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Anorexie: Québec songe à une charte volontaire

La Presse canadienne   24 juillet 2008  Québec
Paris — Prenant exemple sur la France, le Québec pourrait se doter d'une charte volontaire contre l'anorexie, que les professionnels de la mode, de la publicité et des médias seraient invités à signer. Toutefois, la ministre de la Culture et de la Condition féminine, Christine St-Pierre, n'exclut pas de recourir à la loi, dans un deuxième temps, si cette mesure ne donne pas de résultats satisfaisants.

Au terme d'une visite de quelques jours à Paris, la ministre St-Pierre s'est montrée très intéressée par l'approche française devant l'anorexie. «Je suis en pleine réflexion, mais ça m'inspire beaucoup», a dit Mme St-Pierre, après des rencontres avec des responsables engagés dans la lutte contre l'anorexie, au cabinet de la ministre de la Santé, Roselyne Bachelot, notamment.

On estime que plus de 40 000 personnes — des adolescentes majoritairement — sont touchées en France par cette maladie. En avril dernier, les organisations professionnelles de la mode et de la publicité françaises ont adhéré à une «charte d'engagement volontaire sur l'image du corps et contre l'anorexie». Elles se sont du même souffle engagées à ne plus présenter la maigreur, voire «l'extrême maigreur», comme un canon de la beauté et à promouvoir la «diversité corporelle».

Il s'agit d'un engagement essentiellement moral, la charte «Anorexie-Image du corps» ne prévoyant aucune mesure contraignante. Contrairement à l'Espagne, par exemple, la France n'a pas décidé de légiférer contre l'anorexie. Un projet de loi visant à punir par de lourdes amendes et même des peines de prison l'apologie de la «maigreur excessive» (sur Internet notamment) a bien été déposé au printemps à l'Assemblée nationale française, mais il n'a finalement pas été adopté. Le projet était piloté par la députée Valérie Boyer, que Christine St-Pierre a rencontrée et qui «continue de pousser le dossier».

Pour l'instant, la ministre québécoise de la Culture et de la Condition féminine préfère la sensibilisation à la coercition, mais elle n'écarte pas la possibilité de durcir le ton si les mesures incitatives ne suffisent pas.

«En France, le message est clair: s'il n'y a pas de progrès dans la lutte contre l'anorexie, on pourrait passer à une deuxième vitesse. Je trouve ça intéressant comme approche. Je suis là-dedans», a expliqué Mme St-Pierre.
 
 
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