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Santé - Bolduc entend maintenir le cap

Antoine Robitaille   26 juin 2008  Québec
Québec — Le ministre de la Santé s'en va. Vive le ministre! Yves Bolduc, candidat libéral étoile défait en 2007, a été assermenté hier pour remplacer Philippe Couillard, arrivé au terme de sa «réflexion», annoncée vendredi dernier. Sous sa direction, a insisté le nouveau ministre, il n'y aura pas de révolution dans le système de santé. Il a salué la «justesse et la nécessité des gestes» de son prédécesseur et a soutenu qu'il allait mettre l'accent sur l'accessibilité et la qualité des soins.

M. Couillard a démissionné hier matin du poste qu'il occupait depuis cinq ans et de son siège de député de Jean-Talon, qu'il représentait depuis quelque 15 mois seulement. M. Bolduc tentera de se faire élire dans cette circonscription laissée vacante par M. Couillard, un bastion libéral qui n'a jamais élu un autre parti depuis sa création en 1965. Malgré la «déception» de voir M. Couillard partir, l'exécutif libéral, qui rencontrait M. Bolduc hier soir, s'est plié à la décision de bonne grâce. Il s'est mis en «mode élection partielle» pour le 22 septembre, nous a-t-on confié. Le 26 mars 2007, M. Couillard, dépêché d'urgence dans une capitale alors sous le charme de l'ADQ, l'avait emporté avec une majorité de 3873 voix contre la juriste Véronique Hivon, qui représentait le Parti québécois. (Cette dernière, au début du mois, a été nommée candidate péquiste dans Joliette.)

Médecin, coroner, le nouveau ministre de la Santé est reconnu pour être un spécialiste en gains d'efficacité des soins de santé et notamment des urgences. Le premier ministre a salué la «connaissance du réseau» de celui qui aurait réinventé l'urgence d'Alma. Il a souligné que plusieurs élus auraient «pu assumer ces responsabilités», mais étant donné le caractère très exigeant du poste et les qualifications de M. Bolduc, c'était là la «bonne personne».

En 2007, M. Bolduc ne se voyait pas briguer les suffrages ailleurs que chez lui: «Je suis né à Alma, c'est ici que je travaille, c'est mon comté, je suis avec mes concitoyens. [...] Je vais me battre. J'aime mieux perdre avec honneur dans ma région que gagner dans une circonscription qui n'est pas la mienne.» Aujourd'hui qu'il présente sa candidature à Québec, il soutient avoir «beaucoup évolué» et être prêt à «passer à autre chose». À ses yeux, Québec est «la meilleure région» pour lui après le Lac-Saint-Jean. «Actuellement, ce sont deux régions qui, pour ma famille, sont [celles dans lesquelles] on se reconnaît le plus. Ma conjointe est de Québec. Mes enfants sont souvent à Québec. On connaît pratiquement autant Québec que le Lac-Saint-Jean», a déclaré celui qui est devenu aussi hier le nouveau ministre responsable de la région du Saguenay-Lac-Saint-Jean. Cette charge a été retirée des épaules du ministre des Ressources naturelles, Claude Béchard, actuellement en convalescence après avoir subi une importante opération pour une masse cancéreuse.

Ce sera «un bon ministre», dit Stéphane Tremblay.

Ancien contributeur du Parti québécois, M. Bolduc a répété hier ce qu'il avait dit en 2007: il n'a jamais été souverainiste et a soutenu le PQ parce que c'était un parti important dans la région, mais aussi parce qu'il voulait appuyer le député d'alors, le péquiste Stéphane Tremblay. Lors de l'annonce de sa candidature en 2007, il avait même confié qu'il ne l'aurait pas présentée si M. Tremblay n'avait pas quitté la vie politique. Joint en pleine session de pêche à la ouananiche sur le lac Saint-Jean hier, M. Tremblay estime d'ailleurs que M. Bolduc fera un «bon ministre de la Santé». «On doit lui laisser sa chance. C'est un homme qui a travaillé fort à date, puis [...] au-delà des allégeances politique, il faut le dire: c'est un gars de chez nous. Et ça prend du bon monde pour faire de la politique. Je pense quand même que c'est un personnage intéressant.» M. Tremblay ne croit pas du reste que son ancien partisan ait une «âme profondément libérale». «Je pense qu'il voit plus une occasion de devenir ministre de la Santé. C'est vraiment le défi qui semble l'intéresser le plus», a dit l'ancien député de Lac-Saint-Jean.

Pour ce qui est du titre de ministre responsable de la Capitale nationale, Jean Charest se l'est lui-même conféré hier, mais temporairement; jusqu'à la fin des activités du 400e. «J'ai décidé de me faire plaisir et de me [le] réserver pour moi-même», a soutenu le chef libéral. La manoeuvre vise entre autres à consolider la remontée libérale dans la capitale (une hausse de 20 % depuis avril, selon un récent sondage Léger Marketing-Le Devoir). La nouvelle a été qualifiée par Mario Dumont «d'invraisemblable désavoeu» pour l'unique autre élu libéral de la région, Sam Hamad, député de Louis-Hébert. «Je ne sais pas comment il peut réagir personnellement devant un tel affront. C'était le seul ministre de la région de Québec. Et là, finalement, c'est quelqu'un qui est député de Sherbrooke et qui habite à Westmount qui devient responsable de la région de Québec.»

M. Dumont a par ailleurs déclaré que le changement de ministre ne pouvait suffire à régler les problèmes du système de santé québécois, qui sont à ses yeux beaucoup plus «gros que ça». «C'est plus qu'une affaire d'argent et de personnalité.» C'est selon lui en s'inspirant du rapport Castonguay pour le réformer afin d'y ajouter une mixité privé-public qu'on y arrivera.

Le critique péquiste en matière de santé, Bernard Drainville, a soutenu hier que la réputation de M. Bolduc était surfaite puisque, selon de récentes données, l'attente à l'urgence de l'Hôtel-Dieu d'Alma est passée de 7,4 heures à 10,7 heures au cours des quatre dernières années, un bond de 44 %. «En ce qui nous concerne, là, l'efficacité de la méthode Bolduc, elle reste à démontrer pour ce qui est de la gestion des urgences.»

Chez Québec solidaire, on a dressé un sombre bilan de l'ère Couillard, hier. Selon le parti de gauche, il se solde par «plus de privé et moins d'accessibilité». Dans un communiqué, l'un des porte-parole de Québec solidaire, le médecin Amir Khadir, a invité «le Dr Bolduc à s'engager clairement en faveur d'un système de santé gratuit, accessible et universel. S'il le fait, il trouvera en QS un allié».

Couillard dans le monde de la finance?

La faible rémunération relative accordée aux ministres est un des facteurs qui ont poussé M. Couillard à quitter le gouvernement. Le ministre démissionnaire et neurochirurgien l'a admis hier, soulignant que, pour une personne qui avait autant de qualifications que lui, le salaire payé par l'État avait été un «sacrifice» lié à la vie publique. «Mais on le sait quand on vient en politique.» Selon des sources bien informées, M. Couillard, 51 ans, étudierait actuellement des offres d'un fonds d'investissement.

Reviendra-t-il un jour en politique? «Celui qui dit jamais n'est pas un sage», a-t-il répondu, en ajoutant qu'il avait toutefois «rarement marché deux fois dans les mêmes empreintes». M. Couillard, aux côtés de M. Charest — qui a tenu à assister à son départ — a émis un souhait: avoir fait en sorte que la personne qui lui succède réussisse mieux que lui. «C'est ainsi que notre société progresse», a-t-il conclu.






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  • jacques noel
    Inscrit
    jeudi 26 juin 2008 06h11
    Pauvre Marsan!!!
    « Marsan, ancien directeur d'hopital, responsable de la Santé sous Daniel Johnson, en poste depuis 14 ans, devra attendre encore un peu... pour faire place à un non-élu. »

  • Gérard Lépine
    Abonné
    jeudi 26 juin 2008 08h18
    same for me
    « les postes de député ne sont plus intéressants sauf pour des ratés de la vie, et même les propositions éventuellement ministérielles ne le sont plus, à moins d'arnaques cachées de plus en plus difficiles à actualiser. Jadis, les sénateurs et les conseillers législatifs l'étaient à titre bénévole, mais avaient été régularisées vers les 1930 40; depuis les revenus ont baissés et ne sont plus intéressants... je parle d'expérience. GL »

  • andré michaud
    Inscrit
    jeudi 26 juin 2008 08h26
    Bonne chance , et Merci M.Couillard
    « Bonne chance à M.Bolduc, la santé c'est tout un défi depuis que M.Rochon a saboté le système et Mme Marois a contingenté les infirmières...De plus la population vieilit, les citoyens s'alimentent mal et font peu ou pas d'exercice; logiquement, les citoyens sont la cause no.1 de l'engorgement du système!!!

    Merci à M.Couillard d'avoir sacrifié temps et argent(pendant ces années si vous aviez continué d'opérer vous auriez un million ou deux de plus dans vos poches) pour améliorer notre système de santé.Votre dévouement vous honore. Les liste d'attentes sont moins longues pour certaines opérations maintenant.On peut voir sur internet les listes d'attentes, ce qui rend le système plus transparent. De plus les hôpitaux n'ont plus à négocier avec 150 unités syndicales comme avant, ce qui a allégé de beaucoup la bureaucratie et fait économisé des millions...Plusieurs autres projets sont aussi en marche, et M.Bolduc poursuivera la tâche.

    J'ai toujours admiré M.Couillard pour la maitrise de ses dossiers, sa logique , la cohésion de ses propos, son langage franc et direct, et sa connaissance du milieu.Ce n'est pas un idéologue mais une personne qui pense concret et réaliste.C'est précisément de ce type de personne que nous avons besoin pour administrer la chose publique. »

  • Roland Berger
    Abonné
    jeudi 26 juin 2008 09h17
    Ambitieux ?
    « Reste à savoir si Dr Leduc a aussi l'ambition d'occuper le poste de Jean Charest. Ça pourrait faire toute une différence dans la longueur de son séjour à la Santé.
    Roland Berger
    St-Thomas, Ontario »

  • Gerry Pagé
    Inscrit
    lundi 30 juin 2008 23h50
    Que se passe-t-il donc ?
    « Il nous faut expressément cesser de chanter : «Libérez-nous des Libéraux». Il faut tout de suite s'organiser pour que cet urgent «événement de notre libération du carcan politique libéral de Jean Charest» ne prenne pas le bord des corridors des attentes et de l'étapisme tout aussi giratoire que rotatoire de ce clan, fait des spécialistes résiduels du virage en rond. Ça doit commencer dès les partielles de septembre 2008, avant que Québec ne soit atteint d'une sclérose sociétale galopante et déformante, spécialement souffrante et potentiellement fatale.

    *** (1) Non seulement la fuite précipitée du poids lourd Philippe Couillard confirme définitivement l'hémorragie interne, la dysesthésie généralisée et la déroute abracadabrante du PLQ ;

    *** (2) non seulement les Seguin, les Bellemare, les Mulcair, les Couillard et les autres, ont-ils publiquement désavoué le transfuge conservateur, parachuté et empourpré à Québec par le lobby des minoritaires et puissamment visibles loggias insulaires montréalaises ;

    *** (3) non seulement Jean Charest inflige une raclée cavalière et basse, celle de la férule de tous ses mépris, au dos du seul ministre de la région de Québec, en se réclamant du titre ronflant de «haut corsaire», c'est-à-dire de momie responsable de ladite région, c'est à dire de «commanditaire exclusif» des sparages morbides des «Poussahs de Rabaska», aux portefeuilles desquels il puise les extras que nécessite son «revenu libéral», aux réservoirs desquels il pompe les gazes et siphonne les carbures de sa suffisance ;

    *** (4) non seulement le régional Jean Charest, Cheuf de l'aile sherbrookoise du PLM (Parti Libéral de Montréal) et les girouettes de sa cabinetterie font l'illustration quotidienne du sens politique dont fait état l'inscription de Jordi Bonet, bétonnée au mur du Grand Théâtre de Québec ;

    *** (5) non seulement CROP et LÉGER MARKETING se sont convertis et/ déguisés en «commissaires voyeurs» et en «scribes voyants», à la solde de ce qui reste de l'intégrisme libéral du Québec et semblent avoir fait voeu de restaurer l'image du bleu triomphaliste rouge qui prend personnellement et ostentatoirement le crédit des 2 kilomètres de tourbes, les pistes cyclables et piétonnières et les autres aménagements bordant le Boulevard du Grand Sieur de Champlain ;

    *** (6) non seulement Jean Charest subventionne, à même les poches et les sacoches des plus taxés au Canada, tous les promontoires, toutes les estrades et tous les podiums devant servir de parcs d'exposoirs sur lesquels se huchent son honorable ego, ceux des siens, ceux des m'as-tu-vu et des «ostensoirs» de sa chapelle, qui viennent bloquer l'accès et boucher la vue des citoyens et résidents du Joyau, alors que le bon peuple croyait bien naïvement que ces avalanches de millions lui permettraient de fêter «SON 400e», sans avoir porté attention à ceux et à celles qui avaient prévu qu'il serait ainsi refoulé derrière les barreaux de toutes ces barricades de l'occupation des petits tzars, là où se trouvent aussi la plèbe des électeurs, en temps de gouvernance, entassés aux démunis, aux jetés à la rue et aux victimes qui rallongent les listes d'attente du gros Zoo du Logement socialement minable qui déshonore la Capitale nationale que cet ineffable minoritaire vient de placer sous la tutelle de son autocratie, c'est-à-dire sous sa semelle de tout ce qu'il écrase;

    *** (7) non seulement Jean Charest distribue, à tout vent et à qui mieux mieux, honneurs, décorations, médailles et autres «petits biscuits fourrés», cherchant ainsi et de façon aussi bêtement que bassement populiste, à galvaniser autant qu'à pavoiser les derniers instants de gloriole médiatique auxquels CROP et LÉGER lui ont suggéré de s'agripper jusqu'à l'heure du verdict populaire dont il retardera la tombée ;

    *** (8) non seulement Jean Charest a le culot d'installer et d'autoproclamer son «Yves 1er», ce «Doctoral Prieur du Monastère des Maladies et des Incuries», ce «Dalaï-d'Alma» qui nous rappelle le clopin-clopant Denis 1er de l'Anse-St-Jean ;

    *** (9) non seulement la Capitale nationale, sur le point de devenir Labeaumeville, mais qui fut décrétée «Charestmétro», vient de passer au rang historique de bidonville et de capitale des vaudevilles carnavalesques et festivaliers, ce gros village des hystéries nationales de la St-Jean, des jaunes pitreries du Grand Rire Bleu (moutréalais, des sauvageries de Pierre Falardeau, de Raymond Villeneuve, de Patrick Bourgeois et autres abrutis, des marginalités de la régression du Québec creusement plus profond qu'Hérouxville et que bien d'autres ;

    *** (10) non seulement les Québécois semblent prendre un temps fou à se débarrasser des vapeurs soûlonnes de la Saint-Jean, à se barrer contre la nocivité des effets secondaires de la plus maussade des morosités et de la plus revêche des léthargies de l'histoire politique des pions et tartampions libéraux,

    *** mais cent fois pire encore, rien ne semble empêcher les libéraux de Jean Charest de hisser les voiles d'un caboteur sans gouvernail, tout en cherchant à tirer avantage des vents que des sondages soufflent en leur faveur ? Rien ? Rien ne semble empêcher Jean Charest d'occuper «seul» la capitainerie d'une telle coquille qui dérive au gré des courants de l'indifférence épizootique, de la désaffectation contagieuse et du décrochage en hausse qui rattrape l'électorat ? Rien ? Rien ne semble empêcher les libéraux de Jean Charest de prendre trois mois de vacances, après avoir passé 9 mois à ne rien faire, aux chapitres des acquis, des avancées et du progrès sociétal ? Rien ? Rien ne semble empêcher Jean Charest de s'agripper à toutes les bouées du 400e anniversaire d'une traversée dont lui et ses mousses ont perdu les repères ? Rien ? Rien ne semble empêcher les libéraux de Jean Charest de surfer sur les vagues de l'insatisfaction généralisée et de l'impopularité dont l'amplitude a atteint des sommets sans précédent, depuis l'écoeurement généralisé de 2003, mais dont CROP et LÉGER faussent la lecture et l'interprétation pour en extirper les filons d'une exécrable désinformation ? Tout ça, sous les yeux d'une incontestable lucidité et rien n'explose ?

    Que se passe-t-il donc ? Que nous reste-t-il donc, non pas à souhaiter désespérément, mais plutôt à exiger mordicus, au chapitre d'un changement radical, aux étages de la gouvernance et face à notre déplorable descente aux enfers 2007-2008, alors que ni le PQ, ni l'ADQ, ni Françoise David ne font mèche ni «feux de camp» de tout ce bois mort et de ces épaves de l'échouement libéral sur les plages de nos quotidiennetés, depuis 2003, globalement, depuis 2007 précisément ? Alors qu'au vu et au su de tout le monde, s'éclatent les pétards et les feux des artifices libéraux et que s'éteignent lentement, mais sûrement, les feux sacrés d'une nation qui s'apprête à faire son deuil de l'incandescente espérance et de la pugnace assurance que tous ses nobles et courageux bâtisseurs ont mis plus de 400 ans à justifier, à motiver et à rallumer ?

    Gerry Pagé
    Ville de Québec »

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