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Le plancher des vaches

Michel David   23 mai 2008  Québec
«Euuhh...» La première question a laissé Charles Taylor bouche bée. Que pensait-il de la célérité avec laquelle le gouvernement Charest avait déposé une motion pour réaffirmer que le crucifix devait rester cloué au mur de l'Assemblée nationale?

Du coup, le philosophe a compris que la politique venait de reprendre ses droits. Bienvenue sur le plancher des vaches! Le gouvernement allait agir sans tarder, avait promis le premier ministre. On ne l'a jamais vu s'exécuter aussi rapidement.

Même s'il a salué la qualité d'un rapport «très, très étoffé», la réaction de M. Charest atteste que lui-même juge un peu excessifs les compromis exigés des Québécois «d'ascendance canadienne française» pour assurer le succès de l'interculturalisme.

En conférence de presse, Gérard Bouchard s'est montré agacé de l'interprétation qui a été faite de son rapport sur la base des versions préliminaires qui ont fait l'objet de fuites dans les médias, mais la lecture de la version finale n'atténue pas vraiment l'impression d'un déséquilibre. Alors que le thème du malaise identitaire québécois revient continuellement, le peu qui est proposé pour y remédier étonne.

À partir du moment où les commissaires en étaient arrivés à la conclusion qu'il n'y avait pas vraiment de crise des accommodements raisonnables, il était logique que leurs recommandations soient empreintes de modération, mais M. Charest aurait manifestement préféré qu'on lui soumette quelque chose d'un peu plus concret. «Ce n'est pas un style auquel on est habitué, a-t-il commenté. Il y a beaucoup de pédagogie sur les concepts.» À ce prix, il s'attendait sans doute à plus, mais il devait savoir à qui il avait affaire.

***

Après des mois très difficiles, Mario Dumont semble revivre depuis le début de la semaine. La création de la commission Bouchard-Taylor avait réduit l'ADQ au silence sur le sujet qui avait permis son ascension fulgurante à l'hiver 2006-07. Elle peut maintenant reprendre là où elle avait laissé.

Dans le plus pur style adéquiste, Catherine Morissette, députée de Charlesbourg, s'est employée à vulgariser ce que M. Dumont entendait par la «culture normative». Hier, elle a demandé à Yolande James, ministre de l'Immigration et des Communautés culturelles, si la publication d'un calendrier multiconfessionnel, recommandée par la commission, signifierait la mise au rancart du sapin de Noël et du lapin de Pâques.

Quand Mme James a été nommée, plusieurs s'étaient demandé si M. Charest n'avait pas été un peu imprudent de confier un dossier aussi délicat à une novice. Déjà indifférent au sort du lapin de Pâques, Jean-Marc Fournier, leader parlementaire du gouvernement, n'était pas plus intéressé à savoir si sa collègue laisserait les enseignantes porter le voile en classe. Craignant sa réponse, peu importe laquelle, M. Fournier s'est empressé de faire diversion. La fin de session à l'Assemblée nationale s'annonce assez divertissante.

Déjà, M. Dumont a dû sourire intérieurement en entendant le premier ministre annoncer que les nouveaux arrivants seront désormais invités à signer une déclaration par laquelle ils s'engageront à respecter les valeurs québécoises. Les temps changent. Quand l'ADQ avait proposé un «contrat social» de ce genre en 1994, tout le monde avait pouffé de rire. Il est vrai que le contrat adéquiste prévoyait une clause de remboursement des sommes investies dans son intégration si le signataire ne remplissait pas ses obligations.

***

Pour mieux établir l'interculturalisme comme modèle, le rapport Bouchard-Taylor recommande l'adoption d'une loi ou d'un énoncé de principe qui comporterait des consultations publiques et un vote à l'Assemblée nationale. Pour un gouvernement minoritaire, un exercice comme celui-là serait pour le moins risqué.

Même si elle a salué l'adhésion du premier ministre aux principes de la primauté du français, de l'égalité hommes-femmes et de la laïcité de l'État, Pauline Marois n'a pas été plus impressionnée que Mario Dumont par les timides mesures qu'il a annoncées hier.

S'il n'a aucune intention de s'embarquer dans la rédaction d'une constitution, M. Charest n'a certainement pas plus envie de laisser les partis d'opposition lui imposer les dispositions d'une loi sur l'interculturalisme.

Quoi d'autre? Un livre blanc sur la laïcité? Pourquoi diable un gouvernement dont le mot d'ordre est de ne pas faire de vagues voudrait-il se lancer dans un débat sur les écoles ethno-confessionnelles? M. Charest a déjà eu sa leçon avec les écoles juives. Sur le plancher des vaches, on attend que les problèmes surviennent avant de les régler. Il est déjà assez difficile de ne pas en créer. Au bout du compte, que restera-t-il de ce rapport?

***

mdavid@ledevoir.com






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Vos réactions

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  • Loïc Roussel
    Inscrit
    vendredi 23 mai 2008 05h13
    qui tient maison...
    « comme le disait le citoyen, un peu de prévoyance ça se vaut bien.

    on s'étonne, déjà, que le livre soit appelé à connaître un succès, sinon commercial, du moins populaire. Voilà. »

  • Georges Paquet
    Abonné
    vendredi 23 mai 2008 06h41
    Que restera-t-il de ce rapport ?
    « À mon avis, il restera quelquechose de positif de ce rapport si les journalistes, chroniqueurs et analystes, souvent auto-proclamés, cessent de faire des manchettes avec des évènements qui n'ont pas d'imporance et cessent de donner une portée nationale et universelle aux propos du premier venu qui s'exprime ou s'exclame sur un phénomène que bien souvent il ne comprend pas.

    Ce sont les quotidiens, la radio et les chaînes de télévision qui ont fait de l'incident sans importance de la Cabane à sucre, un incident majeur dans lequel des citoyens, qui se sont crus bien informés, ont vu un début de crise social. Et cela a forcé d'éminents spécialistes et de nombreus analystes à prendre un temps précieux à scruter un incident sans importance.

    Tous les journalistes doivent cesser de donner des dimensions hors-norme à des évènements qui n'ont pas d'importance uniquement pour se rendre intéressants et pour faire vendre leurs papiers ou leurs émissions quotidiennes. La profession de journaliste, comme les autres, devrait s'auto-discipliner et laisser voir aux citoyens que la rigueur est toujours de mise et que l'on surveille ou que l'on réprimande ceux ou celles qui souffrent à un haut degré de d'un "dérèglement de la perception". La Commision Bouchard-Taylor a bien souligné que ce phénomène avait été à l'origine d'une apparence de problème qui aura mené à la création de leur Commission.

    Des publications comme Allo-Police ont disparu parce que nos quotidiens et les chaînes d'information continue ont pris toute la place dans le reportage sur des incidents qui nourissaient Allo-Police et les autres. Il ne faudrait pas que les media, autrefois sérieux, prennent aussi toute la place de la presse à potins. »

  • Pierre Samuel
    Abonné
    vendredi 23 mai 2008 07h13
    L'ère des "gouvernements-pompiers"...
    « Vous répondez vous-même à la question en mentionnant que "l'on attend que les problèmes surviennent avant de les régler." A l'ère de nos braves "gouvernements-pompiers", gestionnaires à la "petite semaine", on ne peut attendre de cette commission plus que ce que la majorité des précédentes nous ont donné: un beau feu de paille au coût de cinq millions de dollars où personne ne se mouille! Une vraie aubaine, n'est-ce pas? »

  • jacques noel
    Inscrit
    vendredi 23 mai 2008 07h29
    des profes voilées!!!!
    « Je me souviens très bien de l'année internationale de la femme en 1975. A l'université, toutes les filles étaient féministes. De penser que 33 ans plus tard, on va se retrouver dans les écoles du Québec avec des femmes voilées me glace le sang! »

  • Jean Santerre
    Inscrit
    vendredi 23 mai 2008 07h32
    Un chat est un chat
    « Qu'est-ce qu'on s'amuse!
    Quand on refuse de nommer les choses par leur nom, il est normal que l'on ne sache pas de qui ou de quoi on parle.
    Un problème de malaise identitaire Québécois est soulevé ad nauséam, mais on demande que l'on respecte les valeurs québécoises!!!! Lesquelles s.v.p. ? Pour une fois notre "jovialiste" Premier ministre semblait fadasse. Normal qu'après avoir vécu l'histoire réinventée du Canada dernièrement, il ait quelques difficulté à démêlé le vrai du faux et à comprendre qui nous sommes vraiment.
    Le saurait-il qu'il n'en ferait d'ailleur jamais mention.
    Le crucifix est la diversion de salut.
    Quel clown! »

  • Gilles Bousquet
    Inscrite
    vendredi 23 mai 2008 08h06
    On n'a qu'à faire pareil !
    « Le Québec vient de régler un problème qui n'existait pas selon les commissaires.

    On va continuer à manger kasher et bientôt. halal dans l'interculture. Si on veut les égaliser, on pourrait sortir, comme majorité catholique québécoise, les produits certifiés cathos "cuits au vrai bois d'érable" : Les oreilles de christ cathos; le jambon fumé cathos; le pâté chinois cathos; la tarte à la farlouche cathos; les pets de soeurs cathos; le papier de toilette cathos etc...sky is the limit comme le casher.

    On fait parvenir les profits en France pour les aider à se protéger de l'anglicisation et un peu au Vatican pour évangéliser les mécréants. Amen. »

  • Jacques Gagnon
    Abonné
    vendredi 23 mai 2008 08h30
    Pas le plancher des vaches mais le mur du silence
    « Vous laissez libre cours au cynisme ce matin M. David et je vous pardonne car vous avez raison.

    Messieurs Bouchard et Taylor ont sans doute réalisé une étude formidable, mais cela demeure une étude qui devrait être mise au rang de biens d'autres passées et à venir.

    On décortique les problèmes et les situations comme des scientifiques. On établit des équations pour faire des approximations et essayer de représenter la réalité. Mais parfois elle est toute autre.

    Quand M. Bouchard dit que les individus ont liberté de conscience et que l'on doive laisser s'exprimer leurs croyances et que l'état doive afficher la neutralité, il prend un raccourci.

    Les québécois dits de souche n'affichent plus leurs symboles religieux et il en prend pour exemple les religieuses et les prêtres qui de leur propre choix ne portent plus de costume distinctif.

    Comme il aime nous le rappeler en bon prof qu'il est, la situation n'est peut-être pas si simple. Ce n'est pas parce que le libre choix existe et que la Charte des droits et libertés existe que les «souches» acceptent de l'exercer.

    C'est une question d'affichage de ses symboles que ces «souches» ne veulent pas. Les curés et les soeurs ont choisi eux d'intégrer la société civile pour s'en rapprocher, sachant fort bien qu'aujourd'hui les symboles religieux rebutent les québécois, pas plus ceux des musulmans que ceux des juifs ou les leurs.

    Non les choses ne sont pas si simples messieurs et s'il y a une essence à extraire de vos écrits, c'est bien celle-là. »

  • Max Roujeon
    Abonné
    vendredi 23 mai 2008 08h55
    Globalement, Québécois(es) adaptons nous!
    « Les québécois doivent s'adapter et non pas l'inverse.
    Seule timide tentative, la déclaration que les nouveaux arrivants devront signer :
    «...par laquelle ils s'engageront à respecter les valeurs québécoises.»
    Je peux respecter l'opinion de quelqu'un sans pour autant la partager, c'est bien connu.
    Donc, nous sommes en train de dire, «s'il vous plait engagez-vous à nous laisser vivre selon nos valeurs». ( ???)
    On est loin des solutions d'harmonisation recherchées, le fossé est là et il y restera...dans le respect?
    Le rapport préconise la technique du cas par cas «au cas où». Et moi qui croyais que tout était parti de là et qu'il fallait solutionner l'intégration afin de ne plus recourir au cas par cas.
    Sinon...pourquoi tout ça? »

  • Roger Dion
    Abonné
    vendredi 23 mai 2008 09h49
    CHAREST veut politiser ce rapport pour lui, et non pour la population
    « Nous voyons tous, que CHAREST veut récupérer cette chose pour lui, avec l annonce dans tous les journaux de ce matin, /a quel prix avec nos taxes/, pour se faire encore du capital politique.
    Lorsque un premier ministre, fait une motion sans préavis en chambre, / SUR LE CRUSIFI/ avant que le rapport soit sorti OFFICILEMENT nous voyons tous que CHAREST veut politiser cette chose pour lui.
    ROGER MONTREAL »

  • Lorraine Dubé
    Abonnée
    vendredi 23 mai 2008 10h13
    Assez de compromis!!!
    « Il n'y a qu'au Québec qu'on demande à la société d'accueil de faire autant de compromis. Ailleurs, les gens se doivent de s'adapter et s'intégrer.
    Il fallait un rapport pour constater que de glorifier le multiculturalisme va à l'encontre de notre spécificité. Quand un gouvernement manque de courage et n'ose bousculer son électorat, il délègue et met en place des commissions qui ne nous apprennnent rien de nouveau. ( à nos frais ) »

  • Roger Kemp
    Inscrit
    vendredi 23 mai 2008 10h15
    Sauver la chèvre et le chou.
    « Fallait-il s'attendre à autre chose de ce que nous avons eu comme rapport? Le problème reste toujours entier et on refuse toujours de voir ce qui est clairement visible. Ce qu'il faut retenir de ce rapport c'est que selon nos chercheurs commissaires il y a eu certains abus dans certains acommodements mais faut pas s'en faire plus qu'il ne le faut et qu'il n'y a surtout pas de crise. Jouer à l'autruche c'est comme cà que je voudrais le faire. Le véritable problème c'est que nous n'avons pas su mettre nos culottes face à l'immigration. Ce n'est pas que je suis contre, au contraire, mais je soutiens qu'un immigrant qui arrive dans une terre qui veut bien l'accueillir doit se plier aux us et coutumes et lois de cette terre d'acceuil. Un reportage du Téléjournal de Radio-Canada a très bien résumé le malaise de l'identité québécoise par les propos que la dame immigrante (en provenance de l'Inde) exprimait clairement à savoir: que les immigrants doivent à tout prix; cela veut dire apprendre la langue, accepter nos lois telles qu'elles sont, faire les efforts pour s'intégrer à sa nouvelle société (au Québec cette société est francophone). En ce sens une charte des droits québécois est absolument nécessaire. Cette charte permettra de nous définir comme nation distincte et saugerdera nos acquis (langue, patrimoine etc.)Comme exprimé dans un autre de vos commentaires, nous avons dépensé 5 millions pour réfléchir. Avions-nous besoin de le faire? Arrêtons de vouloir sauver la chèvre et le chou. »

  • Eric Barnabé
    Inscrit
    vendredi 23 mai 2008 10h26
    Au moins ont en parle
    « Depuis plus de 300 ans que nous côtoyons des anglophones et que nous ne leur parlons pas, les immigrants nous poussent dans nos derniers retranchement. Le débat sur les accommodements raisonnable nous aura au moins permis d'en parler, même si on y tient pas du tout. La preuve, lorsque Mario Dumont a TENTE de mettre le sujet sur le tapis lors des dernières élections partielles, il a dû défendre son droit de simplement lancé le débat.

    Je me dois d'être en accord avec les commissaires Bouchard et Taylor lorsqu'ils disent que c'est nous qui avons un problème. Bien des faux débats ont été lancé qui nous semble relié aux accommodements raisonnable. Par exemple, le fait de manger du jambon dans les écoles et les garderies. J'ai livré des repas dans des garderies et des écoles pour un traiteur de Québec et il a TOUJOURS eu un second choix pour des raisons d'allergies ou d'intolérance à certains alliments. Dans le cas de la cabane à sucre, selon moi il s'agit de 2 contrat de service différent liant l'opérateur de la cabane à sucre. Est-ce un accommodement raisonnable ou un non respect d'un des contrats. Il y a environ 10 ans, Mario Pelchat a décidé de se marié sur le bateau Louis-Joliette le 1 juillet.
    Une autre réservation était déja payée et à 10 jours de préavis, ils ont été remboursés et leur noce était annulée. Ils ont dû trouvé une autre salle pour le 1er juillet à 10 jour de préacis. Pourtant, je n'ai pas entendu parlé d'accommodements raisonnable dans ce cas.

    Bien des accommodements raisonnables l'ont été par des organismes qui ont voulues accommoder une clientèle ou des voisins de bonne foi. En fait, ce qui a fait déraper le débat, c'est le manque de respect des autres. Un tenancier de cabane à sucre qui tasse un client pour un autre, ça insulte autant qu'un juif hassidim qui construit un abri sur le balcon de son condo en ne respectant pas les lois municipales.

    Lors de l'arrestation de la bande de jeunes arabes de Toronto qui voulaient faire sauté le parlement d'Ottawa, un imam a lu une charia qui démontrait que leur chef spirituel leur donnait l'ordre de respecter les lois du pays d'accueil.

    Le problème n'est pas la religion, mais l'homme et la femme qui, pour le respect de ses droits s'impose aux autres en prenant toutes les permissions. Toutefois, il me semble que depuis le début de leur consultation, l'impact médiatique des accommodements accordés a beaucoup moins d'impact sur les québécois. Est-ce que ce débat nous proposera des balises sur ce qui est acceptable ou non ?

    Eric Barnabé »

  • Zach Gebello
    Inscrit
    vendredi 23 mai 2008 10h30
    Un rapport par deux autruches ?
    « Difficile de dire avec certitude si ces deux fonctionnaires en nuages ont écrit ce rapport en toute connaissance de cause ou s'ils ne sont que deux ignorants complètement naïfs. Donnons-leur alors le bénéfice du doute que ce rapport juvénile sur le plan de la réalité est dû à leur incompétence et sûrement beaucoup de pression directionnelle par le pouvoir.

    Il faut ne pas sortir souvent de sa tour d'ivoire pour ne pas savoir encore, en 2008, que les médias sont en concurrence pour des raisons purement économiques et qu'ils ne sont pas là pour "éduquer". Nos deux autruches ont glissé le mot "mondialisation" une ou deux fois dans leur rapport pour faire "in", mais on comprend qu'ils n'ont pas la moindre idée de ce que cela veut dire, de là l'énormité de leur proposition infantile de faire du Québec une société "interculturelle" dans laquelle tous les groupes se partageraient l'information et la "culture" ! Imaginons des rencontres "d'ouverture" avec les stratégistes des campagnes de Coca Cola et de Pepsi, ou Conservateurs et Libéraux !

    Le rapport absolument enfantin de Bouchard et Taylor est une incapacité intellectuelle de voir que la mondialisation fait que tous les groupes se positionnent internationale-ment dans toutes les structures sociales et politiques, faisant fi des frontières, afin de compétitionner sur toutes les ressources, intellectuelles ou physiques. Que ce soit les partis politiques, les réseaux économiques ethnoculturels, les groupes médias, les syndicats et même les églises et religions qui investissent en bourse !

    Le rapport semble être ignorant de la concurrence politique et économique qui est au coeur de cette crise au sein du groupe majoritaire ethnoculturel Québécois et dont on l'exclue de son droit légitime de participer. L'interculturalisme proposé dans ce rapport est carrément mis sur les épaules de ce groupe dont on demande de se trahir lui-même.

    Pourtant, ces deux commissaires sont eux-mêmes un symbole de la concurrence des groupes. Taylor qui reçoit 2 millions du sient et Bouchard rien de plus. Quand-même stupéfiant de les entendre sermonner les médias sur le rôle soi-disant éducatif qu'ils devraient avoir, lorsqu'eux-mêmes sont à la tête des écoles et Universités ! S'il y en a qui n'ont pas fait leur boulot !

    Ce rapport, produit consciemment ou pas, est un plan d'exclusion du groupe minoritaire canadien mais majoritaire québécois de la concurrence économique sur son propre territoire. Le premier geste de Charest de refuser de décrocher le crucifix du mur de l'Assemblée Nationale ne pouvait pas être plus grande confirmation de celà. Voilà où le "logo" identitaire des Canadiens français doit rester, c'est-à-dire à la tête de l'État sans pouvoir d'une province assujettie au vrai pouvoir à Ottawa qui n'est rien d'autre que le réseau ethnoculturel économique de l'Anglais.

    Au minimum, le peuple Québécois devrait exiger un remboursement pour ce "rapport". »

  • Rémi Houle
    Inscrit
    vendredi 23 mai 2008 10h39
    Gaspiller 5 millions $
    « Il semble que nous avons de l'argent a gaspiller.

    Ces 2 énergumènes qui ont rédigé ce rapport insipide devraient rembourser les montants qu'ils ont reçu. S'ils avaient élaboré les grandes lignes d'une constitution québecoise, cela aurait été un début. A croire qu'ils travaillaient pour le conseil islamique canadien.

    Ils ont complètement ignoré le terrorisme islamique et les buts avoués de radicalistes islamiques dont nous avons un grand nombre sur notre territoire. C'est comme si on donnait notre pays aux étrangers. On l'a déja donné aux anglais une fois en 1763. Maintenant, on veut le donner aux immigrants.

    Bientôt, il faudra enlever toutes les croix, même dans les cimetières. Il faudra abolir Noel, Paques, faire des plages séparées pour les hommes et les femmes, laisser les islamistes tuer leurs filles si ça leur chante.

    Si Charest avait un peu de courage, il désavouerait simplement ce rapport comme beaucoup le feront. Dans le fonds, c'est une supercherie politique hypocrite pour tenter, non de résoudre, mais de cacher le problème sous le tapis.

    A titre d'exemple, avez-vous remarqué qu'ils encouragent les enfants de fanatiques a porter un poignard a l'école? Et a enlever le crucifix de l'Assemblée Nationale. Ces 2 crétins de haut niveau doivent avoir complètement abandonné la foi chrétienne et s'en vanter. Quand ils quitteront cette terre, ils auront des comptes a rendre a Celui qui a tout créé, inclus ces 2 crétins. »

  • Max Roujeon
    Abonné
    vendredi 23 mai 2008 10h56
    M. Paquet vous n'avez certes pas tort, mais, avez-vous raison?
    « L'incident de la cabane en est un mais il n'y a pas de fumée sans feu dit-on.
    Et le hot dog que le bébé musulman a mangé en garderie et qui nous à coûté 50 000$. C'est quoi?
    Je vois une malveillance, ne vous en déplaise, dans ces gestes isolés, et de dangereux précédents.
    Pour ces cas isolés, les conseils musulmans devraient intervenir et ne pas nous laisser nous dépatouiller avec, car la peur de paraître raciste nous fait perdre le sens des réalités et concéder n'importe quoi. C'est là que tout dérape. »

  • Max Roujeon
    Abonné
    vendredi 23 mai 2008 11h07
    Monsieur Houle, merci!
    « Ça fait du bien de vous lire. »

  • Valdor Lagacé-Gallant
    Inscrit
    vendredi 23 mai 2008 11h29
    Le voile qui nous voilait...
    « Nous en sommes là !

    Il nous reste qu'à déchirer ce voile qui nous voilait. Invisible mais présent.

    Un rat dans sa cage qui voit un rai de lumière sait très bien comment il s'en sortira.

    Il ne faut pas s'attendre à recevoir du bien de nos dirigeants, il faut aller le chercher.

    Les sages à voilette préfèrent l'ombre à la lumière. Aveugles qui mènent les aveugles.

    Libérons-nous !

    Valdor Lagacé »

  • Monique Joyal-Painchaud
    Inscrite
    vendredi 23 mai 2008 12h54
    Le crucifix, on en est gêné? Ce n'est pas seulement un patrimoine.
    « À voir interpellée une dame qui faisait valoir ses opinions devant la Commission Bouchard Taylor, j'aurais pu prédire de la couleur et de l'étoffe du rapport.

    Ils nous ont simplement ignoré, bafoué. Je n'ai pas la culture de victimisation, mais être réduit à néant arrive quelquefois. Malheureusement, ce cirque s'est fait contre nous. On a ignoré tous les efforts considérables que nous faisons pour les immigrants. Il ne suffit pas de peser sur un bouton pour que l'intégration se fasse. C'est de longue haleine, et on ne peut pas donner notre place en toute discrimination positive pour faire plaisir à qui que ce soit. On nous demande d'enlever le crucifix au parlement, mais d'accepter les femmes voilées, esclaves d'hommes infâmes comme expression religieuse. C'est comme accepter un crime en tant qu'expression d'émotions. Le jugement de ces petits messieurs assez macho est réduit au maximum.

    La réflexion que nous faisions sur ces situations était juste et sereine, même si elle ne faisait pas l'affaire de certains immigrants. Il y a de l'aide à apporter à leur intégration, mais ces gens doivent demeurer polis. Il y a des zones sensibles à ne pas forcer chez nous.

    Nous avons des choses très dures à dire à ces messieurs Bouchard et Taylor, comme "tablettes". Doit-on fabriquer ces tablettes pour chacun d'eux ou les mettre tous les deux sur la même tablette? »

  • Nicolas Lepage-Dussault
    Abonné
    vendredi 23 mai 2008 13h28
    Réponse à Houle
    « C'est justement des arguments comme M. Houle que la commission attaque, des jugements un peu hautains, mais surtout, irréfléchis. Toujours ces mêmes qui retournent à l'argument économique, argument réducteur, mais essentiel également dans une perspective précise. Mais elle n'est pas nécessaire dans ce dossier. C'est un dossier délibéré sur la question nationale de l'intégration et de l'acceptation des autres cultures. »

  • Jacques Pelletier
    Abonné
    vendredi 23 mai 2008 15h31
    Un rapport deux autruches
    « CQFD...MILLE MERCI Zach Gebello »

  • Raymond Saint-Arnaud
    Abonné
    vendredi 23 mai 2008 18h42
    Le doigt dans l'engrenage
    « En ce qui concerne les accommodements raisonnables, ce que la population a craint, c'est l'effet boule de neige dans les demandes d'accommodement, à savoir où cela s'arrêterait-il. Quand il y a un doigt dans l'engrenage, le bras et et le reste peuvent y passer. Perception ou pas, quoi qu'en pensent MM Bouchard et Taylor.

    Un grand principe que tout citoyen actuel et futur doit connaître: « Immigrer dans un pays est un privilège, pas un droit. » Et ce privilège doit se mériter.

    Dans le cas du Québec, ce privilège se mérite par l'engagement de la part de l'immigrant d'apprendre la langue officielle qui est le français s'il ne la connaît pas suffisamment. Et la citoyenneté québécoise ne devrait être accordée qu'aux immmigrants qui connaissent suffisamment la langue française, politique analogue à celle qui est appliquée dans de nombreux pays.

    Ce privilège implique aussi que c'est à l'immigrant qu'il appartient de faire l'effort de s'intégrer à la majorité francophone et de respecter et de s'adapter à notre mode de vie et à nos coutumes. Malgré ce que certains peuvent dire, les Québécois ont été très accueillants, même trop accueillants diront d'autres. Mais notre bonasserie commence à nous jouer de vilains tours, la moitié des immigrants s'intégrant plutôt à la minorité anglophone.

    L'insistance de groupes communautaristes qui veulent continuer à vivre comme dans leur pays d'origine et qui ont de la difficulté à accepter une meilleure intégration nous montre que l'inquiétude de la majorité francophone du Québec est fondée, quoi qu'en disent MM Bouchard et Taylor. Il est normal que cette majorité francophone veuille garder son identité : c'est-à-dire demeurer un pays francophone, laic, de culture (mais non de religion) chrétienne. C'est aussi la situation dans plusieurs pays, pourtant beaucoup moins vulnérables que le Québec, où l'on sent une inquiétude face à la dilution de l'identité nationale suite à l'afflux d'immigrants plus ou moins intégrés. Ainsi, au Canada anglais on commence à insister plus sur l'identité canadienne que sur le multiculturalisme (triste héritage de Pierre Trudeau). Au Québec en particulier, îlot francophone dans une mer anglophone, il faudrait mettre plus d'accent sur l'identité québécoise et sur l'intégration des immigrants que sur les communautés culturelles. Il est grand temps de revoir l'à-propos des politiques de multiculturalisme et de communautés culturelles.

    Il faudrait d'abord cesser d'utiliser l'expression boiteuse de « Communautés culturelles » pour qualifier les néo-Québécois. Les Québécois de souche (et ça existe des gens qui vivent ici sur les mêmes terres depuis plus de 300 ans, on peut difficilement être plus de souche que cela, que cela plaise ou non à certains), ont aussi une culture propre, sont aussi une communauté culturelle, sont ici en majorité, mais ils sont exclus des « Communautés culturelles »! Quel non-sens! Alors, parlons-donc clairement, sans langue de bois, et appelons les immigrants des néo-Québécois, tout simplement. Il n'y a rien de repréhensible dans le terme néo-Québécois, au contraire, il montre la volonté d'accueil du peuple québécois vis-à-vis des nouveaux arrivants, les invitant à devenir à court terme des Québécois à part entière une fois leur citoyenneté québécoise acquise.

    Le terme de « Communautés culturelles » va dans le sens de la ghettoisation des nouveaux venus et même de leurs descendants nés ici. Pourquoi les immigrants venant du pays XYZ devraient-ils se référer ou être référés comme faisant partie de la communauté culturelle XYZaine? Dans un de ses ouvrages, l'écrivain Neil Bissoondath, lui-même immigrant au Québec, s'est insurgé contre le multiculturalisme à la canadienne qui fait ressortir les différences plutôt que les ressemblances entre les divers groupes ethniques du pays. Il a bien montré que les politiques canadiennes en matière de multiculturalisme, bien que naivement conçues au départ dans un but bien intentionné, n'ont fait qu'accentuer l'isolement des groupes culturels et propager les clichés à leur sujet.

    Raymond Saint-Arnaud »

  • Michelle Bergeron
    Abonné
    vendredi 23 mai 2008 23h59
    Premier ministre voilé....
    « Il ne pourra avoir le beurre et l'argent du beurre il faudra bien qu'il enlève sa burka. On est au Québec M. Charest ici le multiculturalisme on laisse ça aux autres. Les tapis rouges c'est assez. »

  • Jean Leroux
    Inscrit
    samedi 24 mai 2008 08h44
    Doigt dans l'engrenage ou ... dans l'oeil
    « À lire toutes ces réactions, on se croirait dans un monde surréel. Tellement de distortions, de propagande à rendre malade. On parle du pays - comme si c'était déjà fait... On parle du Canada comme échec - vous êtes bien les seuls au monde à dire cela. On parle d'échec du multiculturalisme ailleurs - mais ou diable sont ces graves problèmes sinon surtout à l'intérieur des frontières provinciales du Québec. On parle des immigrants comme étant les "autres" - une espèce quelconque venant de l'espace qui vient déranger le Québec. À lire tout cela, les séparatistes du Québec sont en train de faire la preuve - sans le réaliser - que la séparation serait très, très dangereuse pour toute personne qui n'est pas "blanche, de souche, parlant le français depuis toujours à la Tremblay". Parce qu'il faut le dire, il s'agit de bien plus que la langue... sinon, les maghrébiens professionnels qui sont venus au Canada, au Québec, auraient un emploi parce que, plus souvent qu'autrement ils ont la peau "presque blanche" et ils parlent mieux le français que nous!! Est-ce que plusieurs au Québec ne seraient pas aveuglés par l'idéologie nationaliste et ... n'auraient-il pas plutôt le doigt dans l'oeil? »

  • Michel Thibault
    Abonné
    mardi 27 mai 2008 09h57
    Récupération politique
    « Le rapport Boucherd-Taylor n'était pas encore sorti que le premier ministre avait probablement déjà fait son lit. Sa position sur le crucifix de l'assemblée nationale en témoigne. La récupération politique a vite prévalu »

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