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La touche anglaise

Qu'est-ce qui relie Pauline Marois aux britanniques Chelsea Football Club et Manchester United? Apparemment rien qui n'ait de rapport avec la touche ou le penalty. Mais en réalité, tout avec la langue et l'immigration.

Cette association coquine n'aurait pas été possible sans une nouvelle tombée cette semaine en Grande-Bretagne: le dévoilement, par le Secrétariat à l'immigration, de nouvelles règles régissant l'entrée d'immigrants en sol anglais. Resserrant les conditions d'accueil des nouveaux arrivants, Londres a dévoilé un nouveau système de points destiné à mesurer les aptitudes des travailleurs immigrants frappant à sa porte.

À compter de l'automne prochain, les nouvelles règles lieront l'octroi d'un emploi à la réussite à un examen d'anglais pour tout immigrant venant de l'extérieur de l'Europe. Le test vérifiera la maîtrise de «l'anglais de tous les jours», a prévenu le secrétaire d'État Liam Byrne.

Un petit ajout du ministre Byrne a suffi pour causer tout un émoi là-bas. En effet, qu'on n'aille pas croire que les «joueurs de football [de soccer] [seront] exemptés de l'examen d'anglais»! Qu'on n'imagine surtout pas que les stars et les entraîneurs pourront avoir droit à «un traitement de faveur»! Non. Les vedettes du Manchester United et du Chelsea Football Club parleront l'anglais, même s'ils débarquent d'Afrique ou d'Amérique du Sud: une exigence minimale, un exemple à montrer.

Sourions... De ce côté-ci de l'Atlantique, les débats politiques ont abondamment mis en scène le combiné immigration et langue. Le plus gros tollé a été causé par le projet de loi 195 sur l'identité, présenté l'automne dernier par la chef du Parti québécois, Pauline Marois. Elle y proposait d'exiger des nouveaux arrivants la maîtrise «appropriée» du français, faute de quoi certains droits politiques leur échapperaient. Cette idée a causé un véritable raz-de-marée.

Ce projet n'a jamais fait l'objet d'un véritable débat à l'Assemblée nationale, mais depuis, on en cause sans en causer: l'identité québécoise, avec en vedette la langue et l'immigration, n'a en effet jamais quitté l'avant-scène politique.

Bien sûr, comparer entre eux des régimes aussi différents que la Grande-Bretagne et le Québec s'avère toujours un exercice boiteux. L'Europe a fait des pas de géant en matière d'intégration linguistique, et c'est sans compter certaines politiques impitoyables — vues d'ici — de contrôle des flux migratoires.

Le gouvernement de Gordon Brown a beau s'en défendre, ses nouvelles règles visent indirectement à réduire l'immigration en plus de favoriser la main-d'oeuvre locale. Le test linguistique, lui, décimera-t-il les espoirs des équipes de foot, qui pigent de plus en plus de talents dans les bassins étrangers? L'avenir le dira. Transposé ici, en tout cas, un test de français réduirait au moins de moitié les aspirations du... Canadien! C'est un pensez-y bien...

***

machouinard@ledevoir.com






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  • jacques noel
    Inscrit
    vendredi 9 mai 2008 06h36
    A quand une Équipe-Québec?
    « Y'a un tournoi mondial de hockey à Québec. C'est notre sport national, mais on n'a pas d'équipe. Encore une fois, Team Canada a craché sur notre talent: à peine deux Québécois dans l'équipe.

    Pendant ce temps, les Écossais participent à toutes les compétitions sportives internationales sous leurs couleurs bleu et blanc (à part les JO).

    Me Bertrand a bien eu l'idée d'y présenter une équipe: pas un seul péquiste et bloquiste l'a soutenu.

    Si c'est bon pour la Vieille Albion, ça devrait être aussi bon pour les Tremblay d'Amérique. »

  • Bruno Giroux
    Abonné
    vendredi 9 mai 2008 07h16
    Et si?
    « Et si ce n'était tout simplement pas une politique d'un peuple qui se respecte? Un exemple à suivre. »

  • Raymond Saint-Arnaud
    Abonné
    vendredi 9 mai 2008 09h02
    l'anglais est très menacé
    « L'Angleterre n'est pas comme le Québec, l'anglais est très menacé en Angleterre ... »

  • Roland Berger
    Abonné
    vendredi 9 mai 2008 09h14
    Le Canadien en français ?
    « L'imposition de la langue française à tous les joueurs du Canadien aurait un certain avantage, celui d'obliger la direction de l'équipe de hockey à n'engager que des joueurs formés au Québec, ou presque, puisque des Français et des Suisses francophones jouent aussi au hockey. Mais cessons de rêver. Le seul fait qu'un politicien quelconque mentionne cette possibilité soulèverait un tollé chez la population anglophone du Québec, et du Canada, et chez l'immense majorité des amateurs francophones du Québec. Leur club risquerait de se retrouver dans les ligues mineures, crieraient-ils.
    Et oui, nous en sommes là. La colonisation, momentanément ébranlé par la Révolution tranquille et la loi 101, continue son oeuvre. Et est colon celui qui refuse de le voir.
    Roland Berger
    St-Thomas, Ontario »

  • Pierre-Yves Pau
    Inscrit
    vendredi 9 mai 2008 09h49
    Donc, Mme Chouinard...
    « ... vous reconnaissez implicitement que le projet de loi 195 était pour le Parti Québécois une façon de se placer les pieds sur le thème anti-immigration. Merci de confirmer nos doutes. »

  • Réjean Grenier
    Abonné
    vendredi 9 mai 2008 10h23
    L'anglais aux anglais, le français aux français...même immigré
    « donc, Madame Marois avait raison à exiger des immigrants
    la connaissance du français sous peine de ne pouvoir se
    présenter aux élections.
    Les Anglais, les vrais Anglais d'Angleterre se propose d'en faire autant. C'est là le gros bon sens et Madame Marais
    avait raison. Bravo!
    Réjean Grenier »

  • Henri-Bernard Boivin
    Abonné
    vendredi 9 mai 2008 18h59
    Le gros bon sens
    « C'est parfaitement normal que l'on exige une connaissance minimale de l'anglais pour immigrer en Angleterre, comme c'est parfaitement normal d'exiger une connaissance minimale du français pour immigrer au Québec.

    Henri-B. Boivin »

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