Historique, vraiment?
Historique! Ce serait, selon le maire de Montréal, le qualificatif à accoler à l'entente conclue la semaine dernière entre le gouvernement Charest, les 15 municipalités défusionnées de l'île et sa ville. Voyons voir.
Historique oui, parce qu'elle mettrait fin à la guerre larvée des municipalités reconstituées à l'endroit de la ville centre. Il y aurait lieu de se réjouir si ce n'était ce marchandage de pouvoirs et d'argent qui vient soulager ces banlieues, déjà parmi les villes les plus riches du Québec, d'une contribution de 30 millions pour des équipements communs qu'elles n'auront plus à payer à la métropole. Toute paix a un prix et dans le cas présent, on paie le gros prix. Un gros cadeau qui, soulignons-le, sera payé par l'ensemble des contribuables québécois puisque Québec compensera Montréal pour cette perte de revenus venant des banlieues.
Historique, cette entente le serait aussi puisqu'elle accorde au maire de Montréal les pleins pouvoirs qu'il demandait sur l'arrondissement Ville-Marie. La gouvernance du centre-ville, tous l'admettent, pose un problème. Le développement urbain de ce secteur de la ville est d'intérêt métropolitain et doit être géré comme tel. L'approche préconisée par Gérald Tremblay, et avalisée par Québec, donnera toutefois au maire de Montréal bien plus de pouvoirs que nécessaire.
L'accroc à la démocratie que constituera le nouveau régime, qui sera en place au lendemain de la prochaine élection, est patent. Les citoyens de Ville-Marie éliront trois conseillers qui siégeront à l'arrondissement aux côtés du maire de Montréal et de deux conseillers nommés par celui-ci. En cas d'égalité des voix, le maire aura un vote prépondérant. «Citoyen... à moitié», écrivait hier un lecteur habitant Ville-Marie. En fait, ce pourrait être pire. Le maire de Ville-Marie, qui sera aussi le maire de Montréal, sera en perpétuel conflit d'intérêts. S'il favorise indûment Montréal, les électeurs ne pourront le démettre à l'élection suivante. Fort probablement, ce système entraînera un désintérêt des citoyens à l'endroit du débat public. L'accroc à la démocratie est sérieux.
D'autres avenues que la tutelle étaient possibles pour assurer une gouvernance conciliant les intérêts de la ville centre et ceux de Ville-Marie. Par exemple, un pouvoir d'initiative, assorti d'un pouvoir de veto, aurait pu être donné au conseil municipal de Montréal sur les question relatives au développement du centre-ville pouvant être de caractère métropolitain. Cela aurait évité de soumettre tout l'arrondissement Ville-Marie, qui est plus étendu que le centre-ville, au diktat de Montréal.
Le maire Tremblay a défendu avec force sa formule. Pour obtenir gain de cause, il a accepté de faire ce cadeau de 30 millions aux banlieues. Ce marchandage n'est pas à son honneur. Le projet de loi n° 22 donnant force de loi à l'entente devrait être adopté au cours de la journée. Sur ce point précis de la gouvernance de Ville-Marie, comme sur le financement des services communs, les députés devraient reporter toute décision à l'automne, question de rechercher un meilleur équilibre.
bdescoteaux@ledevoir.com
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Historique oui, parce qu'elle mettrait fin à la guerre larvée des municipalités reconstituées à l'endroit de la ville centre. Il y aurait lieu de se réjouir si ce n'était ce marchandage de pouvoirs et d'argent qui vient soulager ces banlieues, déjà parmi les villes les plus riches du Québec, d'une contribution de 30 millions pour des équipements communs qu'elles n'auront plus à payer à la métropole. Toute paix a un prix et dans le cas présent, on paie le gros prix. Un gros cadeau qui, soulignons-le, sera payé par l'ensemble des contribuables québécois puisque Québec compensera Montréal pour cette perte de revenus venant des banlieues.
Historique, cette entente le serait aussi puisqu'elle accorde au maire de Montréal les pleins pouvoirs qu'il demandait sur l'arrondissement Ville-Marie. La gouvernance du centre-ville, tous l'admettent, pose un problème. Le développement urbain de ce secteur de la ville est d'intérêt métropolitain et doit être géré comme tel. L'approche préconisée par Gérald Tremblay, et avalisée par Québec, donnera toutefois au maire de Montréal bien plus de pouvoirs que nécessaire.
L'accroc à la démocratie que constituera le nouveau régime, qui sera en place au lendemain de la prochaine élection, est patent. Les citoyens de Ville-Marie éliront trois conseillers qui siégeront à l'arrondissement aux côtés du maire de Montréal et de deux conseillers nommés par celui-ci. En cas d'égalité des voix, le maire aura un vote prépondérant. «Citoyen... à moitié», écrivait hier un lecteur habitant Ville-Marie. En fait, ce pourrait être pire. Le maire de Ville-Marie, qui sera aussi le maire de Montréal, sera en perpétuel conflit d'intérêts. S'il favorise indûment Montréal, les électeurs ne pourront le démettre à l'élection suivante. Fort probablement, ce système entraînera un désintérêt des citoyens à l'endroit du débat public. L'accroc à la démocratie est sérieux.
D'autres avenues que la tutelle étaient possibles pour assurer une gouvernance conciliant les intérêts de la ville centre et ceux de Ville-Marie. Par exemple, un pouvoir d'initiative, assorti d'un pouvoir de veto, aurait pu être donné au conseil municipal de Montréal sur les question relatives au développement du centre-ville pouvant être de caractère métropolitain. Cela aurait évité de soumettre tout l'arrondissement Ville-Marie, qui est plus étendu que le centre-ville, au diktat de Montréal.
Le maire Tremblay a défendu avec force sa formule. Pour obtenir gain de cause, il a accepté de faire ce cadeau de 30 millions aux banlieues. Ce marchandage n'est pas à son honneur. Le projet de loi n° 22 donnant force de loi à l'entente devrait être adopté au cours de la journée. Sur ce point précis de la gouvernance de Ville-Marie, comme sur le financement des services communs, les députés devraient reporter toute décision à l'automne, question de rechercher un meilleur équilibre.
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