560 millions de bouteilles d'eau au dépotoir - Québec n'écarte pas l'idée d'une consigne

Québec n'a pas éliminé l'hypothèse d'imposer une consigne sur les contenants d'eau embouteillée dans sa future politique sur la gestion des matières résiduelles, malgré les recommandations d'une commission parlementaire qui, à la fin de l'hiver dernier, a plutôt recommandé au gouvernement de donner la priorité à la consolidation de la collecte sélective domestique.

C'est ce qu'a déclaré hier au Devoir Mario Bérubé, le chef du service sur les matières résiduelles au ministère du Développement durable, de l'Environnement et des Parcs (MDDEP).

Le ministère reconnaît cependant que la collecte sélective se limite aux déchets produits dans les résidences et qu'une quantité croissante de matières résiduelles se trouve en dehors des milieux familiaux. C'est pour cela, explique-t-il, qu'a été mise sur pied, en 2007, la Table de la récupération hors foyer. Les entreprises fournissent environ 2 millions pour ses projets et Recyc-Québec lui consacre une somme de 300 000 $, précise M. Bérubé, en plus d'ajouter plusieurs programmes en propre, pour encourager la récupération lors d'événements importants, comme les grands festivals.

Les programmes et les travaux de la Table de la récupération hors foyer permettent d'acheter des équipements de récupération pour toutes sortes de matières résiduelles, y compris les contenants d'eau embouteillée, dont le Québec utilisera un milliard d'unités cette année, selon les évaluations préliminaires de Recyc-Québec, qui feront l'objet d'une validation ultérieure.

Mais le responsable du dossier au ministère ne peut dire dans quelle mesure ces programmes ou ces équipements — comme ces bacs de récupération qui ont fait leur apparition dans le cadre du 400e de Québec — vont réduire le nombre des 550 millions de bouteilles d'eau qui devraient filer au dépotoir cette année. Ces programmes, dit-il, visent à récupérer de 8000 à 10 000 tonnes de matières résiduelles sur un potentiel de 40 000 tonnes. Mais ce chiffre englobe toutes les matières recyclables produites hors foyer, comme les bouteilles de vin, d'eau et autres contenants utilisés notamment dans la restauration et d'autres types d'entreprises.

Les programmes de la Table de la récupération hors foyer ne proposent aucun moyen particulier pour réduire les déchets sauvages que constituent les milliers de bouteilles d'eau embouteillée jetées à gauche et à droite, dans la nature et en milieu urbain, mais surtout pas dans les poubelles publiques pourtant en place depuis longtemps. Ces bouteilles ne sont pas systématiquement ramassées, faute d'avoir une valeur économique, comme les canettes d'aluminium ou les contenants de boissons gazeuses.

De la bonne eau au robinet

Un autre haut fonctionnaire du ministère, Didier Bicchi, chef du service des eaux municipales, explique de son côté qu'une part du problème réside dans l'idée de plus en plus répandue que l'eau du robinet n'est pas sûre.

«C'est une perception qui est tout à fait fausse, dit-il. L'eau du robinet est d'excellente qualité et très bonne. Le Québec a le meilleur règlement sur l'eau potable au Canada, et c'est un règlement qui contrôle non seulement la qualité de l'eau par des normes mais qui assure aussi la fréquence et la nature des contrôles.»

Quand les gens sont avisés qu'il faut faire bouillir l'eau, dit-il, ce n'est pas le signe d'une faiblesse du système mais, au contraire, la preuve que les contrôles sont efficaces. Ces avis sont inévitables lorsqu'il faut ouvrir des canalisations pour des travaux ou lorsque des accidents modifient la qualité des eaux brutes. Ce qui serait inacceptable, dit-il, ce serait de ne pas aviser les gens par des avis publics. Lui-même boit l'eau du robinet et ne voit pas la nécessité d'en acheter même à l'extérieur de la maison alors que cette ressource est déjà disponible, sécuritaire et de bonne qualité, dit-il.
4 commentaires
  • Fernand Trudel - Inscrit 23 août 2008 09 h 08

    Déjà 44% au recyclage

    Déjà les bacs bleus ont fait leur effet car 44% des bouteilles de plastique sont acheminées au recyclage. Une campagne de sensibilisation augmenterait ce pourcentage encore plus.

    Quand aux cris d'alarme d'EAU-SECOUR, ils me vont rire. À Québec, il n'en est rien car les déchets non recyclés passent par un incinérateur ce que devrait faire Montréal pour diminuer le volume au site d'enfouissement. Je vous épargne le sort d'une bouteille de plastique soumise au feu à 3000 degrés. Elle fond, s'évapore en vapeur et ne dégrade plus l'environnement. Bien plus, la vapeur produite est vendue à la papeterie juste à coté, procurant un revenu d'appoint intéressant et empêchant l'usine d'utiliser du mazout polluant pour faire fonctionner ses machines à papier. Enfin, il n'y a que des cendres beaucoup moins volumineuses etr neutres environnementalement qui sont acheminées au site d'enfouissement.

    Voilà de véritables façons d'améliorer notre environnement. Par contre, il y aura toujours des irresponsables pour jeter dans le nature leur bouyteilles vides et c'est bien dommage. Ces gens mériteraient d'être vilipendés et même condamnés à payer une amende en plus de les forcer à se ramasser sur le champ.

    Quant aux écolos comme notre chroniqueur, se sont comme des poules pas de têtes courant dans tous les sens en se scandalisant comme des vierges offensées et cherchant à dramatiser davantage. Il serait temps que certain réfléchissent avant de parler, notre environnement médiatique s'en porterait mieux...

  • Bruno Giroux - Abonné 23 août 2008 11 h 50

    Une consigne pour tout ce qui est recyclable

    Le gouvernement devrait aller le plus tôt possible de l'avant en établissant une consigne non seulement pour les bouteilles de plastique mais pour toutes les bouteilles qui peuvent être recyclées, ce qui inclut celles vendues par la Société des alcools.

    Le montant de cette consigne devrait être suffisamment élevé - 0,25 $ par exemple - pour qu'il incite l'acheteur à retourner les bouteilles à moins qu'un cueilleur de bouteilles ne le fasse à sa place.

    L'établissement d'une consigne ne sera cependant pas suffisant pour que se fasse le recyclage des bouteilles consignées. C'est toute la politique du recyclage qui est à revoir comme nous le rappelle un excellent article publié dans l'édition du 15 septembre du magazine L'actualité.

  • Bourjoi - Abonné 23 août 2008 22 h 03

    Eau en bouteilles

    Faire usage d'accessoires en plastique revient à utiliser du pétrole. Le pétrole quelque soit son usage est polluant. Le pétrole de son extraction à son enfouissement est toxique. Dans tous ses états, il nous agresse nous et notre environnement d'innombrables manières.

    Le commerce étant ce qu'il est, a trouvé le moyen d'associer le pétrole sous forme de contenants éphémères et nocifs avec l'eau.

    Le meilleur et le pire sous le même emballage.

    Toutes les entreprises en notre monde n'existent que pour le profit. Cela revient à la création d'un organisme à l'appétit insatiable. Estomac qui a faim ne peut entendre raison. Ils ne peuvent faire usage d'intelligence même si leurs produits sont nocifs. Comme tous les fabricants ou producteurs de poisons de ce monde ils ne peuvent accepter de changer la donne.

    L'industrie de l'eau embouteillés nous dit que les consommateurs et les citoyens sont globalement intelligents et que le bon sens va l'emporter. Effectivement il y a des alternatives à l'usage de récipients de plastique pour transporter l'eau. Il y a le verre et l'acier inoxydable. Il pourrait même y avoir l'aluminium, mais malheureusement les producteurs de bouteilles d'aluminium ont choisit de couvrir l'intérieur de leurs bouteilles pour l'eau de polycarbonate (plastique) plutôt que de céramique.

    Pour ma part je transporte l'eau du robinet que je paye avec mes taxes dans des bouteilles en acier inoxydable qu'il me suffit de désinfecter de temps en temps pour les réutiliser indéfiniment.

    C'est une question de gros bon sens.

    Bourjoi
    Montréal

  • Fernand Trudel - Inscrit 24 août 2008 22 h 35

    Tant va la cruche à l'eau

    Monsieur Léopold le bourgeois nous dit qu'il utilise des bouteille en métal pour transporter de l'eau du robinet car pour lui, il ménage le pétrole.

    Je me demande pourquoi le Ministère de l'Environnement a enlevé les cruches d'eau de robinet sur tous les terrains de golf de la province. On utilisait des cônes en papier pour se servir et les gens lavaient les cruches régulièrement.

    Peut-être Monsieur Bourgeois pourrait donner des cours aux fonctionnaires de ce ministère pour savoir comment rincer corretement une cruche afin de l'utiliser sanitairement...