Le Québec avait-il besoin d'une thérapie collective? demande la CSQ
Le tant attendu rapport de la commission Bouchard-Taylor a suscité des réactions mitigées hier de la part des grandes centrales syndicales, les questions de la langue, de l'égalité entre hommes et femmes ainsi que de la laïcité de l'État québécois étant les plus sujettes à débats.
La critique la plus dure est venue de la Centrale des syndicats du Québec (CSQ), qui a carrément remis en question l'utilité d'un tel exercice. «Qu'est-ce que le rapport apporte de plus qui n'avait pas été constaté depuis les deux dernières années par les commissions parlementaires sur les niveaux d'immigration ou les consultations gouvernementales sur le racisme, l'égalité entre les femmes et les hommes, et la diversité ethnoculturelle?, a ainsi demandé son président, Réjean Parent. Fallait-il réellement se payer une thérapie collective de cinq millions de dollars pour en arriver à ce résultat?»
Qui plus est, M. Parent s'est dit étonné de ne pas retrouver de recommandations précises en ce qui a trait à de possibles «balises qui permettraient d'encadrer les pratiques d'accommodements. C'était pourtant un des axes majeurs du mandat de la commission». M. Parent a cependant salué les éléments du rapport qui ont trait à l'égalité entre les femmes et les hommes, ainsi que l'appui au cours d'éthique et de culture religieuse. De plus, il estime que Québec devrait réfléchir sérieusement à l'idée d'une charte de la laïcité et d'une loi sur l'interculturalisme.
Ces deux derniers aspects reçoivent également l'appui de la CSN, qui croit que la balle est désormais dans le camp du gouvernement de Jean Charest. «Le gouvernement a annoncé aujourd'hui [NDLR: hier] un plan d'action comportant des mesures minimales, a souligné Lise Poulin, sa secrétaire générale. Nous considérons qu'il doit aussi procéder à des gestes plus signifiants, comme l'adoption de textes fondateurs sur l'interculturalisme incluant les valeurs publiques communes et la laïcité. La constitution de ces textes permettra de poursuivre un débat qui, à notre avis, n'est pas terminé.»
La Centrale a salué les mesures proposées quant au processus de reconnaissance des compétences et des diplômes acquis à l'étranger. Les commissaires suggèrent en fait qu'un comité d'enquête sur les pratiques des ordres professionnels soit mis sur pied, en plus de l'établissement d'un mécanisme de plaintes et de révision de leurs décisions. La CSN a en outre accueilli favorablement l'idée de renforcer les droits économiques et sociaux reconnus dans la Charte des droits et libertés. «Ce sont ces droits qui peuvent permettre la réalisation de l'égalité des femmes et des hommes. Une véritable égalité passe par l'autonomie financière et la lutte à la pauvreté», estime Lise Poulin.
La CSN croit par ailleurs que l'idée de permettre aux enseignants de porter des signes religieux ostentatoires devrait faire l'objet d'un débat plus poussé. Mme Poulin estime en effet qu'«il y a des nuances à faire selon les ordres d'enseignement». En matière de langue, sujet sensible s'il en est un, la Centrale a jugé hier que les recommandations ne sont pas assez musclées. «On se serait attendu à plus de propositions sur la francisation des immigrants, sur l'utilisation du français au travail et, plus globalement, à des recommandations sur la protection de la langue française, qui constitue un facteur identitaire majeur», a ainsi expliqué Mme Poulin.
«Le français comme langue du travail est un outil important d'intégration, mais pour cela, il faut davantage de moyens. Pour nous, le rapport Bouchard-Taylor ne va pas assez loin sur cette question prioritaire», a pour sa part fait valoir René Roy, secrétaire général de la Fédération des travailleurs du Québec. Ce dernier est aussi en désaccord avec la recommandation qui veut permettre aux fonctionnaires le port de signes religieux. Un point de vue partagé par le Syndicat de la fonction publique du Québec, qui s'est également dit déçu de ne pas retrouver dans les recommandations du rapport des balises concrètes en matière d'accommodements religieux.
La critique la plus dure est venue de la Centrale des syndicats du Québec (CSQ), qui a carrément remis en question l'utilité d'un tel exercice. «Qu'est-ce que le rapport apporte de plus qui n'avait pas été constaté depuis les deux dernières années par les commissions parlementaires sur les niveaux d'immigration ou les consultations gouvernementales sur le racisme, l'égalité entre les femmes et les hommes, et la diversité ethnoculturelle?, a ainsi demandé son président, Réjean Parent. Fallait-il réellement se payer une thérapie collective de cinq millions de dollars pour en arriver à ce résultat?»
Qui plus est, M. Parent s'est dit étonné de ne pas retrouver de recommandations précises en ce qui a trait à de possibles «balises qui permettraient d'encadrer les pratiques d'accommodements. C'était pourtant un des axes majeurs du mandat de la commission». M. Parent a cependant salué les éléments du rapport qui ont trait à l'égalité entre les femmes et les hommes, ainsi que l'appui au cours d'éthique et de culture religieuse. De plus, il estime que Québec devrait réfléchir sérieusement à l'idée d'une charte de la laïcité et d'une loi sur l'interculturalisme.
Ces deux derniers aspects reçoivent également l'appui de la CSN, qui croit que la balle est désormais dans le camp du gouvernement de Jean Charest. «Le gouvernement a annoncé aujourd'hui [NDLR: hier] un plan d'action comportant des mesures minimales, a souligné Lise Poulin, sa secrétaire générale. Nous considérons qu'il doit aussi procéder à des gestes plus signifiants, comme l'adoption de textes fondateurs sur l'interculturalisme incluant les valeurs publiques communes et la laïcité. La constitution de ces textes permettra de poursuivre un débat qui, à notre avis, n'est pas terminé.»
La Centrale a salué les mesures proposées quant au processus de reconnaissance des compétences et des diplômes acquis à l'étranger. Les commissaires suggèrent en fait qu'un comité d'enquête sur les pratiques des ordres professionnels soit mis sur pied, en plus de l'établissement d'un mécanisme de plaintes et de révision de leurs décisions. La CSN a en outre accueilli favorablement l'idée de renforcer les droits économiques et sociaux reconnus dans la Charte des droits et libertés. «Ce sont ces droits qui peuvent permettre la réalisation de l'égalité des femmes et des hommes. Une véritable égalité passe par l'autonomie financière et la lutte à la pauvreté», estime Lise Poulin.
La CSN croit par ailleurs que l'idée de permettre aux enseignants de porter des signes religieux ostentatoires devrait faire l'objet d'un débat plus poussé. Mme Poulin estime en effet qu'«il y a des nuances à faire selon les ordres d'enseignement». En matière de langue, sujet sensible s'il en est un, la Centrale a jugé hier que les recommandations ne sont pas assez musclées. «On se serait attendu à plus de propositions sur la francisation des immigrants, sur l'utilisation du français au travail et, plus globalement, à des recommandations sur la protection de la langue française, qui constitue un facteur identitaire majeur», a ainsi expliqué Mme Poulin.
«Le français comme langue du travail est un outil important d'intégration, mais pour cela, il faut davantage de moyens. Pour nous, le rapport Bouchard-Taylor ne va pas assez loin sur cette question prioritaire», a pour sa part fait valoir René Roy, secrétaire général de la Fédération des travailleurs du Québec. Ce dernier est aussi en désaccord avec la recommandation qui veut permettre aux fonctionnaires le port de signes religieux. Un point de vue partagé par le Syndicat de la fonction publique du Québec, qui s'est également dit déçu de ne pas retrouver dans les recommandations du rapport des balises concrètes en matière d'accommodements religieux.
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