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Philippe Couillard au privé - Le PQ réclame une enquête

L'ex-ministre avait-il déclaré son intérêt à l'égard de PCP quand le conseil des ministres a adopté deux décrets favorisant son futur employeur?

Robert Dutrisac   22 août 2008  Québec
Philippe Couillard
Philippe Couillard
Bécancour — Le Parti québécois juge que le ministre de la Santé et des Services sociaux Philippe Couillard s'était placé dans une situation potentielle de conflit d'intérêts quand le conseil des ministres a adopté deux décrets favorisant son futur employeur, Persistence Capital Partners (PCP).

Le député de Chicoutimi et porte-parole péquiste en matière d'éthique, Stéphane Bédard, et le député de Marie-Victorin et porte-parole en matière de santé, Bernard Drainville, ont exigé hier du premier ministre Jean Charest qu'il révèle si le ministre de la Santé et des Services sociaux Philippe Couillard avait déclaré son intérêt à l'égard de PCP au moment où le conseil des ministres adoptait deux décrets favorisant le futur employeur du ministre, soit les 18 et 25 juin respectivement. M. Couillard a annoncé sa démission le 25 juin. Selon M. Bédard, M. Couillard aurait dû se retirer du conseil des ministres au moment de l'adoption des décrets.

Or l'attachée de presse du ministre Couillard, Marie-Ève Bédard, qui occupe les mêmes fonctions pour le nouveau ministre, Yves Bolduc, a confirmé hier au Devoir que M. Couillard était présent lors des deux séances du conseil des ministres où furent adoptés les décrets.

Le deux députés ont aussi réclamé que le Commissaire au lobbyisme fasse une enquête sur PCP et les rencontres que la firme a eues avec le ministre peu avant son départ, rencontres que M. Couillard a reconnu avoir eues. «La plus belle preuve en droit, c'est l'aveu, a souligné M. Bédard. Il [M. Couillard] a dit qu'il était en discussions, avant l'adoption des règlements, avec son futur employeur.»

Le Commissaire au lobbyisme effectue actuellement des vérifications pour savoir si PCP a violé la Loi sur la transparence et l'éthique en matière de lobbyisme, a confirmé hier le directeur des communications de l'organisme, Pierre Morin. Cette loi stipule qu'une entreprise qui communique avec un ministre dans le but de l'influencer relativement à un projet de loi, à un règlement ou à un contrat doit s'inscrire au registre des lobbyistes. PCP n'est pas inscrite à ce registre. Une enquête du commissaire pourrait suivre sur les rencontres entre PCP et le ministre. Rappelons que l'organisme ne surveille que les activités des lobbyistes et non pas le comportement des ministres. En outre, qu'une firme fasse savoir son opinion sur un règlement en pré-publication ne constitue pas une activité de lobbying puisque cette opinion est sollicitée publiquement par le gouvernement, a expliqué M. Morin.

Les deux décrets, dont la loi 33 prévoyait l'adoption, avaient fait l'objet d'une pré-publication en février. Le décret adopté le 18 juin précise la cinquantaine de traitements médicaux ou de chirurgies que les cliniques privées spécialisées sont autorisées à effectuer. Le décret du 25 juin réduit de moitié les frais des permis pour établir une telle clinique, lesquels frais passent de 10 000 $ à 5000 $ pour les cliniques qui offrent de l'hébergement et de 5000 $ à 2500 $ pour les autres. PCP, un fonds d'investissement qui est propriétaire des cliniques privées Medisys, vise ce nouveau marché des «centres médicaux spécialisés» que prévoit la loi 33, telle la clinique Rockland MD, a rappelé Bernard Drainville.

Selon l'article 61 de l'Assemblée nationale, un député doit éviter de se placer dans une situation où son intérêt personnel peut influer sur l'exercice de ses fonctions, a rappelé Stéphane Bédard. «On est devant une situation très claire de potentialité de conflit d'intérêts», estime-t-il. En pareil cas, un député peut demander l'avis au jurisconsulte de l'Assemblée nationale, dont c'est la tâche. M. Couillard n'a pas demandé un tel avis, a indiqué hier le jurisconsulte Claude Bisson.
 
 
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  • Jacques Morissette
    Abonné
    vendredi 22 août 2008 05h00
    On abeau avoir l'éthique qu'on voudra.
    N'empêche qu'un jour vient où nous avons à faire face à un dilemme avec les collègues de la nouvelle entreprise où on travaille. Alors, je fais quoi? Je tais l'information pertinente que je sais sur le gouvernement au nom de mon éthique où si, petit à petit, je gruge dessus un peu comme un castor qui se construit un barrage. Humainement parlant, en tous les cas, je me questionnerais. D'autant plus quand quelqu'un a des gros intérêts dans l'entreprise en question.

    JM

  • Gilles Delisle
    Abonné
    vendredi 22 août 2008 07h04
    Dans la longue liste des politicailleurs de bas étage!
    Comme bien d'autres, j'ai cru à cet homme au début, croyant qu'il serait capable de redresser le système de santé au Québec. Aujourd 'hui, je m'aperçois que cet homme, non seulement a failli comme ministre de la santé, mais de plus, il a agi comme un petit politicien minable en favorisant une règlementation pour son futur employeur et tous ses amis du "privé"! A l'image de son chef et de son parti!

  • Marc Gendron
    Abonné
    vendredi 22 août 2008 07h43
    Du front tout le tour de la tête!
    M. Couillard patauge dans le conflit d'intérêt jusqu'aux oreilles. Deux mois! On a jamais rien vu de tel. Même à Ottawa...

    Ça donne une idée de l'ambition et du culot stupéfiant d'un personnage qui se piquait, à RDI, de ne pas pas avoir d'état d'âme quand il s'agit de son plan de carrière. Avis aux intéressés.

    Il se prend pas pour une queue de cerise...

  • Fleurette Riverin
    Abonnée
    vendredi 22 août 2008 10h06
    La curée
    Le Dr. Couillard est devenu la cible d'un déluge d'accusations malveillantes sur son intégrité et les péquistes sont déchaînés, sans doute cherchent-ils un os à ronger pour que la population oublie quelque peu leurs insignifiances quotidiennes, en tentant de semer le doute et de salir un homme remarquable.

    Il a été un brillant chirurgien, un brillant ministre de la santé, et dans toutes les fonctions qu'il a occupées, son intégrité a toujours été totale, même s'il avait toujours une meute à sa poursuite pour tenter de l'encercler en l'accusant de leur propre turpitude.

    Il continuera dans son nouveau travail à mettre l'intégrité au sommet de tous ses actes et espérons qu'il pourra faire bénéficier le système de santé québécois de la juste dose de privé dont il a tant besoin. Docteur Couillard, je vous admire et vous avez toute ma confiance.

    Les chacals ne resteront finalement qu'avec leur viande avariée dans les dents, car la vérité a toujours ses droits et finit toujours par triompher de la mauvaise foi et du mensonge.

  • André Bissonnette
    Abonné
    vendredi 22 août 2008 22h03
    sacré fleurette, va!
    La grande défenderesse du parti libéraaaaal

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