 septembre 2008 09h15
    Et les étudiants !
    « Ça prend aussi des étudiants dans le processus décisionnel. Ah ces bureaucrates, ils ne pensent pas souvent à la démocratie participatives. »

  • Jean-G. Lengelle
    Inscrit
    mercredi 10 septembre 2008 09h23
    Droit dans le mur!
    « Malheureusement la Ministre ne voit pas que son plan est voué à l'échec, ne serait-ce que parce que son modèle fait abstraction du principe essentiel du jugement par les pairs qui est l'essence même de ce qui est universitaire. Or il est évident que selon son modèle, les 2/3 des membres des CA ne seront pas des pairs et ne pourront commettre... que des impairs.
    Réduire l'université à des problèmes de gestion de cafétéria ou de stationnements est une aberration monumentale, et prétendre que des vérificateurs comptables aient suffisamment de notions de recherche de pointe relève de la suffisance des ignorants. Car, après tout, les états financiers ne disent qu'une seule chose, les dépenses sont-elles conformes aux règles en vigueur. Ils n'indiquent jamais si une dépense est fondée ou non! La mesure proposée est parallèle aux comités de parents des écoles qui disent comment éduquer leurs enfants, mais qui sont incapables de les élever correctement.
    Dans la mesure où les membres externes seront issus des familles politiques, ou des cercles fortunés, et donc qu'il n'auront qu'une connaissance mythique de qu'est l'université, il est inéluctable qu'ils cèdent aux pressions des dirigeants à qui "ils font toujours confiance", ou des lobbys de tout poil qui sont en fait à l'origine du malaise que l'on connaît, c'est à dire le clientélisme teinté de populisme. Le talon d'Achille de l'université c'est de trop s'occuper de ce qui ne la concerne pas, comme la danse, les bandes dessinées, la formation des maîtres ou le travail social, les communications, ou tous ces domaines qui ne font que transmettre la connaissance, hélas souvent biaisée, et qui ne font pas progresser cette connaissance, raison d'être de l'université, qui devient de plus en plus une boîte de cours donnés par des chargés de cours et non par des chercheurs d'avant-garde.
    Une des façons de contrer le marasme actuel consisterait à évacuer de l'université tout ce qui n'est pas proprement universitaire, et à exiger des compétence solides des étudiants à leur admission, avec en contrepartie la gratuité de leur scolarité et des bourses généreuses.
    Enfin, il est grand temps, comme mesure transitoire, de rétablir le concept de contrat de performance de François Legault pour mesurer véritablement le bien-fondé de tel ou tel programme. C'est aussi la façon de réconcilier le jugement par les pairs avec la gestion de l'université, et d'abolir le despotisme des administrateurs des universités. »

  • Albert Descôteaux
    Abonné
    mercredi 10 septembre 2008 09h35
    Ignorance
    « Je suis étonné par la hargne que certains étalent ici lorsqu'il s'agit de professeurs d'université. Seraient-ils des frustrés?

    Mon propos est d'un autre ordre: avant de crier au scandale, il serait opportun de prendre le temps de consulter les sites internet de diverses universités québécoises pour se rendre compte que les professeurs ne sont pas majoritaires sur la plupart des CA. Ce que la ministre Courchesne désire, c'est de fixer un pourcentage de membres de CA qui ne soient pas issus de la communauté universitaire.

    Faudra juste s'assurer que les futurs gestionnaires d'universités ne transforment pas ces institutions en "businesses" où la seule chose qui compte c'est le profit...

    Pour les ignorants qui crient au scandales, cliquez sur ces liens:

    http://www.inrs.uquebec.ca/Francais/index.jsp?page=INRS_Conseil_administration

    http://secretariat.concordia.ca/governors/list.shtml

    http://www.mcgill.ca/boardofgovernors/membership/

    https://oraprdnt.uqtr.uquebec.ca/pls/public/gidw002a?orga=CA »

  • Claude Archambault
    Inscrit
    mercredi 10 septembre 2008 10h16
    @ M Noel
    « M. Noel, j'ai lu relu et re re lu l'article et jamais dans ce texte il wst dit que Madame Courchesne traite le drapeau Canadien de guenille.
    Landry a déjà insulté le seul drapeau nationnal qui existe en le traitant de torchon rouge. Il devrait être lynchgé selon vous?

    Si vous faite référence au fleur de lys, alors ce fanion n'est pas un drapeau nationnal, car le Québec n'est par un pays. »

  • Hannibal Laliberté
    Inscrit
    mercredi 10 septembre 2008 10h26
    Il faut reconsidérer nos valeurs.
    « Bien qu'à une première lecture, le concept de "hiérarchisation des savoirs" puisse sembler abstrait, il fait pourtant référence à une réalité accablante dans le domaine de l'éducation supérieure. Comme en témoigne André Michaud, l'idée circule à l'intérieur de notre société que plusieurs disciplines académiques ne débouchent sur rien d'autre qu'un diplôme et consistent en une perte de temps et d'argent (notamment pour les contribuables). Il est facile de mettre dans ce lot les cours relatifs aux sciences-humaine, à laculture, aux arts. Résultat: ces programmes académiques subissent un appauvrissement ou sont tout simplement amputés, faute de fonds nécessaires. Ce type d'administration peut aisément être attribué à l'idéologie néo-libérale, à sa vallorisation du profit à court terme dans la société et à sa volonté de former des individus qui pourront s'engager dans le cycle productif.

    Pourtant, il m'apparaît impensable qu'une société humaine du XXIe siècle puisse être viable sans qu'une place ne soit réservée aux sciences-humaines, aux arts et à la culture et à leurs produits. Ces différentes sphères sont aussi vitales au maintien de la collectivité, que le sont les sciences naturelles, administratives, économiques... Une société privée de ces disciplines perdrait d'importantes lumières dans la compréhension de qui elle est, en plus d'être privée d'importants outils d'analyse à la compréhension de son environnement et de ses problèmes.

    Il m'apparaît évident que le gouvernement fait fausse route. »

  • Guertin Tremblay
    Inscrit
    mercredi 10 septembre 2008 11h44
    Le vent en poupe
    « À l'UQÀM, avec la récente démission des deux seuls représentants de la « classe » étudiante, et leur rapide « remplacement » par le ministère de l'Éducation, du Loisir et du Sport (MELS), le CA est d'or et déjà composé principalement de femmes et d'hommes issus des milieux d'affaire ou socio-économiques. Parmi ceux-ci, Isabelle Hudon, présidente de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain. Lundi, commentant la campagne électorale fédérale dans les pages du Devoir, cette dernière déplorait l'absence de représentants montréalais au sein du Conseil des ministres. Nous devons s'assurer, affirmait-elle, que Montréal sera représenté au cabinet afin de porter « la cause Montréal ». L'appui est a peine dissimulé, merci pour le sage conseil Madame la présidente.

    La droite a le vent en poupe, et le raz-de-marée atteint le coeur de nos universités. Nous le savons, les directives concernant les mesures de « redressement » et les réformes profondes à prévoir pour les prochaines années seront concoctées par un noyau relativement fermé de hauts gestionnaires formés à gérer une entreprise et d'abord préoccupés par le rendement financier. Nul doute qu'avec ce type d'idéologie de plus en plus présent sur les CA d'université, alors que l'UQÀM sert de laboratoire à ce remue-ménage néolibéral, ce que certains dénoncent comme des « cours qui ne débouchent que sur des dettes et qui sont sans possibilité d'emploi », ces « arnaques qui sèment des illusions » (précédent commentaire de M.André Michaud) seront rapidement remplacées par des « vraies » disciplines. Au grand détriment de toutes et tous.

    Guertin Tremblay »

  • jacques noel
    Inscrit
    mercredi 10 septembre 2008 11h53
    @M. Archambault
    « Ou bien vous ne savez pas lire? Ou bien vous êtes aveugle?

    La ministre de l'Éducation du Québec a comparé notre drapeau national (la nation québécoise a juste 4 siècles en passant!)à de la guenille. Dans tous les pays du monde elle aurait été contrainte à démissionner sur le champ. Aux States, où on ne blague vraiment pas avec le drapeau national, elle aurait été lynchée.

    Landry a effectivement comparé le drapeau canadien à un chiffon rouge. Mais Landry n'est pas canadian et il se bat, depuis 40 ans, pour nous libérer de ce drapeau colonial qu'on tapisse partout au Québec. »

  • Etienne Merven
    Inscrit
    mercredi 10 septembre 2008 15h21
    À Jack Christmas
    « M. Noël, vous dites vraiment n'importe quoi : Landry n'est pas Canadien! De quelle nationalité est-il alors? Québécoise, peut-être?
    Vos positions nous portaient à rire des fois, mais là, vous n'êtes même plus comique...
    Allez vous rhabiller! »

  • Daniel Clapin-Pépin
    Abonné
    mercredi 10 septembre 2008 16h41
    Le coup de barre affolé de Mme Courchesne
    « Selon la révélation de ce jour même de la journaliste Clairandrée Cauchy en page frontispice, la ministre de l'Éducation, Michelle Courchesne, est déterminée à présenter cet automne un projet de loi sur la gouvernance des universités. "Contre vents et marées" si nécessaire, clame-t-elle.

    Madame Courchesne s'étant "convertie" à la nouvelle idéologie "externiste/indépendantiste" (dont l'efficacité n'a pas été démontrée mais "révélée") du Groupe de travail sur la gouvernance des universités présidé par le professeur Jean-Marie Toulouse des HÉC, se dit prête à surmonter les "résistances observées dans le milieu universitaire".

    "Je crois à la nécessité des deux tiers de membres externes", affirme-t-elle! Alea jacta est! Trève de réflexions, de comparaisons et de discussions, les dés sont jetés, sinon pipés!

    En total désaccord avec pareille frénésie ministérielle, et sans prétendre parler au nom desdites "résistances universitaire", permettez-moi de vous exposer succinctement à l'aide d'un quadruple argumentaire pourquoi je suis d'avis qu'il est faux et même dangereux de recommander au législateur québécois de modifier la composition du conseil d'administration de l'UQAM - et de toutes les autres universités - de manière à ce que la majorité de ses membres soient "indépendants, donc non liés personnellement ou professionnellement à l'établissement" (selon l'une des principales recommandations du texte de Yvan Allaire et Jean-Marie Toulouse, "Des leçons à tirer de l'épisode UQAM", Le Devoir, 30 juin 2008, page A 7).

    Primo, telle chose que cette supposée "indépendance" - ici définie par l'absence de "lien personnel" (selon Allaire & Toulouse) - n'existe nulle part dans les conseils d'administration du secteur privé à but lucratif. Au contraire, dans la pratique "capitaliste" et juridique normale, la sélection et la nomination des membres des conseils d'administration (CA) se fait sur la base de leur "rôle" primordial de "représentant" des intérêts des actionnaires de l'entité capitaliste privée à but lucratif. Dès lors, lesdits membres du CA devant être eux-mêmes actionnaires pour bien assumer leur responsabilité fiduciaire, ils seraient donc ipso facto inéligibles s'il leur fallait, ce qui n'est pas le cas, respecter la "nouvelle" règle (de bonne gouvernance selon Allaire & Toulouse) de l'indépendance sans lien personnel.

    Secundo, lorsque transposée et appliquée au secteur public et aux universités, cette même règle de l'indépendance (sans lien personnel) pourrait tout aussi bien, en pratique, aller à l'encontre de la bonne gouvernance d'une quelconque entité "publique" puisque si la majorité de ses membres n'ont aucun lien "personnel" avec ladite organisation, ils n'auront probablement guère d'intérêt "personnel" non plus à y investir "personnellement" les nombreuses heures de lectures, de discussions et de délibérations - tâches pourtant typiques du membre d'un CA d'une organisation "publique" - normalement nécessaires pour bien en comprendre ses enjeux socio-économiques, sa culture organisationnelle, sa stratégie, sa structure, son identité, ses décisions, etc., en un mot pour être "efficaces".

    Tertio, les coopératives du monde entier - dont le "modèle" me semble beaucoup plus pertinent que le modèle capitaliste pour caractériser les vertus/qualités/compétences idéales des membres des conseils d'administration des universités - sont guidées depuis 1895 par sept grands principes dont le quatrième prévoit que tous et chacun des membres du conseil d'administration doit être "membre" de la coopérative pour en faire partie, ce principe intitulé "Autonomie et indépendance" se lisant ainsi : "Les coopératives sont des organisations autonomes d'entraide, gérées par leurs membres (mon souligné). La conclusion d'accords avec d'autres organisations, y compris des gouvernements, ou la recherche de fonds à partir de sources extérieures, doit se faire dans des conditions qui préservent le pouvoir démocratique des membres et maintiennent l'indépendance de leur coopérative."

    - Source : http://www.coopquebec.coop/site.asp?page=element&nIDElement=2186


    Quarto, quoique le modèle capitaliste ne soit guère recommandable comme "inspiration" pour mieux redéfinir les qualités souhaitables des membres du Conseil d'administration de l'UQAM et des autres universités, la branche "rhénane" dudit capitalisme - dominante en Allemagne et au Japon dans les années 1980 à titre de contrepartie alors jugée plus "civilisée" que l'autre branche "texane" ou anglo-saxonne - pose néanmoins comme principe de bonne gouvernance la "cogestion" des salariés dans le Directoire (équivalent du Conseil d'administration) de l'entreprise privée capitaliste à but primordialement lucratif ainsi que, sur une base "paritaire", dans le Conseil de surveillance (équivalent du Comité de vérification).

    À bon entendeur, salut!


    Professeur Daniel Clapin-Pépin
    École des sciences de la gestion
    Département des sciences comptables
    Université du Québec à Montréal

    clapin-pepin.daniel@uqam.ca »

  • Patrick Lépine
    Inscrit
    mercredi 10 septembre 2008 18h58
    Qui peut montrer l'exemple??? @ Archambault et Merven
    « On prétend que les chercheurs et scientifiques qui peuplent nos universités ne peuvent correctement gérer et administrer celles-ci, car ils ne savent pas toujours où se trouve leur intérêt...
    Hors c'est cette même ministre qui ne semble pas connaître la couleur de son chèque de paye. N'y a-t-il pas de dicton qui dit:"On ne mord pas la main qui nous nourrit."...
    Je me pose de sérieuses questions, là où Mme la ministre y est allée d'un froid mépris, monsieur Landry y est allé d'une fine subtilité, qui n'aura pas échappée à toute personne connaissant la langue française. Vos comparaisons boîteuses sont de vaines tentatives du déni de l'outrage. Monsieur Landry en outre ne recevait pas son chèque du gouvernement du Canada... La ministre Courchesne si elle reçoit son salaire par versements automatiques(apparement elle ne connaît pas la couleur de son chèque de paye...) ne devrait-elle pas dans ces conditions démissionner "automatiquement"???

    Franchement, les fédéralistes argumentent vainement. Je conçoit maintenant les fonds investits pour le projet de McGill, il y aura tant de troubles à régler en psychiatrie...

    C'est le chiffon rouge agité, qui essoufle la bête et nous permet de la piquer mortellement. La guenille bleue, elle doit servir, j'imagine, à faire place nette! »

  • Claude Archambault
    Inscrit
    mercredi 10 septembre 2008 19h42
    @ Père Noël
    « Oui, Père Noël, car vous semblez fabuler. En vous donnant le bénéfice du doute j'ai relu et relu sans trouver de passage ou la ministre insulte le drapeau national.
    Comme je l'ai dit il n'existe qu'une nationalité et elle est canadienne donc un seul drapeau national l'Unifolié.
    Pour ce qui est de l'autre morceau de tissus, il y a bien peu de personne qui se préoccupe de son sort. Il sert de fanion à La Belle Privince.

    SVP montrez moi ou est l'insulte »

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