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Commission Bouchard-Taylor - Quatre enterrements pour un rapport

Robert Dutrisac   14 juin 2008  Québec
Québec — Quand il sort de sa réserve — quelle réserve?, pourrait-on objecter —, Jacques Parizeau n'en manque pas une. C'est lui qui, au nom de la famille souverainiste dont Gérard Bouchard se plaint amèrement, a démoli avec le plus de force le rapport Bouchard-Taylor. Sans faire dans la dentelle, c'est le moins qu'on puisse dire.

C'est un enterrement de première qu'a réservé Jacques Parizeau au rapport. «La trame principale de ce travail est une sorte de long procès du Canadien-français. Le terme est un retour en arrière», a livré l'ancien premier ministre dans une entrevue au Journal de Montréal. Il transpire du rapport «une sorte de mépris du Canadien-français qui me fait penser à celui de Pierre Elliott Trudeau». Le rapport est «abstrait et fumeux», fait par des intellectuels qui «ne comprennent pas la vie». Il est tout juste bon pour «la filière 13», décrète Jacques Parizeau de façon imagée.

À côté de cela, la réaction de la chef du Parti québécois, Pauline Marois, a l'air d'un échange de vues dans un salon de thé. Elle rejette également le rapport, qui révèle un malaise identitaire chez les Québécois francophones, parce que les auteurs n'y apportent pas de remède. Il est vrai que Gérard Bouchard ne pouvait préconiser dans le rapport la solution qu'il envisage pour mettre un terme à ce malaise identitaire: la souveraineté du Québec. On dit que Charles Taylor l'a roulé dans la farine: de fait, le rapport soutient implicitement que les Québécois peuvent s'épanouir dans le cadre de la fédération canadienne. En ce sens, la pensée de Bouchard est tronquée tandis celle de Taylor est confirmée.

Si Jacques Parizeau taille en pièces le rapport Bouchard-Taylor, le sociologue Guy Rocher, un des pères de la loi 101, n'a pas fait autre chose dans les pages du Devoir de jeudi, avec plus de ménagements toutefois. «On ne peut qu'être frappé par l'insistance qu'ont mise les commissaires à parler de la majorité québécoise francophone comme d'une minorité.» Le facteur qui a contribué le plus à la crise des accommodements «est certainement lié à l'insécurité du minoritaire. Il s'agit d'un invariant dans l'histoire du Québec francophone», lit-on dans le rapport, ce que ne manque pas de noter Guy Rocher. Et si on expliquait les inquiétudes des francophones comme des «inquiétudes de majoritaires!», avance le sociologue. Les Québécois francophones ont pris conscience collectivement de leur statut majoritaire, mais cette évolution «est traitée d'une manière ambiguë» par les auteurs du rapport, estime Guy Rocher. Il en découle «un problème "pédagogique". Sans doute qu'une forte proportion de Québécois francophones ne se reconnaissent pas dans l'image d'eux que leur présente ce miroir. Surtout les jeunes qui sont ouverts à l'interculturalité parce qu'ils sont nés dans la confiance majoritaire.» Or le rapport Bouchard-Taylor se veut éminemment pédagogique; les commissaires ne se gênent d'ailleurs pas pour faire la leçon à la majorité. En ce sens, cette ambition pédagogique tombe à plat.

À l'instar des souverainistes, les adéquistes ont enterré le rapport. Plus que tout autre parti, l'Action démocratique du Québec représente ces «Québécois d'origine canadienne-française» hors du Montréal cosmopolite, ceux qui souffrent du «malaise identitaire» évoqué par les commissaires. Le chef adéquiste, Mario Dumont, s'est étonné que le rapport ne parle pas d'une «culture normative», celle de la majorité, d'«une identité forte et stimulante qui suscite l'adhésion» des immigrants.

C'est tout le contraire: sous le vocable d'interculturalisme, le rapport reprend une idée que défend Gérard Bouchard depuis le milieu des années 1990, comme l'a signalé dans nos pages Robert Leroux, sociologue de l'Université d'Ottawa. Les Québécois francophones ne doivent pas se voir comme les détenteurs de la culture de convergence, pour reprendre l'expression de Fernand Dumont. Ils doivent plutôt accepter que leur identité se fonde dans une nouvelle culture fédératrice issue des interactions avec les autres communautés ethnoculturelles.

Le rapport a été enterré une troisième fois par le gouvernement Charest. Sans qu'il ne l'avoue, toutefois. En affirmant même le contraire. Pas plus tard qu'hier dans Le Devoir, Benoît Pelletier prenait partie pour la laïcité «ouverte» préconisée par les commissaires et pour l'interculturalisme. Mais le jour même de la parution du rapport, Jean Charest s'est empressé de présenter une motion pour garder à l'Assemblée nationale le crucifix que les commissaires voulaient reléguer au musée. C'est pourtant ça, la laïcité ouverte telle qu'envisagée par les commissaires.

Quand on demande au cabinet de Benoît Pelletier si le ministre est d'accord pour que les enseignants puissent porter des signes religieux en classe, comme le hidjab pour les enseignantes, on rigole; on trouve la proposition saugrenue. C'est pourtant ça aussi, la laïcité ouverte.

D'une façon générale, on considère au gouvernement que le rapport Bouchard-Taylor est une oeuvre d'intellectuels qui nourrit un débat d'idées, surtout entre intellectuels souverainistes. On ne montre aucun empressement à mettre en oeuvre ses recommandations concrètes, dont celles qui sont inspirées par cette notion de laïcité ouverte.

Le quatrième enterrement du rapport viendra peut-être de cette majorité dont les commissaires disent qu'elle est malade de son identité, de son «origine canadienne-française», cette tare du «minoritaire». Comme le souligne Guy Rocher, si les commissaires «voulaient rassurer la majorité, leurs propos sont plutôt de nature à l'irriter». Surtout ces Québécois francophones qui s'estiment ouverts aux apports des autres communautés et qui forment sans doute une majorité au sein de la majorité.
 
 
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  • Roland Berger
    Abonné
    samedi 14 juin 2008 08h20
    Une autre trahison
    Trahis pendant des siècles par des curés qui faisaient passer le salut éternel avant l'affirmation individuelle et collective, les Québécois sont aujourd'hui trahis par des intellectuels qui jouent avec les formes et les mots, confondant souvent les uns et les autres.
    Roland Berger
    St-Thomas, Ontario

  • Nicole Duchemin
    Inscrite
    samedi 14 juin 2008 08h46
    Bouchard-Talord , deux vendus payés cher par à une ''commande politique'
    Le rapport Bouchard-Taylor, c'est une basse maneuvre politique pour niveler le plus grand NOMBRE la majorité du peuple québécois au plus bas dénominateur des minorités ethniques.

    Le rapport Bouchard-Taylor est disciminatoire et certains propos haineux parceque méprisants à l'égard du ''peuple québécois de souche''. Le rapport a déformé la prise de parole démocratique de la majorité des québécois des régions, rédigé par deux faux sages ''dits intellectuels'' aux esprits embrouillés qui mettent en péril l'avenir du Québec. Le gros bon sens est une évidence qui saute aux yeux des gens du simple monde et même des illettrés, plus évident que la poussière dans l'oeil du faux sage.

    Bouchard est un traître de sa race du peuple ''québécois de souche''. C'est pas le frère de l'autre M Bouchard? Celui qui a fait un procès à M Yves Micheau à l'Assemblée nationale, le ''robin des bois'' des épargnants québécois? C'était une manoeuvre politique signée vendetta appuyée par des groupes d'intérêts, applaudit par exemple par le Congrès juif du Canada anglais.

    Les hommes '' québécois de souche'' traîtres et imposteurs doivent prendre la sortie, ceux qui dénigrent leur peuple et vendent leur pays pour un plat de lentilles.
    Les femmes fortes du Québec prennent la parole et la relève pour saisir la barre du gouvernail et pour sauver l'avenir du Québec. Les femmes parlent en au nom des femmes, et celui des enfants des hommes dans l'intérêt de toute la nation québécoise !

    La laicité ouverte c'est d'abord et avant tout préserver, conserver et promouvoir notre langue notre culture et notre histoire nationale, renforcer nos valeurs traditionnelles québécoises, et incluant la religion catholique (commune à 90% des québécois de souche) dans tous les lieux publics et privés,telles que nos parents, nos grands parents et nos ancêtres qu'ils nous ont léguées en héritage par le passé, actuelles au présent et pour l'avenir du peuple québécois du Québec.

    Le peuple québécois se définit comme un ensemble homogène uniforme de tous les citoyens québécois engagés dans le sens commun qui respectent et adoptent les valeurs communes du peuple fondateur francophone, parlant français et la langue de la LOI 101, la culture francophone et les valeurs identitaires communes des québécois d'origine au Québec.

    Les citoyens québécois ''de souche'', ''pure laine'' ont dit clairement leur ouverture au monde, aux immigrants d'ici ouverts et désireux de s'intéger à la société québécoise, et ils ont aussi manifesté leur indignation et leur colère envers les immigrants qui ne veulent pas s'intégrer aux valeurs commmunes des québécois.
    Les québécois vont on indiqué la sortie! aux nouveaux arrivants ou immigrants instisfaits qui réclament des accomodements déraisonnables.
    C'est une utopie le communautarisme de l'interculturalisme forcée par la minorité ethnique pluriels imposée à la majorité québécoise!

    C'est le début de la fin des invasions barbares au Québec, berceau de la civilisation française d'Amérique, qui piétinent le peuple québécois sur notre territoire,
    par des diverses cultures coutumes et religions étrangères des nouveaux arrivants rebels à nos valeurs communes. Il n'y a pas de place au Québec pour des religions sacrilèges et vengeresses des oppresseurs mâles de femmes voilées.

    Ce n'est pas faire preuve de ''Bon Sens'' élémentaire'' ni de ''VIVRE ENSEMBLE'' pour préserver la paix sociale et la sécurité publique, que de banaliser les agissements de certaines communautés immigrantes, par exemple d'exclure les québécois de cafateria d'hopitaux non cachères, et de mettre des vitres givrées dans les gymnases pour cacher les femmes en tenue sportive. Continuer à perpétuer la honte des femmes n'est pas la ligne de pensée des femmes québécoises. Les femmes québécoises du Québec de la révolution tranquille qui ont mené la lutte pour la libération et le vote des femmes ont enrayé le mal à sa source, mâle et mysogine, pour arrêter de faire porter le fardeau du péché originel sur le dos des femmes dans l'église catholique.

    Voilà que des hommes traîtres et vendus, encore des hommes, essaient de reléguer aux oubliettes sous le tapis les valeurs communes démocratiques des femmes et des hommes ''libres penseurs'' québécois au Québec.

    M.Bouchard,fermez le dernier chapitre de votre Rapport biaisé et taisez-vous! Les québécois vous ont assez vu et entendu sur la place publique!

  • Jean-François Couture
    Inscrit
    samedi 14 juin 2008 09h03
    Plus on est ignorant, moins on s'en aperçoit.
    Jacques Parizeau est le Québécois qui a le plus donné à son peuple. Aussi bien économiquement qu'au niveau organisationnel.

    Son excellence nous confronte à notre sinistre et historique médiocrité.

    Que Jacques Parizeau passera à l'histoire des gagnants pour un saoulon raciste est l'ignoble testament d'une vie sacrifiée à l'autel de l'ignorance dirigé à la Bernays et du pouvoir crétin et aveugle de nos maîtres.

    C'est pour ça que Hubert Aquin a levé les pattes dégoutté...

    C'est pour ça que le Québec est la prochaine Louisiane...

    C'est pour ça que les nègres blancs d'Amérique demeurent fiers de ce qu'ils ignorent...

    Merci Mindfuck Inc. !

    Quand on a réussi à faire croire à l'esclave que ses chaînes sont disparues, il ne croit plus à la liberté. - Doris Lussier

  • Max Roujeon
    Abonné
    samedi 14 juin 2008 09h22
    Nuance! Mollo! Parizeau a raison et encore il met des gants!
    Si je dis Parizeau et non M. Parizeau, c'est par familiarité et non pas par manque de respect, car l'animal est fort sympathique dans sa démarche. Le rapport est un fatras de couillonnades idéologiques rétrogrades et dépassées. C'est une mascarade maladroite d'une tentative d'endoctrinement et d'abrutissement des «canadiens français» comme ces 2 pitres nous appellent. Il est de plus, grotesque et est une atteinte à notre intelligence, tellement il est dissocié du contenu des audiences au point qu'il vaut mieux penser qu'il a été rédigé avant même celles-ci, sinon cela signifierait que les 2 plaisantins dormaient les yeux ouverts pendant que les «canadiens français» s'exprimaient.
    D'ailleurs quelqu'un (qu'il me pardonne j'ai oublié son nom) plus au courant que moi a récemment écrit un article dans ce journal, à l'effet que le rapport soit un repiquage d'anciens écrits tant il est conforme à la ligne de pensée de ces 2 là, qui, semble-t-il ne date pas d'hier; et tant il est éloigné de ce qui s'est dit pendant les audiences.
    Puisqu'on est sur le sujet, j'ai vu ce jeudi, «la petite mosquée dans la prairie» à Radio Canada.
    C'était délicieux, sympathique à souhait, j'ai adoré, je me suis régalé.
    Sauf que...
    Tout à coup, j'ai réalisé que cette émission est en train de me «vendre» les musulmans comme étant des gens sympas, sociables, avenants, soucieux de partager etc. ce dont je n'ai jamais douté, je le sais. Le problème, c'est que nous sommes au Québec et si on veut faire une telle émission de «bienvenue», ne devrait-elle pas être à l'inverse? Soit, d'avoir pour but de dire aux musulmans (par exemple) que NOUS on est sympas et accueillants, même si on ne fête pas le Ramadan (c'était le thème de l'émission, j'ai cru comprendre) et qu'on ne les empêchera pas d'exister mais que nous aussi il faut nous accepter avec nos différences, etc.
    C'est malheureux car cette émission est super, du moins d'après le premier épisode, et je ne vais pas rater les autres, mais un peu biaisée...comme le rapport.
    Alors M. Parizeau, gueulez, «regueulez», vous ne le ferez jamais assez!

  • Jean Leroux
    Inscrit
    samedi 14 juin 2008 09h40
    Qui n'est pas blanc, francophone, né dans le territoire ...
    C'est avec beaucoup de tristesse et - je dois le dire avec compassion - que j'observe la rhétorique des séparatistes québécois sur la question des "accomodemments raisonnables". Comme il est pathétique de constater que si l'on n'est pas blanc, francophone, né dans le territoire du Québec d'aujourd'hui, et surtout si on ne "renie" pas l'histoire qui veut que l'on soit tous d'origine canadienne-française ... et bien, on n'a pas sa place au Québec. Que c'est dépassé et glissant comme débat... c'est le retour au "vote ethnique" comme dirait le très ancien J. Parizeau. Je reviens, encore cette semaine, d'un séjour à Toronto et je parlais aux québécois qui y sont; sans exception, ils me disaient combien ils ont honte de ce débat et combien Toronto est un milieu urbain favorisant l'harmonie entre les communautés culturelles. Peut-être que les "anciens du PQ" comme Parizeau, Marois, Landry et toute la gériatrie séparatiste devraient y passer quelques mois...

  • Roger Martineau
    Inscrit
    samedi 14 juin 2008 10h00
    Et si le rapport Bouchard-Taylor alimentait des États-généraux...
    Le plus grand mérite du rapport est d'avoir permis à des gens de s'exprimer sur un sujet épineux. Les conclusions du rapport sont aussi peu importantes que les réactions des partis politiques. Le Québec d'aujourd'hui se doit de préparer son avenir. Il serait déplorable que les orientations d'une Nation soient laissées entre les mains des seuls politiciens. Nous (inclusif) méritons bien mieux que cela. Et si le peuple du Québec décidait de tenir ses propres États-généraux, apolitiques et tournés vers l'avenir...

  • Roger Kemp
    Inscrit
    samedi 14 juin 2008 11h07
    Pourquoi avons-nous eu la Commission Bouchard-Taylor?
    Reportons-nous quelques mois avant les élections d'avril 2007. Ce qui faisait les manchettes à ce moment-là c'était la déclaration du code de vie par la municipalité d'Hérouxville. Rappelez-vous comment les médias montréalais ont traité la déclaration de MM. Drouin et Thompson pourtant si bien compris par les régions. L'analyse que faisaient les régions des accommodements raisonnables, c'était que pour éviter de devoir se plier à des demandes d'accommodements parfois déraisonnables comme on l'a fait sur l'île de Montréal, l'on préférait avertir les communautés immigrantes qu'ailleurs en province, il n'y aurait pas d'accommodements à la Montréalaise. C'est exactement cela qu'a détecté à l'époque les habiles penseurs de l'ADQ. Il n'en fallait pas plu pour s'allier une forte proportion de québécoises et québécoises qui voyaient dans les accommodements une menace à leur identité québécoise.
    Suite à la sortie publique de Mario Dumont sur le sujet, Jean Charest n'avait d'autre choix que de commander une commission afin de faire baisser la pression de la grogne populaire. Le Québec n'était peut-être pas en crise mais à tout le moins en état de choc suffisant pour le laisser paraître dans les résultats électoraux qui ont suivi quelques semaines plus tard. La ghettoïsation de Montréal commence à faire peur aux régions. On veut bien recevoir des immigrants en région mais pas en les ghettoïsant mais plutôt en les intégrant aux us et coutumes du Québec. Cela n'empêchant en rien que nous voulons connaître leur culture. Montréal a échoué son intégration ethnique.
    Le rapport de la Commission Bouchard et Taylor, est plutôt molasse car au-delà des constats, les recommandations comme celle concernant le crucifix à l'Assemblée Nationale, laissent parfois perplexes sur la justesse des constats. A mon sens le débat sur les accommodements est revenu à la case départ et rien dans le rapport ne permet de positionner nos élus vers un règlement sur les accommodements à moins de créer une Charte Québécoise des Droits et Libertés tel que demandé par les partis d'opposition. Force est d'admettre qu'on a voulu sauver la chèvre et le chou. Pour ma part la commission n'a pas écouté les régions, elle les a entendues. Jamais une commission n'aura suscité autant d'intérêt sur un sujet si criant, mais il semble bien que Montréal tente encore d'imposer sa volonté au détriment des régions.
    Tout n'est qu'une question d'identité québécoise. C'est simple, non...
    Roger Kemp, Trois-Rivières

  • Renée Lavaillante
    Inscrite
    samedi 14 juin 2008 11h55
    crucifix
    Ôter le crucifix de l 'assemblée n'a rien à voir avec l'immigration et la laicité ouverte, c'est la laicité tout court qui exige qu'on l'enlève. Même s'il n'y avait personne d'une autre religion que chrétienne au Québec, il n'y a pas lieu qu'un symbole divin domine la salle des décisions d'un état. CE N'EST PAS PAR RESPECT DES AUTRES RELIGIONS QU'ON DOIT L'ENLEVER, MAIS PAR RESPECT DE L'ETAT. Est-ce si dur à piger???
    Renée Lavaillante

  • Patrice-Hans Perrier
    Inscrit
    samedi 14 juin 2008 12h08
    La crise identitaire - prise 2
    Ce qui choque dans le rapport Bouchard-Taylor c'est cet alignement sur la dissolution du concept de nation québécoise au sein de l'ensemble canadien. En d'autres termes, l'intégration des immigrants set de prétexte à pointer du doigt la majorité québécoise qui souffrirait d'une xénophobie propre à une minorité. Il s'agit d'un artifice de rhétorique fort habile, puisqu'il retourne comme un gant la posture de la majorité. Autrement dit, cette majorité ne serait pas consciente de sa propre position au sein de la province de Québec (le concept de nation québécoise devenant suspect) et, par un effet de repli identitaire, elle s'identifierait à une minorité menacée. Les Québécois opprimeraient les immigrants en se faisant passer pour des victimes... on ne peut s'empêcher de penser aux artifices jésuitiques de la pensée de Pierre-E. Trudeau. D'ailleurs, Charles Taylor est un des condisciples de PET au sein du cénacle des biens pensants du multiculturalisme et du communautarisme, son arme tactique.

    Fort curieusement, le dépôt de ce très controversé rapport correspond de façon quasi symétrique avec les récentes sorties de la diplomatie canadienne au pays de Sarkozy. C'est la nation canadienne - au sens britannique - qui aurait pris racine il y a 400 ans ... lors de la fondation de la ville de Québec. Autrement dit, la conquête n'existerait pratiquement que dans l'imagination fertile des indépendandistes paranoïaques ! Pourtant, la France avait établie sa présence sur un immense territoire qui s'étendait justement de la «Nouvelle-France» jusqu'en ... Louisiane, un territoire ainsi dénommé en l'honneur du roi Louis XIV. Mais, laissons à l'histoire le soin de poursuivre sa course...

    On a trop souvent tendance à oublier que c'est sous l'impulsion du Général de Gaule et du premier ministre Daniel Johnson que furent créées les agences dédiées à la coopération en terme de développement culturel, technologique et industriel. Mais, cet effort de coopération bilatérale entre la France et le Québec (naissant) a vite été récupéré par Ottawa, faisant en sorte que les échanges culturels entre les deux cousins francophones favorisent le développement de relations économiques avec la France ... à l'avantage de l'Ontario ! Les récents contacts entre la Gouverneure générale et le Président de la République laissent présager une ère particulièrement sombre pour le Québec.

    Alors que la diplomatie canadienne récupère les efforts de coopération du Québec avec la France (la visite officielle de Jean Charest en 2004 en fut le préambule), la Commission Bouchard-Taylor s'occupe de déposer un rapport culpabilisant la «majorité silencieuse» et les souverainistes se sabordent en reportant aux calendes grecques un troisième référendum. Il s'agit, bel et bien, d'un effort concerté afin de mettre les nationalistes québécois au pas en disqualifiant les acquis de la Révolution tranquille» - sans oublier les luttes précédentes - au profit d'une refonte de l'identité québécoise au sein du grand ensemble «canadian».

    Nous avons trop souvent tendance à l'oublier : c'est sous l'impulsion de P.-E. Trudeau que le chartisme s'est propagé, faisant en sorte que le législateur coupe l'herbe sous les pieds du politique. La question de l'identité nationale est, plus que jamais, sous-jacente à une lutte politique de tous les instants. Malheureusement, nous ne l'avons toujours pas compris, la nation représente un espace identitaire permettant à un peuple d'occuper un territoire. C'est ce que le gouvernement Harper, lui, a bel et bien compris. Les commissaires, eux aussi, maîtrisent les tenants et les aboutissants de la discussion.

    © Patrice-Hans Perrier

  • John Mokawi
    Inscrit
    samedi 14 juin 2008 12h49
    4 enterrements... peu de contenu
    Le débat identitaire post-Bouchard-Taylor s'est surtout fait selon l'axe de la présence culturelle de la majorité francophone. On s'est évertué à lire le rapport pour en déduire la force de la culture francophone dans le Québec des commissaires, alors qu'ils n'ont tenté d'éviter la question pour se concentrer sur leur travail: les accomodements aux minorités.
    Seul Pauline Marois semble l'avoir compris.

  • Jean Pierre Bouchard
    Inscrit
    samedi 14 juin 2008 13h27
    Intellectualisme stérile du rapport Bouchard Taylor
    L'inter culturalisme de Taylor Bouchard fait un tel déni du caractère de la majorité nationale québécoise qu'on voit très mal comment il se distingue du multiculturalisme canadien. Des intellectuels canadiens porteurs du multiculturalisme avancent qu'il n y a pas de nation canadienne que ce qui caractériserait le mieux le Canada c'est que c'est le pays des minorités!

    C'est n'importe quoi bien sûr mais cette vision idéologique indique bien que c'est Taylor qui a surtout imprimé sa marque sur ce rapport. Ce rapport au nom du danger généralisé que représenteraient les majorités ne valorise que la diversité des minorités. C'est beau sur le papier mais selon les réalités du monde c'est en favorisant excessivement la cohabitation plutôt que l'inclusion que l'on dresse des murs ou des situations conflictuelles durables dans les sociétés. Autre considération précise celle là, le Québec en tant que nation francophone en Amérique ne peut se payer le luxe des recommandations du rapport, la nation québécoise selon sa propre fragilité démographique doit s'établir comme culture de convergence pour les immigrants.

    J.P.Bouchard

  • Renée Lavaillante
    Inscrite
    samedi 14 juin 2008 13h34
    crucufix
    Ôter le crucifix de l 'assemblée n'a rien à voir avec l'immigration et la laicité ouverte, c'est la laicité tout court qui exige qu'on l'enlève. Même s'il n'y avait personne d'une autre religion que chrétienne au Québec, il n'y a pas lieu qu'un symbole divin domine la salle des décisions d'un état. CE N'EST PAS PAR RESPECT DES AUTRES RELIGIONS QU'ON DOIT L'ENLEVER, MAIS PAR RESPECT DE L'ETAT. Est-ce si dur à piger???
    Renée Lavaillante

  • paul morton
    Inscrit
    samedi 14 juin 2008 13h36
    Il serait bien de pouvoir enterrer ce rapport une fois de plus.
    Enfin, pour de bon.

  • Gérard Lépine
    Abonné
    samedi 14 juin 2008 13h38
    quel rapport?
    pas moyen d'avoir le rapport Bouchard-Qui à la Librairie du Québec à Paris!!! Connaissent pas!

  • Guy Fafard
    Inscrit
    samedi 14 juin 2008 14h47
    Ce n'est pas tout
    Dans un artic le de Graham Fraser, les anglophones se plaignent de la difficulté aux soins de santé; Pauvre petit Graham, "Nous autres aussi on a des problèmes d'accès aux soins de santé!" Il ne manque plus que les braillards d'islamiste qui vont venir pleurer sur le giron des fonctionnaires pour se plaindre.
    Voir l'article suivant:
    Commissariat aux langues officielles, anglophones minoritaires, Graham Fraser, Anglais (Langue), Minorité, Québec (province)

    Allez y chialez, vous en aurez de la part des aplaventristes;
    pendant ce temps les francophones dits de souche mangent et mangent encore ...les retours de cuisine.

  • Francois Piazza
    Inscrit
    samedi 14 juin 2008 14h54
    «À Rome, on devient romain »
    Fier de mes origines métisses (française, marseillaise et corse) qui m'ont influencé, je suis heureux d'être Québécois avec ce que cela implique : vivre en français - ce qui n'exclue pas la connaissance et la pratique d'autres langues - dans un concept démocratique qui, tant que le peuple le voudra, a tendance, ici et maintenant, a privilégié plus la personne que la responsabilité collective, ce que je respecte tout en le déplorant .

    Car voilà le drame de la commission Bouchard-Taylor : comme Jean-Jacques Rousseau et Henry Thoreau, la base fondamentale de leur rapport ( induite et sûrement inconsciente chez Gérard Bouchard ) part du concept que l'individu naît bon mais que la société le pervertie ( selon J,J,Rousseau) ou l'asservit - selon H.Thoreau et P.E.Trudeau (voir Cité Libre 1963-1964 )
    Comme il est impossible - sauf en des cas extrêmes - de vivre hors d'un ensemble de sociétés qui s'interpénètrent ( la famille, le travail, les institutions, la culture, la vie citoyenne etc..) partons du principe qu'une société ne vaut et ne progresse que par la valeur des individus qui la compose. Elle doit donc limiter ses exigences ( les devoirs ) pour faciliter l'épanouissement de l'individu au moyen de ses droits. D'où, accommodations, dérogations, choix alternatif (opting-out chez C,Taylor ) etc...
    D'autant plus que toutes les formes de société - religieuses, tribales, associatives, festives et même administratives - ont tendance à dériver vers une exclusivité tyrannique - « Crois ou meurt » « Hors de...(remplir le blanc ) point de salut » « Love it or leave it ! » etc.. - oubliant les nécessités qui les ont crées pour ne se consacrer qu'à leur propre existences, si les individus qui la composent n'y prennent garde.
    À partir de ce, la commission a examiné cliniquement ( c'est la raison d'être des auditions publiques, pour la commission ) le Québec, quitte à subir des «freak-shows » - pour amener des remèdes conformes aux concept plus haut.
    Las pour nos distingués commissaires, « y a gourance » comme disait feu M.Audiard.
    Tout le monde est d'accord, depuis peu !, que le Québec est une nation.
    Or qu'est-ce qu'une nation ? C'est un ensemble de peuples et de sociétés - familiales, religieuses, etc...) dynamiques qui ont un destin commun soit par choix, soit par convergence ( l'immigration ). Pour ce faire, il faut établir un « modus vivendi » qui déterminent d'abord les devoirs et les libertés communes qui garantiront les droits mais aussi les devoirs de l'individu.

    Exemples ; la laïcité est un devoir ( commun) qui garantie la liberté religieuse de chacun, en autant que celle-ci ne cherche à être une obligation ou une servitude aux dépens des libertés communes.
    La langue parlée et utilisée dans les relations communes indispensables ( administratives, commerciales ou au travail ) doit être celle du plus grand nombre pour la bonne raison qu'elle sert de lien entre les différents éléments qui la composent. Ce qui implique, il va de soi, l'usage de la langue vernaculaire dans le privé.
    Donc, les immigrés ouïgour qui s'installent ici doivent apprendre en priorité le français pour l'usage communautaire ( et d'autres langues pour s'enrichir ) mais ont le droit imprescriptible de parler ouïgour en famille, si le coeur leur en dit.
    La composante et l'évolution de ces données fondamentales ayant besoin d'être mises à jour - les lois , les règlements sont toujours en retard par rapport à la légitimité - ce que l'on demandait à la commission Bouchard-Taylor, après examen de l'état des choses au Québec, de déterminer les causes et effets des malaises, puis une fois identifiés, de trouver les moyens ou les corrections qui faciliteront l'intégration des individus ou des micro-sociétés dans la nation.
    Or la commission Bouchard-Taylor a fait exactement le contraire !
    Hélas 68 ( le nôtre : les trois colombes, Cité Libre, Trudeau for ever etc ...) est bien mort. Pour un des commissaires, c'était l'enfance de la pensée ci-dessus exprimée. Je sais bien que l'enfance est un pays que l'on vit comme exil, surtout en vieillissant. De là vouloir le suggérer fortement à tous ceux qui ne l'ont pas connu ( la majorité )...
    Consolation : sur le plan édition, le rapport Bouchard-Taylor est impeccable. Il va faire (sous peu!) bonne figure parmi les livres sacrés. Sacrés parce que nul n'y touche...

    François Piazza

  • Peter Langford
    Inscrit
    samedi 14 juin 2008 16h01
    intellectuels souverainistes
    c'est rigolo de voir ces deux mots ensemble

  • Guy Fafard
    Inscrit
    samedi 14 juin 2008 20h04
    Le rapport Bouchard Tayler ?
    Mais c'est de la m... pardon, un emballage de cole bien ficelé et enrubanné avec toutes les plus belles couleuvres...oh ! Pardon ! toutes les plus belles couleures du multiculturalisme qui sent le P.E.T. à plein nez.

  • Paul Lafrance
    Inscrit
    dimanche 15 juin 2008 06h48
    L'identité
    Les anglophones de souche Britanique, tout comme les francophones de souche Française, sont minoritaires au Canada. Pourtant, les premiers n'ont acune crainte à perdre leur identité, même s'ils sont entourés de gens originaires de nombreux pays situés dans tous les continents, alors que les seconds sont frileux au point de vivre constamment grippés. En principe, les anglos devraient craindre la perte de leur identité, ces derniers étant minoritaires dans chacune des provinces canadiennes, alors que les francos sont grandement majoritaires au Québec. La question de la langue est donc la seule raison d'être de la frilosité des Québecois. Pourtant, elle est protégée, dorlotée, conservée dans la ouate, mais selon les souverainistes, elle ne peut être sauvée que si le Québec accède à la souveraineté. Je ne suis pas d'accord avec la théorie souverainiste. En effet, il est évident que si le Québec se sépare du Canada, le ROC réclamera et obtiendra que la langue anglaise soit reconnue comme seule langue officielle, laissant à l'assimilation complète des centaines de milliers, sinon à des millions de francophones vivant dans toutes les régions du Canada et principalement au Nouveau Brunswick, où la population est divisée à peu près également entre francos et anglos. La langue française, qui rayonne présentement partout au pays, aura le même statut que n'importe quelle autre langue et sera confinée aux frontières du Québec, nous isolant encore plus dans un continent anglophone. Est-ce celà que nous souhaitons pour l'avenir de nos enfants?
    Paul Lafrance
    Québec

  • Mario Tremblay
    Abonné
    dimanche 15 juin 2008 08h35
    Évidemment
    Lorsque M. Parizeau déclare : «fait par des intellectuels qui «ne comprennent pas la vie».», il faut supposer que lui la comprend, ayant été élevé dans la rue ?!

  • Jean Pierre Bouchard
    Inscrit
    dimanche 15 juin 2008 13h44
    Une majorité minoritaire est une fausse majorité
    Il faut s'interroger sur l'ouverture démocratique que l'on accorde a priori aux commissaires, parce que tout comme d'autres l'ont remarqué, que reste t'il de ces centaines de témoignages, de ces prises de position pendant les audiences de Québécois francophones et de néo québécois qui ont défendus avec conviction mais aussi avec modération l'idée d'une laïcité classique qui distingue l'espace privé de l'espace public. Seule une minorité de gens ont criés devant les micros ce qui ne justifie pas le faux verdict de Taylor et Bouchard d'évaluer les Québécois de souche en tant que xénophobes potentiels ou actifs.

    Universellement, il y a une part de xénophobie dans chaque nation, les Québécois ne font pas exception. Ceci dit, selon les nuances, si l'on compare la nation québécoise à d'autres, nous Québécois n'en déplaise à G.Bouchard qui n'aime pas l'expression, privés d'un grand pouvoir politique par le colonialisme britannique et par les mentalités affaibli par le trop grand pouvoir de l'église catholique nous n'avons pu être très dangereux pour les autres.

    Dans l'histoire, ce sont les affaiblis qui sont souvent traités de toutes les façons ou dénigrés. Le non statut social du mendiant, le peu de considération sociale
    de l'assisté social indiquent entres autres exemples que les groupes, sociétés ou personnes affaiblies sont toujours désignés coupables.

    Ce raisonnement monsieur Bouchard le connaît pour les immigrants mais ce qu'il oubli c'est qu'il connaît une application universelle et n'est pas dénué de paradoxes.
    Une minorité nationale comme le Québec dans le Canada n'en n'existe pas moins avec la même population qui autrement est majorité nationale dans la province québécoise. Autrement exprimé dans la perplexité. Pourquoi notre intellectuel sous estime t'il l'état minoritaire du Québécois au profit de sa condition majoritaire pas dans un pays mais dans une province?

    Non. Monsieur Bouchard, votre rapport n'aura jamais le statut d'une somme théologique d'un philosophe du moyen âge. Nous n'en sommes plus là heureusement.

    J.P.Bouchard

  • Lorraine Dubé
    Abonnée
    lundi 16 juin 2008 16h17
    Encore une Commission inutile aux frais des contribuables/Manque de courage à GOUVERNER
    Une commission à gros frais pour une prise de conscience à sens unique par la majorité! Assez de compromis!
    Il n'y a qu'au Québec qu'on demande à la société d'accueil de faire autant de compromis. Ailleurs, les gens se doivent de s'adapter et s'intégrer. Ne sommes-nous pas qu'un maigre 2% francophone dans une mer anglophone? Question d'intégration, il est bien entendu qu'il y a de l'amélioration à apporter pour que le potentiel (diplôme d'équivalence) du nouvel arrivant soit pris en compte, question de lui permettre d'accéder à la prospérité et ainsi apporter sa contribution à la société d'accueil. Surprenant qu'on ait besoin de dépenser autant pour constater que de glorifier le multiculturalisme à outrance va à l'encontre de notre spécificité à longue échéance! Pour ne pas déplaire à la majorité de son électorat, Jean Charest délègue et met en place des commissions qui soit ne nous apprennent rien de nouveau ou produisent des rapports condamnés d'avance aux tablettes (aux frais des contribuables). Manque de courage, de compétence et transparence!!! Sans parler des lois baillons lorsque les libéraux sont majoritaires et qu'ils se permettent d'ignorer les partis d'oppositions pourtant élus démocratiquement. Heureusement que minoritaires, ils ne peuvent démontrer autant d'arrogance. Qu'attendions-nous vraiment de ce rapport? Libérons-nous donc des libéraux! De grâce, ne divisons pas le vote pour leur faire cadeau une fois de trop du pouvoir dont il ne savent que faire!

  • Renaud Blais
    Inscrit
    lundi 16 juin 2008 16h22
    Intellectuels plutôt fermés qu'ouverts
    Après avoir lu M. Dutrisac et les 23 réactions qui me précèdent, je constate que ceux qui prennent la peine de répondre et de réagir ne démontrent aucune ouverture. Les CANADIANS, 100% purs comme M. Lafrance, continuent à cracher dans l'assiettes et sur les grands Québécois. Les pointillistes continuent de pointer des détails sans importance. Ceux qui aiment se lire continuent à écrire des âneries, pour pouvoir les lires.
    Et celles et ceux qui souhaitent continuer de faire avancer les débats, ne perdent pas leur temps à lire des âneries...
    Renaud Blais

  • Lorraine Dubé
    Abonnée
    lundi 16 juin 2008 18h43
    @ Roger Kemp La charte Québécoise existe déjà, une constitution est plutôt réclamée.
    Vous dites:...à moins de créer une Charte Québécoise des Droits et Libertés tel que demandé par les partis d'opposition. On demande plutôt une constitution. La charte des droits et libertés québécoise existe depuis 1977, bien avant celle canadienne, soit à la même période que l'adoption de la loi 101 par le parti Québécois. Cependant, n'étant pas souverain, nous sommes tributaires de la charte des droits et libertés canadienne, née environ 3 ans après le rapatriement unilatéral et anti-démocratique de 1982 de PET. TROIS ans plus tard, parce que s'il avait fallu qu'elle soit promulguée en même temps que ce rapatriement anti-démocratique, celui-ci aurait été jugé automatiquement discréminatoire pour le peuple du Québec. En effet, il change les données sans notre consentement. Depuis 1982 par cette constitution rapatriée, nous ne sommes plus un des 2 peuples fondateurs mais bien officiellement une minorité comme les autres avec TOUTES les conséquences que cela engendre. Les droits individuels sont glorifiés au détriment de ceux collectifs, donc de notre spécificité. Tout était prévu pas PET. Il faut bien entendu épuiser le droit interne avant de faire appel en droit internationnal. Comment y accéder, sachant que les 9 juges de la Cour Suprême sont nommés par le Premier Ministre du Canada. Poser la question, c'est y répondre. Pierre Eliott Trudeau était loin d'être un démocrate!

  • Joseph H. Chung
    Abonné
    mardi 17 juin 2008 02h52
    Le vrai problème est la crise de perception
    Le Rapport Bouchard-Taylor affirme qu'il n'y a que la crise de perception. Autrement dit, d'après les commissaires, le problème est que les Québécois de souche exaggèrent la gravité des manifestations réligieuses par certaines communautés culturelles. Donc, la solution est de ne pas voir le problème dans la manifestation réligieuses. La solution est de la tolérer. Mais, c'est une interprétation trop facile. Ce qu'il faut faire, c'est d'analyser les variables qui expliquent une telle perception. La variable la plus importante est l'inquiétude et l'insécurité chez les Québécois de souche causées par l'influx massif des immigrants depuis les années 1990. L'influx des immigrants signifie la diversité ethnnique et culturelle qui ne s'intégre mal à la valeur de la majorité québécoise. Le Rapport Bouchard-Taylor aurait du consacrer davantage ses resources à la recherche de la solution du problème de l'intégration des immigrants; la crise de perception dont parle le Rapport Biuchard-Taylor n'est que la conséquence du manque de l'intégration des immigrants.
    Le manque d'intégration des immigrants est attribuable aux plusieurs variables. Une de ces variables est le rôle des leaders des communautés culturelles, surtout celui des leaders religieux. Ces leaders ont la tendance à décourager les membres de leur communauté de s'intégrer à la société québécoise, car l'intégration des membres de la communauté peut signifier la perte de leur domination et leur position privilégiée au sein de la communauté. Il est donc très important pour la politique d'intégration des immigrants de sensibiliser les leaders des communautés culturelles aux faits québécois, surtout, à la Révolution tranquille des années 1960 et 1970 et au miracle économique du Québec qui a permis de rétrécir l'écart du evenu de famille Ontario-Québec de 27% en 1960 à 5% en 1990. La politique d'intégration des immigrants mise en place par le MICC doit s'inspirer davantage d'une meilleur connaissance de la dynamique de la vie collective des communautés culturelles, surtout des comportements des leaders de ces communautés.
    Enfin, je tiens à souligner que l'intégration est plus que la maîtrise de la langue de Molière; elle signifie que les immigrants intégrent les valeurs québécoises dans leur propre système de valeur; elle signifie qu'ils arrêtent de vivre comme touristes éternels; elle signifie qu'ils acceptent le Québec comme leur patrie; elle signifie qu'ils participent avec joie aux activités collective artistiques, culturelles, politiques et sociales du Québec.
    Il faudra nommer peur-être une autre commission qui étudierait le vrai problème, celui d'inciter les immigrants à devenir vrais citoyens québécois.
    Joseph H. Chung, économiste, 227-4 Jardins des Vosges, Verdun, Qc. H3E 2B3

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