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Le Québec dans le rouge de 5,8 milliards

Antoine Robitaille   14 juin 2008  Québec
Québec — Malgré la Loi sur l'équilibre budgétaire adoptée en 1996, les finances du Québec se sont enfoncées dans le rouge de 5,8 milliards de dollars. C'est le vérificateur général du Québec, Renaud Lachance, qui arrive à cette conclusion après avoir évalué l'état de la situation par le prisme des «principes comptables généralement reconnus» (PCGR), adoptés par le gouvernement Charest cet automne. Ceux-ci agrandissent le périmètre comptable du Québec pour y inclure notamment les déficits des hôpitaux.

Le vérificateur avait reçu le 21 mai dernier le mandat de la part de l'opposition (contre l'avis du gouvernement minoritaire) d'établir, dans un rapport spécial, le «solde budgétaire réel» au 31 mars 2007. Celui-ci a été déposé hier matin et les réactions ont été immédiates.

La ministre des Finances, Monique Jérôme-Forget, a soutenu que le VG avait confirmé «que les états financiers du gouvernement sont équilibrés». Pour 2006-07, le solde budgétaire de 109 millions «donne une image fidèle de l'atteinte de l'équilibre budgétaire évalué aux fins de la loi», écrit M. Lachance. Mais le «déficit cumulé» s'était constitué avant, et c'est celui qui fait débat.

Selon Mme Jérôme-Forget, les nouveaux PCGR ne font que refléter différemment une réalité qui n'a pas foncièrement changé: «Les chiffres étaient connus. Les gens [des maisons de cotations], les Moody's, [...] quand ils ont haussé à deux reprises la cote de crédit du gouvernement, ils étaient au courant des chiffres.»

Elle a aussi insisté sur le fait que le «déficit cumulé» n'était pas uniquement le fait de son gouvernement, mais aussi celui du PQ, au pouvoir lors de la dernière révision des normes comptables, en 1998. «Le solde se répartit comme suit, a reconnu la ministre: 2 568 000 000 $ au Parti québécois et 3 188 000 000 $ au Parti libéral du Québec.»

Une partie de ces montants sont aussi dus à une «erreur d'estimation du gouvernement fédéral», qui avait versé trop d'argent à l'État québécois en 2002, a expliqué Mme Jérôme-Forget. Somme que le gouvernement libéral, au début de son premier mandat, s'est engagé auprès d'Ottawa à rembourser sur une décennie, à coup de 300 millions par année.

Selon le sous-ministre en titre aux Finances, Jean Houde, la dette du Québec au cours des dernières années a augmenté essentiellement pour des immobilisations. Celle utilisée «pour financer ce qu'on appelle l'épicerie [...] n'a pas beaucoup augmenté», a-t-il soutenu.

La réforme comptable de 1998 s'était soldée par un transfert de 15 milliards à la dette, a souligné Mme Jérôme-Forget. Au reste, elle a plaidé pour l'adoption cet automne du projet de loi 85 par l'Assemblée nationale. Celui-ci permet à Québec de constituer une réserve avec les «excédents» d'Hydro-Québec afin d'éviter un déficit. Grâce à «85», le gouvernement pourrait «encourir un déficit jusqu'à concurrence de l'excédent cumulé» et utiliser la réserve de stabilisation pour «verser des sommes au Fonds des générations». Enfin, le projet de loi prévoit que «l'excédent cumulé est établi à zéro au 1er avril 2006 et il précise le montant de la réserve de stabilisation au 31 mars 2007».

Une convertie

Pendant la campagne électorale de 2007, Mme Jérôme-Forget s'était révélée hostile à l'application des PCGR. Elle souligna au crayon gras un «effet pervers» de ces règles définies par l'Institut canadien des comptables agréés pour le secteur public. En incluant tous les déficits des hôpitaux et des universités dans le périmètre comptable de l'État, «cela voudrait dire qu'un établissement qui est irresponsable et n'entrerait pas dans son budget n'aurait aucune pénalité et serait intégré à l'intérieur des sommes gouvernementales», avait-elle dit. Elle considérait qu'on ne pouvait «ignorer année après année un établissement qui ferait des déficits impunément».

Mais comme elle l'a rappelé hier, elle a, depuis l'élection du gouvernement minoritaire, «viré complètement»: «Je me suis dit: à partir du moment où ça va apparaître dans mon déficit, je vais m'en occuper moi-même, personnellement.» L'autre avantage de ces nouvelles règles comptables est de pouvoir plus facilement comparer les finances publiques du Québec avec celles des autres provinces, qui utilisent les mêmes PCGR.

Sacoche

L'opposition péquiste a vertement dénoncé le gouvernement: «Ce qui est clair, c'est que la ministre des Finances, Monique Jérôme-Forget, a essayé de cacher des déficits et elle s'est fait prendre la main dans la sacoche», a pesté le critique péquiste en matière de finances, François Legault. À ses yeux, le Québec se retrouve «en déficit structurel» de 1,3 milliard. «La ministre des Finances est en train de dépenser avec la carte de crédit de nos enfants et il y a un problème grave d'équité entre les générations», a-t-il dit.

La ministre Jérôme-Forget a rejeté cette interprétation de son «adversaire et ami François Legault» en ces termes: «Cela est faux, totalement faux, archifaux.» Elle soutient avoir prévu la baisse d'impôt de 950 millions de dollars en constituant une réserve de 1,9 milliard de dollars. De cette réserve, elle a soutiré 580 millions pour l'ajouter au Fonds des générations. «Le reste, 1,3 milliard, je l'ai attribué aux deux années 2008-09, 2009-10», a-t-elle précisé, estimant que c'était là la démarche d'une «mère économe» ou d'une «bonne mère de famille».

M. Legault a aussi réitéré son refus d'adopter le projet de loi 85. Il y voit une façon de «forcer par magie un surplus de 1,4 milliard alors qu'il y a un déficit de 4,4 milliards».

Le critique adéquiste Gilles Taillon s'est montré plus conciliant que son collègue du deuxième groupe d'opposition. D'abord, il voit dans l'adoption des PCGR une victoire de l'ADQ: «Il faut admettre que la ministre des Finances s'est rangée à notre argumentaire.» M. Taillon a aussi rappelé que l'ADQ allait appuyer le projet de loi 85, moyennant un amendement selon lequel les comptes publics seraient déposés sept jours à l'avance et passés au crible par le Vérificateur général. Ainsi, il serait plus facile de s'assurer qu'il y a bien «déficit zéro».

François Legault a rétorqué que cet appui de l'ADQ à une «manigance du gouvernement» était «surprenant» et contrastait fortement «avec tous les beaux discours qu'on a entendus depuis 13 ans de la part de Mario Dumont, qui se préoccupait du déficit et de la dette». Et il a ajouté: «Je pense qu'il vient de perdre aujourd'hui le peu de crédibilité qui lui restait.»
 
 
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  • Gilles Bousquet - Inscrit
    14 juin 2008 09 h 42
    Magie gouvernementale très provinciale
    Abracadabra, dormez un peu, voici bien des chiffres pour un peu d'embrouille, notre gouvernement a un surplus de déficit, ce qui est hautement positif...genre.
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  • Ouhgo - Inscrit
    14 juin 2008 14 h 13
    Syndrome du viaduc.
    Nonobstant toute cette "comptabilité créative" (pour laquelle MM. Black, Lacroix et autres, croupissent en prison) que nous servent aujourd'hui les libéraux, il était devenu évident, après l'écrasement du viaduc de Laval et le déluge de milliards annoncé pour réviser toute l'infrastructure routière du Québec, ajouté au funeste projet CHUM et à "quelques tablettes construites pour rapports de commissions", évident par conséquent qu'une trouvaille de gouffre financier allait bientôt béer... Et Lucien Bouchard qui a joué sa carrière sur un déficit "0" !
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  • Guy Fafard - Inscrit
    14 juin 2008 15 h 03
    Les soeurs, les mères de familles et le petit peuple...
    Les soeurs, les mères de familles et le petit peuple ont plus de jugement que beaucoup de hauts fonctionnaires diplômés et bien des ministres et anciens ministres.

    Antoine Robitaille nous donne un bon résumé:
    Monique Jérôme Forget, vérificateur général du Québec, Renaud Lachance, Loi sur l'équilibre budgétaire, Déficit budgétaire, Gouvernement, Québec (province)

    Monique Jérôme Forget,nous le prouve avec des chiffres vérifiés.

    Merci Antoine Robitaille
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  • Pierre-Yves Pau - Inscrit
    14 juin 2008 15 h 04
    Quand le sage montre le ciel...
    ...l'idiot regarde le doigt.
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  • Jacques Morissette Jacques Morissette - Abonné
    14 juin 2008 15 h 39
    Nos politiciens sont de mauvais gestionnaires de l'argent de nos impôts
    On dit que dans les pays scandinaves, les gens sont fiers de payer des impôts. Ici, au contraire, nos politiciens disent que les gens paient trop d'impôts, d'où toutes ces raisons invoquées par eux pour faire des coupures.

    Je pense que ce que les gens n'aiment pas ici au Québec au niveau de la fiscalité, ce n'est pas de payer trop d'impôts mais plutôt que les impôts que nous payons sont très mal gérés par nos politiciens. Ces derniers utilisent en effet de l'argent de nos impôts comme d'un outil pour promouvoir le capitalisme, beaucoup plus que de la chose d'un certain développement social.

    En somme, si les gens constataient que nos impôts sont très bien dépensés par nos politiciens, de façon judicieuse, fort probablement que ceux-ci seraient eux aussi très fiers de payer des impôts.La question de la dette au Québec, ce sont surtout nos politiciens qui l'ont faites à force de trop vouloir se faire du capital politique, surtout en période électorale...
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  • Francis Déry - Inscrit
    14 juin 2008 16 h 18
    Le rapatriement du point de TPS : une occasion manquée
    Madame Jérôme-Forget préférait magasiner.
    Une accro du shopping telles les femmes de <i>Sex and the City</i>.
    Elle ne voulait pas occuper l'espace abandonné par le gouvernement fédéral (pour une fois qu'il cédait sa place).

    Résultat : nous allons sempiternellement quémander à Ottawa.

    D'un autre côté, madame Line Beauchamp trouve que les prix forts de l'essence aideront à l'atteinte des objectifs de Kyoto pour réduire les GES. Les détaillants en essencerie de la Montérégie étaient de fervents écologistes. Québec devrait s'inspirer de leur exemple et de Stéphane Dion en imposant sa propre taxe verte pour inciter les gens à modifier leurs habitudes ou à changer de technologie.

    Bien sûr que les changements technologiques coûtent de l'argent. Une taxe carbone pourrait contribuer à une caisse pour financer les transitions technologiques.
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  • Ouhgo - Inscrit
    15 juin 2008 12 h 44
    @Pierre-Yves Pau
    Quand le sage pointe (la lune)...
    Dans cet imbroglio de sots calculs, j'ai eu du mal à repérer la lune et le doigt mais j'imagine que vous vous accrochez à la conclusion du texte:
    Le P.Q.(sage)pour voter contre le projet, dénonce le déficit occulte(la lune) après tant d'efforts pour un déficit zéro et l'ADQ(idiot) admire la méthode comptable(doigt)pour approuver le projet de mémé Monique. Était-ce le sens voulu?
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  • Gerry Pagé - Inscrit
    15 juin 2008 13 h 04
    Le PLQ passe en mode «alerte rouge».
    La Tambour-major libérale, Monique Jérôme-Forget, passe en mode «épouvantail» et roulements. Elle commande aux clairons d'annoncer que le Québec longe les abords du plus creux et menaçant ravin financier de son histoire. Elle dit se retrouver dans l'étroit sentier de la brousse libérale configurée qui conduira le Québec des maxi taxés au gouffre d'une macro faillite historique. Voila, pour Québec 2008, le legs des politiciens provinciaux. Un Cheval de Troie fourré d'inconscients, d'inconséquents, d'incompétents, de délinquants, d'impotents et d'itinérants tous aussi aventureux que téméraires et irresponsables qui jouissent de l'impunité mur à mur parce qu'ils se sont bardés d'immunité et d'intouchabilité. Il n'y a pas si longtemps encore, l'ineffable ménestrel et gardienne du Trésor des appauvris et de la Trésorerie des enrichis, mais aussi et surtout ministre libérale de l'endettement provincial, du haut des talons de sa suffisance et de son arrogante insolence, commanditait CROP et d'autres aplaventristes et manipulateurs de l'opinion publique, les soudoyant pour qu'ils fassent accroire à l'électorat béat que le Québec du bleu transfuge qui nous a tous mis dans le rouge, se portait mieux que jamais auparavant. À en croire ces oiseaux de malheurs, les actuels minoritaires auraient formé un gouvernement provincial majoritaire, en mai 2008. Et, vogue la galère des délictueux et la parade de leurs inepties. Décidément, l'heure est aux effrontés frondeurs!

    Mais, pour ceux et celles qui en ont vu d'autres, il fallait s'y attendre. Jouissant des stupides constituantes de l'alternance, le PLQ, depuis 2003, a mis peu de temps pour réaliser ses rêvasseries plurielles. La créature de l'Iliade libérale, la stentor du clan des «grand parleurs, petits faiseurs», Monique Jérôme-Forget, eut pour mission de vider la sacoche de nos économies potentielles, à la faveur de leurs privilégiés partisans et courtisans, le temps du patronage étant volatile. Et, c'est «avec elle» et «par elle» que la grande valse des milliards qu'elle a saupoudrés et portés au discrédit de notre faillite provinciale, a connu son grand swing. Tout d'abord, l'équité salariale, ne favorisant que les femmes de la fonction publique. Jérôme-Forget avait pour mission, à la fois sexiste et honteusement esclavagiste, d'acheter la paix des braves collaboratrices de SA gouvernance et des votes engagés sous le sceau de la reconnaissance de SON exclusive obligeance à leur égard, ce qu'elle avait placé en tête de liste de ses combats typiquement personnels. Puis, elle est allée jusqu'au fond et aux faux fonds de sa grosse sacoche, pour graisser les pauvres médecins spécialistes, confrères et amis du ministre médecin spécialiste; pour graisser les pauvres pharmacologues, amis du même ministre; pour graisser les pauvres entrepreneurs de l'ingénierie privée des travaux publics dont les viaducs sont l'illustration des exécutions bâclés d'une intelligentsia d'irresponsables; pour graisser les MACRO FARCEURS du MÉGA CHUM de Couillardville; pour graisser et engraisser tous les fortunés flagorneurs du privé dont la liste, en préface du bilan du Régime Charest, constituerait, en elle-même, quelques tomes volumineux ...

    À voir l'errance institutionnalisée et l'extravaganza politique généralisée, à tous les niveaux de la gérance incongrue et de l'ingouvernance généralisée, érigées toutes deux en statut, n'en est-on pas rendu à se demander très sérieusement si le phénomène de la désinstitutionalisation n'a pas gagné les steppes parlementaires, n'a pas envahi les maquis des libéraux du Québec profond et n'est pas devenu ce qui actionne les steppettes de celle qui dilapide le trésor, à la faveur de l'enrichissement des siens et pour le plus grand malheur de l'appauvrissement du bon peuple, cette plèbe électorale de tous ses mépris.

    Maintenant que la mise en place de son scénario d'épouvantails est complétée, celle qui s'est vantée d'agir en BMF (Bonne Mère de Famille), Monique Jérôme-Forget, va brandir le spectre de la faillite du Québec outrageusement vandalisé et minutieusement insularisé sur le plan de ses crédits et sur celui de sa crédibilité, aux seuls chapitres de la gestion de son économie affolée et de celle de ses finances débridées. Maintenant que les «pleins» sont «gras dur», elle fait l'annonce artificieuse et officiellement opportuniste de l'arrivée en scène des vaches maigres dont devront se contenter les pauvres, les démunis, les otages de la classe moyenne, les aînés et les retraités désindexés dont le pouvoir d'achat est égal à + ou - 0 alors que celui de leur maintenance à flot est à son point le plus bas, depuis la crise des années 30 du siècle dernier.

    Les effets pervers de l'endettement sauvage qu'ont piloté les libéraux de Jean Charest que le commandité CROP souhaite reporter majoritairement au pouvoir, atteindront plus de 80% de la population. Si les tremblements de terre de fortes magnitudes sont désastreux et font des victimes et des morts que l'on ne compte plus, les secousses de l'incompétence libérale à Québec, sur le seul plan des finances, sont tout aussi désastreuses que funestes et scabreuses. Et, c'est par centaines de milliers que les infortunés Québécois du Régime Charest formeront les rangs d'une déambulance de la misère inhumaine sans précédent et que les morts, dans l'âme et dans la dignité d'être, joncheront le terroir du Québec. Québec, cette brousse nationale des petits potentats que pilotent les rondouillets poussahs du nombrilisme politique, cette misérable incurie élevée au rang de vénérable par celles et ceux du Régime Charest qui se sont constitués les archétypes intégristes, ces bouddhas de l'arrivisme pur et dur des parfaits intouchables de l'autocratie politique.

    C'est dans un tel contexte d'une déchéance politique sans précédent, que déferlent l'incontinence des hauts cris, les affirmations déclamatoires, les palabres plaqués d'insultes et sertis de grossiers démentis des criards libéraux de l'Assemblée des communs et communes de la Nation. En somme, tout ce «n'importe quoi» de Jean Charest et ce «n'importe comment» de sa Tambour-major et présidente d'un Trésor dilapidé, sont la plus complète démonstration de tout ce qui est FAUX, TOTALEMENT FAUX ET ARCHI FAUX. C'est un discours de faussaires et de grabataires minoritaires. Point, à la ligne... Et, s'il en est une qui devrait savoir qu'autant de postillons si inopportunément et effrontément crachés en l'air, retombent, dans l'heure, sur le nez du cracheur émetteur, c'est bel et bien Monique Jérôme-Forget!

    En conclusion, ce trou annoncé de 5,8 milliards d'un endettement comptable sur mesure (un gros Norbourg libéral de livres fourrés), fournit à celle qui le cherchait désespérément, depuis quelques mois, le beau prétexte sur mesure avalisant son obstiné refus de restituer plus de 4 milliards des revenus tronqués et escroqués des retraités désindexés, victimes d'un vol par effraction totalitaire qu'elle refuse obstinément de reconnaître, d'avouer et de devoir corriger, en toute obligation de justice. Elle préfère graisser les bons et riches amis de son parti, les ténors du privé (ce rebours de sa réingénierie flopée), les fidèles fournisseurs de sa grosse caisse libérale et quelques haut-parleurs de certaines ethnies montréalaises dont le Régime Charest s'accommode déraisonnablement.

    Gerry Pagé
    Ville de Québec
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  • Pierre-Yves Pau - Inscrit
    15 juin 2008 18 h 22
    @Hugues St-Pierre
    Précisément. Certes les PCGR autorisent une certaine flexibilité d'interprétation, mais au fond l'important c'est un déficit d'environ trois milliards l'année dernière, de presque six cette année, et l'année prochaine? Les paris sont ouverts, allez je tope pour dix.
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  • Pierre-Yves Pau - Inscrit
    15 juin 2008 18 h 46
    @Jacque Morissette Charest ou l'art de gouverner dans les fleurs du tapis
    Il est vrai que le taux de prélèvement moyen est comparable au Québec et dans les pays scandinaves, à une (grosse) différence près: l'impôt sur le revenu des entreprises et des particuliers y est deux fois moins élevé qu'au Québec. Les tarifs publics et taxes à la consommation, environ le double.

    Les conséquences? Et bien regardez la Norvège par exemple: une économie productive et attractive pour l'investissement; des entreprises qui déclarent des profits (ce qui n'est pas le cas de la moitié de entreprises québécoises; une assiette fiscale solide; des ressources nationales rentabilisées au maximum (contrairement à l'hydro-électricité québécoise);des services bien financés; et une marge de manoeuvre en cas de pépin conjoncturel. Bref, tout ce que le Québec n'a pas.

    André Pratte de La Presse prenait cette fin de semaine la défense du gouvernement Charest dans un éditorial intitulé 'Ce n'est pas rien'. Il y rappellait les 'grandes' réalisation des Libéraux:

    - Avoir lancé un plan de lutte contre les changements climatiques; (un cataplasme sur une jambe de bois)
    - Avoir lancé une campagne de lutte contre la malbouffe à l'école; (ça ne mange pas de pain)
    - Avoir dégelé les droits de scolarité universitaires; (wow... gelés depuis 1994; ils ont inventé l'eau chaude aussi?)
    - Avoir rendu plus sévère le Code de la sécurité routière; (les routes du Québec étant les plus dangereuses du pays, ça prend pas la tête à Papineau et ça rapporte des contraventions)
    - Avoir augmenté la superficie des aires protégées; (et fait du chagrin à quelques tinamis pour calmer la vindictes populaire)
    - Avoir amorcé d'importantes négociations commerciales avec le gouvernement de l'Ontario; (qui produiront peut-être un résultat... en 2040)
    - Avoir obtenu des appuis substantiels en faveur du projet fétiche de M. Charest, l'ouverture d'un nouvel espace économique Canada-Europe; (ils visent trop bas: à leur place, j'aurais obtenu des appuis pour un projet d'espace commercial sur la lune, tant qu'à péter plus haut que le trou)
    - Avoir annoncé un plan de 30 milliards pour la réfection des infrastructures; (as t'on le choix quand les viaducs vous tombent sur la cafetière? Un plan qui viendra accélérer les déficits de l'État d'ailleurs)
    - Avoir déposé un projet de loi sur la protection de l'eau; (c'est ça: nationalisons l'eau, ça tiendra les citoyens occupés)
    - Avoir augmenté les seuils d'immigration et annoncé des efforts accrus pour l'intégration des nouveaux arrivants; (des nouveaux arrivants qui n'ont à peu près aucune chance de décrocher une job dans un marché du travail en voie d'argentinisation)
    - Avoir signé des ententes sur le redressement de la rémunération des médecins; (nuançons: avoir cédé au chantage des spécialistes)
    - Avoir conclu un accord historique avec la Ville de Montréal qui lui confie de nouveaux pouvoirs fiscaux. (Bref, fait reprendre par la fiscalité municipale ce qu'il avait lâché sur la fiscalité provinciale)

    Bref, Charest s'est démené dans tout un tas de dossiers complètement futiles, ou secondaires, ou d'enfonçage de portes ouvertes, ou qui n'ont aucune chance d'aboutir avant la St Glinglin.

    Par contre, il s'est énergiquement abstenu de s'attaquer au dossier le plus important, celui qui conditionne la réussite de tous les autres: la réforme de la fiscalité provinciale.

    Pas de quoi se taper le derrière par terre.
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