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Immigration: et si la solution passait par les villes?

Isabelle Porter   23 mai 2008  Québec
De jeunes Québécois d’origines diverses qui jouent au ballon ensemble: une image qui serait un meilleur reflet des relations interculturelles au Québec que celui présenté par les médias.
Photo : Annik MH De Carufel
De jeunes Québécois d’origines diverses qui jouent au ballon ensemble: une image qui serait un meilleur reflet des relations interculturelles au Québec que celui présenté par les médias.
Québec — Confrontées à d'urgents besoins de main-d'oeuvre, les villes cherchent à prendre des initiatives dans le dossier de l'immigration. Des efforts encouragés par Gérard Bouchard et Charles Taylor dans leur rapport. La question est maintenant de savoir si cela fonctionne.

MM. Bouchard et Taylor se demandent si les régions et villes ne pourraient pas en faire davantage. «Est-il irréaliste de penser que le ministère [...] pourrait, dans un esprit de décentralisation, déléguer davantage de responsabilités à des instances régionales?», écrivent-ils. «Il en résulterait une plus grande motivation dans les régions pour accueillir les immigrants.»

Le hasard faisant bien les choses, cet enjeu était justement discuté hier lors des Rencontres Champlain-Montaigne de l'Université Laval en présence d'experts français et québécois. Lors des échanges, le maire de Bordeaux, Alain Juppé, a déclaré que le recours aux villes pourrait contribuer «à faire reculer l'idéologie et à faire triompher un peu plus le pragmatisme» en ces matières.

Pour le politologue Christian Poirier, qui prononçait hier une allocution à l'Université Laval, il s'agit d'une avenue très prometteuse. «Je suis extrêmement optimiste par rapport au développement de ce nouveau modèle», a déclaré le professeur, qui a agi comme consultant à la Ville de Gatineau, où on vient de se doter d'une nouvelle «Politique de gestion de la diversité culturelle».

Après Montréal, Gatineau est le plus grand pôle d'immigration au Québec et le taux de rétention des immigrants y atteint les 94 %, souligne-t-il. «Ils ont voulu anticiper certains problèmes qui pourraient surgir. Le débat sur les accommodements raisonnables est apparu et ils voulaient ne plus être en mode réaction [...] On veut mettre en contact les immigrants avec les structures d'accueil, les intégrer dans le système... »

Voilà de belles intentions qui laissent le milieu communautaire perplexe dans la mesure où les villes et les régions n'ont pas de pouvoirs en tant que tels en matière d'immigration. «Le gouvernement fait des efforts pour décentraliser depuis trois ou quatre ans à travers des ententes avec les régions, mais ça reste assez faible, constate Stephan Reichhold, de la Table de concertation des organismes au service des personnes réfugiées et immigrantes (TCRI). On se demande si l'objectif ne vise pas tout simplement à refiler la facture aux instances régionales.»

Certains craignent en outre que l'arrivée de nouveaux acteurs dans le dossier ne rende tout cela plus compliqué. «Avec l'entrée récente des villes et pouvoirs locaux, est-ce qu'on n'est pas en train de devenir encore un peu plus confus?», demandait la directrice de la CRE de Québec, Josée Tremblay, hier.

À Québec, où le taux de chômage est très bas mais les immigrants peu nombreux, le sujet suscite énormément d'intérêt. Si la politique du maire Régis Labeaume se fait toujours attendre, la Conférence régionale des élus (CRE) est plus avancée. Au terme d'un examen approfondi, l'organisme, qui couvre un territoire s'étirant de Portneuf à La Malbaie, en a conclu qu'il fallait surtout soutenir les services qui existent déjà à l'échelle locale. «Nous avons compris que l'intégration passe d'abord par le local, qui vise à élaborer des stratégies précises», a expliqué Mme Tremblay lors du colloque, en précisant que la CRE avait décidé avant tout de «miser sur l'expérience du milieu communautaire».

Forts de cette expérience, les principaux intéressés répondent qu'on ne récolte rien sans efforts soutenus. «Pour offrir des services d'immigration en région, ça coûte beaucoup plus cher parce que c'est à une plus petite échelle, souligne Stephan Reichhold. C'est un choix de société: est-ce qu'on est prêt à investir ou on préfère donner un peu d'argent et laisser les gens se débrouiller?»
 
 
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  • Renaud Blais - Inscrit
    23 mai 2008 10 h 36
    Québec une région Capitale
    Il y a bien des points sur lesquels je vais revenir.
    1- Québec est la plus vielle ville en Amérique du nord pour sa tradition d'accueil des immigrants, et des visiteurs. Les groupes d'accueil y sont TRÈS BIEN implantés, compétents et expérimentés.
    2- Il y a énormément plus d'immigrantEs à Québec que tous les commentateurs et les statistiques le laissent voir. Les statistiques sont très trompeurs pour une série de raisons dont la plus importante est la suivante. Beaucoup d'immigrants arrivent ici en jeunes couple. Dès leur arrivée, ils font des enfants, qui étant nés ici, sont automatiquement considérés comme des Québécois (ou Canadiens) mais leur univers culturel (au moins à la maison) est très proche de celui de leur parents. Il serait abusif d'en déduire que je suis fermé à l'idée que nos nouveaux venus puissent être considérés comme des citoyens en processus d'enracinement.
    3- Pour ce qui est de la possibilité de régionaliser les moyens de faciliter le processus d'intégration, il serait hasardeux d'en confier la responsabilité à nos villes surtout quand les maires (comme M. Labeaume) ne sont sensible qu'au point de vue de leurs amis "pauvres entrepreneurs". Alors que ce serait encore des fonds publics qui serviraient à compenser l'absense de sensibilité des entrepreneurs à la réalité particulière des nouveaux arrivants.
    Renaud Blais
    Candidat à la maîtrise en histoire
    de l'Amérique française
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  • Valdor Lagacé-Gallant - Inscrit
    23 mai 2008 10 h 38
    Allez-les chercher directement.
    Il y a 60,000 immigrants sur l'aide sociale. Ne cherchez pas plus longtemps. Ils sont là vos employés. Formez-les !

    ALLEZ LES CHERCHER. SORTEZ-LES DE LÀ.



    Et surtout, cessez de parler, de discuter, de placoter, de vous réunir, de causer, de vous téléphoner, de vous faire des signes, de vous bourrer la face à nos frais.

    Passez à l'action, si vous savez ce que cela veut dire.

    Valdor Lagacé
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  •  
  • Odile René - Inscrite
    26 mai 2008 09 h 28
    Régionalisons!
    Les régions sont de plus en plus dynamique économiquement. Les jeunes tente de revenir en région, les immigrants aimeraient venir s'y installer... le problème est l'accompagnement et, bien sur, l'ouverture des entreprises. Trouver un emploi, déménager, inscrire les enfants à la garderie dans une région qui nous est inconnu est un très grand défi pour un immigrant. Il doit y avoir un service d'accueil et d'accompagnement. Il doit y avoir une aide pour ses personnes, une concertation du milieu, une volonté politique local et régionale pour que la régionalisation fonctionne bien! La difficulté est encore plus présente lorsque vient le moment de recherche un emploi en région. Les demandent sont là, la main d'oeuvre est manquante mais, les immigrants ne sont pas embauchés!!!!! Y'a certaines questions à se poser. Nos région sont-elles prêtent à accueillir ces immigrants? Personnellement, en 2008, je pense qu'il serait plus temps. Réveillons-nous et profitons du savoir et avantage que les immigrants peuvent apporter dans nos régions. Nous en sortirons gagnant!
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