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    560 millions de bouteilles d'eau au dépotoir - Québec n'écarte pas l'idée d'une consigne

    23 août 2008 |Louis-Gilles Francoeur | Québec
    Québec n'a pas éliminé l'hypothèse d'imposer une consigne sur les contenants d'eau embouteillée dans sa future politique sur la gestion des matières résiduelles, malgré les recommandations d'une commission parlementaire qui, à la fin de l'hiver dernier, a plutôt recommandé au gouvernement de donner la priorité à la consolidation de la collecte sélective domestique.

    C'est ce qu'a déclaré hier au Devoir Mario Bérubé, le chef du service sur les matières résiduelles au ministère du Développement durable, de l'Environnement et des Parcs (MDDEP).

    Le ministère reconnaît cependant que la collecte sélective se limite aux déchets produits dans les résidences et qu'une quantité croissante de matières résiduelles se trouve en dehors des milieux familiaux. C'est pour cela, explique-t-il, qu'a été mise sur pied, en 2007, la Table de la récupération hors foyer. Les entreprises fournissent environ 2 millions pour ses projets et Recyc-Québec lui consacre une somme de 300 000 $, précise M. Bérubé, en plus d'ajouter plusieurs programmes en propre, pour encourager la récupération lors d'événements importants, comme les grands festivals.

    Les programmes et les travaux de la Table de la récupération hors foyer permettent d'acheter des équipements de récupération pour toutes sortes de matières résiduelles, y compris les contenants d'eau embouteillée, dont le Québec utilisera un milliard d'unités cette année, selon les évaluations préliminaires de Recyc-Québec, qui feront l'objet d'une validation ultérieure.

    Mais le responsable du dossier au ministère ne peut dire dans quelle mesure ces programmes ou ces équipements — comme ces bacs de récupération qui ont fait leur apparition dans le cadre du 400e de Québec — vont réduire le nombre des 550 millions de bouteilles d'eau qui devraient filer au dépotoir cette année. Ces programmes, dit-il, visent à récupérer de 8000 à 10 000 tonnes de matières résiduelles sur un potentiel de 40 000 tonnes. Mais ce chiffre englobe toutes les matières recyclables produites hors foyer, comme les bouteilles de vin, d'eau et autres contenants utilisés notamment dans la restauration et d'autres types d'entreprises.

    Les programmes de la Table de la récupération hors foyer ne proposent aucun moyen particulier pour réduire les déchets sauvages que constituent les milliers de bouteilles d'eau embouteillée jetées à gauche et à droite, dans la nature et en milieu urbain, mais surtout pas dans les poubelles publiques pourtant en place depuis longtemps. Ces bouteilles ne sont pas systématiquement ramassées, faute d'avoir une valeur économique, comme les canettes d'aluminium ou les contenants de boissons gazeuses.

    De la bonne eau au robinet

    Un autre haut fonctionnaire du ministère, Didier Bicchi, chef du service des eaux municipales, explique de son côté qu'une part du problème réside dans l'idée de plus en plus répandue que l'eau du robinet n'est pas sûre.

    «C'est une perception qui est tout à fait fausse, dit-il. L'eau du robinet est d'excellente qualité et très bonne. Le Québec a le meilleur règlement sur l'eau potable au Canada, et c'est un règlement qui contrôle non seulement la qualité de l'eau par des normes mais qui assure aussi la fréquence et la nature des contrôles.»

    Quand les gens sont avisés qu'il faut faire bouillir l'eau, dit-il, ce n'est pas le signe d'une faiblesse du système mais, au contraire, la preuve que les contrôles sont efficaces. Ces avis sont inévitables lorsqu'il faut ouvrir des canalisations pour des travaux ou lorsque des accidents modifient la qualité des eaux brutes. Ce qui serait inacceptable, dit-il, ce serait de ne pas aviser les gens par des avis publics. Lui-même boit l'eau du robinet et ne voit pas la nécessité d'en acheter même à l'extérieur de la maison alors que cette ressource est déjà disponible, sécuritaire et de bonne qualité, dit-il.












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