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Joseph Facal met sa carrière politique entre parenthèses - Un homme au franc-parler indéniable

Le ministre avait subi une rebuffade de son chef pour avoir remis en cause le modèle québécois

Kathleen Lévesque   5 février 2003  Québec
L'indépendance d'esprit aura marqué le passage de Joseph Facal en politique. Il n'a jamais craint l'affrontement des idées et ses quatre ans et demi passés au conseil des ministres l'illustrent.

La plus récente démonstration de son franc-parler remonte à juin dernier. Trois jours après que le PQ eut encaissé trois défaites lors des élections partielles, Joseph Facal avait fait un coup d'éclat en réclamant que le Parti québécois montre de la lucidité et prenne ses distances par rapport au «sacro-saint modèle québécois».

Le premier ministre Bernard Landry a rapidement freiné son jeune collègue. «L'interventionnisme et le désir de répartir la richesse, d'être légèrement à gauche du centre, est là pour durer», avait tranché M. Landry. Dans les mois qui ont suivi, la critique de M. Facal a eu des échos au sein du PQ; Bernard Landry a inscrit dans son plan d'action la nécessaire révision du rôle de l'État.

D'autres déclarations-chocs de M. Facal ont déjà créé des remous au sein du PQ. Lors d'un conseil national tenu au printemps 2000, M. Facal s'est montré ouvert à une démarche étapiste donnant une autre chance au fédéralisme. L'année précédente, il avait affirmé que les cafouillages d'Emploi-Québec, qui venait d'obtenir la gestion de la formation de la main-d'oeuvre, nuisaient au projet souverainiste du PQ.

Un premier essai

Titulaire d'un doctorat en sociologie de la Sorbonne, Joseph Facal aime les débats d'idées. Auparavant, il a fait un baccalauréat en science politique à l'UQAM puis une maîtrise à l'Université de Montréal. En 1989, il brigue les suffrages dans la circonscription de Dorion. Après sa défaite, il devient président du Conseil national des jeunes du PQ.

Joseph Facal devient député en 1994 avec l'équipe de Jacques Parizeau. Ce n'est toutefois que quatre ans plus tard qu'il fait son entrée au cabinet, soit en septembre 1998. Lucien Bouchard lui confie alors l'important dossier des Affaires intergouvernementales canadiennes, où son sens de la répartie est remarqué.

L'année 1998 aura été particulièrement importante pour Joseph Facal. Il en parle alors comme d'une «année absolument de rêve». En plus d'avoir des responsabilités ministérielles, il se marie et le couple a un premier enfant. Une petite fille vient agrandir la famille en 2001.

Avant d'être nommé par M. Landry à la présidence du Conseil du trésor, M. Facal occupera la fonction de ministre des Relations avec les citoyens et de l'Immigration, où là encore son franc-parler secoue. Déjà, le ministre Facal soulignait l'importance pour le gouvernement «d'amorcer une réflexion novatrice vigoureuse» sur la faible présence des communautés culturelles dans la fonction publique. Il avait même qualifié l'attitude de certaines corporations professionnelles d'«un peu médiévales», qui ne facilite pas l'intégration des immigrants.

Joseph Facal est sensible à cette question, et pour cause. Il est né en Uruguay en 1961. À neuf ans, sa famille immigre et s'installe d'abord à Sherbrooke. Puis, le travail de son père, qui est médecin, l'amène à Québec et par la suite à Montréal.

Son militantisme au sein du PQ remonte à l'époque du cégep. Il fait de l'action politique dans la circonscription de Jean-Talon à l'occasion d'élections partielles auxquelles se présente Louise Beaudoin.
 
 
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