Les communautés culturelles attendent des gestes concrets
Pour les groupes issus des différentes communautés culturelles qui oeuvrent quotidiennement auprès des immigrants, les 37 recommandations formulées dans le rapport de la Commission de consultation sur les pratiques d'accommodement vont généralement dans le bon sens. À condition que Québec emboîte le pas.
C'est le cas de la Table de concertation des organismes au service des personnes réfugiées et immigrantes, qui comprend 128 organismes oeuvrant auprès des personnes réfugiées, immigrantes et sans statut au Québec. «Plus d'efforts devront être faits de part et d'autre pour répondre à tous les enjeux soulevés par le rapport, notamment sur la question des ressources insuffisantes et du rapprochement entre les nouveaux arrivants et la société d'accueil, a constaté la coprésidente de la Table, Anne-Marie Rodrigues. On espère, cette fois-ci, que le premier ministre Jean Charest entendra le message et que son gouvernement saura poser les gestes requis pour redresser la situation après toutes ses années d'inaction.»
En effet, selon elle, «force est de constater une détérioration et une saturation des services depuis plusieurs années et l'absence d'efforts soutenus pour informer la population qui se questionne avec raison sur les bénéfices de l'immigration et de la diversité culturelle pour un Québec moderne».
Le porte-parole du Centre de recherche-action sur les relations raciales, Fo Niemi, a pour sa part jugé le document «assez équilibré», soulignant surtout qu'il devrait contribuer à la fin du discours du «nous contre eux», selon lui encouragé par l'Action démocratique depuis le début de la «crise» des accommodements raisonnables.
Toutefois, a-t-il tenu à préciser, les commissaires sont demeurés plutôt vagues sur les façons d'intégrer concrètement les immigrants à l'économie québécoise. M. Niemi estime néanmoins qu'il faudra en juger à l'aune des mesures concrètes qui seront prises par le gouvernement. Chose certaine, il estime nécessaire, comme on le souligne dans le rapport, de faire des efforts majeurs pour favoriser une meilleure participation des ordres professionnels.
Et M. Niemi rejette l'idée d'interdire le port de signes religieux ostentatoires aux agents de l'État qui incarnent l'autorité, comme les procureurs de la Couronne, les policiers et les gardiens de prison. De toute façon, a indiqué l'avocat Julius Grey hier, une telle mesure serait probablement jugée illégale. M. Grey a d'ailleurs rappelé que la Cour suprême du Canada a déjà statué qu'un policier de la Gendarmerie royale canadienne de religion sikhe avait le droit de porter son turban lorsqu'il est en service.
Pour Mohamed Kamel, du Forum musulman canadien, le rapport doit devenir un moteur au sein de la société pour combattre les préjugés, plus particulièrement ceux à l'égard des musulmans et des Juifs. «Il n'y a pas de façon de lutter contre l'islamophobie, la xénophobie ou toute haine sans moyens. Et les moyens commencent par les ressources et l'appui du gouvernement», a aussi insisté M. Kamel. Même accueil au Congrès juif canadien, où le président, Victor Goldbloom, se réjouit de constater que le rapport conclut, comme son organisme, qu'il n'y a pas de crise au Québec.
«La Ligue des droits et libertés accueille positivement les recommandations axées sur l'avancement des droits de la personne, la laïcité ouverte et les mesures d'intégration des personnes immigrantes qui proposent une vision à laquelle adhère la grande majorité des Québécois», a par ailleurs souligné Nicole Filion, coordonnatrice de la Ligue.
La Ligue émet toutefois des réserves par rapport à l'idée d'introduire une clause interprétative dans la Charte sur le droit des femmes à l'égalité, mettant le gouvernement en garde contre une «hiérarchisation des droits». «L'indivisibilité et l'interdépendance des droits ont fortement influencé l'évolution des instruments de protection des droits, à la base de la recherche de l'égalité réelle, qui doit se faire dans le respect des droits de tous et toutes», a précisé Mme Filion.
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Avec La Presse canadienne
C'est le cas de la Table de concertation des organismes au service des personnes réfugiées et immigrantes, qui comprend 128 organismes oeuvrant auprès des personnes réfugiées, immigrantes et sans statut au Québec. «Plus d'efforts devront être faits de part et d'autre pour répondre à tous les enjeux soulevés par le rapport, notamment sur la question des ressources insuffisantes et du rapprochement entre les nouveaux arrivants et la société d'accueil, a constaté la coprésidente de la Table, Anne-Marie Rodrigues. On espère, cette fois-ci, que le premier ministre Jean Charest entendra le message et que son gouvernement saura poser les gestes requis pour redresser la situation après toutes ses années d'inaction.»
En effet, selon elle, «force est de constater une détérioration et une saturation des services depuis plusieurs années et l'absence d'efforts soutenus pour informer la population qui se questionne avec raison sur les bénéfices de l'immigration et de la diversité culturelle pour un Québec moderne».
Le porte-parole du Centre de recherche-action sur les relations raciales, Fo Niemi, a pour sa part jugé le document «assez équilibré», soulignant surtout qu'il devrait contribuer à la fin du discours du «nous contre eux», selon lui encouragé par l'Action démocratique depuis le début de la «crise» des accommodements raisonnables.
Toutefois, a-t-il tenu à préciser, les commissaires sont demeurés plutôt vagues sur les façons d'intégrer concrètement les immigrants à l'économie québécoise. M. Niemi estime néanmoins qu'il faudra en juger à l'aune des mesures concrètes qui seront prises par le gouvernement. Chose certaine, il estime nécessaire, comme on le souligne dans le rapport, de faire des efforts majeurs pour favoriser une meilleure participation des ordres professionnels.
Et M. Niemi rejette l'idée d'interdire le port de signes religieux ostentatoires aux agents de l'État qui incarnent l'autorité, comme les procureurs de la Couronne, les policiers et les gardiens de prison. De toute façon, a indiqué l'avocat Julius Grey hier, une telle mesure serait probablement jugée illégale. M. Grey a d'ailleurs rappelé que la Cour suprême du Canada a déjà statué qu'un policier de la Gendarmerie royale canadienne de religion sikhe avait le droit de porter son turban lorsqu'il est en service.
Pour Mohamed Kamel, du Forum musulman canadien, le rapport doit devenir un moteur au sein de la société pour combattre les préjugés, plus particulièrement ceux à l'égard des musulmans et des Juifs. «Il n'y a pas de façon de lutter contre l'islamophobie, la xénophobie ou toute haine sans moyens. Et les moyens commencent par les ressources et l'appui du gouvernement», a aussi insisté M. Kamel. Même accueil au Congrès juif canadien, où le président, Victor Goldbloom, se réjouit de constater que le rapport conclut, comme son organisme, qu'il n'y a pas de crise au Québec.
«La Ligue des droits et libertés accueille positivement les recommandations axées sur l'avancement des droits de la personne, la laïcité ouverte et les mesures d'intégration des personnes immigrantes qui proposent une vision à laquelle adhère la grande majorité des Québécois», a par ailleurs souligné Nicole Filion, coordonnatrice de la Ligue.
La Ligue émet toutefois des réserves par rapport à l'idée d'introduire une clause interprétative dans la Charte sur le droit des femmes à l'égalité, mettant le gouvernement en garde contre une «hiérarchisation des droits». «L'indivisibilité et l'interdépendance des droits ont fortement influencé l'évolution des instruments de protection des droits, à la base de la recherche de l'égalité réelle, qui doit se faire dans le respect des droits de tous et toutes», a précisé Mme Filion.
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Avec La Presse canadienne
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