Le pouvoir de la pitoune
Hillary Clinton n'est pas une pitoune. Dans son pays, où on fabrique de la pitoune à la chaîne pour les besoins de la publicité, du cinéma, de la télévision ou carrément de la pornographie, on a trouvé le moyen de dire qu'Hillary Clinton faisait trop «matante» pour penser séduire l'électorat américain. Trop vieille, trop criarde, trop guindée, trop propre, trop «straight», trop hypocrite, trop ambitieuse et trop dévoreuse.
On a préféré la tasser en faveur d'un homme plus jeune qui n'a, bien sûr, aucun des défauts précités et qui, malgré le fait qu'il soit sans expérience, est plus rassurant que la première. Il s'en est même trouvé pour dire qu'elle n'avait pas de coeur parce qu'elle a réussi à livrer son dernier discours sans pleurer et avec le sourire. Imaginez ce qu'on aurait dit si elle avait pleuré. Out Hillary!
On avait fait la même chose il y a peu de temps avec Ségolène Royal en France. On a dit d'elle qu'elle était trop ambitieuse, prétentieuse, trop maîtresse d'école. On a dit qu'elle n'avait pas de coeur parce qu'elle restait digne devant les attaques. Out Ségolène!
Pauline Marois a bien failli disparaître de la même façon. Ses foulards, qu'elle ne portait pourtant pas sur la tête, elle, sont devenus une véritable obsession. Une femme avec des foulards et des bijoux allait-elle pouvoir diriger le Québec? On y a pensé sérieusement. Elle avait, elle aussi, trop d'expérience, elle n'était pas née de la dernière pluie, on commençait à voir poindre quelques petites rides sur son visage et elle faisait «grande bourgeoise» un peu snob. On a préféré la tasser en faveur d'un homme plus jeune en qui on a vu l'espoir d'un avenir meilleur. Out Pauline!
Tasser les femmes, mode d'emploi
On le voit, l'exemple vient de haut. Bien sûr, Pauline Marois est revenue comme chef de son parti, mais la dernière étape qu'il lui faudra franchir avant de s'asseoir dans le fauteuil de première ministre sera des plus exigeantes et difficiles. Elle le sait. Les femmes se font des illusions en pensant qu'elles sont sur un pied d'égalité avec les hommes par rapport au pouvoir. Le plafond de verre existe toujours et selon les secteurs où on se trouve, il peut même être devenu de plus en plus épais. En politique, les exemples qui précèdent le montrent bien.
La politique n'est pas le seul domaine où le pouvoir échappe aux femmes. Radio-Canada a décidé, cette semaine, de tasser deux animatrices de l'information. Pascale Nadeau et Dominique Poirier voient leurs noms s'ajouter à la longue liste de celles qui ont été mises de côté par la digne Société au cours des ans, sans raison valable ou sans raison avouable. «Tasser de la fille» est un sport qu'on pratique beaucoup dans les milieux où la relève est plus jeune, plus blonde, plus sexy, parfois même moins coûteuse et auprès de laquelle on peut se donner des airs de Pygmalion averti en jouant les protecteurs des «petites nouvelles» à qui il faut tout apprendre. Quand on ne met pas les vieilles à la rue, on les pose sur une tablette comme des potiches, en espérant acheter la paix.
Les femmes se révoltent pendant quelques jours, puis le calme revient. La guerre ne dure jamais très longtemps parce qu'elle demande une telle énergie qu'on finit par abandonner. Jusqu'à ce qu'on se dise que de se faire tasser quand on est une fille, c'est normal. Et c'est là qu'est le danger.
Le pouvoir et le sexe
On a beaucoup parlé cette semaine de l'hypersexualisation des petites filles. Et les garçons, eux? Ces garçons qui passent des heures devant de la porno sur le Web et qui exigent que leurs petites amies de 10, 11 ou 12 ans se comportent comme ces filles qu'ils ont vues sur leur écran? Ils ne sont pas responsables, eux?
Que faut-il dire à ces jeunes garçons qui seront les pères, les maris et aussi les patrons de demain? On peut bien proposer aux filles des modèles qui ressemblent à Hillary Clinton, à Ségolène Royal ou à Pauline Marois, mais si elles constatent que leurs compagnons n'en ont que pour la pitoune, comme on l'a vu encore une fois au cours de la fin de semaine de la Formule 1, qu'est-ce qu'elles feront, les pauvres?
Quand une jeune femme, sollicitant un emploi, aura compris qu'elle est plus appréciée pour la taille de son soutien-gorge que pour la taille de son cerveau, comme c'est hélas si souvent le cas, que choisira-t-elle de faire?
Ou bien elle choisira la voie difficile avec le risque de ne pas arriver à son objectif et de se frapper au plafond de verre, ou bien elle choisira la voie facile, comme souhaitait le faire Julie Couillard. Mme de Pompadour ou Mme de Montespan ne faisaient pas autre chose auprès de Louis XIV. Autres temps, autres moeurs? Vous allez avoir du mal à me convaincre. Je crois que les femmes qui n'ont aucun pouvoir essaieront toujours d'en obtenir un peu par n'importe quel moyen. Et le sexe, il faut bien l'admettre, les a toujours menées au pouvoir.
Julie Couillard pourrait bien faire tomber le gouvernement Harper, ce que toute l'opposition n'a pas réussi à faire jusqu'à maintenant...
On a préféré la tasser en faveur d'un homme plus jeune qui n'a, bien sûr, aucun des défauts précités et qui, malgré le fait qu'il soit sans expérience, est plus rassurant que la première. Il s'en est même trouvé pour dire qu'elle n'avait pas de coeur parce qu'elle a réussi à livrer son dernier discours sans pleurer et avec le sourire. Imaginez ce qu'on aurait dit si elle avait pleuré. Out Hillary!
On avait fait la même chose il y a peu de temps avec Ségolène Royal en France. On a dit d'elle qu'elle était trop ambitieuse, prétentieuse, trop maîtresse d'école. On a dit qu'elle n'avait pas de coeur parce qu'elle restait digne devant les attaques. Out Ségolène!
Pauline Marois a bien failli disparaître de la même façon. Ses foulards, qu'elle ne portait pourtant pas sur la tête, elle, sont devenus une véritable obsession. Une femme avec des foulards et des bijoux allait-elle pouvoir diriger le Québec? On y a pensé sérieusement. Elle avait, elle aussi, trop d'expérience, elle n'était pas née de la dernière pluie, on commençait à voir poindre quelques petites rides sur son visage et elle faisait «grande bourgeoise» un peu snob. On a préféré la tasser en faveur d'un homme plus jeune en qui on a vu l'espoir d'un avenir meilleur. Out Pauline!
Tasser les femmes, mode d'emploi
On le voit, l'exemple vient de haut. Bien sûr, Pauline Marois est revenue comme chef de son parti, mais la dernière étape qu'il lui faudra franchir avant de s'asseoir dans le fauteuil de première ministre sera des plus exigeantes et difficiles. Elle le sait. Les femmes se font des illusions en pensant qu'elles sont sur un pied d'égalité avec les hommes par rapport au pouvoir. Le plafond de verre existe toujours et selon les secteurs où on se trouve, il peut même être devenu de plus en plus épais. En politique, les exemples qui précèdent le montrent bien.
La politique n'est pas le seul domaine où le pouvoir échappe aux femmes. Radio-Canada a décidé, cette semaine, de tasser deux animatrices de l'information. Pascale Nadeau et Dominique Poirier voient leurs noms s'ajouter à la longue liste de celles qui ont été mises de côté par la digne Société au cours des ans, sans raison valable ou sans raison avouable. «Tasser de la fille» est un sport qu'on pratique beaucoup dans les milieux où la relève est plus jeune, plus blonde, plus sexy, parfois même moins coûteuse et auprès de laquelle on peut se donner des airs de Pygmalion averti en jouant les protecteurs des «petites nouvelles» à qui il faut tout apprendre. Quand on ne met pas les vieilles à la rue, on les pose sur une tablette comme des potiches, en espérant acheter la paix.
Les femmes se révoltent pendant quelques jours, puis le calme revient. La guerre ne dure jamais très longtemps parce qu'elle demande une telle énergie qu'on finit par abandonner. Jusqu'à ce qu'on se dise que de se faire tasser quand on est une fille, c'est normal. Et c'est là qu'est le danger.
Le pouvoir et le sexe
On a beaucoup parlé cette semaine de l'hypersexualisation des petites filles. Et les garçons, eux? Ces garçons qui passent des heures devant de la porno sur le Web et qui exigent que leurs petites amies de 10, 11 ou 12 ans se comportent comme ces filles qu'ils ont vues sur leur écran? Ils ne sont pas responsables, eux?
Que faut-il dire à ces jeunes garçons qui seront les pères, les maris et aussi les patrons de demain? On peut bien proposer aux filles des modèles qui ressemblent à Hillary Clinton, à Ségolène Royal ou à Pauline Marois, mais si elles constatent que leurs compagnons n'en ont que pour la pitoune, comme on l'a vu encore une fois au cours de la fin de semaine de la Formule 1, qu'est-ce qu'elles feront, les pauvres?
Quand une jeune femme, sollicitant un emploi, aura compris qu'elle est plus appréciée pour la taille de son soutien-gorge que pour la taille de son cerveau, comme c'est hélas si souvent le cas, que choisira-t-elle de faire?
Ou bien elle choisira la voie difficile avec le risque de ne pas arriver à son objectif et de se frapper au plafond de verre, ou bien elle choisira la voie facile, comme souhaitait le faire Julie Couillard. Mme de Pompadour ou Mme de Montespan ne faisaient pas autre chose auprès de Louis XIV. Autres temps, autres moeurs? Vous allez avoir du mal à me convaincre. Je crois que les femmes qui n'ont aucun pouvoir essaieront toujours d'en obtenir un peu par n'importe quel moyen. Et le sexe, il faut bien l'admettre, les a toujours menées au pouvoir.
Julie Couillard pourrait bien faire tomber le gouvernement Harper, ce que toute l'opposition n'a pas réussi à faire jusqu'à maintenant...
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