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Charest modère les jeunes libéraux

Antoine Robitaille   4 août 2008  Québec
Sherbrooke — Jean Charest a poliment désavoué les jeunes libéraux hier, lesquels venaient d'adopter des propositions controversées, notamment sur le bilinguisme obligatoire à 12 ans, des hausses radicales des droits de scolarité et un «rafraîchissement» de la démocratie syndicale. Le premier ministre a répété à de multiples reprises que ces propositions de la Commission-Jeunesse (CJ) allaient «cheminer dans les instances», soulignant au passage que «le gouvernement, lui, a ses responsabilités, va prendre ses décisions». Dans son discours de clôture du 26e congrès de la Commission-Jeunesse du Parti libéral du Québec (PLQ), il avait soigneusement évité d'aborder les thèmes des résolutions de la CJ.

Samedi, à l'Université de Sherbrooke, les quelques 250 jeunes participants au congrès (sur 650 inscrits et non «presque 900», comme l'organisation l'avait soutenu vendredi) ont adopté à une forte majorité leur proposition d'instaurer une demi-année d'immersion anglaise obligatoire en 6e année — non sans être passés à un cheveu d'entériner un amendement qui aurait généralisé la méthode à l'ensemble de l'enseignement primaire. Cela aurait rendu l'école primaire québécoise entièrement bilingue.

En point de presse, Jean Charest — qui a peiné cette année à regagner des points dans les circonscriptions francophones — a rejeté implicitement cette proposition sur le bilinguisme en insistant à de multiples reprises sur l'importance de la défense du français. «C'est pas une exagération, c'est pas une hyperbole de dire que c'est une mission sacrée de protéger, de s'assurer de la pérennité de la langue française au Québec», a-t-il martelé. Faisant référence à mots couverts aux jeunes, il s'est même dit d'avis que «les Québécois ne mesurent pas tout à fait ce qu'ils ont réalisé», en 400 ans d'histoire. «C'est quelque chose d'assez exceptionnel d'avoir pu vivre en Amérique du nord. D'avoir gardé notre langue et notre culture. C'est très important comme réalisation. Je veux que nous en soyons tous conscients parce que c'est un objet de fierté.» Dans son discours, il avait aussi tenu à rappeler que c'est le Parti libéral qui a fait du français la langue officielle du Québec en 1974.

Plus tôt, le président de la CJ, François Beaudry, dans un discours, avait déclaré que «le Québec est une province francophone». Bien qu'il faille en être fier, avait-il argué, cela ne doit pas «limiter» les Québécois, les empêcher de «s'ouvrir au monde», c'est-à-dire apprendre l'anglais. «Or, pour maîtriser l'anglais, l'immersion, ça marche!»

Le premier ministre n'a pas nié l'importance d'apprendre d'autres langues que le français. Mais il a dit qu'il fallait toujours avoir à l'esprit, d'abord, l'importance de protéger cette langue. Une fois cela rappelé, «il faut avoir la capacité de communiquer dans une autre langue», voire une troisième et même une quatrième. «L'avenir est là.» Pour ce faire, l'immersion en 6e année est-elle une option? «On verra selon les modalités», a-t-il répondu vaguement, avant d'ajouter: «Au besoin, elle fera l'objet d'une analyse par le ministère de l'Éducation.» La Commission-Jeunesse n'avait pas cru bon d'évaluer, ne serait-ce que sommairement, la mesure qu'elle proposait.

Froideur

La réaction du premier ministre aux autres principales propositions de la CJ ont été à l'avenant. Il a à peine évoqué l'idée de la CJ de tripler les droits de scolarité et d'instaurer un impôt universitaire en rappelant qu'il venait d'adopter, pour cinq ans, une politique sur le sujet. Celle-ci consiste à dégeler «de manière responsable» les droits de scolarité en les augmentant de 50 $ par session jusqu'en 2012. Et les propositions de la CJ? «Ça cheminera dans les instances», a-t-il répondu.

Quant à l'idée de «rafraîchir» la démocratie syndicale, sur laquelle les jeunes libéraux ont beaucoup insisté, il n'était pas difficile de lire entre les lignes de la réponse du premier ministre: «On a une bonne relation avec les instances syndicales et on travaille avec le leadership syndical. Ce sont des partenaires. Et ce sont des partenaires avec qui nous voulons travailler. S'il y a des changements qui sont proposés, on va le faire en consultant les partenaires sur le plan syndical.» Prenant carrément ses distances avec la résolution de la CJ, le premier ministre a souligné que son gouvernement n'avait pas «proposé ces changements-là» et que la résolution «cheminera dans les instances». La formule sonnait presque comme une antiphrase puisque, sur le vote secret obligatoire dans les syndicats, une proposition quasi similaire à celle adoptée cette fin de semaine — et aussi déposée par les jeunes — avait déjà été battue lors du congrès de mars.

Joint par Le Devoir samedi, l'ancien président de la CJ de 2004 à 2006, Simon Bégin (avocat, toujours membre de la commission politique du PLQ), a dressé un parallèle entre l'exécutif de François Beaudry, «inexpérimenté» et le gouvernement Charest du premier mandat. «La Commission-Jeunesse, c'est pour apprendre. Ils apprennent, comme le PLQ a appris depuis 2003. En politique, on ne peut pas toujours faire ce que l'on veut. Il faut des compromis socialement acceptables.»

Boucliers

«Il faut sans doute s'attendre à de nombreuses levées de boucliers face à ce qui sera adopté lors de Congrès-Jeunes», avait écrit le président de la Commission-Jeunesse, François Beaudry, dans le cahier de résolutions du congrès.

En effet, le congrès de la CJ a reçu plusieurs représentants des jeunes, hier. Le représentant du Comité jeunes de la FTQ, Dominic Lemieux, est venu sur place déplorer le «manque de sérieux» des jeunes libéraux, affirmant que deux de leurs propositions sur la protection des droits des syndiqués faisaient déjà l'objet de mesures précises dans le Code du travail.

La présidente du Comité national des jeunes du Parti québécois, Isabelle Fontaine, en matinée, a soutenu que les jeunes libéraux proposaient la «destruction des acquis sociaux». «Il n'y a pas à dire, les jeunes libéraux ont vraiment pété les plombs!» Mme Fontaine n'a toutefois pas complètement écarté l'idée d'un impôt post-universitaire (IPU), mais a dit que celui-ci ne doit pas «être le prétexte d'une hausse massive» comme celle proposée par les libéraux. La Commission des jeunes de l'ADQ, pour sa part, a soutenu que la CJ libérale était «irresponsable» de proposer d'augmenter les droits de scolarité de 4000 $ par année. D'accord avec un IPU, les adéquistes soutiennent que leur position est claire: «Qu'on indexe les frais de scolarité à l'IPU. Le gouvernement et les étudiants contribueraient chacun à leur juste part», a déclaré Catherine Goyer, présidente de la CDJ-ADQ.

Notons que le congrès de la CJ a finalement rejeté une proposition pour exporter l'eau afin de «s'enrichir grâce à l'or bleu» et a biffé une proposition de hausse des tarifs d'Hydro-Québec.






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  • Bernard Gervais
    Abonné
    lundi 4 août 2008 01h32
    Délivrez-nous des jeunes libéraux !
    « Charest a bien fait d'accueillir froidement les propositions du Comité jeunesse de son parti.

    Hausser les frais d'université, d'accord, mais de là à demander beaucoup cher pour certains programmes (exemple médecine) cela signifierait que seuls les étudiants des familles aisées pourraient y avoir accès. On est loin de la doctrine libérale de justice sociale d'un Claude Ryan ou d'un Jean Lesage !

    Et puis en proposant cette immersion en anglais pour les élèves de 6e (certains voulaient même l'imposer à tous les niveaux) les jeunes libéraux se sont comportés comme des colonisés. Comme si nous n'étions pas déjà envahis par la culture américaine et comme s'il n'y avait que l'anglais comme langue importante (et l'espagnol ? Le chinois ?) Beau message à envoyer alors que plein d'immigrants autour de moi font des efforts pour parler français. Belle façon également de souligner les 400 ans de fondation de Québec par Champlain ! Jamais les jeunes libéraux de l'époque de Robert Bourassa, qui étaient fiers de leur culture francophone, n'auraient osé proposer ça !

    Finalement cette idée d'augmentation substantielle des taxes des particuliers et d'alléger, en même temps, le fardeau fiscal les entreprises (lesquelles sont déjà moins taxées que dans d'autres provinces oet états américains) ! Que veulent les jeunes libéraux : une société à l'américaine où la richesse est de plus en plus concentrée dans les mains de quelques-uns et où le reste de la population doit se contenter de faibles revenus, sinon de miettes ? »

  • jacques noel
    Inscrit
    lundi 4 août 2008 07h45
    Si on commençait par faire payer les Français
    « 7000 Français viennent étudier à prix d'aubaine au Québec contre seulement 1000 Québécois en France.

    Au lieu de payer les 12k qu'ils coûtent ils ne paient que 2k. Chaque année c'est donc 70 millions que les contribuables québécois doivent défrayer pour éduquer des Français. Sur 15 ans c'est un milliard!

    A quand le grand ménage dans ce deal de cocus?

    Et que dire que la mégafraude à l'immigration?

    Chaque année, des centaines d'immigrants débarquent ici avec un but: venir y étudier. Au lieu de travailler comme promis à l'agent d'immigration, ils retournent aux études, au tarif québécois et -tenez-vous bien- ils ont droit aux prêts et bourses alors qu'ils n'ont jamais payé une token de taxes (l'ampleur de ce phénomène n'a pas encore été mesuré mais on peut parler facilement de centaines de cas par année)

    Bref, c'est un 100 millions qu'on pourrait épargner chaque année juste en étant un peu allumé! »

  • Pierre-S Lefebvre
    Inscrit
    lundi 4 août 2008 08h35
    Des têtes chaudes
    « Il serait indécent d`adopter des lois qui rendent l`accès à l`université à moins de québécois, quand les étudiants étrangers accroissent la population universitaire de plusieurs milliers. Il serait plutôt souhaitable de demander aux étudiants étrangers en médecine de faire un dépôt de $25,000 remboursables une fois qu`ils réussissent les examens du Québec pour l`obtention de leur accréditation.

    Quand au bilinguisme dès la 6ème année, trop de ces exigences sont irréfléchies par de futures politiciens en herbe et trop verts en la matière. Il faudrait d`abord penser à améliorer la façon d`enseigner le français par des professeurs sans volonté de réussite des étudiants. »

  • MELISSA GUAY
    Inscrite
    lundi 4 août 2008 08h58
    N'importe quoi !
    « Quelle sorte de société ces jeunes laissent présager... Franchement, c'est du n'importe quoi. J'invite fortement ces jeunes à faire des expériences à caractère humain afin qu'ils se rendent compte que dans la vie, il n'y a pas que le CASH...
    Jeunes libéraux... humanisez-vous ! »

  • Michel Samson
    Abonné
    lundi 4 août 2008 09h41
    Je me demande, vous êtes bien certains...
    « Était-ce bien un congrès de jeunes libéraux ou ne se serait-on pas trompé ? Ne s'agirait-il pas plus d'un congrès adéquiste camouflé ou encore un congrès conservateur à prétentions provinciales ?

    Je ne retrouve pas dans les propositions qu'on nous a présentées le langage des libéraux qui ont inspiré la révolution tranquille des années '60.

    J'y vois plutôt un sérieux retour en arrière, sentant presque le Duplessisme, qui ne m'inspire rien de bon pour les années à venir si ces jeunes constituent la marée montante des nouvelles forces politiques du Québec.

    A moins que ce ne soit un peu d'opportunisme politique qui amène ces recrues libérales à vouloir tenter de déborder les adéquistes vers la droite. Va savoir...

    Comme dirait Tsi-Dan Bigras, pafow pafow... »

  • Raphaël Melançon
    Inscrit
    lundi 4 août 2008 10h22
    Ouf!
    « Plus je lis et relis le cahier de propositions du Congrès-jeunes de la CJ-PLQ, plus je me rends à l'évidence de combien ces jeunes ont été audacieux de mettre de l'avant de telles propositions, mais aussi combien il a été imprudent, irresponsable et surtout irréfléchi de leur part d'agir ainsi. En adoptant de telles propositions, ils cautionnent toutes mesures qui permettront d'appauvrir les travailleurs et étudiants québécois, en plus de vouloir dilapider les richesses naturelles en les vendant à l'étranger et en saccageant le caractère francophone de l'école primaire québécoise. En un coup d'oeil à leur cahier de propositions, on remarque comment leur travail a été vite fait, sans penser aux conséquences de tels actes, comme si on avait tout simplement voulu faire un ''Top 50'' des propositions-chocs ou un ''Comment saper sa propre crédibilité sur la scène politique POUR LES NULS''.

    Ce congrès-jeunes de la Commission-jeunesse libérale soulève beaucoup de controverses, une chose dont Jean Charest aurait bien voulu se passer, lui qui s'efforce à ne rien brasser (même pas des idées) depuis la dernière année, une tactique qui - surprise! - lui semble favorable ces derniers temps.

    Décidément, la CJ a voulu frapper gros, peut-être un peu trop. Du moins, elle a su au cours de cette fin de semaine rappeler aux Québécois pourquoi le Parti libéral est si mal aimé des travailleurs, des familles et des étudiants de la classe moyenne: il est littéralement déconnecté de la réalité. Le ''bon peuple'' comme dirait François Beaudry n'a pas les moyens de se payer de telles hausses radicales du coût de la vie (hausse des tarifs d'électricité, hausse des frais de scolarité, etc, etc...)

    Haut perchée au-dessus de la moyenne québécoise, les élites libérales, avec François Beaudry (avocat de formation, je vous le rappelle) à leur tête, n'ont vraiment pas compris ce que demandaient les Québécois. Résolument, nous sommes bien loin des jeunes libéraux du temps de Robert Bourassa.

    Par chance, le président des jeunes libéraux de l'époque, Mario Dumont, a su quitter le navire libéral à temps pour aller fonder l'Action démocratique du Québec. Grâce à lui, il y a encore de l'espoir pour les jeunes du Québec...

    En terminant, j'aimerais simplement rappeler que la Commission des Jeunes de l'ADQ a adopté, lors de son dernier Congrès en mai dernier, un proposition visant à imposer le vote secret dans les syndicats et ce en toutes circonstances. Une fois de plus, les jeunes libéraux nous ont démontré qu'ils sont depuis longtemps passés maîtres dans l'art de voler les idées des autres... »

  • Jacques Léger
    Inscrit
    lundi 4 août 2008 10h26
    L'aile vieillesse du Parti libéral
    « Le congrès de l'aile jeunesse du parti Libéral du Québec ne peut que laisser songeur face à l'avenir de cette formation politique. Quelle niveau de préparation et de sérieuse évaluation avaient tous ces jeunes pour en arriver à tes propositions aussi incongrues. Il serait plus qu'urgent pour eux de réévaluer le travail de leur exécutif en commençant par le président François Beaudry. En aurait dit un rassemblement de rêveurs déconnectés de la réalité québécoise. Ils ont sali l'image d'un parti politique qui méritait mieux. Être jeune n'excuse pas l'irresponsabilité.

    Jacques Léger, Montréal (Petite-Patrie). »

  • Jean-Paul Le Bourhis
    Abonné
    lundi 4 août 2008 11h05
    "Jeunes", ces libéraux???"
    « Les chefs de l'aile jeunesse, c'est à se demander à quoi ils pensent quand ils sont seuls. Qui sont leurs guides. Quelles sont leurs lectures (s'ils en ont)? Se peut-ils qu'ils carburent aux seuls gazs à effet de serre inhalés en surfant sur les sites où on diffuse les annonces de bière en HD???

    Non mais, où c'est que c'est qu'ils s'en vont avec leurs skis? Ils ne semblent avoir de jeune que le nom. Ils pensent quand ils parlent plus qu'ils ne parlent après avoir vraiment pensé - dans le sens de réfléchi. Leurs idées sont infiniment plus rétrogrades que celles de leurs aînés. Je n'ose même pas m'imaginer ce que sera devenue leur philosophie quand viendra leur tour de prendre les rênes du pouvoir (point un de leur programme officiel: l'apprentissage d'une langue seconde prénatale???)

    Quand on s'affiche croulant avant que d'avoir atteint une certaine maturité, mon doux seigneur, mais qu'est-ce que l'avenir leur (nous) réserve? Dieu fasse que le pouvoir ne tombe jamais entre leurs mains!

    Jeunes libéraux du Québec entier, révoltez-vous!... Vous méritez mieux que ça!... À moins que vos chefs à l'aile jeunesse ne reflètent fidèlement votre pensée... auquel cas, sincèrement, je vous plains... »

  • Isabelle Lefebvre
    Inscrite
    lundi 4 août 2008 12h00
    Wake up and smell the coffee!
    « OUI, réveillez-vous chers lecteurs ! N'allez surtout pas croire que le Chef Libéral du Québec n'était pas au courant des demandes des Jeunes Libéraux avant leur réunion de la fin-de-semaine dernière. Monsieur Jean Charest est un habile stratège. Cette petite mise en scène est pour mieux camoufler ses intentions d'angliciser le Québec. En laissant croire qu'il rejette implicitement cette proposition sur le bilinguisme et en insistant sur l'importance de protéger le français, Monsieur Jean Charest pense endormir les Québécois. Tous savent combien il a toujours été un ardent fédéraliste canadien et son passé comme chef Conservateur à Ottawa indique bien de quel côté il a toujours penché... »

  • Claude Stordeur
    Abonné
    lundi 4 août 2008 12h41
    Aberrant
    « Aucun des dirigeants des JL ne sais regarder plus loin que le bout de son nez...
    Un impôt post-universitaire (IPU), ferait en sorte que ceux qui étudient au Québec, mais pratiquent à l'extérieur, parce que c'est plus payant, ne rembourseraient rien....

    Une génération de surdoués politiques rare.... »

  • Hélène Paulette
    Inscrite
    lundi 4 août 2008 12h50
    Le gars des vues....
    « Et si on commencait par ne plus financer les sacro-saintes ÉCOLES PRIVÉES? Les riches peuvent-ils encore nous faire le chantage aux impôts alors qu'ils en paient de moins en moins.
    Ce qui me scandalise, moi et dont on ne parle pas, c'est que les jeunes libéraux préconisent une autre baisse de taxe pour les entreprises alors que le Canada arrive au troisième rang des dix pays au monde où les entreprises paient le moins d'impôt....
    Vous cherchez de l'argent? Voilà où en trouver... »

  • Paul de Bellefeuille
    Abonné
    lundi 4 août 2008 13h07
    Gouverner au centre?
    « Ce matin, en ouvrant le journal, je me suis senti rassuré. M. Charest a refroidi l'enthousiame des jeunes libéraux prêts à casser la baraque. Tripler les frais de scolarité. Bilinguiser une fois pour toutes le Québec et mâter les syndicats. Un beau programme! M. Charest est subitement devenu le champion de la défense du français. Rappelons que lui et sa ministre, Mme St-Pierre, refusent obstinément de renforcer la loi 101. Quant aux frais de scolarité, la différence entre la position du premier ministre et celle des jeunes libéraux en est une de rythme. Le dégel des frais de scolarité est dorénavant un fait établi. Ce n'est qu'une question de temps. Il n'est pas farfelue de penser qu'un jour le Québec rattrapera les autres provinces. Peut-être pas aussi vite que les jeunes libéraux le voudraient mais l'idée fait son chemin. Heureusement que le mouvement étudiant est aux aguets. Finalement, les syndicats peuvent être rassurés. M. Charest les considère comme des partenaires. Il entend les consulter et travailler avec eux. Voeux pieux et bonnes intentions! L'enfer en est pavé! Je recommande au premier ministre de passer en seconde vitesse et de non seulement consulter, ce qui n'engage à rien, mais de négocier véritablement avec les syndicats du secteur public en prévision de la prochaine ronde de négociation qui arrive à grand pas.

    Paul de Bellefeuille
    Laval »

  • Jean Pierre Bouchard
    Inscrit
    lundi 4 août 2008 13h07
    Le goût du marché illimité et la tentation de l'assimilation
    « Ces jeunes libéraux ne sont pas des libéraux qui ont compris les principes du libéralisme politique dont les caractéristiques sont les règles de la démocratie parlementaire et le respect des droits humains mais des jeunes illuminés par les sirènes d'un libéralisme économique qui idéalement rêve de tout réduire au privé et de réduire l'État à sa plus simple expression! Nous découvrons que ce genre d'attitude radicale n'est pas propre aux adéquistes mais aussi qu'elle traverse comme une tentation les libéraux d'ailleurs jeunes ou vieux.

    Le gouvernement Charest a déjà de façon plus hypocrite réduit le champ syndical durant son premier mandat. Et récemment a lancé un programme d'anglais à la première année.
    Lorsque le gouvernement et l'opposition officielle au Québec sont à droite toute, il ne faut pas s'attendre à beaucoup de bienveillance sociale de leur part. Dans ce contexte, on imagine mal comme le PQ de P.Marois pourra se permettre de véritablement se droitiser économiquement, la place de ce côté est déjà pleine.

    Après la gaffe ou maladresse McCartney, le PQ devra se trouver une identité consistante qui le démarque des deux autres partis. Il est clair largement que les partis tous fédéralistes; conservateurs et adéquistes de même que les deux partis libéraux fédéraux et provinciaux rêvent de bilinguiser le Québec. Sans moyens de défense politique efficace, Bloc et PQ affaiblis, nous Québécois francophones allons nous rester les bras croisés?

    L'automne sera rouge canadien. »

  • Christiane Gervais
    Abonnée
    lundi 4 août 2008 14h56
    Des citoyens bilingues ou un Québec bilingue?
    « Les jeunes Libéraux veulent-ils faire du Québec un état bilingue ou, des Québécois, des citoyens bilingues?

    Je crois que si les Libéraux et, pas seulement les jeunes Libéraux, pouvaient le faire sans que l'on proteste, ils choisiraient de rendre le Québec officiellement bilingue ce qui leur permettrait enfin de s'asseoir plutôt que de se tenir debout!

    Un état bilingue ne l'est pas longtemps parce qu'une langue est rapidement choisie au détriment de l'autre et que le Québec devenu officiellement bilingue deviendra rapidement unilingue anglais, comme dans presque tout le reste du Canada, alors que l'utilisation du français deviendra, comme c'est le cas dans les Maritimes et l'Ouest canadien, un phénomène folklorique.

    Nous n'avons pas à «bilinguiser» nos institutions et à faire de l'État québécois un état officiellement bilingue pour plaire à ceux qui refusent d'apprendre le français, qu'ils viennent du Canada ou d'ailleurs et sous prétexte que nous vivons en Amérique du Nord.

    Un Québec français peut parfaitement être et être en devenir avec des citoyens parlant français chez eux et anglais, espagnol et chinois dès qu'ils traversent les frontières du Québec, qu'ils se retrouvent au Canada, dans le reste de l'Amérique ou du monde.

    Que l'on permette à tous les enfants québécois d'apprendre l'anglais puis d'autres langues qui leur permettront de communiquer avec les autres c'est un devoir que le Ministère de l'Éducation se doit de remplir mais rendre bilingue l'État pour n'avoir pas à faire respecter le fait français c'est une honte.

    Des citoyens bilingues mais dans un État français et non dans un État bilingue, la nuance veut tout dire...

    Christiane Gervais
    Montréal/Ahuntsic »

  • Roland Berger
    Abonné
    lundi 4 août 2008 16h29
    La récolte
    « Jean Charest aurait dû s'attendre aux propositions «révolutionnaires» de la commission jeunesse de son parti. Quand on prêche les vertus du capitalisme sur tous les toits, on récolte les conséquences de son discours. Les jeunes libéraux annoncent ce que sera le Québec de demain sous la gouverne d'un parti libéral conservateur : des élèves exclus du secondaire parce que non parfaitement bilingues puis de l'université s'ils sont fils et filles de parents à modestes revenu (des gens qui n'ont qu'à se forcer, comme pensent ces idéologues).
    Apeurant !
    Roland Berger
    St-Thomas, Ontario »

  • Etienne Boudrias-Dalle
    Inscrit
    lundi 4 août 2008 19h10
    La bonne idée de la Commission Jeunesse libéral
    « Pour ma part, j'estime que la seule bonne idée avancée par la Commission Jeunesse Libéral est la demi-année d'immersion anglaise en 6ième année du secondaire. Car dans un contexte où la mondialisation a pris son envol depuis bien longtemps et où la compétition entre les divers marchés du monde est féroce; il ne reste au Québec que le bilinguisme pour pouvoir se démarquer et faire valoir le savoir faire de notre province. J'ai souvent entendu dire que l'anglais est la langue de l'argent donc du commerce et des finances; mais j'ai appris à mes dépends qu'elle est également la langue des sciences & technologie (j'étudie en chimie) ce qui en fait une langue importante pour le développement de l'élite québécoise de demain. Ainsi, un Québec bilingue pourrait non-seulement être en lien direct avec la communauté internationale via l'anglais, mais aussi conserver et enrichir, de cette nouvelle relation, les liens qui nous unissent à la francophonie. Pour conclure, selon moi un Québec fort dans l'avenir doit forcément passer par le bilinguisme tout en conservant la culture et le patrimoine qui fait de nous une société si unique. »

  • Michel Thibault
    Abonné
    dimanche 10 août 2008 23h18
    De la parole aux actes...
    « La C- J. des jeunes libéraux n'est pas réaliste. Le premier ministre doit l'être un peu plus s'il veut être réélu. Il n'est pas certain cependant que les gestes suivent les belles paroles. »

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