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L'effondrement

Michel David   13 mai 2008  Québec
On se demande encore quelle mouche avait bien pu piquer le vice-chef de l'ADQ, Gilles Taillon, pour qu'il songe à abandonner son siège de Chauveau et à tenter sa chance dans Hull.

Il est vrai que M. Taillon a eu quelques problèmes avec l'exécutif de son association, mais les résultats des élections partielles d'hier, aussi bien dans Hull que dans Bourget et Pointe-aux-Trembles, fera réfléchir les députés adéquistes au sens du proverbe «Un tiens vaut mieux que deux tu l'auras». Ceux qui se voyaient déjà à l'Assemblée nationale jusqu'à l'âge de la retraite feraient mieux de prévoir un plan B.

Les derniers sondages laissaient déjà entrevoir une soirée désagréable pour l'ADQ, mais le choc a été brutal. Même si Montréal et l'Outaouais ne sont des terreaux particulièrement fertiles pour le parti de Mario Dumont, on peut parler d'un véritable effondrement. Non seulement, les résultats sont très inférieurs à ceux de mars 2007, mais aussi à ceux d'avril 2003, alors que l'ADQ avait fait élire seulement 5 députés dans l'ensemble du Québec.

Cette fois-ci, la qualité des candidats n'est pas en cause. S'il est difficile d'imaginer comment M. Dumont pourrait former un conseil des ministres à partir de la députation actuelle, il ne fait aucun doute que Diane Bellemare et Denis Mondor y auraient eu leur place. La difficulté sera maintenant de convaincre des gens de valeur d'abandonner leur emploi actuel pour se lancer dans une aventure aussi périlleuse, pour ne pas dire suicidaire.

Il ne servirait pas à grand-chose de chercher à identifier un élément particulier qui expliquerait cette déconfiture, par exemple la publicité controversée de l'ADQ sur l'immigration. Compte tenu des ressources qui ont été investies, le rejet a été trop massif dans les trois comtés pour ne pas être global.

Il est vrai que le contexte n'était pas idéal pour l'ADQ, mais M. Dumont devra bientôt commencer à se demander s'il doit encore jouer pour la coupe ou s'il ne devrait pas songer à se concentrer sur ce qui peut encore être sauvé.

***

La PQ a conservé ses forteresses, mais il n'y a pas vraiment de quoi pavoiser, même si la marginalisation de l'ADQ est de nature à dissiper les craintes de ceux qui craignaient que le PQ soit arrivé au bout de son rouleau et qu'il subisse le sort de la défunte Union nationale.

Soit, après la frousse du printemps 2007, le PQ redevient la seule alternative crédible au gouvernement Charest, mais le retour à la polarisation pourrait bien se traduire par une nouvelle majorité libérale.

Dans Pointe-aux-Trembles, la victoire éclatante de son amie Nicole Léger, qui avait été une des très rares à la soutenir durant les années difficiles qui ont suivi la défaite de 2003 fera certainement plaisir à Pauline Marois, mais il s'agit d'un fief personnel de la famille Léger.

Dans Bourget, les libéraux ont largement profité du recul de l'ADQ, tandis que Makka Koto a eu toutes les peines à conserver les anciens appuis de Diane Lemieux. Le PQ est d'ailleurs le seul parti qui n'ait pas bénéficié de la dégringolade adéquiste.

Manifestement, dans l'ancien comté de Camille Laurin, la perspective d'une «nouvelle loi 101» n'a pas eu un grand effet. En revanche, il serait prématuré de s'inquiéter de la menace que pourrait représenter le nouveau Parti indépendantiste.

Dans Hull, le PQ peut se féliciter d'avoir récupéré l'essentiel du vote adéquiste. Même si Gilles Aubé a bien exploité le dossier de la santé, la libérale Maryse Gaudreault n'en a pas moins amélioré le score réalisé par Roch Cholette en mars 2007.

Mme Marois a dit voir dans les résultats d'hier un message adressé au gouvernement. Précisément, le premier ministre Charest a pris bonne note que le PLQ est le seul à avoir progressé dans les trois circonscriptions. S'il a d'autres projets électoraux pour l'automne, il n'y a certainement rien là pour le décourager. Surtout que de moins en moins électeurs semblent s'intéresser à ce qu'il fait. Aussi bien en profiter.






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  • Raymond Saint-Arnaud
    Abonné
    mardi 13 mai 2008 00h55
    c
    « M. Charest est fort de l'appui quasi unanime des anglophones et des allophones anglicisés, mais il profite surtout de la division des francophones pour se glisser au pouvoir. Il gagne pour ainsi dire par défaut. Il ne représente pas la majorité des Québécois.

    Aux prochaines élections, il suffira d'un peu de cohésion chez les francophones pour envoyer M. Charest aux oubliettes. »

  • Simon Leduc
    Abonné
    mardi 13 mai 2008 06h19
    L'ADQ va subir le même sort que l'Union nationale
    « Lors des élections partielles qui ont eu lieu dans Bourget, Pointes-aux-Trembles et dans le comté de Hull, l'Action démocratique du Québec s'est littéralement effondrée. Après avoir flirté avec le pouvoir après les élections du 26 mars 2007, l'ADQ est sur le bord de disparaître et cela à cause de la faiblesse de l'équipe adéquiste et de Mario Dumont qui n'a pas su prouver aux Québécois qu'il avait l'étoffe d'un chef d'État. Après le 26 mars 2007, tout le monde croyait que le Parti québécois allait disparaître du paysage politique québécois mais c'est l'ADQ qui va reposer en paix. Après l'Union nationale, un autre parti politique de droite va disparaître dans la brume, laissant l'électorat conservateur québécois orphelin. On doit se poser la question suivante : pourquoi les partis politiques de droite ont de la difficulté à s'imposer comme force politique au Québec malgré l'existence d'un fond bleu dans les régions du Québec?

    Simon Leduc »

  • Serge Manzhos
    Inscrit
    mardi 13 mai 2008 06h51
    par quel defaut, M. Saint-Arnaud ?
    « M. Saint-Arnaud, si c'etait vrai que la division des francophones soit la raison premiere du maintien de PLQ au pouvoir, il ne faut toujours pas presenter ladite division comme un facteur externe, 'meteorologique', duquel les electeurs francophone ne sont guere responsables ou auteurs. Alors il faut qualifier votre argument: PLQ ne represent pas la majorité absolue des Québécois mais il represent bel et bien la partie la plus vaste de la population par le fait d'etre elu, meme correction faite du systeme electoral. Et si votre these est correcte, ce n'est pas par defaut qu'il a gagne' mais par le defaut justement des idees coherentes chez ses adversaires, comme cous le dites. »

  • jean claude pomerleau
    Inscrit
    mardi 13 mai 2008 07h42
    ADQ : Novembre, le mois des morts.
    « ADQ : Novembre le mois des morts.

    L'appui de l'électorat au parti de M Mario Dumont a décroché depuis Novembre 2007. Pourquoi, pour la même raisons qui a permis à Mme Pauline Marois de revenir à l'avant scène politique et au P.Q. de passer en avant de l'ADQ: La proposition de doter le Québec de sa propre Constitution.

    Plutôt que de saisir l'occasion de mettre en place un engagement important de son programme électoral (Constitution de l'État Autonome du Québec), et; de régler ainsi le problème des accommodements raisonnables qu'il avait lui même agiter pour se faire du capital politique, Super Mario aura mis une semaine pour sortir du garde robe et venir dire NON à une chance historique de voir le Québec se doter enfin de sa propre constitution. C'est au moment ou il a fermer cette porte que Super Mario a perdue sa crédibilité de « premier ministrable ».

    Je doute qu'il le sache. Le problème avec M Mario Dumont c'est qu'il n'a aucune culture d'état et donc aucun centre de gravité politique (girouette). S'il avait eue minimum de doctrine d'état il aurait immédiatement compris qu'un projet de constitution est un acte d'état d'envergure qui donne à celui qui le propose, et le mène à terme, une crédibilité d'homme d'état; exactement ce qui lui manquait pour franchir la porte du pouvoir qui était pourtant à sa porté en Octobre 2007, un mois avant le mois des morts.

    ADQ : Novembre, le mois des morts. »

  • Raymond Vaillancourt
    Abonné
    mardi 13 mai 2008 08h13
    Travailler seul !
    « Je me demande encore pourquoi on n'impute pas l'effondrement de l'ADQ à son chef comme on le ferait pour la victoire ?! L'ADQ est encore le parti de Mario Dumont et vous ne pouvez être accepté dans ce parti que si vous vous engagez à ne pas l'oublier. C'est comme cela depuis la fondation et cela risque de le rester. Au moins, les autres chefs font semblant ou donne l'impression de travailler en équipe ! »

  • Georges Allaire
    Inscrit
    mardi 13 mai 2008 08h54
    L'inévitable imprévu
    « L'ADQ devait s'écraser après son succès de l'an dernier. En effet, on a fait bien du bruit avec son résultat électoral, mais il fallait quand même noter que deux tiers des Québécois n'étaient pas adéquistes et que l'ADQ avait inévitablement contre elle l'ensemble des rêveurs à plume du Québec. La formation universitaire et collégiale québécoise a été massivement "sociale-démocrate" (ou sociale-bureaucrate) tandis que le restant de la formation intellectuelle se réfugiait dans le vide comptable que l'on appelle libéral. L'insuccès du P.Q. sur le terrain et l'obsession libérale de Jean Charest d'imiter le P.Q. ont créé un vide favorable à l'ADQ. Mais la déresponsabilisation du P.Q., qui n'était plus au pouvoir, et l'imitation adéquiste de Jean Charest ont volé à l'ADQ son plein d'insatisfaits pendant que les érudits ont sans cesse critiqué ce qui n'était pas eux dans l'ADQ, i.e. l'ADQ tout simplement.

    À côté de ces deux obstacles majeurs, les gaffes ou les traits de génie de Mario Dumont ne faisaient pas le poids. Aussi meurt-il à nouveau jusqu'à ce que le projet québécois devienne aussi moribond que le dupléssisme en son temps et jusqu'à ce que les nouveaux Québécois aient enterrés les Québécois sans descendance. Le Québec se tournera-t-il alors vers Mario Dumont ou de nouveaux visages prendront-ils le virage, le laissant dans le cirage? L'avenir n'est jamais écrit d'avance. Il se constate uniquement lorsqu'il est passé. »

  • Patrick Lépine
    Inscrit
    mardi 13 mai 2008 09h30
    Le devoir, où l'art d'observer les dinosaures...
    « Le seul candidat qui semble intéressant c'est Maka Kotto du PQ, mais comme "il est prématuré" de parler du PI, ne disons rien de plus sur les autres...

    Jean Charest, quel grand gouverneur! Oups pardon, Premier Ministre...

    Est-ce que traître ne serais pas plus approprié dans le pays qui nous concerne??? »

  • Steve Fortin
    Abonné
    mardi 13 mai 2008 13h08
    @ M. Simon Leduc
    « Je tente un élément de réponse juste comme cela. De tout temps, cet élément du paysage politique québécois que l'on nomme le "vieux fond bleu" a toujours eu tendance à s'épanouir au sein de la mouvance de l'affirmation nationale ou du nationalisme. Cette mouvance trouverait sa véritable raison d'être dans un Québec souverain, là où elle pourrait représenter la mouvance de droite du nationalisme québécois.

    Car soyons bien francs, dans un PLQ noyauté par les communautés culturelles et presque unanimement par la communauté anglophone du Québec, ce véhicule politique ne conviendra jamais au "vieux fond bleu". En 1995, M. Dumont avait vu juste en appuyant le "oui", dans un Québec souverain, il aurait pu représenter éventuellement les aspirations de cette frange des nationalistes québécois. En revanche, son autonomisme est si vague et absent de toute substance ce qui le rend bien difficile à "vendre" à quiconque voit plus loin que la phrase assassine... »

  • Fleurette Riverin
    Abonné
    mardi 13 mai 2008 14h23
    2 milliards pour revenir à la case départ
    « Ces élections partielles nous coûteront l milliard 500 millions au Québec et 500 millions au fédéral. Total: 2 milliards pour revenir à la case départ alors que la carte électorale est restée la même. Et c'est sans compter les allocations de départ qu'il aura fallu donner à ces quatare députés. Il devrait donc être interdit à tout député, de quelque parti que ce soit, de quitter son poste avant la fin de son mandat, à moins d'avoir une raison très sérieuse de le faire.


    J'aimerais bien savoir le montant de toutes les allocations de départ consenties à ces députés qui sont basées sur leurs années de service et si Maka Koto, tout droit issu du Bloc québécois devenu le Sénat des péquistes à Ottawa en attendant qu'ils reviennent au bercail, devrait avoir droit à une allocation de départ lorsqu'il revient au Québec.

    Cette élection s'est surtout faite contre l'opposition de Mario Dumont, les autrespartis ayant gardé leurs forteresses. Elle nous démmontre que le thème de l'immigration cher à Mario Dumont a été rejeté, et que la nouvelle Loi 101de Pauline Marois a elle aussi été rejetée.Elle prouve que les québécois ne veulent plus de vieilles chicanes de presque 50 ans et qu'ils veulent qu'on fasse valoir nos droits dans l'harmonie. Avis aux chicaniers.

    Et bravo aux verts qui ont fait une belle percée, il serait bien d'avoir au moins un vert à l'Assemblée nationale. »

  • loiselet
    Abonné
    mardi 13 mai 2008 15h20
    Retour vers le futur
    « Chers amis, l'ADQ est devenu l'opposition officielle le jour où M.Boisclair s'est pointé. Maintenant qu'il est parti, tout redeviendra comme avant. Bientôt, Mme. Marois devra se battre seule contre M.Charest. »

  • Simon Leduc
    Abonné
    mardi 13 mai 2008 15h37
    Réponse à M. Fortin
    « Avant l'avènement du Parti québécois en 1968, les conservateurs québécois appuyaient l'Union nationale parce qu'il était nationalisme et il défendait les intérêts du Québec face à l'intransigeance d'Ottawa. L'Union nationale est mort dans les années 80 à cause de la polarisation entre souverainistes et fédéralistes. En 2008, l'indépendance du Québec n'est plus dans l'écran radar du Parti québécois qui défend les idées autonomistes de l'ADQ. L'Action démocratique du Québec peut être comparé au Parti créditistes et non à l'Union nationale. Tout comme les créditistes à l'époque, les adéquistes défendent des idées traditionelles de droite comme les valeurs familiales et un discours anti-immigration. Je crois que l'ADQ va disparaître du paysage politique québécois parce qu'elle n'est pas une formation politique crédible qui aspire au pouvoir et qu'il présente un programme de gouvernement à la population. L'ADQ est un parti politique populiste et démagogique qui utilise les peurs et les craintes de la population pour prendre le pouvoir comme on l'a constaté dans les dossiers de l'immigration et de l'identité. De plus, l'ADQ ne fait que critiquer le gouvernement sans jamais proposer de solutions aux problèmes qui afligent le Québec. Le Québc a besoin d'un "vrai" nouveau politique qui ne proposer aux Québécoises et aux Québécois des solutions pour résoudres les problèmes qui touchent le Québec en ce moment et qui va repésenter une solution de rechange au gouvernemnt libéral de Charest. Le plus triste en ce moment c'est que les Québécois vont certainement réélirent un gouvernement terne et sans vision pour un troisième pour la seule et bonne raison qu'il n'y a pas de solution de rechange. À mes yeux, le Parti québécois et l'ADQ ne représentent pas des solutions de rechange crédible au gouvernement du Québec et c'est pour cette raison qu'on va pogné pendant un bon bout de temps avec le gouvernement libéral du très Canadien Jean Charest. »

  • Karine Brassard et Gabriel Danis
    Inscrit
    mardi 13 mai 2008 15h54
    Madame Riverin, vos chiffres sont loufoques
    « Le coût des trois récentes élections partielles au Québec se chiffre ne se chiffre certainement pas à 1,5 milliards !!!!

    Les dernières élections générales québécoises ont coûté 75 millions. (remboursement des dépenses des candidats compris) Et cette facture était pour 125 circonscriptions...alors imaginez pour trois ! »

  • Michel Thibault
    Abonné
    mardi 13 mai 2008 17h50
    La seule alternative
    « Les résultats des partielles tendent à démontrer que l'ADQ n'était qu'un feu de paille aux dernières élections. Que le parti de Mario Dumont rassemblait largement les protestataires face au gouvernement précédent. Que les québécois ne veulent pas d'un parti qui ressemble un peu beaucoup à notre voisin. »

  • Jo Blo
    Inscrit
    mardi 13 mai 2008 23h04
    @ Fleurette Riverin: 1,5 millions
    « C'est 500 000$ par comté. Grosse différence! »

  • Fleurette Riverin
    Abonné
    mercredi 14 mai 2008 09h44
    Erreur de ma part: 2 millions et non 2 milliards
    « J'ai fait erreur et écrivant milliards et non millions. Je m'en excuse et remercie ceux qui m'ont avisé de mon erreur. »

  • Lorraine Dubé
    Abonnée
    mercredi 14 mai 2008 11h16
    @ Michel David Petite correction
    « Monsieur David vous écrivez: La difficulté sera maintenant de convaincre des gens de valeur d'abandonner leur emploi actuel pour se lancer dans une aventure aussi périlleuse, pour ne pas dire suicidaire.
    Tout le monde ne perd pas nécessairement son poste monsieur David.
    Que ce soit pour Richer Dompierre, conseiller municipal s'étant présenté 2n 2003 sous la bannière libérale contre Louise Harel qui l'a battu dans Hochelaga-Maisonneuve ou pour Lyn Thériault maîresse...chacun reprend son ancien poste comme si de rien n'était. C'est différent au municipal car beaucoup plus souple comme critère. Ce qui est fort discutable! Je ne vois rien de suicidaire à tenter sa chance et garder son petit coussin pour protéger la retombée.
    Maka Kotto par exemple a dû démissionner de son poste de député fédéral du Bloc pour se présenter dans Bourget. Ce que je crois plus juste...et moins opportuniste. Les règles devraient toujours être plus strictes et obliger la démission de l'ancien poste au préalable. »

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