Charest discute du «ni-ni» avec Sarkozy
Photo : Agence France-Presse
Le président français Nicolas Sarkozy a accueilli le premier ministre Jean Charest à l’Élysée, hier, où les deux hommes se sont entretenus pendant une heure.
Paris — Au terme d'un voyage de quatre jours en France, le premier ministre Jean Charest s'est entretenu hier pendant une heure avec le président français Nicolas Sarkozy. Les deux hommes ont longuement parlé de la controverse qui entoure l'inflexion en faveur du Canada que le président paraît vouloir donner à cette relation. Le 8 mai dernier, Nicolas Sarkozy avait placé sur un pied d'égalité la relation avec Québec et celle avec Ottawa.
Sans rien dévoiler des propos de Nicolas Sarkozy, Jean Charest a surtout insisté, à sa sortie de l'Élysée, sur le caractère unique de la relation que le Québec entretient avec la France.
«On a eu une bonne discussion là-dessus. Je ne peux et je n'ai pas l'intention de parler pour le président Sarkozy, mais je peux vous dire que la relation entre le
Canada et la France, c'est une chose; et la relation entre le Québec et la France, c'est une relation privilégiée, une relation directe. Elle est actuellement à un sommet et nous allons atteindre de nouveaux sommets dans l'année 2008.»
Pas un instant, dit Jean Charest, lors de son entretien, il n'a eu «le sentiment que cette relation sera diminuée. Elle va continuer d'être une relation familiale. C'est filial, cette relation entre nous. [...] Là-dessus, le président et moi, on est sur la même longueur d'onde.» Selon Jean Charest, il s'agirait même d'«une relation unique au monde».
Questionné à plusieurs reprises, Jean Charest n'a pas voulu dire s'il avait défendu auprès du président français la thèse dite de la «non-ingérence» et de la «non-indifférence» qui règle les relations de Paris avec Québec depuis 40 ans.
«La formule, rappelons-nous, a été proposée dans un environnement où le Québec avait un référendum sur son écran-radar», dit-il. Sans affirmer ouvertement que la formule est périmée, Jean Charest estime que le contexte a changé. Mais il n'exclut pas qu'elle puisse servir «à nouveau, dans 20 ou 40 ans». Mais, conclut-il, «la relation, c'est plus que ça, c'est plus qu'un référendum».
Jean Charest ne s'étonne pas que, «quand le président de la République est dans un cimetière où des soldats canadiens sont enterrés [...], il veuille exprimer son amitié pour le Canada. [...] Mais cette reconnaissance [...] ne diminue en rien la relation que nous avons.» Jean Charest appelle à ne pas «infantiliser» cette relation.
La visite de Jean Charest en France a été l'occasion de découvrir que certains élus français avaient mal reçu le discours de Nicolas Sarkozy. Vendredi dernier, alors que le premier ministre arrivait à Bordeaux, le maire Alain Juppé s'est empressé de corriger presque mot pour mot le président en affirmant que, si «le Canada est un pays ami avec lequel nous avons intérêt à avoir des liens extrêmement étroits», les Québécois sont «un peu plus que des amis, ce sont des frères».
Le lendemain, l'ancien premier ministre Jean-Pierre Raffarin, qui avait été le premier à évoquer un changement de politique, s'est aussi empressé d'affirmer que «le Québec a dans notre coeur une place particulière», tout en précisant qu'il n'était «pas le porte-parole du président».
Cette modeste visite de quatre jours à Bordeaux, Brouage et Paris était sans commune mesure avec les festivités inaugurées par la gouverneure générale Michaëlle Jean, dix jours plus tôt à La Rochelle, qui avaient attiré plus de 10 000 personnes. Samedi, Jean Charest s'est contenté d'une courte cérémonie avec un choeur de 400 enfants devant le Bélem, le trois-mâts qui ralliera Québec le 3 juillet. À Brouage, lieu de naissance de Samuel de Champlain, sa visite est demeurée discrète.
À midi hier, devant la Chambre de commerce et d'industrie de Paris, le premier ministre s'est livré à un plaidoyer enlevé en faveur des deux projets qu'il caresse, à l'occasion de la visite de Nicolas Sarkozy en octobre. Selon lui, la négociation d'une entente bilatérale avec la France facilitant la reconnaissance des diplômes et des compétences professionnelles va bon train. En octobre, les deux gouvernements devraient pouvoir apposer leur signature au bas d'un document qui fixera au moins la façon de procéder avec les principaux ordres professionnels. «Nous voulons une entente qui va aller le plus loin possible et qui deviendra une référence.»
Le premier ministre reconnaît que son projet d'accord de libre-échange entre le Canada et l'Union européenne est moins à portée de main. «Si nous voulons un accord, il faudra se battre pour l'obtenir», a-t-il déclaré. Jean Charest mise sur Nicolas Sarkozy, qui occupera la présidence de l'Union dès juillet. Si ces négociations se concrétisent, il souhaite qu'elles soient conclues «dans deux ans au maximum». Dans la matinée, le premier ministre a d'ailleurs obtenu le soutien d'Ernest-Antoine Seillière, qui dirige Business Europe, une fédération d'entreprises européennes basée à Bruxelles.
Jean Charest a achevé son séjour en France en assistant à la première du spectacle de Céline Dion au Palais omnisport de Bercy. La diva québécoise s'est installée pour une semaine à Paris, où elle sera jeudi décorée de la Légion d'honneur.
Sans rien dévoiler des propos de Nicolas Sarkozy, Jean Charest a surtout insisté, à sa sortie de l'Élysée, sur le caractère unique de la relation que le Québec entretient avec la France.
«On a eu une bonne discussion là-dessus. Je ne peux et je n'ai pas l'intention de parler pour le président Sarkozy, mais je peux vous dire que la relation entre le
Canada et la France, c'est une chose; et la relation entre le Québec et la France, c'est une relation privilégiée, une relation directe. Elle est actuellement à un sommet et nous allons atteindre de nouveaux sommets dans l'année 2008.»
Pas un instant, dit Jean Charest, lors de son entretien, il n'a eu «le sentiment que cette relation sera diminuée. Elle va continuer d'être une relation familiale. C'est filial, cette relation entre nous. [...] Là-dessus, le président et moi, on est sur la même longueur d'onde.» Selon Jean Charest, il s'agirait même d'«une relation unique au monde».
Questionné à plusieurs reprises, Jean Charest n'a pas voulu dire s'il avait défendu auprès du président français la thèse dite de la «non-ingérence» et de la «non-indifférence» qui règle les relations de Paris avec Québec depuis 40 ans.
«La formule, rappelons-nous, a été proposée dans un environnement où le Québec avait un référendum sur son écran-radar», dit-il. Sans affirmer ouvertement que la formule est périmée, Jean Charest estime que le contexte a changé. Mais il n'exclut pas qu'elle puisse servir «à nouveau, dans 20 ou 40 ans». Mais, conclut-il, «la relation, c'est plus que ça, c'est plus qu'un référendum».
Jean Charest ne s'étonne pas que, «quand le président de la République est dans un cimetière où des soldats canadiens sont enterrés [...], il veuille exprimer son amitié pour le Canada. [...] Mais cette reconnaissance [...] ne diminue en rien la relation que nous avons.» Jean Charest appelle à ne pas «infantiliser» cette relation.
La visite de Jean Charest en France a été l'occasion de découvrir que certains élus français avaient mal reçu le discours de Nicolas Sarkozy. Vendredi dernier, alors que le premier ministre arrivait à Bordeaux, le maire Alain Juppé s'est empressé de corriger presque mot pour mot le président en affirmant que, si «le Canada est un pays ami avec lequel nous avons intérêt à avoir des liens extrêmement étroits», les Québécois sont «un peu plus que des amis, ce sont des frères».
Le lendemain, l'ancien premier ministre Jean-Pierre Raffarin, qui avait été le premier à évoquer un changement de politique, s'est aussi empressé d'affirmer que «le Québec a dans notre coeur une place particulière», tout en précisant qu'il n'était «pas le porte-parole du président».
Cette modeste visite de quatre jours à Bordeaux, Brouage et Paris était sans commune mesure avec les festivités inaugurées par la gouverneure générale Michaëlle Jean, dix jours plus tôt à La Rochelle, qui avaient attiré plus de 10 000 personnes. Samedi, Jean Charest s'est contenté d'une courte cérémonie avec un choeur de 400 enfants devant le Bélem, le trois-mâts qui ralliera Québec le 3 juillet. À Brouage, lieu de naissance de Samuel de Champlain, sa visite est demeurée discrète.
À midi hier, devant la Chambre de commerce et d'industrie de Paris, le premier ministre s'est livré à un plaidoyer enlevé en faveur des deux projets qu'il caresse, à l'occasion de la visite de Nicolas Sarkozy en octobre. Selon lui, la négociation d'une entente bilatérale avec la France facilitant la reconnaissance des diplômes et des compétences professionnelles va bon train. En octobre, les deux gouvernements devraient pouvoir apposer leur signature au bas d'un document qui fixera au moins la façon de procéder avec les principaux ordres professionnels. «Nous voulons une entente qui va aller le plus loin possible et qui deviendra une référence.»
Le premier ministre reconnaît que son projet d'accord de libre-échange entre le Canada et l'Union européenne est moins à portée de main. «Si nous voulons un accord, il faudra se battre pour l'obtenir», a-t-il déclaré. Jean Charest mise sur Nicolas Sarkozy, qui occupera la présidence de l'Union dès juillet. Si ces négociations se concrétisent, il souhaite qu'elles soient conclues «dans deux ans au maximum». Dans la matinée, le premier ministre a d'ailleurs obtenu le soutien d'Ernest-Antoine Seillière, qui dirige Business Europe, une fédération d'entreprises européennes basée à Bruxelles.
Jean Charest a achevé son séjour en France en assistant à la première du spectacle de Céline Dion au Palais omnisport de Bercy. La diva québécoise s'est installée pour une semaine à Paris, où elle sera jeudi décorée de la Légion d'honneur.
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