Le cynisme plombe la souveraineté
Contrairement à François Legault, Pauline Marois ne veut jeter l'éponge
Pauline Marois
Bécancour — Le cynisme affiché par la population québécoise à l'égard de la politique rend-il invendable la souveraineté du Québec? La chef du Parti québécois, Pauline Marois, croit que non.
La chef péquiste n'est pas d'accord avec le député de Rousseau, François Legault, qui juge que le projet souverainiste a du plomb dans l'aile à l'heure actuelle en raison du cynisme de la population qui est à son comble.
«Je pense qu'au contraire, les gens recherchent justement de nouveaux défis», a affirmé hier Pauline Marois en marge du caucus de fin d'été des députés du PQ. «On a le goût au contraire de remettre le projet de souveraineté à l'ordre du jour le plus rapidement possible.»
À l'entrée du caucus, François Legault s'était épanché sur la difficulté de faire de la politique au Québec par les temps qui courent et de promouvoir de grands projets collectifs. Le cynisme de la population envers la classe politique, «c'est pire que jamais», estime le député.
Le projet souverainiste est toujours pertinent, a soutenu M. Legault. «Mais actuellement, la crise de confiance envers la classe politique en général nous met dans une situation qui n'est pas facile pour parler d'un projet collectif.»
François Legault estime que le PQ doit se contenter d'offrir à l'électorat de former un bon gouvernement. «Les gens se disent: avant de m'embarquer dans un grand projet, un grand changement, y a-t-il moyen de régler les problèmes financiers, nos problèmes dans nos écoles, les inquiétudes qu'on peut avoir au niveau de notre emploi, de notre économie?», a-t-il fait valoir.
«Pour être capable de présenter un grand projet comme la souveraineté du Québec, il faut d'abord bâtir la confiance», a avancé M. Legault.
C'est du bout des lèvres que Mme Marois admet qu'il y a «dans certains cas» du cynisme au sein de la population à l'égard de l'action politique. L'annonce de Philippe Couillard, qui a quitté la politique pour faire désormais la promotion des cliniques médicales privées, «n'est pas très heureux dans les circonstances», a-t-elle noté.
Mais il existe toujours de l'intérêt pour le projet souverainiste, dont l'appui au sein de l'électorat atteint toujours quelque 40 %. Pour Pauline Marois, il faut aborder le projet souverainiste sous l'angle des pouvoirs que le Québec doit obtenir pour assurer son développement. Un comité partisan travaille à un manifeste sur la souveraineté qui sera présenté en octobre à la Conférence des présidents et présidentes du PQ et une tournée suivra, a-t-elle mentionné.
De passage au caucus des députés péquistes pour les informer de la situation politique à Ottawa, le chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe, s'est dit fin prêt pour le déclenchement prochain d'élections par Stephen Harper même avant la tenue des élections partielles fixées au 8 septembre. Il s'est inscrit en faux contre la thèse soutenue par M. Legault et il entend parler de souveraineté durant la campagne. «Si ça [la souveraineté] demeure pertinent, c'est pertinent. Et si c'est pertinent, il faut en parler, a-t-il dit au cours d'un point de presse. C'est quand on ne parle pas des choses que le cynisme s'installe.»
Le PQ croit avoir trouvé un cheval de bataille pour rendre concrètes les aspirations souverainistes: l'exploration et l'exploitation des gisements de pétrole et de gaz que recèlent le lit du Saint-Laurent et le site de Old Harry au large des îles de la Madeleine. Le gouvernement fédéral n'a toujours pas délivré de permis pour l'exploration de ces gisements. Les négociations entre Québec et Ottawa à ce sujet achoppent.
Le Québec n'a pas les pleins pouvoirs pour lancer ce grand projet d'autosuffisance énergétique. «Quand on dit ça aux gens, ils sont outrés», a fait valoir Mme Marois. Le potentiel d'hydrocarbures représenterait un minimum de 20 milliards en redevances et autres revenus sur dix ans, avance-t-on au PQ.
La chef péquiste et le porte-parole en matière d'environnement, Camil Bouchard, ont effectué à la fin de juillet une mission en Norvège qui «concilie l'exploitation de ses ressources gazières et pétrolières avec le développement durable», ont-ils affirmé.
À l'instar de l'État norvégien, le gouvernement du Québec doit être le maître d'oeuvre de l'exploitation pétrolière et gazière au Québec. La société norvégienne StatoilHydro, dont l'État détient plus des deux tiers des actions, extrait 60 % des barils de pétrole de la mer du Nord. L'État norvégien détient des intérêts minoritaires dans toutes les entreprises engagées dans l'exploitation de cette ressource, a souligné en outre M. Bouchard. Grâce aux redevances et aux profits de la société d'État, la Norvège, qui ne compte que 4,6 millions d'habitants, a ainsi constitué un formidable fonds de 550 milliards qui fait saliver les péquistes. «Ça nous libérerait de notre dépendances au pétrole étranger et améliorerait notre balance commerciale», a avancé Mme Marois. Un gouvernement péquiste formerait une société d'État, qui pourrait se nommer Pétro-Québec, pour se consacrer à l'exploration, à l'extraction et à la distribution d'hydrocarbures. «Tout est imaginable», a dit Pauline Marois.
Pour sa part, le chef de l'Action démocratique du Québec, Mario Dumont, a saisi l'occasion pour se moquer des divergences de vue au sein du PQ.
«M. Legault a écouté les Québécois pas mal plus que ses collègues cet été», a commenté M. Dumont à Montréal, en soutenant que le député de Rousseau fait une juste lecture de ce que veulent les citoyens.
Par ailleurs, le député de Borduas, Pierre Curzi, est revenu pour en rire sur la polémique entourant le concert de Paul McCartney à l'occasion du 400e anniversaire de la fondation de Québec. «Je considère que j'ai contribué modestement à la notoriété du concert de Paul McCartney», a-t-il dit, ajoutant que, pour lui, l'incident est clos. Le porte-parole péquiste en matière de culture n'entend pas se formaliser si Céline Dion chante en anglais lors de son concert à Québec. «Je n'ai pas de problème avec les langues. Si Céline chante en français, en anglais, je n'ai pas de problème avec ça.»
***
Avec la Presse canadienne
La chef péquiste n'est pas d'accord avec le député de Rousseau, François Legault, qui juge que le projet souverainiste a du plomb dans l'aile à l'heure actuelle en raison du cynisme de la population qui est à son comble.
«Je pense qu'au contraire, les gens recherchent justement de nouveaux défis», a affirmé hier Pauline Marois en marge du caucus de fin d'été des députés du PQ. «On a le goût au contraire de remettre le projet de souveraineté à l'ordre du jour le plus rapidement possible.»
À l'entrée du caucus, François Legault s'était épanché sur la difficulté de faire de la politique au Québec par les temps qui courent et de promouvoir de grands projets collectifs. Le cynisme de la population envers la classe politique, «c'est pire que jamais», estime le député.
Le projet souverainiste est toujours pertinent, a soutenu M. Legault. «Mais actuellement, la crise de confiance envers la classe politique en général nous met dans une situation qui n'est pas facile pour parler d'un projet collectif.»
François Legault estime que le PQ doit se contenter d'offrir à l'électorat de former un bon gouvernement. «Les gens se disent: avant de m'embarquer dans un grand projet, un grand changement, y a-t-il moyen de régler les problèmes financiers, nos problèmes dans nos écoles, les inquiétudes qu'on peut avoir au niveau de notre emploi, de notre économie?», a-t-il fait valoir.
«Pour être capable de présenter un grand projet comme la souveraineté du Québec, il faut d'abord bâtir la confiance», a avancé M. Legault.
C'est du bout des lèvres que Mme Marois admet qu'il y a «dans certains cas» du cynisme au sein de la population à l'égard de l'action politique. L'annonce de Philippe Couillard, qui a quitté la politique pour faire désormais la promotion des cliniques médicales privées, «n'est pas très heureux dans les circonstances», a-t-elle noté.
Mais il existe toujours de l'intérêt pour le projet souverainiste, dont l'appui au sein de l'électorat atteint toujours quelque 40 %. Pour Pauline Marois, il faut aborder le projet souverainiste sous l'angle des pouvoirs que le Québec doit obtenir pour assurer son développement. Un comité partisan travaille à un manifeste sur la souveraineté qui sera présenté en octobre à la Conférence des présidents et présidentes du PQ et une tournée suivra, a-t-elle mentionné.
De passage au caucus des députés péquistes pour les informer de la situation politique à Ottawa, le chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe, s'est dit fin prêt pour le déclenchement prochain d'élections par Stephen Harper même avant la tenue des élections partielles fixées au 8 septembre. Il s'est inscrit en faux contre la thèse soutenue par M. Legault et il entend parler de souveraineté durant la campagne. «Si ça [la souveraineté] demeure pertinent, c'est pertinent. Et si c'est pertinent, il faut en parler, a-t-il dit au cours d'un point de presse. C'est quand on ne parle pas des choses que le cynisme s'installe.»
Le PQ croit avoir trouvé un cheval de bataille pour rendre concrètes les aspirations souverainistes: l'exploration et l'exploitation des gisements de pétrole et de gaz que recèlent le lit du Saint-Laurent et le site de Old Harry au large des îles de la Madeleine. Le gouvernement fédéral n'a toujours pas délivré de permis pour l'exploration de ces gisements. Les négociations entre Québec et Ottawa à ce sujet achoppent.
Le Québec n'a pas les pleins pouvoirs pour lancer ce grand projet d'autosuffisance énergétique. «Quand on dit ça aux gens, ils sont outrés», a fait valoir Mme Marois. Le potentiel d'hydrocarbures représenterait un minimum de 20 milliards en redevances et autres revenus sur dix ans, avance-t-on au PQ.
La chef péquiste et le porte-parole en matière d'environnement, Camil Bouchard, ont effectué à la fin de juillet une mission en Norvège qui «concilie l'exploitation de ses ressources gazières et pétrolières avec le développement durable», ont-ils affirmé.
À l'instar de l'État norvégien, le gouvernement du Québec doit être le maître d'oeuvre de l'exploitation pétrolière et gazière au Québec. La société norvégienne StatoilHydro, dont l'État détient plus des deux tiers des actions, extrait 60 % des barils de pétrole de la mer du Nord. L'État norvégien détient des intérêts minoritaires dans toutes les entreprises engagées dans l'exploitation de cette ressource, a souligné en outre M. Bouchard. Grâce aux redevances et aux profits de la société d'État, la Norvège, qui ne compte que 4,6 millions d'habitants, a ainsi constitué un formidable fonds de 550 milliards qui fait saliver les péquistes. «Ça nous libérerait de notre dépendances au pétrole étranger et améliorerait notre balance commerciale», a avancé Mme Marois. Un gouvernement péquiste formerait une société d'État, qui pourrait se nommer Pétro-Québec, pour se consacrer à l'exploration, à l'extraction et à la distribution d'hydrocarbures. «Tout est imaginable», a dit Pauline Marois.
Pour sa part, le chef de l'Action démocratique du Québec, Mario Dumont, a saisi l'occasion pour se moquer des divergences de vue au sein du PQ.
«M. Legault a écouté les Québécois pas mal plus que ses collègues cet été», a commenté M. Dumont à Montréal, en soutenant que le député de Rousseau fait une juste lecture de ce que veulent les citoyens.
Par ailleurs, le député de Borduas, Pierre Curzi, est revenu pour en rire sur la polémique entourant le concert de Paul McCartney à l'occasion du 400e anniversaire de la fondation de Québec. «Je considère que j'ai contribué modestement à la notoriété du concert de Paul McCartney», a-t-il dit, ajoutant que, pour lui, l'incident est clos. Le porte-parole péquiste en matière de culture n'entend pas se formaliser si Céline Dion chante en anglais lors de son concert à Québec. «Je n'ai pas de problème avec les langues. Si Céline chante en français, en anglais, je n'ai pas de problème avec ça.»
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Avec la Presse canadienne
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