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Cendrillon

Michel David   19 avril 2008  Québec
Pauline Marois
Photo : Jacques Nadeau
Pauline Marois
Quand il a publié son autobiographie sous le titre À visage découvert, Lucien Bouchard voulait dissiper la fâcheuse impression que son parcours politique sinueux, qui contrastait avec la ligne franche et droite suivie par Jacques Parizeau, pouvait ressembler à de l'opportunisme. Il faut reconnaître qu'il a plutôt bien réussi.

Jean Charest a plaidé avec moins de succès qu'il avait «choisi le Québec» de son plein gré. Encore aujourd'hui, les conjectures vont bon train sur le «pont d'or» qu'il a fallu lui offrir pour qu'il accepte de succéder à Daniel Johnson.

Il aurait sans doute été un peu fort que Pauline Marois intitule son livre «Cendrillon», mais c'est l'image qui vient spontanément à l'esprit en le parcourant. Même la photo ultra-léchée sur la couverture a quelque chose de féerique. Ce n'était pas les belles robes de ses soeurs invitées au bal du roi qui lui faisaient envie mais les souliers de ses amies plus fortunées du collège Jésus-Marie de Sillery.

On peut facilement comprendre que la chef du PQ cherche à se débarrasser de cette image de grande bourgeoise ou, pis encore, de parvenue qui lui colle à la peau, mais son insistance sur la modestie de ses origines finit par devenir agaçante.

Il est vrai que l'argent n'a altéré ni sa simplicité, ni sa générosité, mais il vaut mieux qu'elle assume pleinement sa bonne fortune, comme l'a démontré le malheureux incident de la bicoque dans Charlevoix. Le fait d'avoir eu un père ouvrier et une mère maîtresse d'école n'impressionnera pas ceux qui sont indisposés par l'opulence de son train de vie.

***

Au départ, Mme Marois voulait signer son livre conjointement avec son mari, Claude Blanchet. Elle a été bien inspirée de n'en rien faire, mais il est resté quelque chose du projet initial. Leur belle histoire d'amour est sans doute touchante, mais il est très rare que le conjoint d'une personnalité politique tienne une aussi grande place dans son autobiographie.

Plus encore que les «toilettes silencieuses» ou le château de l'île Bizard, le passage controversé de M. Blanchet à la Société générale de financement (SGF) a nui à l'image de la chef du PQ. Quand on a appris que le Parti libéral versait secrètement un supplément annuel de 75 000 $ au premier ministre Charest depuis dix ans, les libéraux ont aussitôt répliqué en évoquant la pension de 80 000 $ touchée par M. Blanchet, qui ne manquait déjà de rien.

Dans son livre, Mme Marois insiste longuement sur les préoccupations sociales de son mari. Dans les années 1970, tout en grimpant les échelons de Campeau Corporation, qui allait lui permettre de faire fortune dans l'immobilier, il est devenu le président-fondateur de la Télévision coopérative de l'Outaouais. Ce furent ensuite la Société de développement des coopératives, puis le Fonds de solidarité de la FTQ.

Sous prétexte qu'elle n'a jamais pris part aux discussions qui touchaient son mari, la chef du PQ est totalement muette sur l'épisode de la SGF. Toutes les bonnes oeuvres de son «banquier de gauche» ne feront cependant pas oublier que la perte de centaines de millions de dollars lui a valu une pension qui équivaut au total à une prime de 1,2 million.

On comprend très bien qu'un livre comme celui-ci ne vise pas à faire oeuvre d'histoire et que Mme Marois doit ménager l'avenir et les gens qui en feront partie. Malgré tout, il n'est pas interdit d'apprendre quelque chose au lecteur.

Sans faire de grandes révélations, on aurait pu espérer que Mme Marois jette un nouvel éclairage sur les événements dont elle a été le témoin privilégié ou auxquels elle a elle-même participé. L'observateur le moindrement attentif de la scène politique restera malheureusement sur sa faim. Mme Marois n'est surtout pas du genre à régler ses comptes dans un livre. De toute manière, Cendrillon a toujours pardonné les méchancetés.

***

C'est un euphémisme de dire que le PQ et le mouvement souverainiste traversent des moments difficiles. Même si tous ne l'expriment pas avec sa véhémence, Victor-Lévy Beaulieu n'est certainement pas le seul à se sentir désorienté, sinon trahi.

Il serait absurde de penser que Pauline Marois ne souhaite pas que le Québec devienne souverain, mais elle fait le même constat que Lucien Bouchard: «Chaque fois que nous demandons au peuple québécois de faire le dernier pas pour que nous soyons enfin vraiment responsables de tout, il prend peur et recule.»

Cette réalité était devenue insupportable à M. Bouchard, qui ne se voyait pas labourer indéfiniment la mer. Avec deux jeunes enfants, il avait mieux à faire qu'à s'user dans des combats d'arrière-garde. Après la défaite de 1995, Jacques Parizeau n'était pas davantage intéressé à gouverner une simple province canadienne.

Le livre de Mme Marois ne traduit pas cette douleur, même si elle a offert un remarquable exemple de détermination. Contrairement à Lucien Bouchard ou à Victor-Lévy Beaulieu, elle est prête à vivre avec notre faiblesse collective. «Le Québec est ainsi fait», dit-elle avec philosophie. Déjà, au lendemain des élections de 1998, elle était convaincue de la nécessité de renvoyer le référendum aux calendes grecques, sans avoir la moindre envie de quitter la politique pour autant.

Son histoire est celle de la petite fille qui enviait les souliers de ses amies et qui, après avoir rencontré son prince charmant et eu de nombreux enfants, est peut-être sur le point de réaliser son ultime rêve en devenant la première femme à occuper le poste de premier ministre du Québec. Pourquoi serait-elle sombre? La photo sur la couverture de son livre l'exprime admirablement: elle est déjà une femme heureuse.

***

mdavid@ledevoir.com






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Vos réactions

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  • wally bellemare
    Inscrit
    samedi 19 avril 2008 06h21
    les édiro-chroniques du Devoir... ?
    « Vous êtes celui que je lis en premier des édito-chroniques
    à la réception de mon Devoir...Vous êtes excellent Monsieur...parce que tous(es) ceux(elles) du Devoir le sont ! »

  • Denis Beaulé
    Abonné
    samedi 19 avril 2008 06h25
    Puissance en la faiblesse ?
    « « C'est dans la faiblesse que se déploie la puissance ».
    Et peut-être la sagesse aussi. Ou en raison d'une sagesse. »

  • wally bellemare
    Inscrit
    samedi 19 avril 2008 06h46
    vous avez de la profondeur...monsieur David.
    « Monsieur David,
    je lis quotidiennement Le Monde, La Presse, ... Le Journal de montréal ? lE Courrier InTERNATIONNAL...ETC, etc...vos écrits sont toujours pris au sérieux par moi à chaque lecture ?
    Vous avez de la prondeur.Je ne connais pas votre CV...MAIS...?...vous très objectif dans vos écrits...et libre
    dans vos opinions.
    Félicitations...

    wally bellemare »

  • claire dufour
    Abonnée
    samedi 19 avril 2008 07h38
    Quand la bonne fée a touché le berceau de la fillette.
    « Bonjour,
    C'est vrai que la vie de Mme Marois semble être digne d'un conte de fée mais sa persévérance à vouloir nous donner un pays n'en est que plus méritoire. Pourquoi se battre contre des moulins à vent au-lieu de rester bien peinarde chez elle. Bravo Mme Marois, je vous appuie. »

  • Donald Bordeleau
    Inscrit
    samedi 19 avril 2008 08h13
    Vous êtes Pauline Marois. Point à la ligne
    « Madame, vous avez le droit d'être riche, d'être heureuse. J'aimerais une fois pour toute que Monsieur Blanchet clarifie l'histoire du 80 000$ qui je crois n'a pas volé mais qu'il a reçu de plein droit. Comme à si bien dit Monsieur Bachand lors d'une émission au club des ex "je vais dire une vacherie à propos de $$$ payé à Monsieur Blanchet" hors je crois que toute vacherie à un prix et que la contreverse doit être clarifiée. Bon Dieu, soyez Madame Marois, battez-vous mais surtout faites pâlir vos adversaires par votre intégrité
    Lucie Pelletier »

  • Nestor TURCOTTE
    Inscrit
    samedi 19 avril 2008 08h14
    L'image, toujours l'image !
    « Les grands personnages politiques n'ont pas à travailler sur leur image. Leur force intérieure fait oublier les défauts de perception, les impressions superficielles des observateurs. L'histoire universelle compte peu de grands personnages politiques. Ceux qui ont essayé de l'être en essayant de modifier ce qu'ils laissaient comme impression, ont été de piètres dirigeants. On sent, à l'approche d'un politicien, si celui-ci est un vrai ou un faux.

    René Lévesque était un vrai! A son approche, on se sentait aimé, apprécié et considéré. Pauline ne dégagera jamais ce sentiment d'être près des gens qu'elle prétend défendre. Dommage! le coup de pinceau libraire ne peut pas faire oublier le cosmétique dont elle nous a habitué depuis fort longtemps. »

  • Pierre Poulin
    Abonné
    samedi 19 avril 2008 08h14
    un défi à la future chèfe d'État
    « J'aime bien Madame Marois mais pourquoi cette petite opération de séduction ? Au lieu d'écrire des bio racoleuses, une meilleure idée, pour elle et pour MM Dumont et Charest, puisque ils le peuvent, j'aimerais qu'ils pensent bientôt à corriger en notre nom, une fois pour toutes, les injustices faites au peuple invisible. »

  • jacques noel
    Inscrit
    samedi 19 avril 2008 08h40
    "Son rêve ultime...."
    « "devenir la première femme à occuper le poste de premier ministre du Québec"
    Vous avez tout compris. Pauline veut vouloir dire à ses petits enfants: regardez mamie, elle est devenue la première femme à devenir PM du Québec. Que dale l'indépendance.

    D'où la colère, bien réaliste, des VLB et altri. »

  • Labrèche Jean-Marc
    Inscrit
    samedi 19 avril 2008 08h47
    Cendrillon et DeLorimier
    « À l'heure où notre peuple se meurt de survivre, tant dans sa langue, son économie, son environnement, son éducation, etc..., un chef de parti politique n'a que faire, il me semble, de s'autobiographer, pour défendre son image coquette ou je ne sais trop.
    Nos patriotes, comme DeLormier, ont écrit des mots plus héroïques, et dignes d'une reconnaissance incommensurable. »

  • Eric Barnabé
    Inscrit
    samedi 19 avril 2008 08h53
    C'est surtout la bourgeoise à Claude Blanchet
    « La réussite financière de Pauline Marois est surtout celle de Claude Blanchet. C'est son mari qui a fait fortune dans l'immobilier avec Campeau Corporation. Elle se comporte vraiment en "bourgeoise" dans le sens le plus péjoratif du terme. Elle vie au crochet de la réussite de son mari.

    Pauline Marois n'est en faite qu'une ex-gérante de CLSC qui fait de la politique comme d'autres font du bénévolat. Et comme politicienne, même en faisant un travail honnête, elle n'a rien révolutionnée.

    Eric Barnabé »

  • Roland Berger
    Abonné
    samedi 19 avril 2008 09h10
    Lâchez-la !
    « Ce n'est certes pas en rappelant à toutes les occasions possibles et impossibles l'image de grande bourgeoise de madame Marois que cette dernière arrivera s'en débarrasser. Surtout qu'on sait que cette image est surfaite, non méritée. N'est-ce pas monsieur David ?
    Roland Berger
    St-Thomas, Ontario »

  • GERARD LAMONTAGNE
    Inscrit
    samedi 19 avril 2008 12h27
    Le Québec est ainsi fait?
    « René Lévesque a fait faire tout un bout de chemin à la souveraineté du Québec. Aucun autre chef n'a pu aller plus loin avec ce projet.
    Est-ce que Lévesque avait raison de dire que le Québec se ferait plus de tort que de bien en voulant forcer la note commme l'ont essayé Jacques Parizeau et Lucien Bouchard ? ou valait-il mieux essayer le beau risque?

    Avec le beau risque, les ambitions de carrière de Parizeau, Bouchard, Landry et même Marois étaient vouées à une relative médiocrité.
    La population a refusé d'accorder sa confiance à ces gens pour la guider après la souveraineté et la souveraineté a stagné. Pourquoi leur avoir refusé notre confiance? Chacun peut faire sa réflexion.

    La mienne est faite; ces gens n'ont pas la transparence de M Lévesque; leurs actes, leurs discours , leurs écrits,etc. contiennent toujours un agenda caché pour tromper l'oeil.
    La population n'est pas dupe. »

  • Max Roujeon
    Abonné
    samedi 19 avril 2008 14h00
    Pauvres arbres!
    « Du papier...pour pas grand chose si je comprends bien. »

  • Jean-Renaud Dubois
    Abonné
    samedi 19 avril 2008 17h15
    Excellente analyse.... André va être content!
    « Cher M.David,

    Je parlais hier avec André Pratte, vous savez celui qui représente la pensée de Power ; et bien, il me disait qu'il
    espérait ne pas avoir à dire un mot sur le livre Pauline!

    Devant mon air interrogatif, il me sérina : « ben voyons! je compte sur d'autres pour dire tout ce que je pense de son livre.....en même temps, surtout, j'espère qu'ils s'en prendront aussi à Claude et faire ainsi d'une pierre plusieurs coups: toilettes, Château, SGF et surtout la pension dorée.

    J'ai trouvé cela drôlement brillant de sa part!

    En vous lisant, au déjeuner ce matin, je suis demeuré ébahi devant tant de prémonition de sa part....

    Bingo! me suis-je dit.


    Je pense qu'il sera très content! J'espère que les autres vont suivre...

    N.B. tant qu'à y être je vous suggère d'explorer les 2 poursuites contre The Gazette et Taillon: c'est suspect, non ? Va-t-elle en prendre l'habitude.... »

  • Jean St-Jacques
    Abonné
    samedi 19 avril 2008 17h59
    La conversation nationale?
    « Il me semble qu'au dernier congrès, on a décidé de parler de l'indépendance nationale et non de Pauline Marois. Elle a manqué une belle chance de le faire. Elle a préféré parler d'elle et non du pays à devenir.

    VLB a peut-être raison de lorgner vers le Parti Indépendantiste... »

  • Michel Savard
    Inscrit
    samedi 19 avril 2008 18h13
    Parler pour ne rien dire !
    « Non mais on en a soupé de voir cette Cendrillon "Les Millions" essayer par tous les moyens de passer pour une " femme du peuple" !
    Venir nous dire que son père était ouvrier et bla, bla, bla,.... C'est vraiment lassant! Peu importe ce qu'elle dira, sa réputation de "Castafiore" lui colle à la peau;
    elle devrait en prendre son parti et vivre avec plutôt que d'afficher une fausse modestie ! »

  • Zach Gebello
    Inscrit
    samedi 19 avril 2008 20h17
    Le Château de P.E. Trudeau
    « Robert Campeau (Campeau Corp), né à Sudbury Ont., grand ami d'un autre de Sudbury, Paul Desmarais (Power Corp), fera fortune dans l'immobilier grâce à son autre grand ami P.E. Trudeau qui une fois au pouvoir à Ottawa (1968) lui donnera les contrats jutteux (sans appels d'offres) de la construction des centaines de maisons pour les fonctionnaires fédéraux embaûchés pour faire rouler le projet de Trudeau d'une fonction publique titanesque à Ottawa. Le bras droit de Campeau est nul autre que Claude Blanchet qui deviendra Vice Président de Campeau Corp.

    Les autres contrats aussi en Ontarion sont conclus grâce aux contacts de Campeau avec les Libéraux au pouvoir à Ottawa tels que: Lalonde, Chrétien, Pitfield, etc...

    Trudeau décide alors de littérallement envahir les Québécois de l'autre côté de la rivière Outaouais (Hull) en la submergeant d'édifices fédéraux pour en faire de loyaux et bien payés fonctionnaires libéraux fédéraux.

    Le centre ville commercial de Hull sera rasé et 4,000 résidents déplacés pour faire place à de gigantesques complexes fédéraux. La mémoire de Hull sera effacée.

    C'est Campeau Corp qui fera le travail et le contrat avec Trudeau semmera la controverse pour des conditions tellement avantageuses que l'on parle de scandale.

    Le terrain du château de l'île Bizard vient aussi de Campeau Corp.

    Une fortune acquise grâce aux Libéraux et la collaboration dans l'invasion et l'assimilation de Gatineau par la fonction publique fédérale.

    Entre 74 et 76, Campeau Corp passera dans les mains de Desmarais qui sera alors patron de Blanchet. C'est chez Power Corp que finira aussi Lucien Bouchard.

    Pas surprenant que le PQ a voulu effacer même le nom de Hull avec les fusions forcées !

    Ce que représente ce château est de la plus haute trahison pour tous Québécois qui se respectent.

    Franchement, s'il y a encore des souverainistes pour croire que ce parti les mènera à l'indépendance...

    VLB est peut-être vieux, mais pas aussi naïf que les plus jeunes.

    L'expérience et un connaissance de l'histoire. »

  • Marie-Louise Lacroix
    Inscrite
    samedi 19 avril 2008 20h39
    Parler pour ne rien dire...
    « Sur ce sujet, il est vrai que vous êtes grand connaisseur, mon cher Michel Savard. »

  • Georges Paquet
    Abonné
    dimanche 20 avril 2008 06h05
    Où sont passés le rêve et l'ambition ?
    « On a nettement l'impression que les prochains combats ne seront pas très acharnés de la part d'une personne qui, comme Pauline Marois, tient à nous dire qu'elle est heureuse et qu'elle est très satisfaite de sa réussite.
    Ce ne sont pas ces sentiments qui généralement animent les combattants infatiguables vers les buts qu'ils s'étaient fixés. En sport comme en politique, quand on est satisfait de ce que l'on a accompli, c'est que l'on n'est plus qu'à quelques jours de la retraite.
    Ce livre doit être un régal pour Jean Charest et Mario Dumont.
    Georges Paquet »

  • Jean Desjardins
    Abonné
    dimanche 20 avril 2008 11h41
    Un livre tactiquement maladroit...
    « Est-il important que madame Marois soit étiquetée du titre de cendrillon ou de grande bourgeoise ou de tout autre qualificatif qu'on cherchera à lui affubler ? Après tout, qu'elle soit ce qu'elle voudra dans sa vie privée, ce n'est pas pour cela qu'elle a été choisie par le Parti Québécois et par la population de son comté ! À ce que je sache, on est pas obligé d'être vêtu en haillons, de trimer dur pour joindre les deux bouts et d'avoir les cheveux blonds, brun, roux ou blanc pour valoir quelque chose au niveau des idées, des préoccupations sociales et du leadership requis pour diriger un parti ou un gouvernement.

    Je dirais même qu'elle fait une grossière erreur de s'excuser de sa condition sociale. La preuve ? Rappelons-nous Pierre-Elliott Trudeau qui n'a jamais camouflé sa condition de grand bourgeois, au point où il s'est permis les pires entourloupettes à l'encontre du peuple Québécois sans souffrir de son image de Grand Seigneur. Même aujourd'hui, certains Canadiens et Québécois résignés l'idolâtrent encore. Même son fils Justin en reçoit encore les retombées positives, eu égard à sa difficulté puérile à s'affranchir du modèle paternel...

    On devrait tous se rappeler que le peuple Québécois est un peuple qui s'est fait rentrer dans la gorge, jour après jour, son statut de perdant né pour un p'tit pain. On devrait également savoir que les Québécois ont besoin de héros pour se faire croire qu'ils valent quelque chose... Et les héros (et les gagnants), on les retrouve souvent dans le groupe des gens qui donnent la perception de bien réussir dans la vie, non ? Et ce, qu'on les retrouve chez les politiciens, les gens d'affaires, les scientifiques, les animateurs-vedettes, les citoyens du Plateau ou les Outremontois, les joueurs de hockey (quand ils gagnent, seulement !), etc... N'en déplaise à ses adversaires, madame Marois est éligible pour appartenir à ce groupe des 'gens qui s'en tirent très bien dans la vie'.

    Bref, madame Marois ne prendrait pas grand risque à se montrer telle qu'elle est à l'ensemble des Québécois. Bien au contraire. Il n'y a en effet qu'une faction minoritaire du Parti Québécois, de Québec Solidaire et de quelques envieux chroniques pour s'offusquer de l'émergence ainsi que de la prospérité des autres ...et de vouloir tout transformer en 'monsieur et madame Tartempion' habillés en gris misérabiliste !

    Quant à moi, j'ai maintes fois constaté que les gens, qui dénoncent à haut cris les grands bourgeois ainsi que ceux qui semblent bien réussir économiquement, sont souvent ceux qui méprisent le plus la masse des citoyens dont ils sont issus, lorsqu'ils ont l'occasion d'émerger un tant soit peu. Les parvenus et les snobs, ça vient sûrement de quelque part...

    Cendrillon ou grande bourgeoise... et puis, après ! C'est ce qu'elle a à offrir à la population du Québec, comme dirigeante, qui est intéressant. Pour le reste, ce n'est que du verbiage. Dommage que madame Marois embarque dans le jeu, en publiant ce livre tactiquement maladroit...

    Jean Desjardins »

  • Raymond Saint-Arnaud
    Abonné
    dimanche 20 avril 2008 18h19
    Le misérabilisme n'est plus de rigueur
    « Au Québec, il faudrait cesser de détester les gens riches, à moins qu'ils ne se soient enrichis malhonnêtement. Ce n'est plus seulement que les Anglais qui sont riches. Les Québécois ne sont plus des porteurs d'eau, et plusieurs d'entre nous sont devenus riches. Faut-il les ostraciser pour cela? Que de misérabilisme chez certains!

    Madame Marois, comme M. Parizeau, n'ont pas eu besoin d'aller en politique pour gagner leur vie. Ils y sont allés par conviction pour faire le pays du Québec, et il faut leur en être reconnaissants. Madame Marois, avec sa formation de travailleuse sociale, comprend très bien les démunis de la société. Devrait-elle pour cela donner tous ses biens et ceux de son mari aux pauvres, et s'habiller de haillons?

    Si l'on veut s'insurger, il faudrait aller voir du côté des politiciens qui auraient accepté des sommes faramineuses pour se lancer en politique, et qui ont pigé à deux mains à plusieurs rateliers. »

  • Michel Savard
    Inscrit
    dimanche 20 avril 2008 18h47
    @ Marie-Louise Lacroix
    « Chère Marie-Louise, je vous retourne le compliment et au risque de choquer votre modestie, j'avouerai que dans ce domaine, vous êtes assurément une meilleure connaisseure que moi. Alors, bienvenue dans le club ! »

  • Fernande Trottier
    Abonnée
    dimanche 20 avril 2008 22h43
    soif de pouvoir..?
    « Mme Marois a beau enlevé foulard, bijoux, changer sa coiffure, avoir des tailleurs plus simples.. cè ce qu'elle dégage qui fait d'elle une femme hautaine, ce que nous ressentons dans nos tripes et moi je crois que cela ne ment pas... elle a l'air d'une mère supérieure d'un couvent huppé sur sa tribune s'adressant à ses bonnes soeurs.. elle essaie de se changer mais cela ne marche pas, chassez le naturel il revient au galop.. même si elle sait que le bon peuple avance d'un pas et recule, je crois que la soif du pouvoir est plus forte et c'est ce qui la maintient, elle espère encore et tjrs être une 1ère ministre..
    je ne suis pas certaine que les québécois sont prêts à élire une femme à ce poste...qui vivra, verra !! »

  • Fleurette Riverin
    Abonné
    lundi 21 avril 2008 09h38
    "Cendrillon" dites-vous?
    « Monsieur David, si je me reporte aux articles des journaux, dont le vôtre et aux entrevues qu'elle a données, les principales choses que Pauline Marois nous apprend finalement, sont qu'elle s'est acheté des souliers orange à talons hauts avec sa première paye et qu'elle est restée une amoureuse des souliers. Et aussi qu'elle veut absolument nous donner une autre perception de son conjoint Claude Blanchet, en gommant volontairement son image fort égratignée par son passage à la SGF où, et je vous cite "la perte de centaines de millions de dollars lui a valu une pension qui équivaut à une prime de 1.2 million." Elle aura bien de la misère à nous le faire oublier cependant.

    Il ne faut pas oublier non plus que son "banquier de gauche" comme elle nous le dépeint après qu'elle ait réussi à le convertir (!), occupait des fonctions très bien rémunérées au Fonds de solidarité et à la SGF et que ce n'était pas faire oeuvre charitable que d'occuper ces postes très recherchés. Au contraire!

    Quant au "pont d'or" de 75,000$ versé à Jean Charest par le parti libéral pour compenser la pension fédérale qu'il acceptait de perdre en venant au Québec et dont vous aimez tant parler, la différence est que lui en avait besoin pour vivre parce qu'il était sous-payé, alors que ce montant aurait sans doute été grandement amputé juste pour servir à payer le chauffage et l'entretien du château de la châtelaine.

    Vous résumez le livre en quelque sorte en disant: "Malgré tout, il n'est pas interdit d'apprendre quelque chose au lecteur", nous enlevant de ce fait toute idée de le lire. Je dirais même que cela nous donne l'image d'une femme politicienne bien fade, et que jamais un politicien mâle ne serait venu nous parler de ses souliers sans provoquer un immense éclat de rire dans tout le Québec... sauf si c'était pour nous apprendre qu'il avait dû jadis marcher pieds nus parce qu'il ne pouvait se payer des souliers..

    Je connais des gens qui auraient eu bien autre chose à acheter que des souliers orange avec leur première paye, mais c'est sûr que tous les rêves ne sont pas les mêmes, sans pour autant vouloir revenir aux mocassins ...

    "Cendrillon" dites-vous? Peut-être. Ou encore: "Comment se vendre sans se fatiguer"?... Ou encore: "Racolage dans le sirop d'érable"?... Ou encore: "Parler longtemps, longtemps, pour ne rien dire"?... Je crois que Pauline Marois aurait pu nous dire des choses plus intéressantes et qu'en nous donnant une telle image d'elle-même elle a versé dans la banalité et complètement raté sa cible. »

  • Jean-Renaud Dubois
    Abonné
    lundi 21 avril 2008 23h35
    Des commentaires sur un livre que personne n'a lu ; Il faut le faire!
    « Bonjour M. David,

    J'avais été ébahi par la prémonition d'André Pratte, comme je le soulignais dans mon premier "post"....Mais ce n'est rien à côté du fait que -- tous ceux qui ont fait des commentaires -- n'avaient même pas lu le livre en question!

    N'est-ce pas formidable, M. David, ces réactions?

    Même vous, qui ne l'avez que... « parcouru »... seriez bien avisé, comme nous tous d'ailleurs, d'au moins le lire au complet avant de le commenter!

    Je vous propose donc, à la suite du commentaire de M.Homier-Roy, ce matin de prendre la peine de lire et de le commenter de nouveau.

    Faudrait pas avoir honte, de faire comme Boileau ....

    Pour vous encourager à réfléchir sur cette possibilité, je vous soumets ce lien qui va donner un autre son de cloche sur le sujet :
    http://www.radio-canada.ca/audio-video/index.shtml#urlMedia=http://www.radio-canada.ca/Medianet/2008/RDI2/RDIEnDirectMatin200804210800_4.asx

    N.B. J'ai décidé de le lire afin d'être prêt à le commenter lors de votre prochaine chronique sur le même sujet. »

  • Jean Desjardins
    Abonné
    mardi 22 avril 2008 11h51
    Désolé de contredire votre prémonition, monsieur Dubois...
    « Bonjour monsieur Dubois.

    Désolé de vous contredire dans votre prémonition mais, de mon côté, j'ai effectivement lu le livre de madame Marois. Mes commentaires sur cette tribune étaient d'ailleurs issus de cette lecture ...obligatoire, compte tenu de son auteure. D'ailleurs, j'ai également lu René Lévesque, Pierre Bourgault, Lucien Bouchard, Lise Payette et Brian Mulroney (Chantal Hébert et Alain Dubuc, également) ...mais je dois admettre que je n'ai jamais été capable de dépenser 'une cenne' pour l'autocongratulation de Jean Chrétien... Dieu me pardonne cet acte de barbarie ! Mais, ça, c'est une toute autre histoire, direz-vous...

    Je crois donc faire mes commentaires sur les écrits récents de madame Marois avec une certaine ...lucidité ! Mes commentaires demeurent les mêmes, et ce, surtout après avoir analysé les réactions aussi bien positives que négatives que l'autobiographie de Pauline Marois suscite.

    Madame Marois n'a pas à s'excuser pour quoi que de soit en regard de sa vie privée. De toutes manières, quoi qu'elle dise ou écrive ou encore, quoi qu'elle soit comme personne, ses détracteurs trouveront toujours quelque chose à redire ou à pérorer... En conséquence, je demeure convaincu que la publication de ce livre est une tactique maladroite, à ce stade-ci. Tout simplement parce qu'elle met inutilement le focus sur sa personne alors qu'elle aurait avantage à amener les citoyens (ceux qui veulent bien l'entendre, bien sûr...) à se centrer sur les véritables enjeux de notre Société. En bref, la reprise en main d'une Société Québécoise en perte de vitesse grand V qui se vautre de manière indécente dans un immobilisme des plus destructeur, tant au plan de son identité qu'aux plans culturel, social et économique !

    Voilà la mission que je croyais qu'elle s'était donnée, en écoutant ses premières déclarations publiques, à la suite de son intronisation à la tête du PQ ! Mais, diantre, qu'elle s'affranchisse des bigots qui s'acharnent sur sa personne et qu'elle continue dans cette voie nettement plus constructive ...et productive pour les Québécois !

    Qui aurait l'audace de lui reprocher de rester au-dessus de la mêlée ?


    Jean Desjardins »

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