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La famille avant les amis

Bernard Descôteaux   5 juillet 2008  Québec
Beau temps, mauvais temps, la relation entre la France et le Québec se maintient. Malgré la pluie qui tombait sur la ville de Québec au moment où s'ouvraient jeudi les cérémonies du 400e anniversaire de la fondation de la capitale québécoise, le premier ministre François Fillon a fait ce qu'il fallait pour dissiper les incertitudes qui ont pu exister ces derniers mois au sein du gouvernement français à ce sujet. Il l'a même fait avec beaucoup de chaleur.

Ces cérémonies du 400e constituaient un moment privilégié pour prendre la mesure de la relation triangulaire qu'entretiennent la France, le Québec et le Canada. On sait mieux aujourd'hui ce que peut signifier la formule «le Québec, c'est notre famille; le Canada, ce sont nos amis» qu'emploie désormais le gouvernement français pour parler de cette relation.

Si les mots ont une signification, on peut croire que François Fillon, et à travers lui le gouvernement français, était à Québec pour fêter avec la famille québécoise plutôt qu'avec les amis canadiens. L'anniversaire de la fondation de Québec symbolise la vitalité de la langue et de la culture françaises en Amérique, avec pour résultat la France s'agrandissant hors de son territoire national, a-t-il souligné. À ses yeux, le moment était à la célébration de cette présence française plutôt qu'à l'exaltation, comme le premier ministre Stephen Harper l'a fait pour sa part, des premiers pas de ce «grand pays, fort et libre» qu'est devenu le Canada. D'ailleurs, comme s'il s'était senti de trop dans cette fête de famille, ce dernier s'est vite éclipsé pour se rendre présider à l'ouverture du Stampeede de Calgary.

Le parti pris exprimé par le premier ministre Fillon dans son discours au pied de la statue de Champlain était clair, tout comme sa volonté de replacer la relation France-Québec dans la continuité gaulliste. L'évocation du rôle joué par le général de Gaulle dans la revitalisation des liens de famille en 1967 par son «Vive le Québec libre», tout comme l'emploi spontané du mot «pays» à quelques reprises devant la presse, ne trompent pas.

Y avait-il eu relâchement des relations entre Québec et Paris ces derniers temps? On peut convenir qu'à tout le moins des incertitudes étaient apparues, nourries par le président Nicolas Sarkozy lui-même qui, tout à coup, mettait l'emphase sur les relations avec Ottawa. Cela s'est manifesté par son désir exprimé clairement de revoir la formule «non-ingérence, non-indifférence» par laquelle se définissait depuis 35 ans l'amitié franco-québécoise, puis par l'importance accordée à la récente visite de la gouverneure générale Michaëlle Jean. Comprenons que François Fillon, lorqu'il parle de «relancer notre relation», veut tourner la page sur cet épisode.

Les projets de coopération évoqués par les premiers ministres français et québécois lors de leur séance de travail hier sont de nature à donner une nouvelle impulsion à cette relation. Deux d'entre eux sont à retenir dans la mesure où ils contribueraient à créer, selon les mots de Jean Charest, un «espace de mobilité» pour les personnes. Il y a la création d'un conseil de coopération universitaire qui favoriserait la mobilité des étudiants. Mais soulignons surtout ce projet d'une entente sur la reconnaissance mutuelle des qualifications professionnelles, qui permettrait à des professionnels, des travailleurs spécialisés et des artisans de travailler de part et d'autre de l'Atlantique.

Ce projet est complexe, car il concerne des ordres professionnels jaloux de leurs prérogatives. Il faudra aussi tenir compte de la dimension européenne puisque la France est membre de l'Union européenne, qui pose aussi ses exigences en matière de mobilité professionnelle. Il sera long à mener à terme mais s'il se réalise, on pourra le classer parmi les grandes réalisations de la coopération franco-québécoise, au même titre par exemple que l'Office franco-québécois pour la jeunesse, qui a contribué depuis 40 ans à tisser des liens de toute nature entre jeunes Québécois et jeunes Français. Cela correspond bien à l'esprit de solidarité qui inspire la relation France-Québec.
 
 
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  • Pierre Poulin
    Abonné
    samedi 5 juillet 2008 05h45
    Un instant
    Je pense qu'au-delà de toutes les steppettes sémantiques auxquelles on assiste depuis trois mois, il était normal que la France établisse des relations privilégiées avec le Canada.
    Oui on est en famille avec la France, oui c'est une relation éternelle à cause de la culture et de la langue partagées. Il reste que les projets de coopération évoqués sont de ceux qu'on doit entretenir avec n'importe quel pays. Le Québec aurait intérêt à comprendre que la France se sentait à l'étroit dans cette relation politique qui la forçait à faire des choix absurdes pour elle. Et qu'elle s'en est affranchie avec Sarkozy.
    Bête à dire mais je pense que le Québec serait mieux servi par une future Première ministre parfaitement bilingue.
    Ceci dit, fêtons ce 400e, soyons fier du Québec, la fondation de la Nouvelle-France est une épopée extraordinaire.

  • François Giguère
    Abonné
    samedi 5 juillet 2008 06h47
    Ah la famille!
    Très bon commentaire.Merci de trouver les mots pour remettre l'horizon à la bonne place. Et merci d'abord à François Fillion d'avoir lui aussi trouver les mots pour le dire et dissiper les malentendus.Le contacts avec ces français volubiles fait du bien même à Jean Charest qui en devient disert. Ah la famille! Farewell Stephen.

  • marcel vinet
    Inscrit
    samedi 5 juillet 2008 07h00
    enfin
    enfin on nous respecte...il était temps...bravo...et vive le Québec libre de faire ses choix et de collaborer sainement avec n importe quel pays s il le veut,ce qui compte c est qu on demeure nous meme et fier de l etre....Marcel

  • Georges Paquet
    Abonné
    samedi 5 juillet 2008 08h30
    On ne choisit pas sa famlle...
    Si jamais des malentendus devaient survenir entre la France et le Québec, tous pourraient se consoler en se rappelant une vérité de La Palice. On ne choisit pas sa famille. Il faut bien s'accomoder des défauts et qualités de chacuns. Mais heureusement on choisit ses amis. Et, si on est un peu habile, on les choisit bien...

  • Benoît Lauzière
    Abonné
    samedi 5 juillet 2008 10h29
    Un peu de sens critique s.v.p.
    Je veux bien qu'on boive les yeux fermés toute parole aimable et flatteuse de l'ex-mère patrie, mais pas au point de jouer aux colonisés. N'est-il pas sidérant de constater l'absence totale de réaction critique aux propos du premier ministre français?

    Dire sans ironie, et surtout sans provoquer de toussotement, qu'il y a quarante ans «une voix historique a sorti le Québec de son hivernement» ne devrait-il pas faire sursauter ceux qui ont perdu l'habitude de la génuflexion.

    Et que dire de cette autre énormité : « Il n'y a qu'une France et c'est elle qui, depuis quatre siècles, est présente en Amérique ». Moi qui pensais que c'était la langue et la culture française qui étaient demeurées présentes ici, grâce aux convictions et au combats de ceux qui sont restés après le repli des élites suite à l'abandon de la mère patrie. Leurs actuels porte-parole devraient sinon s'excuser du moins admirer ce qui s'est fait sans eux jadis plutôt que s'empresser de vouloir récupérer le résultat à leur avantage maintenent.

    Mais il est vrai que du point de vue de l'idéologie nationaliste,des propos gaullistes sont toujours bienvenus.

    Benoit Lauzière
    blauziere@videotron.ca

  • roger montreal
    Abonné
    samedi 5 juillet 2008 10h38
    Attendez la visite de SARKOZY nous verrons la suite
    Oui M. FILLION a dit /le pays du QUÉBEC / mais vite il a été obligé de se rétracter, car les pressions sont venu de personne puisant et d ATAWA.
    Attendez la visite de l empereur SARKOZY /milles excuses LE PRÉSIDENT/. D'après certain journaux , SARKOZY va dire les vrais mots, a sa visite a l automne.
    Pour plaire a son grand ami, qui mange a la même table M. DESMARAIS, qui domine la scène politique au CANADA comme en FRANCE, après avoir aidé son président a se faire élire.
    Le proverbe dit méfie toi de tes AMIS tes ennemis tu les connais.
    ROGER MONTREAL

  • Michel Simard
    Abonné
    samedi 5 juillet 2008 10h57
    Paquet et les autres fédéralistes anti-francophones
    Le coeur de la théorie des "fédéralistes" à la Georges Paquet et autres Québécois qui ont honte que leur langue maternelle soit le français et qui auraient tellement voulu être nés anglo-saxons. C'est ainsi qu'à défaut d'avoir une mère digne - après tout, ils ne peuvent se remettre du rejet de la mère-partie qui a envoyé si peu de renforts militaires en 1759. C'est ainsi que tout ce qui est français et francophone est honteux - les fédéralistes canadianisants ont honte de leur famille culturelle. Ils se sont réfugiés dans une volonté immature de plaire à tout pris au nouveau conquérant, de ne pas être eux-mêmes, de vouloir à tout pris devenir un Anglo-Saxon, c'est tellement mieux quand on sait choisir ses amis, parmi les plus forts. Dans cette "logique" fédéraliste, il n'est pas du tout important de préserver ou d'affirmer le français, puisque le dessein est de devenir anglo-Canadiens, fidèles à la reine d'Angleterre un empire du XIXe siècle représenté par une vicomtesse de Cap-Haïtien, (remarquez que nous sommes rendus au XXIe siècle). Bravo, l'ouverture sur le monde (PS les Anglo-saxons ne sont que 400 millions de personnes sur 6 milliards d'humains).

  • Fernand Trudel
    Abonné
    samedi 5 juillet 2008 12h05
    Tuons le veau gras !!!
    Comme l'enfant prodigue, les français ont redécouvert le Québec après l'avoir abandonné aux mains des anglais.

    Mais les français n'ont pas évolués arrivant les bras chargés de petits miroirs aux alouettes et de discours accrocheurs et tonitruants. Le Canada n'est plus une colonie mais un pays avec ses coutumes, son histoires et ses différences. Fillon semble ne pas s'en souvenir...

    Fraternisons, mais ne nous enivrons pas de ces belles paroles dont seuls les français ont le secret. Ils n'ont que ca à nous ofrir avec quelques bonnes bouteilles de bordeaux amenées par Alain Juppé, l'exilé politique au Québec sur le bras de la Ville de Québec venu nous remercier de l'avoir hébergé de l'opprobe de ses pairs en France à l'aide de centaines de milliers de dollars du pécule des taxes de la Ville de Québec pour l'aider à passer la tempête, à L'ÉNAP de Montréal. Enciore Québec qui a payé pour Montréal...

    Mais après la fête que restera t'il de leur passage ???
    Rien ou presque sauf de belles paroles sur les tribunes de la fête. On cherche encore le legs de la France...

    Tuons le veau gras, l'enfant prodigue est revenu le temps d'une célébration. Bon 400ème, ma belle ville où je suis né et où j'y mourrai sans cousin français à mon chevet...

  • Georges Paquet
    Abonné
    samedi 5 juillet 2008 14h36
    2- On ne choisit pas sa famille...
    Si jamais des malentendus devaient survenir entre la France et le Québec, tous pourraient se consoler en se rappelant une vérité de La Palice. On ne choisit pas sa famille. Il faut bien s'accommoder des défauts et des qualités de chacun. Mais heureusement on choisit ses amis. Et, si on est un peu habile, on les choisit bien... Que la France ait choisi le Canada comme ami est certainement un signe de bon discernement.

  • François Beaulé
    Abonné
    samedi 5 juillet 2008 16h03
    Les Français sont bienvenus
    Nous avons beaucoup plus besoin des Français qu'eux de nous. J'aime beaucoup les Français (enfin, pas tous!) pour ce qu'ils sont mais aussi parce qu'ils me révèlent à moi-même.

    Le Québec souffrira des conséquences de la dénatalité. Les Français ont fait beaucoup plus d'enfants que nous au cours des 35 dernières années. Le chômage y est plus élevé qu'ici. De bons emplois les attendent ici.

    Les Québécois éprouvent des problèmes d'identité collective. Plus d'une réponse devront être données à ces problèmes. Tournons nous vers la France, vers nos racines. Et accueillons des Français en plus grand nombre.

  • Jean Pierre Bouchard
    Inscrit
    samedi 5 juillet 2008 19h45
    Optimisme discutable
    Notre survie est produit du pouvoir de l'église mais aussi plus positivement de notre souvenance d'avoir maîtrisé une partie importante du continent avant la conquête tout comme du fait que de s'assimiler aurait consister à donner raison au colonisateur britannique.

    La France n'a donc rien fait avant De Gaulle pour les anciens Canadiens de la Nouvelle France. Rien moins que rien, un verdict qu'aucun historien ne peut contester. Et là maintenant Sarkozy qui est président et non pas Fillon ne s'intéresse qu'à un atlantisme nord américain anglo saxon. Avec la réinsertion de la France dans le commandement de l'Otan, Sarkozy défait tout l'héritage du général De Gaulle.

    Mais Sarkozy n'est pas qu'un politicien en réaction sans trop d'intelligence, il témoigne à sa façon d'une certaine France relativement dominante qui n'a jamais vraiment cru à la francophonie comme force si ce n'est pour assurer à travers celle ci la première position à la France.

    Historiquement et même aujourd'hui encore. La France par sa culture étroitement républicaine nourrie par la mythologie révolutionnaire a joué la carte des valeurs universelles en compétitionnant avec les États-Unis pour le titre de premier pays porteur du flambeau de la liberté. Dans tout cela jusqu'en 1964, le Québec a compté zéro pour la France. La nouvelle "porte d'entrée pour l'Amérique" était déjà pourtant là bien avant les années soixante. L'entente cordiale entre la France et l'Angleterre au 20ème siècle pour le nouveau partage des colonies s'est aussi fait au détriment du Canada français d'alors.

    La fraternité de M.Fillon est probable bien relative à notre endroit. Si la France protège par devers Sarkozy et ses lubies son marché au Québec de produits culturels consistant en livres, DVD, disques CD et cinéma défendu notamment par TV5 Québec Canada ici, il ne faut pas être dupe du jeu des intérêts que connaît la France comme n'importe lequel autre État du monde.

    Le Québec français est essentiellement seul sans allié, voilà la réalité. Et si l'autonomisme prend trop longtemps le dessus sur la souveraineté, il va de soi comme le titre le Paris Match que le Québec au mieux pour la France d'aujourd'hui ne sera que la "belle province" du Canada. Les amis bien pourvus sont souvent plus intéressants que les frères oubliés devenus lointains.

    M.Descôteaux, votre optimisme est discutable.


    J.P.Bouchard

  • Fernand Trudel
    Abonné
    dimanche 6 juillet 2008 00h20
    Je me souviens de Renault qui s'était installé à Bromont...
    Je me souviens de l'usine Renault en 67 qui s'était installé à Bromont et dont l'ouverture en grande pompe graissée de subventions québécoises devait être l'aurore d'un jumelage économique transatlantique.

    Que reste-il : RIEN, de la fumée, un trou béant, une usine sans vie et vide... Tout comme il y a presque 400 ans, les français nous ont laissé choir avec nos problèmes et nos malheurs et se sont installés à Halifax. C'est pas très français par là...

    Ahhhhhh ces beaux parleurs, ces perroquets multicolores que sont nos cousins. Comme dirait Georges Paquet, «on ne choisi pas sa famille» et j'ajoute « on la subit... »

    En sommes nous les héritiers de ces français sans vergognes???

    Quant on est rendu à avoir comme défenseur de notre souveraineté un Luc Mervil, haïtien réfugié d'un régime totalitaire francophone, c'est le bouquet. Les racines en ont pris un coup...

  • Georges Paquet
    Abonné
    dimanche 6 juillet 2008 08h33
    À Michel Simard
    Tout observateur pourra constater que les frustrations de M. Simard lui inspirent beaucoup plus d'injures que de bonnes idées.
    J'ajouterai que ce n'est pas moi qui ai fait dire au Président de la France qu'il a choisi le Canada comme ami.

  • Chryst
    Abonné
    dimanche 6 juillet 2008 10h52
    La relation France-Québec ne sera jamais complètement indifférente
    Quel que soit leur poste, les hommes ou les femmes passent. L'histoire sera toujours ce qu'elle a été. D'abord la famille avant les amis. Y peut-on quelques chose ?

    Le président Sarkozy a beau se faire rassurant pour le Canada. La politique demeure ce qu'elle est.

  • Georges Paquet
    Abonné
    lundi 7 juillet 2008 23h02
    Qui est Michel Simard ?
    Il me semble que Le Devoir devrait être beaucoup plus attentif qu'il ne l'est afin de détecter des contributions qui lui sont soumises par des individus qui ne s'identifient pas correctement, surtout si ces individus ne soumettent que des tissus d'injures comme c'est le cas de Michel Simard dont on ne trouve pas de trace dans les bottins téléphoniques. S'agît-il d'un de ces commandos de l'indépendance, comme on en trouve lors de campagne électorales?
    Alors, un peu de vigilencve S.V.P.

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