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Charest tente de convaincre Sarkozy de prendre la parole à l'Assemblée nationale

La Presse canadienne   3 septembre 2008  Québec
Québec — Les parlementaires de l'Assemblée nationale pourraient être rappelés en Chambre plus tôt que prévu afin d'entendre le président de la République française, Nicolas Sarkozy.

Le bureau du premier ministre Jean Charest multiplie les contacts avec l'Élysée afin de convaincre le président français de prononcer une allocution au Salon bleu, le 17 octobre, à l'occasion de son passage au Québec pour le Sommet de la francophonie.

Les députés, qui doivent reprendre les travaux le 21 octobre, pourraient devoir devancer leur retour de quatre jours afin d'entendre le visiteur de marque.

Le chef de l'opposition officielle, Mario Dumont, a assuré au premier ministre Charest hier qu'il pouvait compter sur l'entière collaboration de l'Action démocratique s'il devait convoquer la Chambre plus tôt que prévu.

«Nous avons établi des contacts avec l'Élysée, mais rien n'est encore confirmé. L'entourage du président est en train de voir à tout ça, nous attendons des nouvelles», a pour sa part expliqué à La Presse Canadienne Hugo D'Amours, porte-parole du premier ministre Charest.

Jamais un président de la République française n'a pris la parole à l'Assemblée nationale du Québec. Plusieurs premiers ministres l'ont cependant fait, notamment Pierre Mauroy en 1982 et Laurent Fabius en 1984.

Le choix du président

Dans un autre dossier, des discussions intensives n'ont pas permis d'aplanir le différend qui oppose le gouvernement Charest à l'ADQ sur le choix du prochain président de l'Assemblée nationale.

L'Action démocratique conteste ouvertement la candidature du député Yvon Vallières, retenue par les libéraux de Jean Charest pour succéder au démissionnaire Michel Bissonnet.

Mario Dumont fait valoir que le député de Richmond n'affiche pas l'impartialité nécessaire pour arbitrer les débats parlementaires.

«Nous voulons que la personne qui va occuper le fauteuil du président ait toute l'autorité et la confiance de l'Assemblée nationale», a fait valoir le leader de l'ADQ en point de presse au parlement.

La semaine dernière, M. Dumont avait même qualifié de «goon» le candidat des libéraux, un parlementaire chevronné dont la première victoire électorale remonte au scrutin général du 29 octobre 1973.

Dans les cercles adéquistes, des sources racontent que Mario Dumont n'a pas pardonné à M. Vallières de lui avoir accolé l'étiquette de «girouette» pendant la dernière session parlementaire.

«Il y a un certain nombre de députés libéraux qui sont perçus dans notre caucus comme étant des gens qui ne sont pas [impliqués] dans les attaques personnelles et constantes contre le parti en face, a dit M. Dumont. C'était le cas pour Michel Bissonnet. Lorsqu'il a été choisi comme président, il n'y avait pas cela dans sa revue de presse. M. Vallières a ça dans sa revue de presse.»

M. Dumont a rencontré le premier ministre Charest hier matin à la demande expresse de ce dernier afin de tenter de sortir de l'impasse, mais en vain.

«À l'heure où l'on se parle, il y a une forme d'impasse, la voie de solution n'est pas trouvée», a souligné le député de Rivière-du-Loup.

Le gouvernement doit obtenir l'appui des partis d'opposition pour nommer un successeur à Michel Bissonnet, à temps pour la rentrée parlementaire.

«Les canaux de communication restent ouverts, nous partageons [avec le premier ministre] l'objectif d'en arriver à une élection de la présidence la plus consensuelle possible», a dit M. Dumont.

Le député libéral de Jeanne Mance-Viger, Michel Bissonnet, a annoncé sa démission de la présidence le 14 juillet, pour tenter sa chance en politique municipale à la mairie de l'arrondissement montréalais de Saint-Léonard.






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