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Qualifié d'un océan à l'autre

Robert Dutrisac   18 juillet 2008  Québec
Québec — Au Conseil de la fédération, les 13 premiers ministres des provinces et des territoires se sont entendus pour assurer la pleine mobilité de la main-d'oeuvre au Canada d'ici le 1er avril 2009. Ils ont aussi convenu d'un nouveau mécanisme de règlement des différends dans le cadre de l'Accord sur le commerce intérieur (ACI). C'est le premier ministre Jean Charest, qui préside cette année le Conseil de la fédération, et son homologue du Manitoba, Gary Doer, qui ont fait cette double annonce, hier, après une matinée de discussions sur l'état de l'économie et le commerce intérieur.

Jean Charest a indiqué que les premiers ministres avaient décidé de dépasser l'objectif qu'ils s'étaient fixé en matière de mobilité la main-d'oeuvre. Il s'agit désormais d'assurer la «pleine mobilité», a précisé M. Charest. «C'est une entente qu'on appelle "permis sur permis", c'est-à-dire qu'une reconnaissance obtenue dans une province d'une qualification serait reconnue dans une autre province» [avec le moins d'exceptions possible].

Plus question d'avoir 13 processus différents de reconnaissance professionnelle, a fait valoir Gary Doer. «Nous croyons qu'un enseignant est un enseignant, qu'une infirmière est une infirmière et qu'un soudeur est un soudeur.»

La pleine mobilité envisagée ne remettra pas en cause les exigences relatives à la connaissance du français qui sont imposées pour pratiquer certaines professions au Québec, notamment dans le secteur de la santé pour les infirmières et les médecins, par exemple. «Ça n'affecte en rien les lois linguistiques au Québec», a assuré M. Charest. «On n'a pas l'intention de changer nos lois non plus sur ces questions-là.»

Le premier ministre québécois a aussi rappelé les négociations qui ont cours entre la France et le Québec sur la mobilité de la main-d'oeuvre, dont les résultats doivent être annoncés lors du séjour au Québec du président français, Nicolas Sarkozy, en octobre. «Je veux que cet espace de mobilité soit disponible à l'ensemble du Canada», a dit M. Charest.

Pour le premier ministre de l'Ontario, Dalton McGuinty, qui s'est adressé aux journalistes par la suite, les premiers ministres ont mis de côté la défense des intérêts particuliers de leur province pour se poser en Canadiens. «Les 13 premiers ministres ce matin ont travaillé fort pour se rassembler en tant que Canadiens plutôt que comme les représentants d'une juridiction interne spécifique. Je ne me préoccupe pas de l'Alberta ou de la Colombie-Britannique. Je me préoccupe de l'Inde, de la Chine, des États-Unis et de l'Europe.»

Remplacer l'ACI

Quant au mécanisme de règlement des différends, il remplace celui que prévoit déjà l'ACI, cet accord signé en 1994 mais qui est resté incomplet. Le mécanisme actuel est «déficient, anémique, sans effet», a affirmé M. Charest. Le nouveau mécanisme prévoit qu'en cas de différends, les provinces en cause doivent désigner un panel impartial dont les décisions sont exécutoires. Si une province refuse de se plier à une décision du panel, des pénalités allant jusqu'à cinq millions pour les provinces du Québec et de l'Ontario et moindres pour les plus petites provinces pourront être imposées. Ce mécanisme est réservé aux gouvernements provinciaux; les entreprises ou les individus devront adresser leurs plaintes à leur gouvernement.

Réunies à Québec, les fédérations des syndicats de travailleurs de l'ensemble des provinces ont dénoncé ce «tribunal privé». Ce mécanisme de règlement des litiges met en péril le modèle québécois, a soutenu le président de la FTQ, Michel Arsenault, lors d'une conférence de presse où il était accompagné de ses homologues des autres provinces. Ce mécanisme servira au «puissant lobby de banquiers, d'entreprises pétrolières, de chambres de commerce de manufacturiers». Les tarifs des Centres de la petite enfance, ceux d'Hydro-Québec ou le mode d'indemnisation sans égard à la responsabilité (no-fault) de la Société d'assurance automobile du Québec (SAAQ) pourraient être contestés, parce qu'ils représenteraient une forme de concurrence déloyale, ont avancé les chefs syndicaux.

Jean Charest a répondu, hier, à ces inquiétudes qui, selon lui, reprennent «presque mot pour mot ce qui a été dit au moment des débats sur le libre-échange, en 1988 et 1994, sur l'ALENA». Le passé est garant de l'avenir et les inquiétudes d'alors étaient sans fondement, juge le premier ministre. Il n'est pas question pour aucun gouvernement provincial d'abandonner ses pouvoirs en matière de tarification, de santé et de politique sociale. Ce mécanisme de règlement des différends n'a rien à voir avec les tarifs d'électricité, les services de garde ou la SAAQ, a martelé Jean Charest.

En après-midi, les premiers ministres ont discuté des retards inacceptables dans l'émission des visas par le gouvernement fédéral. Des délais de deux à quatre ans sont la norme: 900 000 personnes sont en attente d'un visa, un nombre qui doit chuter à 200 000 d'ici 2011. «Le système ne fonctionne pas», a souligné Jean Charest. Cette situation aggrave les pénuries de main-d'oeuvre, affectant plusieurs provinces qui comptent sur les travailleurs étrangers pour combler leurs besoins.

Enfin, les premiers ministres ont rencontré hier midi l'ambassadeur de Chine au Canada, Lu Shumin. Il n'a pas été question du refus du premier ministre Stephen Harper de ne pas participer à la cérémonie d'ouverture des Jeux olympiques à Pékin, a indiqué M. Charest. Au début de novembre, le Conseil de la fédération mènera une mission économique en Chine, à laquelle prendra part le premier ministre du Québec.






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  • Gilles Bousquet
    Inscrite
    vendredi 18 juillet 2008 07h10
    A mari usque ad mare
    « Bien oui, les compétences reconnues d'un océan à l'autre. Ça veut dire qu'avant elles ne l'étaient pas ? Est-ce qu'on peut avoir des exemples concrets de ces changements ou est-ce que ce n'est qu'un concept général pour que nos "premiers" aient quelque chose à dire "un genre de bilan positif" à la fin de leurs réunions au Château ?

    Aucune recommendation de ces "^premiers" à M. Harper sur le jeune canadien Khadr détenu sans jugement et torturé à Guantanamo. "Le seul prisonnier pas encore réclamé et sorti de cet enfer de fous furieux, par son pays" »

  • ethan solal
    Inscrit
    vendredi 18 juillet 2008 07h56
    Quitter le Québec...
    « Enfin! Espérons que ce nouveau mécanisme incitera de plus en plus les diplômés québécois et québécoise à quitter le Québec et aller voir comment les choses se passent ailleurs. Ils verront par exemple qu'on gagne correctement sa vie chez les anglophones et que les promotions sociales se font entre gens de qualités (tandis qu'au Québec, la première qualité qu'il faut avoir pour monter dans sa branche, c'est être québécois depuis 20 générations, c'est bien connu... Les petits villageois se protègent entre eux et laissent les miettes du gateau aux néo-québécois).

    C'est une excellente nouvelle! Ce n'est évidemment pas les ploucs du PQ qui auraient pu négocier une telle ouverture. »

  • Roland Berger
    Abonné
    vendredi 18 juillet 2008 09h29
    D'un océan à l'autre
    « Excellent initiative. Au lieu de mieux contrôler l'économie du Québec, le libéral très conservateur Charest s'entend avec les premiers ministres des autres provinces pour ouvrir tous azymuts le marché du travail canadien. Les travailleurs québécois pourront ainsi aller s'installer dans l'Ouest pour s'y faire une meilleure vie : une grande maison, trois voitures, une piscine creusée, etc., etc. On appelle ça de l'écrémage. Mais pour qui donc allaient voter ces émigrés ?
    Roland Berger
    St-Thomas, Ontario »

  • Gilles Bousquet
    Inscrite
    vendredi 18 juillet 2008 09h50
    @ M. Ethan Solal
    « M. Solal passe son temps à rabaisser les Québécois. Il devrait savoir que le racisme et principalement l'antisémitisme ne sont pas bons pour LUI. »

  • Mathieu Bergeron-Legros
    Abonné
    vendredi 18 juillet 2008 09h51
    Wow
    « Je suis impressionné des réactions par rapport à cette nouvelle que je trouve géniale.

    Certaines personnes ont tendance à croire qu'il vaut mieux engiguer la fuite des cerveaux en limitant la reconnaissance de leurs atouts ? Wow. Quelle belle vision à très court-terme. Impressionnant. »

  • Etienne Merven
    Inscrit
    vendredi 18 juillet 2008 09h53
    à Roland Berger
    « Pourquoi empêcher les travailleurs d'une province d'aller travailler dans une autre et, ainsi, améliorer leur condition de vie?
    Si cette démarche est suivie par un grand nombre de Québécois, cela voudra dire que le Québec a moins à leur offrir.
    Vous habitez et travaillez en Ontario, si je ne m'abuse. C'est très facile de faire la morale, alors que vous êtes vous-même hors du Québec. Pourquoi n'habitez-vous pas et ne travaillez-vous pas au Québec?
    Vous connaissez la parabole de la paille et de la poutre? »

  • Gilles Latour
    Abonné
    vendredi 18 juillet 2008 10h15
    Bon voyage, Monsieur Solal - par Gilles Latour , Ottawa
    « Devant une attitude comme la sienne, tous les Québécois, qu'ils soient là depuis une ou vingt générations, peuvent se féliciter du fait qu' Ethan Solal aura bientôt l'occasion d'aller voir ailleurs. Bon voyage!
    Gilles Latour
    1278, avenue Portland
    Ottawa, ON K1V 6E9 »

  • Fernand Trudel
    Abonné
    vendredi 18 juillet 2008 11h29
    Enfin on vit au Canada, n'en déplaise à d'aucun...
    « Je me rappelle les débats sur la main d'oeuvre dans la construction outaouaise où les québécois ne pouvaient travailler à Ottawa et les ontariens à Hull. Mais Monsieur a délibérément la mémoire courte. Enfin, les compétence québécoises et vice versa seront reconnues à travers tout le pays. Il est enfin temps que l'on vive au Canada en attendant que Monsieur Bousquet veuille ériger un mur autour du Québec. Comme le disait le premier Ministre ontarien Dalton McGuinty à l'instar de ses homologues : «Je me préoccupe de l'Inde, de la Chine, des États-Unis et de l'Europe.». Mais Monsieur Bousquet perpétue une rancune vieille depuis 1759 alors que les britanniques et les allemands qui se sont fait la guerre deux fois en 1914-18 et en 1939-45 commercent et se voisinent. Vous savez en ces temps où la concurrence vient pas de la capitulation des plaines d'Abraham mais de pays extérieur, il est temps de'enterrer la hache de guere au ROC. Tout comme les pères de la confédération qui se sont unis pour faire face à l'envahissement des américains, le renforcement du commerce intérieur et la mobilité de la main d'oeuvre va pouvoir faire resserrer les rangs des canadiens pour faire face à cette concurrence. Au moins, Monsieur Bousquet, reconnaissez que la confédération fait en sorte que le chef du pays ne s'appelle pas aujourd'hui Georges W Bush. Vous préféreriez peut-être ca?

    Quand à Monsieur Khadr, son vrai pays est l'afghanistan car il a quitté le Canada à l'âge de 10 ans pour suivre son père au combat contre les alliés en Afghanistan, ces alliés dont les canadiens font partie. Monsieur Bousquet oublie que de vies canadiennes et même québécoises ont été emportées dans cette guerre vicieuse des trafiquants internationaux d'opium. Monsieur Bousquet oublie que la mère d'Omar est venu nous entretenir à la télé en burka pour nous narguer encore plus. Enfin il oublie que le diplomate canadien Jim Gould affirme que Omar Khadr n'a jamais donné l'impression qu'il était maltraité quoiqu'on veuille le laisser croire pour nous attendrir... »

  • François Caron
    Abonné
    vendredi 18 juillet 2008 13h25
    101 or 401, toujours plus d'actualité...
    « ...n'est-ce pas, Mr Solal ?

    Avec cette abdication nouvelle de responsabilités provinciales par notre très provincial "premier" John James Charest aka Patapoof-One-&-A-Half, l'anglicisation rampante de tous les aspects de la vie en société au Québec, du moins dans le Greater MTL se poursuit en raison du fait bien connu que du moment qu'un employé anglo arrive dans un milieu de travail franco, il va tenir d'autant plus tête à communiquer en français que le boss est anglais et la Constitution de SON pays le protège.

    Les Nationalistes Péquistes Séparatisses comme vous nous affublez, Mr Solal se tuent à répéter que le Québécois doit absolument se faire respecter et quitter ce réflexe de colonisé qui est de s'écraser devant l'envahisseur car il n'a AUCUN droit de pas faire comme à Rome chez les Romains, car il est chez lui juridiquement, mais il ne l'est pas dans les faits culturellement.

    Comment se fait-il que vous ne soyez pas déjà parti, vous qui n'aimez pas le tissu social et le modèle québécois ?

    Pourquoi n'y alliez-vous pas travailler au merveilleux Canadéa, où vous serez marginalisé en raison soit de votre curieux accent de rastaquouère, soit par la couleur de votre peau.

    Bien sûr, à compétence égale vous serez bien payé mais regardez bien la maigreur du réseau social que vous tenterez péniblement de maintenir.

    Il est très probable que vous restiez entre Vous dans un petit ghetto anglo de deuxième ordre quand les WASP auront les plus grosses maisons, leurs clubs privés, leur ségrégation larvée mais bien sud-africaine et blanche.

    Encore curieux que tous ceux qui sont partis du Québec en ne voulant pas s'adapter à la langue et les coutumes de la majorité et en déblatérant à qui mieux mieux sur ces f***in' frogs reviennent quelques années plus tard la queue entre les jambes avec le mal du pays et l'ennuyance de notre "joie de vivre", et accessoirement notre qualité de vie et son coût moindre car Nous connaîssons la valeur des choses et leur importance bien relative au regard de la chaleur des relations humaines et aussi notre capacité supérieure de se faire exploiter en anglais avec le sourire par nos concitoyens North-Rhodesians... »

  • Peter Jacobs
    Inscrit
    vendredi 18 juillet 2008 14h41
    enfin!
    « Le fait que les personnes qualifiées ne pouvaient pas transferer d'une province à l'autre représentait un frein à l'activité économique depuis très longtemps. Les autres obstacles à la libre circulation des biens et des personnes au Canada devraient être tous éliminer aussi tôt que possible. Je trouve intéressant que, comme c'est souvent le cas, les syndicats continuent de punir les québecois par leurs refus de toute ouverture. Quand plus de québecois connaît la réalité qui prévaut dans le reste du Canada et du continent ils seront moins faciles à controller par ceux qui veulent profiter de leur manque de connaisance. »

  • Fernand Trudel
    Abonné
    vendredi 18 juillet 2008 21h04
    Pour certains, ils préfèrent un petit pain à toute la boulangerie
    « À voir l'étroitesse d'esprit de certains intervenants qui préfèrent être rois pauvres dans un petit royaume avec une grosse palissade autour que d'être ducs dans un pays riche...

    Autrefois, on disait que les québécois étaient nés pour un petit pain. l'aventure Québec Inc par l'audace de certains bâtisseurs a démontré qu'on pouvait ambitionner posséder toute la boulangerie qu'est le Canada. Bombardier ne s'impose t'il pas par l'excellence ou parce qu'il parle français ?

    Même le mari de Mme Marois s'associe avec des anglophones pour faire des affaires et même de juifs assydiques oerthodoxes. Il a même des intérêts dans une compagnie de placements gaziers en Alberta. Ohhhh le faux écolo... Ohhhhh, Claude Blanchet, patriote de la finance... Ohhhh, Claude Blanchet ami de Jean Brault de Groupaction. Oui, oui celui des commandites !!! Le terrain du château de l'ile Bizard n'est-il pas celui racheté de son ancien boss, Robert Campeau, de Campeau Corporation qui avait la construction des édifices fédéraux. Campeau n'était-il; pas l'ami de Pierre-Elliot Trudeau ? Ce même Campeau qui a construit à Montréal l'édifice fédéral Guy Favreau ??? Comme quoi le fédéralisme a profité au couple Marois-Blanchet... »

  • Jean Leroux
    Inscrit
    samedi 19 juillet 2008 07h57
    Le Canada fonctionne... au grand dam des séparatistes
    « D'emblée, je ne désire aucunement m'immiscer dans les débats très racistes que cet article ... qui ne traite pourtant que de la mobilité de la main d'oeuvre... ait pu susciter. Je crois qu'il faut critiquer ou applaudir la nouvelle sur sa substance et non pas sur des propos racistes venant des ultra-séparatistes ou des ultra-anti-séparatistes!! Pour ma part, je fais le constat que le Canada continue de bien fonctionner comme pays. J'ai la chance de voyager à travers le monde et je dois encore une fois constater que notre harmonie sociale (malgré les petites cruautés qu'on retrouve dans ces pages!) se porte drôlement bien, l'économe est la plus robuste parmi le G8, notre accès aux soins de santé demeure excellent malgré la perception des médias et on est en train de prendre un vrai virage favorable à l'environnement en dépit de l'inaction des conservateurs fédéraux. Oui, le Canada fonctionne bien et la majorité des québécois le savent. C'est ce qui rend votre premier ministre de plus en plus dynamique et habile, au grand dam des péquistes qui ne savent plus quoi trouver pour "chiquer la guénille" comme disait Dumont. Quand je regarde du côté des USA, Dieu que je suis fier d'être Canadien. Quand je regarde du côté de la Belgique ou de l'ensemble de l'Europe, je le suis aussi. Quand je constate ce qui se passe en Asie du sud-est ou au Moyen-Orient, ma fierté de Canadien est renforcée. Donc, bravo pour la mobilité de la main d'oeuvre et j'ai pleinement confiance que les québécois ouverts d'esprit sauront en tirer profit à juste titre. »

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