mardi 24 novembre 2009 Dernière mise à jour 09h39


Chercher

Inscrivez-vous (gratuit)
Mot de passe oublié?
Abonné papier? Connexion
S'abonner au Devoir
Publicité

Les communautés culturelles attendent des gestes concrets

Alexandre Shields   23 mai 2008  Québec
Pour les groupes issus des différentes communautés culturelles qui oeuvrent quotidiennement auprès des immigrants, les 37 recommandations formulées dans le rapport de la Commission de consultation sur les pratiques d'accommodement vont généralement dans le bon sens. À condition que Québec emboîte le pas.

C'est le cas de la Table de concertation des organismes au service des personnes réfugiées et immigrantes, qui comprend 128 organismes oeuvrant auprès des personnes réfugiées, immigrantes et sans statut au Québec. «Plus d'efforts devront être faits de part et d'autre pour répondre à tous les enjeux soulevés par le rapport, notamment sur la question des ressources insuffisantes et du rapprochement entre les nouveaux arrivants et la société d'accueil, a constaté la coprésidente de la Table, Anne-Marie Rodrigues. On espère, cette fois-ci, que le premier ministre Jean Charest entendra le message et que son gouvernement saura poser les gestes requis pour redresser la situation après toutes ses années d'inaction.»

En effet, selon elle, «force est de constater une détérioration et une saturation des services depuis plusieurs années et l'absence d'efforts soutenus pour informer la population qui se questionne avec raison sur les bénéfices de l'immigration et de la diversité culturelle pour un Québec moderne».

Le porte-parole du Centre de recherche-action sur les relations raciales, Fo Niemi, a pour sa part jugé le document «assez équilibré», soulignant surtout qu'il devrait contribuer à la fin du discours du «nous contre eux», selon lui encouragé par l'Action démocratique depuis le début de la «crise» des accommodements raisonnables.

Toutefois, a-t-il tenu à préciser, les commissaires sont demeurés plutôt vagues sur les façons d'intégrer concrètement les immigrants à l'économie québécoise. M. Niemi estime néanmoins qu'il faudra en juger à l'aune des mesures concrètes qui seront prises par le gouvernement. Chose certaine, il estime nécessaire, comme on le souligne dans le rapport, de faire des efforts majeurs pour favoriser une meilleure participation des ordres professionnels.

Et M. Niemi rejette l'idée d'interdire le port de signes religieux ostentatoires aux agents de l'État qui incarnent l'autorité, comme les procureurs de la Couronne, les policiers et les gardiens de prison. De toute façon, a indiqué l'avocat Julius Grey hier, une telle mesure serait probablement jugée illégale. M. Grey a d'ailleurs rappelé que la Cour suprême du Canada a déjà statué qu'un policier de la Gendarmerie royale canadienne de religion sikhe avait le droit de porter son turban lorsqu'il est en service.

Pour Mohamed Kamel, du Forum musulman canadien, le rapport doit devenir un moteur au sein de la société pour combattre les préjugés, plus particulièrement ceux à l'égard des musulmans et des Juifs. «Il n'y a pas de façon de lutter contre l'islamophobie, la xénophobie ou toute haine sans moyens. Et les moyens commencent par les ressources et l'appui du gouvernement», a aussi insisté M. Kamel. Même accueil au Congrès juif canadien, où le président, Victor Goldbloom, se réjouit de constater que le rapport conclut, comme son organisme, qu'il n'y a pas de crise au Québec.

«La Ligue des droits et libertés accueille positivement les recommandations axées sur l'avancement des droits de la personne, la laïcité ouverte et les mesures d'intégration des personnes immigrantes qui proposent une vision à laquelle adhère la grande majorité des Québécois», a par ailleurs souligné Nicole Filion, coordonnatrice de la Ligue.

La Ligue émet toutefois des réserves par rapport à l'idée d'introduire une clause interprétative dans la Charte sur le droit des femmes à l'égalité, mettant le gouvernement en garde contre une «hiérarchisation des droits». «L'indivisibilité et l'interdépendance des droits ont fortement influencé l'évolution des instruments de protection des droits, à la base de la recherche de l'égalité réelle, qui doit se faire dans le respect des droits de tous et toutes», a précisé Mme Filion.

***

Avec La Presse canadienne






Envoyer
Fermer

Haut de la page
Cet article vous intéresse?
Partager
Digg Facebook Twitter Delicious
 

Vos réactions

Triez : afficher les commentaires 
  • Claude Stordeur
    Abonné
    vendredi 23 mai 2008 07h50
    Crucifix et foulard islamique
    « Malheureusement on dirait que ces messieurs n'ont lu leur rapport que phrase par phrase.

    Dire en même temps que le foulard islamique est la pour rester mais que le crucifix doit disparaitre est un non sens.

    Cette vision d'accommodement ou les intégristes extrémistes qui retournent la femme au 15e siècle sont acceptable et permit est un manque flagrant d'équilibre dans un pays qui sort tout juste de la grande noirceur du crucifix.

    Cette simple constatation mine toutes les autres recommandations et indique le manque d'esprit de synthèse de ces messieurs.

    Accepter des immigrants, ne veut pas dire accepter leurs extrémismes qu'ils soient religieux ou civiles.

    Nous nous sommes battu et avons lutter pour que la religion reste à l'église et que la vie sociale soit laïque.

    Quand à la cour suprême, sont jugement sur le le turban shike va a l'encontre de la logique. Si on suit ce jugement les chauffeur de camion à qui on demande de travailler avec casque question de sécurité, peuvent le faire en turban... Mais en cas d'accident ou leur dieu ne les protège pas, c'est nous la collectivité qui payerons la pension d'invalidité. »

  • Roland Berger
    Abonné
    vendredi 23 mai 2008 16h09
    Elles attendent ?
    « Selon Shields, les communautés culturelles attendent des gestes concrets. Ils font bien, car le communauté culturelle majoritaire, elle, n'attend rien qui vaille de ce que Charest fera des savants propos des Bouchard et Taylor, à l'exception bien sûr du maintien du crucifix à l'Assemblée nationale, contrairement à ce que recommande les deux coprésidents de la commission.
    Roland Berger
    St-Thomas, Ontario »

  • Hoe Bee
    Inscrit
    vendredi 23 mai 2008 17h23
    Si ils aime le Quebec
    « je vais dire comme mon père, farm-ta-gueul et mange, ils se font la guerre dans leur pays, et voila qu'il vienne faire de la zizani ici dans un Québec passifique et non violent, moi je suis raciste mais je suis pas enti-sémite, le voile pour les femmes ces normal et ca ne cause aucun problème dans les sport, le type qui l an dernier a refusé à la jeune fille de jouer au succeur est un imbicile. Sans connaissance du monde vrais, un peureux ces lui qui a aider a foutre le bordel et non le maire de Hérouxville. Pardon mais Mr le Maire d'hérouville est un brave et très brillant personnage courageux comme il la dit faire face au média a été une charge assez dificcile j en concoie les yenes de la civilisation bref reston comme nous somme et eux apprendre le francais et nos tournure d'esprit la religion a la maison, les juifs d'outremont son les premiers a imposer leur pratique religieuse je me souvient la polimique du bureau des permis de conduire encore des geste mal évalué par un fonctionnaire blazer,ici le respect de la femme comme l'égale de l'homme voila l'accomodement que les imigrantes peuvent recevoir imposer nos loi sans compromis a leur religion »

Déjà inscrit? Ajoutez votre commentaire ci-dessous

    Connexion




Cet article vous intéresse?
3 réactions
0 votes
 
Mots-clés de l'article
Recherche complète sur le même sujet


Abonnez-vous pour recevoir nos Infolettres par courriel
Choisir mes
infolettres
Publicité

Les blogues du devoir

Vos commentaires

 
Recherche



Exemples de recherche :
Robert Sansfaçon
"directeur général des élections"

S'abonner au Devoir
Abonnez-vous au journal papier Le Devoir ou à la version Internet.
Publicité
Vous souhaitez annoncer dans Le Devoir, contactez le service de publicité.

» En savoir plus
© Le Devoir 2002-2009