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Québec exauce Tremblay

Jeanne Corriveau   13 juin 2008  Québec
Photo : Jacques Grenier
Québec a exaucé le voeu de Gérald Tremblay: à partir de novembre 2009, le maire de Montréal aura le contrôle sur l'arrondissement Ville-Marie. L'entente signée hier à l'hôtel de ville en présence de la ministre des Affaires municipales, Nathalie Normandeau, accorde également de nouvelles sources de financement à la métropole. «Une entente historique», a commenté le maire ravi.

En plus de conclure un accord avec Montréal, la ministre Normandeau a aussi réussi à dénouer l'impasse qui perdurait depuis des mois concernant le fonctionnement de l'agglomération. Le maire Tremblay et ses 15 homologues des banlieues se sont mis d'accord sur de nouvelles règles de gouvernance, marquant ainsi la fin de longues et laborieuses discussions. «Aujourd'hui, nous pouvons dire mission accomplie!», a lancé la ministre Normandeau devant les maires réunis dans le hall d'honneur de l'hôtel de ville hier.

La métropole

Dans un premier temps, Québec modifiera la charte de la Ville de Montréal afin de lui octroyer le titre de «métropole». Cette reconnaissance, que souhaitait le maire Tremblay depuis des années, se traduira par diverses mesures qui permettront à la Ville de diversifier ses sources de revenus.

D'une part, Québec versera annuellement 25 millions de dollars à la Ville de Montréal pour des services qu'une métropole doit assurer en matière d'itinérance, de sécurité publique ou d'intégration des immigrants. Ce coup de pouce financier s'apparente aux 7,8 millions qu'avait obtenus la Ville de Québec à titre de capitale nationale, a précisé la ministre. Québec accepte aussi de verser le plein montant des taxes foncières du Palais des congrès, ce qui correspond à un montant annuel de neuf millions de dollars.

S'inspirant d'une entente intervenue entre la Ville de Toronto et le gouvernement de l'Ontario, Québec accorde à la métropole de nouveaux pouvoirs afin d'accroître ses revenus. Ainsi, Montréal pourra désormais imposer une taxe municipale sur un bien meuble. Les propriétaires de piscine pourraient devoir payer une taxe, a-t-on indiqué hier à titre d'exemple. À Toronto, la Ville avait choisi de créer une taxe liée aux véhicules de promenade.

Montréal pourra également imposer une taxe sur un immeuble, un stationnement par exemple, en plus de mettre en place un régime de redevances réglementaires. Cette mesure s'apparente à une tarification dont les revenus sont destinés à un usage spécifique, comme un tarif appliqué aux grosses cylindrées qui servirait à financer des mesures d'assainissement de l'air, par exemple. L'idée d'une taxe sur les billets de spectacle et les repas au restaurant a par ailleurs été abandonnée.

Gérald Tremblay a refusé de dévoiler les services ou les biens susceptibles d'être ainsi taxés, craignant que les exemples qu'il pourrait citer soient interprétés comme ses intentions. Il affirme que des discussions seront menées avec les partenaires, notamment le milieu associatif, afin de déterminer les biens à taxer, et que ces mesures ne seraient pas appliquées avant un an. «On n'a pas l'intention d'augmenter le fardeau fiscal général des contribuables pour le budget 2009», a-t-il insisté.

Le centre-ville

Le gouvernement a également accédé à une demande de longue date de Gérald Tremblay concernant la gouvernance du centre-ville. La mesure, qui n'entrera en vigueur qu'après l'élection de novembre 2009, prévoit que le maire de Montréal devienne automatiquement maire de l'arrondissement Ville-Marie. Il siégera au conseil d'arrondissement avec deux conseillers désignés par lui et trois conseillers élus localement. Le maire aura un vote prépondérant en cas d'égalité. Le maire de Montréal n'aura donc plus à composer avec un membre de l'opposition à la mairie de cet arrondissement stratégique. C'est actuellement Benoit Labonté, son ancien allié ayant rejoint le camp ennemi, qui dirige la mairie de Ville-Marie.

Par ailleurs, la ville-centre pourra, dans des cas exceptionnels, rapatrier des pouvoirs relevant habituellement des arrondissements pour une durée maximale de deux ans. Un vote majoritaire du conseil devra être obtenu au préalable. Si cette période devait être prolongée, le vote des deux tiers des voix serait alors nécessaire. «C'est un processus démocratique qui ne remet aucunement en question la décentralisation et les services de proximité, s'est défendu M. Tremblay. Dans les situations exceptionnelles, comme on en a vécues pour les piscines ou pour la neige, c'est normal que le conseil de ville puisse intervenir dans le meilleur intérêt des citoyens.»

Finalement, la charte amendée permettra à la ville-centre de modifier le plan d'urbanisme et l'élaboration de programmes particuliers d'urbanisme (PPU), une responsabilité jusqu'alors confiée aux arrondissements.

Conseil d'agglomération

La ministre a par ailleurs réussi ce qui paraissait impossible il y a quelques mois, soit obtenir l'accord unanime des 16 villes de l'île de Montréal afin de modifier certaines règles relatives au fonctionnement de l'agglomération. «Il a fallu mettre de l'eau dans notre vin pour atteindre ce consensus. Il y avait beaucoup d'irritants, a rappelé la mairesse de Westmount, Karin Marks. La page est tournée même s'il y a encore des choses qui vont évoluer.»

Contrairement à ce que prévoyait le projet de loi 22, la composition du conseil d'agglomération ne sera pas modifiée et celui-ci comptera 31 élus. Le gouvernement a par ailleurs renoncé à permettre à deux élus des villes défusionnées de siéger au sein du comité exécutif. Le concept de secrétariat d'agglomération a été écarté au profit d'un «secrétariat de liaison», sans personnalité juridique, qui devra faciliter la transmission d'informations aux membres du conseil. Il disposera de son propre budget, a précisé la ministre. «L'objectif est de faciliter une fluidité dans la circulation de l'information et une transparence dans l'accès à l'information», a-t-elle dit. Un comité de vérification sera également formé, où siégeront deux élus des villes reconstituées.

À compter du 1er janvier 2009, les contribuables des 15 villes défusionnées ne recevront qu'un compte de taxes puisque la contribution des banlieues aux dépenses d'agglomération se fera sous forme de quotes-parts et non d'une taxe perçue par l'agglomération.

Finalement, Québec accorde aux villes liées le soin de gérer le réseau artériel de leurs territoires respectifs et révise la liste des équipements collectifs relevant de l'agglomération, une source de mécontentement profond chez les maires des banlieues.

Les deux ententes visant à modifier la charte de la Ville et le projet de loi 22 seront déposés à l'Assemblée nationale pour adoption d'ici la fin de la session parlementaire, la semaine prochaine. La ministre estime que, compte tenu de l'unanimité obtenue sur l'île de Montréal, l'Action démocratique du Québec et le Parti québécois pourront difficilement rejeter les amendements proposés.

Le chef de l'opposition, Benoit Labonté, a salué la reconnaissance du titre de métropole accordé à Montréal, mais il s'est dit préoccupé par les «vices démocratiques» touchant la gouvernance du centre-ville et par la perte des droits démocratiques des électeurs de Ville-Marie, qui ne pourront plus choisir leur maire d'arrondissement.






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  • Dominic Pageau
    Abonné
    vendredi 13 juin 2008 03h21
    On vient de donner au Maire la permission de tuer la ville de Montréal
    « Une taxe par ici, une taxe par là, il va y en avoir pour tout le monde. »

  • Gilles Delisle
    Abonné
    vendredi 13 juin 2008 06h56
    De bonnes nouvelles pour Tremblay, mais pas pour le peuple!
    « On vient d'offrir de nouveaux champs de taxation au maire, qui salivait déjà, quelle triste nouvelle pour la population de Montréal! C'est comme donner un nouveau jouet à un enfant!
    Je me demande comment un politicien peut-il arriver à trouver de nouveaux champs de taxation qui sont encore inexploités! Je crois qu'il faut lui faire confiance, puisque le gouvernement québécois lui, s'est maintes fois signalé à ce chapître. Un gouvernement qui a été capable de taxer une taxe, comme ce fut le cas avec la TVQ, il n'y a rien à son épreuve. Le maire Tremblay devrait exceller lui aussi à surprendre le peuple avec de nouvelles taxes, aussi farfelues et stupides soient-elles ,comme les autres paliers de gouvernement ont pu le faire. »

  • Eric Barnabé
    Inscrit
    vendredi 13 juin 2008 09h10
    L'ADQ peut bien ne pas réussir à entre à Montréal
    « Quand un parti politique propose de simplifier la gestion des institutions politique du Québec, il lui est très difficile de faire une percer et de se faire prendre au sérieux par les résidents d'un endroit où l'on retrouve 14 niveaux d'administration seulement au niveau municipale. Un endroit où, malgré les défusions, les autres villes sont encore sous le joug de la grande ville.

    Eric Barnabé, Québec »

  • Pierre Samuel
    Abonné
    vendredi 13 juin 2008 11h20
    Le "jovialiste" et ses disciples...
    « La ministre des Affaires municipales vient confirmer, entre autres, que la pléthore d'élus municipaux, à commencer par les "mairets" d'arrondissements et leurs sous-fifres ne sont que de simples pantins à "remiser" lorsqu'il y a lieu! Au lieu de cette "opération cosmétique", pourquoi notre "jovialiste municipal" ne réclame-t-il pas, comme le maire de Québec, une refonte de la Charte municipale, afin de réduire le nombre de conseillers et d'arrondissements, quitte à avoir moins d'onéreux "bénis-oui-oui" autour de lui? »

  • Michel Simard
    Abonné
    vendredi 13 juin 2008 12h01
    Pourquoi cette obsession sur le nombre d'arrondissements ?
    « Je ne comprends pas la logique. Pourquoi réduire le nombre d'arrondissements à tout prix? Quand un arrondissement comme Rosemont-La Petite-Patrie compte plus de 130 000 habitants, ou Côte-des-Neiges-Notre-Dame-de-Grâce plus de 164 000 habitants, la plus grande université du Québec et au moins 3 hôpitaux, de quoi se plaint-on pour dire que les maires de ces arrondissements coûtent trop cher ? Ces arrondissements sont au moins aussi importants que des régions entières du Québec (Côte-Nord, Gaspésie, Bas-Saint-Laurent, Abitibi-Témiscamingue, etc.) et au moins aussi importants que les villes reconstituées de Senneville (962 âmes), de Hampstead (7 000 âmes) et de Montréal-Est (4 000 âmes).

    Peut-être le Québec arrivera-t-il dans le monde moderne urbain d'ici la fin du XXIe siècle; en attendant, nous sommes pris avec ces mentalités de baronnies du XVIe siècle.

    Idem pour la représentativité à l'Assemblée nationale ou dans nos médias qui déforment tout : pas sûr que les quartiers et les communautés locales de Montréal soient si présentes proportionnellement à leurs populations et dynamismes locaux : toujours fondus dans un Montréal informe, confondus avec Ville-Marie. Je ne pense pas qu'on parle moins de la Gaspésie que de Pointe-aux-Trembles-Rivière-des-Prairies. Je ne dis pas qu'on doit moins couvrir les régions à l'extérieur de Montréal; je dis qu'on devrait mieux couvrir et reconnaître les collectivités locales, qu'elles soient en grande ville ou en milieu rural. Tout le monde ressortirait gagnant à reconnaître et à mettre en valeur la richesse de toutes nos communautés, plutôt que de remâcher les mêmes insignifiances du prêt-à-penser, si populaires dans certains médias et milieux. »

  • Gilles Bousquet
    Inscrite
    vendredi 13 juin 2008 12h04
    L'exaucé va désosser
    « Québec a exaucé le voeu de Gérald Tremblay qui pourra taxer.

    C'est un peu comme Dieu qui exauce les pécheurs en leur permettant d'entrer dans son royaume. Dans le cas de M. Tremblay, c'est...les taxes : Taxes sur les taxes, sur les parcomêtres, sur les ponts, sur les trous de poules, sur l'eau, sur l'air respiré, alouette ah, ah, ah. »

  • François Caron
    Abonné
    vendredi 13 juin 2008 12h43
    Ich bin ein Montrealer ! Me semble...
    « Souvenez-vous de ne pas oublier que Gérald Tremblay , la taupe patiente qui mine MTL depuis 2001, était le sous-marin libâral qui devait torpiller la réforme Harel et sécuriser les banlieues nord-rhodésiennes dans leur confort et leur indifférence au sort de la métropole encore trop francâphône à leur goût, une nouvelle manière de se mêler des affaires des autres sans y participer vraiement, une manière occulte, en quelque sorte, une sorte de Canada indépendant dans une Province of Qwebec désossée, pour paraphraser l'humoriste, résultat de l'acoquinement pathologique des affairistes libârals vieux-french-canadian-pea-soup et des partitionnistes anglo-suprémacistes post-référendaires.

    La mémoire étant une faculté qui se défraîchit à vitesse grand V, l'axiome "diviser pour régner" a été brillamment appliqué par le Parti libâral du Canada, succursale Province Of Qwebec pour tuer la velléité des Nous de reconquérir MTL et laver 250 ans d'infâmie par la joute politique, mais encore une fois les forces d'inertie et d'extrême-immobilisme libâral et anglo-saxon ont eu raison d'un plan réfléchi et acclamé par la majorité des Nous pour accroître et posséder enfin un pouvoir de développement social, économique et d'aménagement du territoire de plus situé au niveau local, celui-là, et à l'image d'une certaine idée de l'État moderne du Québec.

    Mr Mayor Tremblay (s'il reste en poste après 2009, et à moins qu'il vive l'enchantement d'un conseil minoritaire avec l'émergence de quelques têtes d'asperge du type Projet Montréal, rêvons un peu) va voir sa belle agglomération dysfonctionnelle l'être encore plus avec la fronde des banlieues nord-rhodésiennes quant aux interminables affrontements sur le niveau de quote-part à envoyer au junior government, prenant exemple sur ce que fait le Rhodésien-du-Sud de Saint Lambert, Me Sean Finn et sa guérilla lancinante d'harcèlement législatif de l'agglomération de Longueuil, avec son attitude néo-colonialiste crypto-raciste du "We Know Better and Get Lost, you Frogs !" .

    Mr Mayor Tremblay va voir s'écrouler la belle agglomération de MTL et récolter le fruit d'un patient travail de sape commençé en automne 2000 au congrès du Parti libâral du Canada, succursale Province Of Qwebec sous le règne de Patapoof Nil par l'adoption de cette résolution inique qui finira par mener la métropole à la marginalisation culturelle et politique définitive des Nous.

    Une autre façon créative de mettre à sa place les Nous dans la belle grande mosaïque familiale multiculturelle canadian montrealer, c'est-à-dire loin en arrière des anglo-saxons et de leurs affidés bruns, beige et jaune. »

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