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Constitution du Québec: Charest dit non

Antoine Robitaille   22 mai 2008  Québec
Québec — Jean Charest a repoussé hier la «main tendue» de Mario Dumont, à l'Assemblée nationale, au sujet de l'adoption, en guise de suite au rapport Bouchard-Taylor, d'une constitution du Québec. Du reste, selon une ébauche d'une portion de ce rapport (lequel sera déposé aujourd'hui) dont Le Devoir a obtenu copie, les deux coprésidents recommanderont entre autres l'adoption d'une loi sur l'interculturalisme.

Comme Le Devoir le soulignait hier, les partis d'opposition — l'ADQ et le PQ — ont quant à eux fait leur lit: l'adoption d'un texte fondateur serait une solution de choix à la crise des accommodements qui a secoué le Québec depuis l'automne 2006. Mais pas le Parti libéral.

Hier à la période de questions, le chef de l'opposition, solennel, a proposé au premier ministre de participer à une «démarche formelle de l'Assemblée nationale pour se doter d'une constitution québécoise». Selon M. Dumont, un tel document serait une «carte de visite pour dire [...] aux gens qui viennent se joindre à nous quelles sont les valeurs communes du Québec, quelles sont les règles de fonctionnement, les règles du jeu de cette société». Rappelant quelque peu le Jacques Parizeau de l'après-Meech, M. Dumont lança au premier ministre: «Est-ce qu'il saisit la main que je lui tends, aujourd'hui, pour que les trois formations travaillent ensemble pour donner au Québec une constitution interne?»

Jean Charest, dans sa première réponse, a semblé erratique, commençant par féliciter le chef de l'opposition pour son changement de ton, puis insistant pour ne pas faire de Bouchard-Taylor un «commerce partisan»... et finissant par reprocher à Mario Dumont d'avoir «joint le PQ». Il a raillé par la suite la «fusion des oppositions».

M. Dumont a répliqué que l'idée d'une constitution québécoise fait partie de l'histoire du Parti libéral du Québec. Il a cité le rapport Gérin-Lajoie au Parti libéral de 1967, où l'on concluait: «On peut difficilement mettre en doute la nécessité de réunir dans un document strictement québécois les règles fondamentales devant régir l'organisation et le fonctionnement de l'État du Québec.» M. Dumont a aussi rappelé que, 25 ans plus tard, le rapport Allaire contenait une recommandation idoine. L'entourage de M. Dumont a aussi rappelé que le chef adéquiste lui-même, lorsqu'il était président de la Commission-Jeunesse du PLQ, au congrès de 1991, avait proposé l'adoption d'une constitution. À l'époque, même le ministre Gil Rémillard a caressé ce projet.

Mais selon M. Charest, hier, «se mettre au travail» dans l'après-Bouchard-Taylor, «ce n'est pas faire de la constitution» puisque cela prendrait «des années de débats», la création d'une assemblée constituante et un référendum. Non, la solution du chef libéral est ailleurs: «Se mettre au travail, c'est un plan d'action. Un plan d'action, c'est des gestes précis que nous aurons à poser», a-t-il dit en précisant que «la population s'attend à ce qu'on bouge, puis qu'on pose des gestes concrets, rapides».

Le député péquiste Daniel Turp, qui a déposé en octobre le projet de loi 196 qui consiste en un projet de constitution du Québec, a évidemment «déploré le refus de Jean Charest», hier, lors d'un entretien téléphonique. Il s'est toutefois «réjoui du ralliement de l'ADQ».

Le chef adéquiste n'est toutefois pas très chaud ni pour appuyer le projet Turp, ni à l'idée de fonctionner à deux partis dans ce domaine. À ses yeux, toute démarche pour discuter d'un tel texte fondateur «doit se faire obligatoirement avec les trois partis, à l'Assemblée nationale», a précisé M. Dumont lors d'un point de presse. «On ne peut laisser de côté aucun des trois partis, puis encore moins le parti gouvernemental», a-t-il soutenu. Dans son entourage, on a même indiqué que le projet de loi 196 est un obstacle au projet d'adoption d'une constitution, puisque c'est un projet partisan. Une source proche de Mario Dumont estime même qu'en signe de «bonne volonté», M. Turp devrait le retirer. Au reste, selon M. Dumont, si les trois partis réussissaient à s'entendre, un référendum ne serait pas nécessaire. Il ne perd d'ailleurs pas espoir que M. Charest change d'idée et a même refusé de qualifier de «refus» l'attitude du premier ministre.

Une loi sur l'interculturalisme

Quant au «plan d'action» évoqué par Jean Charest, il devrait contenir une loi sur l'interculturalisme, croient Charles Taylor et Gérard Bouchard. C'est du moins ce qu'ils concluaient dans une ébauche du 3 mars du chapitre VI de leur rapport, intitulé «L'intégration dans l'égalité et la réciprocité». Selon les coprésidents, une telle loi définirait la notion d'interculturalisme, que les Québécois, au cours des consultations, ont dit préférer au multiculturalisme à la canadienne, sur lequel le gouvernement fédéral a légiféré en 1972. Dans la loi québécoise, «le modèle des rapports interculturels y serait articulé aux dimensions civique, juridique, économique et sociale. Il serait une composante importante du projet de société»; autant dire un élément fondateur. «La loi servirait aussi de cadre de référence à la conception de politiques et de programmes, et elle garantirait une plus grande continuité de la démarche gouvernementale. Enfin, elle fournirait à tous les acteurs collectifs un même guide, un même repère», peut-on lire dans le rapport.

Dans ce chapitre qui tente une synthèse et un historique du «système d'intégration à la québécoise», on soutient que ce dernier n'est «certainement pas en crise» et qu'il «fonctionne au contraire plutôt bien». La crise actuelle est plutôt un «dérèglement des perceptions que des réalités». La vertu du modèle de l'interculturalisme tiendrait dans sa «recherche d'un équilibre entre les exigences de l'unité [...] et la reconnaissance des différentes cultures». On y explique que le modèle du multiculturalisme est non transposable au Québec, car au Canada, «il n'existe plus (du moins démographiquement) de groupe ethnique majoritaire». Ce ne serait pas le cas au Québec: «Les citoyens d'origine britannique y représentent 34 % de la population [dans le reste du Canada], alors qu'au Québec, les citoyens d'origine canadienne-française forment une forte majorité (de l'ordre de 75 %). Qu'on le veuille ou non, ces données pèsent sur la dynamique des rapports interculturels et éclairent l'orientation de l'interculturalisme. Du reste, le multiculturalisme reflète cette réalité en décrétant qu'il n'y a pas de culture officielle au Canada.»

On soutient aussi dans ce chapitre que le débat sur le français est «sans issue» et que «ce qui importe, c'est la diffusion la plus large possible du français, sous une forme ou sous une autre». Enfin, un passage s'apparente à une flèche dirigée contre le Parti québécois et plus précisément contre le conseiller de Pauline Marois, le sociologue Jacques Beauchemin, celui qui a convaincu la chef péquiste de revenir au «Nous» québécois majoritaire. Mais qui était aussi un des 15 membres du comité-conseil de la commission. «Nous tenons à prendre nos distances par rapport à un discours récent sur le ou les Nous québécois. Il y a d'abord une ambiguïté dans les termes. [Qui est inclus ou exclu?] Il y a ensuite une grande imprudence à appuyer ainsi sur la spécificité des Nous; il peut en résulter un durcissement des différences ethnoculturelles. Tout cela nous semble contraire à l'esprit de l'interculturalisme», pouvait-on lire dans l'ébauche.






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  • Charles-O Roy
    Abonné
    jeudi 22 mai 2008 01h33
    Dumont, Trudeau, même combat!
    « Selon Dumont, ceux qui, ''dans les positions actuelles'', ''ont obtenu à la dernière élection le vote d'une large majorité des Québécois'' serait amplement légitimé pour rédiger la future constitution québécoise, sans référendum.

    Le dernier à avoir fait cela, c'est Trudeau. On connait la suite...

    On a pas fini d'en entendre parler! »

  • Georges Paquet
    Abonné
    jeudi 22 mai 2008 03h21
    Un dérèglement des perceptions...
    « En lisant cette expression qui prend la forme d'un diagnostique médico-social porté sur la société québécoise, il y a raison de se demander si ce n'est pas de psychiatres dont la Commission Bouchard-Taylor aurait eu besoin pour formuler des recommandations utiles, suite à un pareil diagnostique.

    Pas étonnant alors que les débats sur les questions politiques et sociales s'éternisent et n'arrivent pas à réconcilier les concitoyens. Ceux-ci souffriraient d'un "dérèglement des perceptions".
    Vite docteur, prescivez donc un bon médicament "miracle"... »

  • Gilles Bousquet
    Inscrite
    jeudi 22 mai 2008 07h33
    Que M. Charest prenne exemple sur son modèle du NON, Trudeau
    « Selon M. Charest, hier, adopter une la constitution québécoise prendrait des années de débats, la création d'une assemblée constituante et un référendum, ce qui serait, selon lui, trop long et trop de travail. Il préfère donc laisser faire.

    M. Charest est plus délicat en cette matière que M. Trudeau qui en a adopté une pour tout le Canada en 1982, en moins de deux, sans assemblée constituante et sans référendum et malgré un vote unanime et négatif de notre Assemblée Nationale qui n'en voulait pas.

    Est-ce que M. Charest, full-fédéraliste mur-à-mur, se rappelle de ça ? Il a probablement peur de faire peur au ROC avec une constitution québécoise et passer pour un vilain séparatisssss avec une constitution québécoise vu qu'il a passé sa vie à dénigrer leur option constitutionnelle sans trop de ménagements ? »

  • Guimont Rodrigue
    Inscrit
    jeudi 22 mai 2008 07h52
    Les Partis d'opposition doivent élaborer une stratégie commune avant les prochaines élections
    « Comme un enfant qui feint exactement le contraire, ce dont M. Jean Charest du Parti Libéral du Québec craint le plus c'est effectivement « la fusion des oppositions ».

    En 1990 le député Jean Charest alors membre du PCC présidait un rapport (rapport éponyme) qui avait pour but de concilier les diverses demandes des provinces suite à l'échec de Meech. Ce rapport a tellement irrité le Québec qu'il fut à l'origine de la naissance du Bloc Québécois. Et vous pensez que ce même Jean ira aider les partis d'opposition à élaborer une Constitution Québécoise? »

  • Zach Gebello
    Inscrit
    jeudi 22 mai 2008 08h03
    Ils ont fini de nous jouer dans la tête ?
    « Une constitution basée uniquement sur un interculturalisme tout en s'obstinant à faire semblant qu'il n'existe pas de réalité multiethnique au Canada et au Québec. On veux changer la réalité par une constitution afin de vivre dans un mensonge, un monde imaginaire enfoncer dans la gorge à coup de lois.

    Puisque la majorité Anglaise est disparue dans le ROC, on va faire semblant que c'elle du Québec n'a jamais existé, afin de ne pas "choquer" et faire de la grosse "pèpeine" à monsieur Taylor et sa communauté ethnique.

    Comme si une loi ferait une réalité ou la changerait.

    On veux remplacer le mensonge multiculturel anglais par un mensonge interethnoculturel francophone.

    La réalité est qu'il n'y a pas de multiculturalisme dans le ROC. Les ethnies s'intègrent tous à la culture anglophone. Le ROC est un succès d'intégration culturelle. Ce qu'on retrouve dans le ROC c'est une réalité multiethnique qui s'adapte à une culture majoritaire; l'anglais. La majorité Anglaise est une minorité ethnique mais une majorité culturelle.

    Au Québec nous retrouvons la même réalité mutiethnique mais concentrée surtout dans la région de Montréal. On y retrouve une majorité ethnique autochtone (Canadiens qui se disent aujourd'hui Québécois) qui est aussi une majorité culturelle. C'est cette réalité d'une majorité culturelle non-anglaise qui est aussi une majorité ethnique au Québec qui "dérange" la minorité ethnique Anglaise qui perd son statut de majorité culturelle au Québec. Une réalité qu'il refuse de reconnaître.

    L'interculturalisme est une invention créée de toutes pièces dans l'espoir de "diluer" la majorité culturelle autochtone québécoise dans le multiculturalisme des communautés ethniques immigrantes au Québec. Autrement dit, les différentes ethnies au Québec, incluant la majorité autochtone, partageraient leurs différentes cultures, langues, entre elles, en tentant de les assimiller toutes afin de former une nouvelle culture originale (nouvelle langue ?) tout en faisant simplement abstraction de la réalité ethnique de la majorité autochtone. Biensûr, les partis indépendantistes ont adopté aussitôt le concept y voyant une occasion innespérée de former une majorité absolue uniculturelle dont il suffirait de mousser le sentiment nationaliste (Nous sommes tous Québécois). Le "nouveau Québécois" pluriculturel non-ethnique et indéfinissable est né. Sur papier biensûr. Un Québécois indéfinissable, prêt à être défini. Une belle cruche toute neuve prête à remplir.

    C'est à coups de million$ pour bien ramollir et enfler les têtes à coups de consécrations de deux universitaires en "plus grands savants du monde" que l'élite politique les a convaincus du bien-fondé de concevoir un plan d'injection de ce concept digne du stalinisme et même du nazisme dans la tête de chaque Québécois.

    On vois bien qu'à force de travailler à vouloir faire de NOUS des boulles carrées, ces deux bougres ont sombré dans la schyzophrénie. J'espère qu'ils n'imaginent pas qu'on va les suivre dans cette folie. Les Québécois en ont plein le ... de servir de cobayes aux manipulations ethnosocioconstructivistes intéressées des savants fous au service de nos démagogues au pouvoir et à ceux qui le cherche.

    Pourquoi pas leur donner congé, qu'ils dépensent leur fortune à Hawaii entourés de danseuses houla et reprendre leurs "esprits".


    Voici quelqu'un qui me semble tout-à-fait compétent en la matière et qui serait j'en suis certain beaucoup plus utile:

    Charles Courtois, Docteur en histoire
    http://www.ledevoir.com/2008/05/21/190499.html »

  • jean claude pomerleau
    Inscrit
    jeudi 22 mai 2008 08h16
    Le Nous peuple du Québec s'incarne dans l'état.
    « Et pour en préciser les termes politiques et juridiques il faut une constitution. Le reste c'est de la littérature et de la petite politique. M Dumont a l'occasion de doter le Québec de sa propre constitution en s'alliant avec le PQ, le seul parti qui a un projet concret à cet égard.Mais comme Super Mario se met à la remorque de Charest, on voit bien qu'il n'a aucune intention de passer à l'action. Au contraire il sera pour le temps à venir le meilleur allié de Charestpour bloquer un tel projet, au détriment de l'intérêt supérieur du Québec. Le problème avec le petit Mario c'est justement qu'il est demeuré petit. Tout est petit chez lui, il n'a donc aucune notion de ce qu'est un devoir d'état. »

  • Pierre-S Lefebvre
    Inscrit
    jeudi 22 mai 2008 08h19
    Des attentes
    « Vous vous attendez à ce que Charest, Pelletier, Gagnon-Tremblay, Fournier, Normandeau, ces pleutres du fédéralisme d`occasion deviennent des défenseurs énergiques des intérêts du Québec au Canada! Faudra repasser car leur coutume intellectuelle se compare à la paralysie cérébrale irréversible. De simples croulants sans envergure qui se font passer une Michaëlle en France tout en subissant l`effet de surprise. Pas fort n`est-ce-pas! »

  • Guy Lafond
    Abonné
    jeudi 22 mai 2008 08h44
    La saga continue
    « Suite aux conclusions de la Commission sur les accommodements raisonnables, Jean Charest fera-t-il comme Trudeau : mettre son siège en jeu pour promettre un changement? Son bras droit, Philippe Couillard, osera-t-il se lever et exprimer un doute à la création d'une loi sur l'interculturalisme qui est proposée par Messieurs Taylor et Bouchard?

    Car nous parlons maintenant d'identité collective, donc de langue, d'histoire, de laïcité et de religions. Une loi est-elle plus appropriée dans ce cas qu'une constitution? Pourquoi exprimer autant de réticence devant la proposition faite par les partis d'opposition à l'Assemblée Nationale? Après tout, chaque État américain n'a-t-il pas sa propre constitution?

    Le Québec a l'échec de l'accord du Lac Meech incrusté dans ses rides. Le Québec se souvient aussi très bien des référendums qui ont rejeté l'accord de Charlottetown. Mario Dumont a rappelé les conclusions de nombreux rapports déposés par le passé. Le « Nous » que nous sommes est raisonnable et patient.

    Le Canada a choisi le multiculturalisme, le Québec a préféré la convergence culturelle. Ne l'oublions pas!

    « Le Canada anglais doit comprendre de façon très claire que, quoi qu'on dise et quoi qu'on fasse, le Québec est, aujourd'hui et pour toujours, une société distincte, libre et capable d'assumer son destin et son développement. » Robert Bourassa. »

  • Henri Kélada
    Inscrit
    jeudi 22 mai 2008 08h51
    Pourquoi pas ?
    « Je ne comprends pas le refus de Me Jean Charest. Pour une fois que les trois partis seraient d'accord ! Il y en a qui sont en faveur dans le Parti Libéral. On ne peut pas être contre la vertu. Il suffirait de constituer une constituante consultative formée de professeurs (actuels et retraités) de droit constitutionnel auprès de nos cinq facultés de droit. Cela donnerait naissance à une sorte de projet de loi à être débatu à l'Assemblée nationale en passant par une commission parlementaire qui pourrait recevoir, comme c'est l'habitude, les mémoires de ceux qui désirent se prononcer. »

  • Michel Lebel
    Inscrit
    jeudi 22 mai 2008 09h00
    La constitutionnalite!
    « La constitutionnalite est une maladie chronique affectant une partie de la petite classe médiatico-politique québécoise. Heureusement que tout le monde n'en est pas atteint! La majorité des Québecois ont d'ailleurs développé des anti-corps face à cette maladie... »

  • Roland Berger
    Abonné
    jeudi 22 mai 2008 09h22
    Interculturalisme
    « Une constitution du Québec fondée sur l'interculturalisme consacrerait un rapport égalitaire ou horizontal entre la majorité francophone et les minorités culturelles ou ethniques. Voilà une vision hautement généreuse de la société québécoise. Elle est aussi malheureusement hautement naïve. Les anglos du Québec, bien défendus par The Gazette, n'accepteront jamais d'être une minorité, même si les anglos du Canada n'y sont plus majoritaires. Une constitution interculturaliste entraînerait le droit des parents immigrants et québécois d'envoyer leurs enfants dans les écoles des anglos, trop heureux de les accueillir, et le français deviendra en pratique une langue seconde.
    Roland Berger
    St-Thomas, Ontario »

  • andré michaud
    Inscrit
    jeudi 22 mai 2008 09h24
    La constitutionite...
    « Les citoyens payeurs de taxe et impôts veulent-ils vraiment que l'on dilapide les fonds publics dans des débats stériles qui diviseront la population? Nous avons déjà des lois et la charte des droits pour combattre la discrimination et défendre l'égalité des sexes etc...

    Rappelons que dans les cas d'accomodements qui ont été jugés non raisonables ( comme l'affaire du YMCA...)c'était du à des décisions de certaines moumounes qui n'étaient AUCUNEMENT obligé d'agir ainsi! Aucune constitution nous protégera contre les moumounes qui vivent à genoux et ne veulent déplaire à personne...même si c'est leur droit reconnu par la présente constitution! »

  • Pierre-S Lefebvre
    Inscrit
    jeudi 22 mai 2008 09h32
    J`oubliais
    « Comme chef de délégation du Québec à Ottawa, sur la réforme constitutionnelle, il n`y a qu`un nom: Christine Saint-Pierre, car elle a tous les contactes de sa carrière de journaliste dite brave, féroce et déterminée. Ne vous attendez pas a trop de vagues! Une autre perte de temps à la sauce fédéraliste d`occasion. »

  • Basel Al-Kana
    Inscrit
    jeudi 22 mai 2008 10h27
    Laïcité vs Athéïsme
    « Je voudrais réagir à une opinion qui a été formulée par plusieurs intervenants tout au long de ce débat qui dure depuis plus d'un an. En effet, une opinion qu'on peut encore lire dans la section "Idées" du Devoir propose qu'il est inconcevable que la Laïcité ne soit pas imposé à tous dans la société et que le port de signes religieux en publique menace la paix sociale.

    Je crois que le moment est venu de s'armer d'un dictionnaire et de chercher à comprendre les concepts avant de les mélanger. Ainsi, il sera plus facile de formuler des opinions logiques et dépourvues de tendances franchement schizophrènes.

    Laïcité
    A. − Principe de séparation dans l'État de la société civile et de la société religieuse.
    B. − Caractère des institutions, publiques ou privées, qui, selon ce principe, sont indépendantes du clergé et des Églises; impartialité, neutralité de l'État à l'égard des Églises et de toute confession religieuse.

    Athéïsme: Doctrine ou attitude fondée sur la négation d'un Dieu personnel et vivant.
    A.− DOGME Refus des croyances religieuses, par cécité de l'intelligence relativement à l'existence de Dieu

    Maintenant, posons la question...L'état doit il être Laïque? Absolument. Il serait inconcevable dans une démocratie pluraliste et dans une société moderne que l'état relève d'une croyance quelconque. Ainsi, la prière avant le conseil municipal, la croix dans l'assemblée nationale, la référence à dieu dans la constitution sont tous des affronts à la LAÏCITÉ DE L'ÉTAT.

    Existe-t-il une laïcité individuelle? Pas à ce que je sache. Un individu n'est pas "Laïque". Il sera plutôt athée. Y a t il une obligation d'athéisme dans la société? Absoluement pas. Les droits fondamentaux des individus leurs donnent la liberté de conscience et la liberté religieuse pour croire ce qu'ils veulent bien croire, porter ce qu'ils veulent bien porter et même, prêcher comme bon leur semble. Voyez vous la distinction? L'état est tenu à la laïcité, l'individu est libre. Ainsi, un congé pour pâques viole la laïcité de l'état, une fonctionnaire voilée ne viole pas la laïcité de l'état. Si l'état impose une vision athée majoritaire aux minorités religieuses, il viole la laïcité de l'état et les droits fondamentaux des individus au nom d'un dogme (L'athéisme).

    Alors quand je vois les gens demander qu'on restreigne les libertés individuelles au nom de la laïcité, qu'on rejette le droit de porter voile, croix, Kippa ou autre, je me demande vraiment si ces gens comprennent les concepts et sont de mauvaise foi (sans jeu de mot) ou s'ils sont tout simplement ignorants. Dans les deux cas, leur point de vue est à rejeter. Si les libertés religieuses répugnent la majorité et qu'on les élimine, à quand le jour où l'on s'attaquera aux autres libertés (promener un chien, avoir des piercing ou des tatouages, s'embrasser en public, etc...) Je vous garanti que si on faisait une commission publique sur ces agissements, vous auriez des centaines de personnes qui viendrait nous dire qu'ils sont tanné de partager la chaussée avec des chiens, de voir des jeunes avec des trous partout dans le visage, de voir des gens s'embrasser sans gène, etc.

    Pour finir, une opinion sotte, même majoritaire, reste ce qu'elle est: Une opinion sotte.

    Vive la liberté »

  • Nadeau Béa
    Inscrite
    jeudi 22 mai 2008 10h33
    Ça achève-t'y ce tournage en rond?
    « En effet, une loi sur la schizophrénie clarifiée dans un rappport ne changerait en rien la réalité de Jean Charest qui utilise le Nous en nous ramenant toujours sur le fait qu'on l'aurait choisi (dès lors il nous fait tourner en rond selon ses présomptions établies et au diable les opposants)- bref, il nous renvoie autant qu'on lésine sur la 'poque'ou (puck) à son égocratie représentée et articulée par d'autres pantins aux allures plutôt défraîchies entre autres celles des lésineux Bouchard-Taylor. Va t-on se minoriser jusqu'à devenir ethnique 'nous' inclus dans ce multi-politico-incorrectement-culturisés. Bref, nous sommes invités à tours de bras à se coloniser légalement. »

  • Marc A. Vallée
    Abonné
    jeudi 22 mai 2008 11h43
    L'interculturalisme
    « L'interculturalisme est une notion qui semble intéressante. Voir le texte de Charles Courtois dans le Devoir d'hier. »

  • Jean Pierre Bouchard
    Inscrit
    jeudi 22 mai 2008 12h00
    Le Nous n'est pas synonyme de xénophobie
    « Inter culturalisme ou multiculturalisme c'est du pareil au même. On ne peut pas intégrer les cultures des immigrants de manière importante sans susciter des conflits réguliers. Quoique, le dit multiculturalisme canadien est pour beaucoup une fiction, ce modèle célébré par nos deux idéologues n'empêche pas que la langue de travail au Canada entre Vancouver et Toronto est l'anglais qui chez ses nouveaux arrivants devient rapidement celle d'usage.

    Bouchard et Taylor sous estiment la réalité des majorités culturelles qui déterminent des sociétés nationales qui vivent en anglais au Canada et en français au Québec. Tout comme la Belgique est partagée entre deux majorités culturelles qui sont celles des Wallons et des Flamands. Messieurs les commissaires ont t'ils besoin de nouvelles lunettes pour être capables de percevoir des réalités qui à leurs yeux sont politiquement incorrects mais pas moins réelles.

    Que des majorités ethniques déterminent des majorités culturelles, pourquoi cela serait si gênant, si délicat ? Le véritable pluralisme se trouve dans le respect des histoires de vies qui se trouve en chaque individu pas ailleurs. »

  • François Caron
    Abonné
    jeudi 22 mai 2008 12h29
    Dire NON pour un fédâraliste...
    « ... quelle surprise !

    En sommes-nous vraiment étonnés ?

    Jonh J Charest est un paresseux rédhibitoire qui ne s'embarasse pas de casser ce qui marche déjà, c'-à-d cette foutue contitution canadian qui colle au masking tape des grands morceaux de cet empire néo-colonial qu'est le Canadéa.

    Et pour l'imagination et les solutions sortant du cadre convenu de la boîte, on repassera, et plusieurs fois avec ça, vu la profonde superficialité de la députation qui l'accompagne, et du sens de l'Histoire manifestement absent de ces rangs confinant au nanisme intellectuel et culturel.

    Ça va prendre un sursaut violent de conscience de la populace québécqoise pour virer ces ineptes libâraux esclavagistes, et p-ê aussi fermer tout ça et repartir la bizness sous une autre raison sociale: pays du Québec, par exemple... »

  • Raymond Saint-Arnaud
    Abonné
    jeudi 22 mai 2008 17h08
    Pourquoi M. Charest dit non
    « Les libéraux ne veulent rien faire au sujet d'une constitution québécoise. Pour eux, le fruit n'est jamais mûr pour parler de constitution. Ils aiment mieux laisser pourrir le fruit.

    En réalité, le parti libéral s'accommode très bien pour le Québec du statut de province d'un ancien empire britannique, avec un chef d'état représentant la Reine d'Angleterre, et avec une constitution qui nous a été imposée contre notre volonté. Cela plaît à son électorat largement anglophone grâce auquel il se faufile de temps à autre au pouvoir quand les francophones divisent leur vote. Mais la majorité francophone n'y trouve pas son compte et désire son autonomie.

    Vivement une coalition PQ-ADQ pour chasser le parti libéral du pouvoir, et pour doter le Québec d'une constitution adaptée à ce que nous sommes. »

  • Marie Charron
    Inscrite
    jeudi 22 mai 2008 18h30
    Bravo Basel Al-Kana!
    « Merci pour cette mise au point. Le Québec a besoin de plus d'immigrés comme vous qui sont éduqués, savent comment s'exprimer et surtout font preuve d'esprit critique lorsque vient le temps de décoder les mots de l'actualité. »

  • Raymond Day
    Abonné
    jeudi 22 mai 2008 19h32
    Le nous n'est pas synonyme de xénophobie 2
    « Monsieur Jean Pierre Bouchard aurait tout intérêt à parfaire son éducation; il y a 500,000 franco ontariens, 9 universités ou collèges universitaires bilingues et 2 collèges francophones en Ontario... en plus de 12 conseils scolaires francophones... la xénophobie et l'ignorance malheureusement vont de pair. »

  • Raymond Day
    Abonné
    jeudi 22 mai 2008 19h36
    la xénophobie....
    « Je ne sais plus si le l'ai mentionné, le parlais de l'Ontario »

  • Philémon Barthes
    Inscrit
    vendredi 23 mai 2008 03h42
    mûre intervention
    « Les deux commissaires viennent nous livrer un témoignage insipide et dénué de tact dans ce volume d'une épaisseur surprenante. L'approche avec laquelle ils mènent cette campagne médiatique entourant le dépôt du rapport n'est pas sans rappeler le populisme avec lequel ils ont cherché à s'attirer l'intérêt d'une population à laquelle un travail de recherche de fond sur les accommodements raisonnables liés aux pratiques culturelles et religieuses faisait cruellement défaut.

    Le fait est que ces deux personnages ne manquent pas de susciter, quant à l'ampleur de la tâche à laquelle ils se sont dévolus, un fort questionnement en ce qui a trait à la place du modèle de la "tribune", qu'elle prenne ici la forme personnelle d'une promotion de son oeuvre appuyée par l'État ou celle, plus coriace, de l'ambivalence de la forme. Le rapport ne saurait en effet être considéré comme un roman de littérature, alors que les extraits des audiences continuent d'attirer, jour après jour, leur lot d'internautes. »

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