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Charest discute du «ni-ni» avec Sarkozy

La relation du Québec avec la France est «unique au monde», dit le premier ministre

Christian Rioux   20 mai 2008  Québec
Le président français Nicolas Sarkozy a accueilli le premier ministre Jean Charest à l’Élysée, hier, où les deux hommes se sont entretenus pendant une heure.
Photo : Agence France-Presse
Le président français Nicolas Sarkozy a accueilli le premier ministre Jean Charest à l’Élysée, hier, où les deux hommes se sont entretenus pendant une heure.
Paris — Au terme d'un voyage de quatre jours en France, le premier ministre Jean Charest s'est entretenu hier pendant une heure avec le président français Nicolas Sarkozy. Les deux hommes ont longuement parlé de la controverse qui entoure l'inflexion en faveur du Canada que le président paraît vouloir donner à cette relation. Le 8 mai dernier, Nicolas Sarkozy avait placé sur un pied d'égalité la relation avec Québec et celle avec Ottawa.

Sans rien dévoiler des propos de Nicolas Sarkozy, Jean Charest a surtout insisté, à sa sortie de l'Élysée, sur le caractère unique de la relation que le Québec entretient avec la France.

«On a eu une bonne discussion là-dessus. Je ne peux et je n'ai pas l'intention de parler pour le président Sarkozy, mais je peux vous dire que la relation entre le

Canada et la France, c'est une chose; et la relation entre le Québec et la France, c'est une relation privilégiée, une relation directe. Elle est actuellement à un sommet et nous allons atteindre de nouveaux sommets dans l'année 2008.»

Pas un instant, dit Jean Charest, lors de son entretien, il n'a eu «le sentiment que cette relation sera diminuée. Elle va continuer d'être une relation familiale. C'est filial, cette relation entre nous. [...] Là-dessus, le président et moi, on est sur la même longueur d'onde.» Selon Jean Charest, il s'agirait même d'«une relation unique au monde».

Questionné à plusieurs reprises, Jean Charest n'a pas voulu dire s'il avait défendu auprès du président français la thèse dite de la «non-ingérence» et de la «non-indifférence» qui règle les relations de Paris avec Québec depuis 40 ans.

«La formule, rappelons-nous, a été proposée dans un environnement où le Québec avait un référendum sur son écran-radar», dit-il. Sans affirmer ouvertement que la formule est périmée, Jean Charest estime que le contexte a changé. Mais il n'exclut pas qu'elle puisse servir «à nouveau, dans 20 ou 40 ans». Mais, conclut-il, «la relation, c'est plus que ça, c'est plus qu'un référendum».

Jean Charest ne s'étonne pas que, «quand le président de la République est dans un cimetière où des soldats canadiens sont enterrés [...], il veuille exprimer son amitié pour le Canada. [...] Mais cette reconnaissance [...] ne diminue en rien la relation que nous avons.» Jean Charest appelle à ne pas «infantiliser» cette relation.

La visite de Jean Charest en France a été l'occasion de découvrir que certains élus français avaient mal reçu le discours de Nicolas Sarkozy. Vendredi dernier, alors que le premier ministre arrivait à Bordeaux, le maire Alain Juppé s'est empressé de corriger presque mot pour mot le président en affirmant que, si «le Canada est un pays ami avec lequel nous avons intérêt à avoir des liens extrêmement étroits», les Québécois sont «un peu plus que des amis, ce sont des frères».

Le lendemain, l'ancien premier ministre Jean-Pierre Raffarin, qui avait été le premier à évoquer un changement de politique, s'est aussi empressé d'affirmer que «le Québec a dans notre coeur une place particulière», tout en précisant qu'il n'était «pas le porte-parole du président».

Cette modeste visite de quatre jours à Bordeaux, Brouage et Paris était sans commune mesure avec les festivités inaugurées par la gouverneure générale Michaëlle Jean, dix jours plus tôt à La Rochelle, qui avaient attiré plus de 10 000 personnes. Samedi, Jean Charest s'est contenté d'une courte cérémonie avec un choeur de 400 enfants devant le Bélem, le trois-mâts qui ralliera Québec le 3 juillet. À Brouage, lieu de naissance de Samuel de Champlain, sa visite est demeurée discrète.

À midi hier, devant la Chambre de commerce et d'industrie de Paris, le premier ministre s'est livré à un plaidoyer enlevé en faveur des deux projets qu'il caresse, à l'occasion de la visite de Nicolas Sarkozy en octobre. Selon lui, la négociation d'une entente bilatérale avec la France facilitant la reconnaissance des diplômes et des compétences professionnelles va bon train. En octobre, les deux gouvernements devraient pouvoir apposer leur signature au bas d'un document qui fixera au moins la façon de procéder avec les principaux ordres professionnels. «Nous voulons une entente qui va aller le plus loin possible et qui deviendra une référence.»

Le premier ministre reconnaît que son projet d'accord de libre-échange entre le Canada et l'Union européenne est moins à portée de main. «Si nous voulons un accord, il faudra se battre pour l'obtenir», a-t-il déclaré. Jean Charest mise sur Nicolas Sarkozy, qui occupera la présidence de l'Union dès juillet. Si ces négociations se concrétisent, il souhaite qu'elles soient conclues «dans deux ans au maximum». Dans la matinée, le premier ministre a d'ailleurs obtenu le soutien d'Ernest-Antoine Seillière, qui dirige Business Europe, une fédération d'entreprises européennes basée à Bruxelles.

Jean Charest a achevé son séjour en France en assistant à la première du spectacle de Céline Dion au Palais omnisport de Bercy. La diva québécoise s'est installée pour une semaine à Paris, où elle sera jeudi décorée de la Légion d'honneur.
 
 
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  • Gaetan Fortin
    Abonné
    mardi 20 mai 2008 03h13
    Le Québec vaut mieux que ça, sus aux ratatineurs!
    II fallait qu'on puisse expliquer au peuple que tout est bien, notre premier ministre s'en porte garant, la France nous aime!! Est-ce que les sourires de M. Charest doivent nous faire oublier que c'est la petite place sur le podium qu'il a choisi pour le Québec? Pensons-y, c'est la représentante de la reine d'Angleterre qui a bénéficié de la grande couverture française sinon mondiale.!!!! Il voudrait rattraper le train, le peuple murmure, mais ce ne sera que de la poudre aux yeux. Il a choisi en toutes choses la tiédeur pour le Québec et ce qui est singulièrement méprisable, c'est, que c'est toujours après coup qu'il sort de sa torpeur identitaire pour sauver les apparences. Ne méritons-nous pas mieux après 400 ans d'efforts de survie, que cette enrobage de guimauve de la part de ceux qui voudrait nous faire avaler que finalement nous ne ne sommes qu'une petite majorité locale qui manque vraiment d'ouverture. Il faudrait faire dire à notre PM et tous ses souteneurs que nous sommes encore très nombreux à panser nos blessures et à ne nourrir qu'un projet, la reconnaissance pleine et entière du peuple Québécois. Et ici, il faut préciser qu'il ne s'agit pas encore d'indépendance...

  • Gaetan Fortin
    Abonné
    mardi 20 mai 2008 05h25
    Sus aux ratatineurs!
    Il fallait qu'on puisse expliquer au peuple que tout est bien, notre premier ministre s'en porte garant, la France nous aime!! Est-ce que les sourires de M. Charest doivent nous faire oublier que c'est la petite place sur le podium qu'il a choisi pour le Québec? Pensons-y, c'est la représentante de la reine d'Angleterre qui a bénéficié de la grande couverture française sinon mondiale.!!!! Il voudrait rattraper le train, le peuple murmure...mais ce ne sera que de la poudre aux yeux. Il a choisi en toutes choses la tiédeur pour le Québec et le plus singulièrement méprisable, c'est toujours après coup qu'il sort de sa torpeur identitaire pour sauver les apparences. Ne méritons-nous pas mieux après 400 ans d'efforts de survie, que cette enrobage de guimauve de la part de ceux qui voudrait nous faire avaler que finalement nous ne sommes qu'une petite majorité locale qui manque vraiment d'ouverture. Il faudrait faire dire à notre PM que nous sommes encore très nombreux à panser nos blessures et à ne nourrir qu'un projet, la reconnaissance pleine et entière du peuple Québécois. Et ici, il faut préciser qu'il ne s'agit pas encore d'indépendance...

  • Gilles Bousquet
    Inscrit
    mardi 20 mai 2008 07h37
    Conversatioon imaginée Sarkosy-Charest
    Conversation très privée :

    Charest : Je vais aller droit au but, est-ce vrai que tu l'aimes plus que que moi ?

    Sarkosy : Mais non mais non, je t'aime plus que l'autre mais d'une autre façon.

    Charest : Tu fais mieux, sinon, je te cancelle mon invitation pour le 400 ième de Québec.

    Sarkosy : Fait pas ça, je ne le ferai plus, plus de yeux doux, promis, juré, foi de Sarko.

    Charest : Ça va être correct pour cette fois mais que je ne t'y reprenne pas.

    Sarkosy, la main sur le coeur : Que je tombe raide mort, si je mens. Maintenant, on va aller faire la bise davant les cameras et je retourne travailler. "en marmonnant " : J'ai pas rien que ça à faire, perdre mon temps avec des problèmes de ménage à trois, vive Michaëlle et le Canada" français ou anglais.

  • Marie-Andrée Paquet
    Inscrite
    mardi 20 mai 2008 08h49
    Conversatioon imaginée Sarkosy-Charest( bis)
    Charest:- Desmarais t'a mis au parfum?

    Sarko:- Oui.

    Charest:- Parizella pense qu'un petit bec devant la galerie fera son effet.

    Sarko/Charest (en coeur):- Allons-y.

  • andré michaud
    Inscrit
    mardi 20 mai 2008 09h20
    L'art d'inventer des problèmes..
    Ou est le problème à ce que la France à la fois se sente prêt du Québec à cause de la langue et à la fois reconnaissant au Canada d'avoir contribué à libérer la France???
    Trop de gens oublient que les québécois étaient majoritairement contre la participation militaire pour libérer la France des nazis , et que c'est le vote des canadiens anglophones qui a conduit à la participation militaire pour la libération de la France. Etre reconnaissant envers le Canada n'est que savoir vivre..!!

  • André Loiselet
    Abonné
    mardi 20 mai 2008 11h13
    La fête du fédéralisme
    Le 400ième sera la fête au fédéralisme telle que souhaitée par nos dirigeants actuels canadians et québécois. Et ce sera le remaniement historique tel que voulu, dans leur espace cervical, de ces mêmes dirigeants. Bref, comme toujours, la fausse représentation tout azimuth. Et la commission Bouchard-Taylor de maître Charest semble avoir des relents de ce même combat.
    Prévisible, peut-être?

  • camelot
    Inscrit
    mardi 20 mai 2008 11h51
    Raccomodement raisonable
    Trop tard. Le mal a été fait. Les officiels français ont préparé logtemps d'avance le coup d'éclat réservé à l'envoyée d'Ottawa. Ils ont eu l'extrême maladresse de soutenir la vision absurde de M.Harper sur l'histoire du Québec, en acceptant de mêler les morts de 39-45 avec la naissance de Québec. Nous ne sommes pas idiots. Cette association ne visait qu'à amoindrir notre relation jusque là privilégiée pour la noyer dans l'aventure canadienne, qu'on nous enfonce dans la gorge de force.On devait jumeler des milliers de villages à ceux du Québec. On devait illuminer la tour Effeil des couleurs du drapeau québécois pendant toute l'année 2008. On devait élever un village huron en France. On devait organiser une choralie magistrale avec des groupes de France et du Québec. On devait construire un escalier monumental comme présent à la ville de Québec. Qui a sabré dans ces projets croyez-vous ? Le gouvernement Harper. Il a préféré fêter avec les faux cow-boys de Calgary, tapisser la vieille capitale dette repoussante feuille d'érable rouge comme la honte,faire ériger par la Banque du Canada une révoltante mosaïque en hommage aux capitales provinciales, tel que le désire ces pantins ignorants.

    M. le président n'a pas le sens de l'histoire. Il n'a que des intérêts immédiats. Nous n'oublierons jamais cette agression.

    Jean-Marie Francoeur.

  • Marie-Louise Lacroix
    Inscrite
    mardi 20 mai 2008 19h25
    Michaud encore tout faux
    Comme à votre habitude (sauf exceptions, rares), M. André Michaud, vous avez une fois de plus tout faux.

    Les Québécois n'étaient pas du tout contre l'envoi de forces en France pour la libération du pays (ainsi que de l'Europe de manière générale) face à l'invasion et l'Occupation nazie.

    Les Québécois en avaient contre Mackenzie King qui a renié sa promesse de ne pas appliquer la Conscription (c'est d'ailleurs une spécialité depuis toujours, en Canada, de nier ses promesses à l'égard du Québec ; et les dernières décennies nous le rappellent en permanence). Les Québécois préféraient tout simplement que ce puisse être une décision personnelle, individuelle. Voilà tout. Après tout, un Québécois allant se battre sous les couleurs de l'Union Jack, c'était extrêmement dur à avaler. And in english too, and only. For sure.

    Et incidemment, ils furent nombreux, ces Québécois, à « s'engager » (dont plusieurs de ma propre famille, soit dit au passage). Et nombreux qui restèrent en sol français. Dessous. Le sol.

    M. Michaud, comme chez beaucoup de vos amis très attachés au Canada, la vérité des faits ne tient pas longtemps la route face à vos préférences politiques. Mais disons qu'il y a des jours, ce n'est pas seulement votre jupon de jeune fille qui dépasse de votre jupe.

    C'est simplement qu'il y a des jours où vous pensez qu'un jupon peut se porter comme un chapeau.

    Il en est de même de votre ami Pierre-Yves Pau, tiens, qui écrivait aujourd'hui même sur l'un des forums du Devoir, que le général De Gaulle se planquait à Londres. Loin du feu ennemi. La bêtise (ou la malhonnêteté intellectuelle, c'est selon) n'a décidément pas de fond.

    Et a encore de beaux jours devant elles.

    Bref, à voir l'argumentaire que les Québécois (???) de religion canadienne - il est vrai que selon M. Claude Archambault, un autre ami à vous, nous ne sommes que des French Canadians, et surtout pas des Québécois ! - opposent aux Québécois qui carburent à la dignité et à la liberté nationale, j'incline à penser que l'Indépendance n'est pas si éloignée que l'on pourrait le croire à vue de nez.

    Parce que face à tant de faiblesse - rédhibitoire, permanente, systématique - le camp adverse n'a même plus à se battre pour s'assurer de la victoire.

    Le temps joue pour « Nous ». Cela est certain. Car pour ce qui est de vous tirer dans les jambes, vous êtes (presque) tous des as.

    Me Michel Lebel compris.
    Que dis-je ???
    Il est même aux premières loges.

  • Jean Leroux
    Inscrit
    mercredi 21 mai 2008 08h49
    Cessez les insultes personnelles
    À lire certaines missives des lecteurs, dont celle de madame Michaud aujourd'hui, on voit que les francophones au Québec sont en train de retomber dans les vieilles habitudes de "chicanes de famille" et "bassesses politiques". On comprend tous que le PQ désire la chicane ardemment pour reprendre un débat dépassé mais il y a quand même une différence entre "exprimer une opinion différente de celle de l'autre" et "insulter la personne qui exprime cette opinion différente". Je prends le risque de paraphraser une grand premier ministre britannique, Sir Winston Churchill (oui, chers péquistes il était un grand homme même s'il était anglais!!). Churchill disait :"je ne suis pas d'accord du tout avec ce que vous dites mais je vais défendre à mort votre droit de parole". Ça c'est du respect de la différence de l'autre. Y a-t-il place pour ce type de respect dans les pages du Devoir et dans l'émotif débat sur la séparation du Québec?

  • LeRévoltéTranquille
    Abonné
    jeudi 22 mai 2008 11h57
    Insultes personnelles ou inculture individuelle
    Foin de se rendre aux arguments des fédâralistes radoteurs de fadaises bon-ententistes, nous les Québécois d'expression française avons un projet porteur d'avenir, de promesses et de lendemains radieux pour l'identité et la culture québécoise et la langue française en Amérique du Nord.

    Mais c'est comme si les fédâralistes sauce PET-Chrétien avaient l'incapacité de rêver suite à une lobotomie sélective qui ne leur permet que de ne rêver qu'à cette fiction de l'esprit avortée d'une mère indigne et de ses géniteurs bornés capitalistes et commerçants qu'a été le British North America Act.

    Alors qui porte les plus larges oeillères quand, dans cette grande fiction de l'esprit de 10 000 000 de km carrés, les Québécois francophones ne sont chez eux NULLE PART si on n'y parle pas en ANGLAIS ???

    On nous parle de repli sur soi, moi je vous parle de survivance sur un acquis territorial de taille: le territoire et l'État du Québec !!!

    Kill the head, the body's dead, ont-ils pour leur dire; ç'a a été tenté en 1759, en 1839, en 1918, en 1982, en 1990, en 1999, en 2006, en mai 2008, mais curieusement l'âme du Québec français ne meurt pas !

    À bon entendeur...

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