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Le français et les entreprises - «Il faut donner l'exemple», dit St-Pierre

Robert Dutrisac   18 avril 2008  Québec
Québec — La ministre responsable de la Charte de la langue française, Christine St-Pierre, s'est engagée à rendre l'administration publique québécoise «exemplaire» quant à son usage du français avec les entreprises, notamment sur Internet.

«Il y a du travail à faire de ce côté-là. Il faut donner l'exemple. Il faut améliorer la situation», a livré Mme St-Pierre lors d'une entrevue accordée au Devoir. Mais elle écarte d'emblée l'idée de procéder à une modernisation de la loi 101 et de sa charte, qui ont maintenant 30 ans.

La ministre St-Pierre réagissait à la manchette du Devoir qui révélait hier que l'administration publique québécoise bafoue la Charte de la langue française en communiquant en anglais avec des entreprises établies au Québec. Dans la foulée du gouvernement en ligne, Revenu Québec, Investissement Québec et l'Autorité des marchés financiers (AMF), sur leurs sites Internet respectifs, offrent des guides, des documents explicatifs et des formulaires à la fois en français et en anglais. Les entreprises québécoises de langue anglaise y ont accès plutôt que les seules sociétés établies à l'extérieur du Québec, ce qui est contraire à la Charte et à la politique gouvernementale relative à l'emploi et à la qualité de la langue française dans l'administration.

«Les sites, les nouvelles technologies, c'est clair que ça va vite et c'est clair qu'il faut trouver des mécanismes», a dit Mme St-Pierre. «C'est clair qu'il faut faire en sorte qu'on ne puisse pas reculer avec l'avancement des nouvelles technologies. C'est un défi.»

La ministre St-Pierre a rappelé que son plan d'action, dévoilé le mois dernier, réaffirmait le rôle d'exemplarité du gouvernement dans la promotion du français. Son sous-ministre au Secrétariat à la politique linguistique, Guy Dumas, est chargé de faire «un rappel et un suivi renforcé», auprès de l'administration publique, des règles de la politique linguistique et de la politique d'utilisation du français dans les technologies de l'information et des communications.

«Moi, j'en ai, des états d'âme sur la langue», a déclaré Christine St-Pierre, prenant ainsi ses distances de la présidente de l'Office québécois de la langue française (OQLF), France Boucher, qui a affirmé la semaine dernière qu'elle n'avait pas d'états d'âme par rapport à la situation linguistique. «Le français progresse mais n'a pas toute la place qui lui revient», juge la ministre.

Mme St-Pierre s'est décrite comme «une fille de bâtisseur, une fille de souche» qui, native du Bas-du-Fleuve, a travaillé dans d'autres provinces et dans un autre pays (les États-Unis). «Vous avez devant vous la personne qui sait qu'est-ce que c'est, le français en Amérique du Nord, qui sait qu'est-ce que c'est que l'attachement à la langue française.»

Mauvais exemple

Lors de la période de questions à l'Assemblée nationale, le chef de l'opposition officielle, Mario Dumont, a accusé le gouvernement Charest d'être «en eaux troubles» sur la question linguistique et de faire preuve de «laxisme». En matière d'exemplarité, le gouvernement «donne toujours le mauvais exemple», a-t-il dit.

Le porte-parole du Parti québécois dans le domaine de la langue française, Pierre Curzi, a rappelé la déclaration de Mme St-Pierre qui affirmait l'an dernier que ce serait «tolérance zéro» relativement au respect de la Charte de la langue française. «Est-ce qu'elle va donner un autre mandat vague à son sous-ministre ou est-ce qu'elle va prendre la question à bras-le-corps pour s'assurer que le gouvernement communique en français avec les entreprises du Québec?», a lancé M. Curzi.

À une autre question du député de Borduas à propos de la lettre, publiée mercredi dans Le Devoir, de quatre chercheurs du comité de suivi de l'OQLF, qui récusaient les accusations lancées contre eux par France Boucher, la ministre a indiqué que ces universitaires, «ce sont des gens que je respecte beaucoup», ce qui ressemble à un autre désaveu à l'endroit de la présidente de l'OQLF.

À la défense de l'administration

Se portant à la défense d'Investissement Québec, le ministre du Développement économique, de l'Innovation et de l'Exportation, Raymond Bachand, a confirmé qu'une entreprise établie au Québec peut utiliser un formulaire rendu disponible sur Internet par l'administration mais pourtant réservé aux sociétés étrangères. «Investissement Québec, m'indique-t-on, répond en français», a-t-il toutefois fait valoir.

Le ministre du Revenu, Jean-Marc Fournier, a pour sa part révélé que Revenu Québec avait gagné en 2004 le prix «Les Mérites du français» décerné par l'OQLF et qu'en 2005 le ministère avait obtenu une mention d'honneur pour «sa remarquable contribution à la promotion du français», ce qui semble indiquer que l'obtention de ces distinctions est parfaitement compatible avec un usage massif de l'anglais dans les communications gouvernementales.






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  • Pierre-S Lefebvre
    Inscrit
    vendredi 18 avril 2008 06h59
    Christine Saint-Pierre
    « Elle en connaît bien du beau monde en Amérique. Le courage c`est une autre affaire. Il faudrait moins de déclarations de principe mais beaucoup plus de gestes et décisions mordants. Vous avez le courage de vos paires libéraux (Pelletier, Blais, Bachand, Charest) sans conscience politique d`un vouloir déterminant. Le Québec ça se fait avec une volonté qui vous est étrangère Christine Saint-Pierre. Fédéraliste convaincue vous nous faites un avenir d`assimilé sans revendications. La belle affaire! »

  • Steve Fortin
    Abonné
    vendredi 18 avril 2008 07h08
    La tête dans le sable...
    « Le français ne progresse pas au Québec et tant que la ministre, répondant jusqu'au ridicule aux pressions du premier ministre, n'acceptera pas de regarder les choses en face et admettre les FAITS, constater ce que le comité de suivi de l'OQLF montre avec éloquence et force statistiques, et bien cette ministre n'aura aucune crédibilité.

    Mme St-Pierre en tant qu'ancienne journaliste est maître dans l'art de répéter la cassette, son discours insipide sent le spin à plein nez. Jean lui dit de ne jamais ouvrir la porte de la modernisation de la loi 101, jamais elle admettra, même si tout les faits et une analyse prudente de la situation du français montrent que c'est non seulement nécessaire, mais essentiel à la survie de la langue au Québec.

    Jean a dit non. Il n'a rien à gagner du point de vue de la souche, du nous. À tout prix Jean protège sa base. E t sa base n'en a rien a foutre de la loi 101... Ô non, pour elle, cette loi est un frein, un anachronisme, un empêchement à la réalisation du Grand empire, ce fameux "Mon Canada". »

  • Gilles Bousquet
    Inscrite
    vendredi 18 avril 2008 07h55
    Problème cornélien Libéral très provincial
    « Le loup qui défend la bergerie qui crie au loup ou comment le PLQ pourait bien défendre le français quand on se fait élire principalement par des anglophones qui lui sont fidèles à un très haut pourcentage, peut-être 90 % ? »

  • Roger Garant
    Abonné
    vendredi 18 avril 2008 08h13
    Et n'oubliez pas Emploi-Québec ...
    « En plus des orgnismes gouvernementaux déjà cités, il faut ajouter Emploi-Québec qui offre un service téléphonique bilingue aux employeurs en contradiction de la loi 101. Il suffit de consulter l'arborescence téléphonique de n'importe quel bureau d'Emploi-Québec en province pour se convaincre que les services aux entreprises sont bilingues. »

  • Valdor Lagacé-Gallant
    Inscrit
    vendredi 18 avril 2008 08h19
    On laisse tout aller.
    « Brave Madame St-Pierre.

    Elle s'y connait en langue.

    On laisse tout faire et après on monte sur le piédestal pour dire comment on l'aime sa langue.

    C'est bien à la mode ces dernières années.Une ère d'incompétents.

    Nos ponts et viaducs étaient bons. On va en démolir 28 !!!
    Ce sont les mêmes touintouins qui vont les reconstruire.

    Même tactique pour la langue,l'entreprise Charest démolit et la St-Peter reconstruit.

    Valdor Lagacé »

  • Sylvain Auclair
    Abonné
    vendredi 18 avril 2008 09h00
    Même pour les entreprises étrangères
    « À titre de comparaison, je vais de parcourir le site web du gouvernement de l'Alberta. En dehors du sous-site du ministère de l'Éducation, rien n'est en français. Si je veux faire affaire là-bas, je devrai utiliser LEUR langue officielle. Pourquoi serait-ce différent pour les Québec? Le français aurait-il dans son essence même un statut différent de celui de l'anglais? »

  • Bernard Gervais
    Abonné
    vendredi 18 avril 2008 09h03
    Madame Saint-Pierre et son chef
    « En fin de soirée, hier, j'ai regardé l'émission La période de questions produite par l'Assemblée nationale et présentée, en reprise, par Télé-Québec. Comme il fallait s'y attendre, MM. Dumont et Curzi ont posé maintes questions à la ministre Saint-Pierre au sujet de l'article de Robert Dutrisac, paru dans l'édition d'hier du Devoir.

    Malgré certaines réponses plutôt partisanes, la ministre m'a quand même donné l'impression qu'elle était sincère, qu'elle avait bien l'intention d'agir pour que le Gouvernement respecte la Charte de la langue française dans ses relations avec les entreprises.

    Cependant, la ministre a-t-elle vraiment, dans ce dossier l'appui du premier ministre Jean Charest ? Voilà toute la question ! »

  • Etienne Merven
    Inscrit
    vendredi 18 avril 2008 10h11
    Et le moulin à couenneries s'emballe de nouveau...
    « Qu'est-ce ça peut bien faire que le gouvernement du Québec offre des services en anglais?
    Nous habitons au Canada, qui est un pays bilingue, et, si ça facilite la vie de certains citoyens de se faire servir en anglais au Québec, qu'est-ce que ça peut faire? En quoi ça gêne la ou ça change la vie des autres Québécois?
    C'est vraiment chialer pour chialer, comme toujours! »

  • Claude Archambault
    Inscrit
    vendredi 18 avril 2008 12h59
    La prudence est de mise
    « Le gouvernement actuel ce doit d'être très prudent. Car en aucun temps il doit prendre des actions qui peuvent être attribué à une Nation (Nation Pays avec un N capital et non nation peuple avec un petit n). Ce n'est pas dans le mandat que le peuple Québécois a donné en 1980 et répété en 1995. Ce pour dire que tout acte d'affirmation national est antidémocratique à la lumière des deux derniers référendums. »

  • Laviolette Michelle
    Inscrite
    vendredi 18 avril 2008 13h51
    Creusez
    « Creusez, creuzez, vous irez de surprise en surprise en fouillant dans les différents ministère et sociétés d'état... St Jacques street n'est jamais disparu du paysage. Oui Montréal s'anglicise avec la complicité du gouvernement en place. Creusez.... »

  • Michel Simard
    Abonné
    vendredi 18 avril 2008 13h56
    @ Etienne Marvin : Encore le mensonge canadianiste
    « Pour les anti-Quebecois comme Etienne Marvin, les colonises du Quebec doivent etre bilingues dans leur grand pays unilingue anglais, le Kanadea. Quelle petitesse. Le Quebec est terre francaise, voila tout. Quels menteurs et tapis, ces assimilationnistes. »

  • Claude L'Heureux
    Abonné
    vendredi 18 avril 2008 16h00
    Qu'est-ce que ça peut bien faire?
    « C'est la question d'Étienne Merven. Ma réponse: regarde ailleurs et fait dodo, nous ça nous dérange et nous nous en occupons.

    Claude L'Heureux, Québec »

  • Sylvain Auclair
    Abonné
    vendredi 18 avril 2008 16h34
    à M. Merven
    « Faut-il encore tout expliquer?
    Quand on offre des services en anglais, on envoie le message que le français n'est pas nécessaire. Le jour où on veut parler en français à ceux qui ont saisi ce message, on se fait engueuler. Ça m'arrive. Même dans des commerces dont je pourrais être le client.
    D'ailleurs, le Canada n'est pas un pays bilingue; c'est le gouvernement du Canada qui l'est. Ou affirme essayer de l'être, à tout le moins. »

  • Etienne Merven
    Inscrit
    vendredi 18 avril 2008 16h41
    À un certain a.pratte@yahoo.ca
    « J'ai reçu un message de ce Pratte à mon adresse de courriel personnelle, qui se lit comme suit : Etienne Merven doit reprendre controle sur sa vie et cesser d'etre un pauvre colonise. J'ai répondu à l'adresse suivante : a.pratte@yahoo.ca et mon serveur me dit qu'elle n'existe pas.
    mMis quel courage de la part de ce Pratte!
    Sachant qu'il lit les commentaires des lecteurs, je reproduis ci-dessous mon message à lui ou elle adressé :
    Je ne vous connais pas, Pratte, mais je puis vous assurer que je contrôle parfaitement ma vie et que, contrairement à bien des Québécois, je ne me sens pas du tout colonisé. C'est plutôt vous qui vous complaisez à vous poser en victime de ces affreux Anglais.
    Il est temps de secouer le joug qui vous empêche d'agir et de vous épanouir. Seulement, pour le faire, il faut avoir une paire dans son pantalon, chose qui manque à de nombreux Québécois qui ne savent que se plaindre, chialer et
    se faire passer pour des victimes... Continuez ainsi et vous ne ferez que régresser et vous renfermer dans votre coquille, et vous raterez tous les trains qui passent. Votre recette est la meilleure pour vivre dans la médiocrité.
    Je ne vous suivrai pas dans cette voie, car j'ai des aspirations beaucoup plus grandes et bien plus ouvertes que les vôtres, si tenté que vous en avez! »

  • Nicolas St-Gilles
    Inscrit
    samedi 19 avril 2008 17h40
    Mentalité d'esclave
    « C'est vraiment pathétique de vous lire, Claude Archambault, Étienne Merven et autres Max Roujeon.

    Travailler si fort et avec tant d'énergie à l'assujettisement du peuple auquel on appartient, vraiment, il faut le faire.

    C'est quand même extraordinaire de constater qu'il y a des gens, comme ça, dont l'aspiration ultime de l'existence semble être de se confiner au petit, au très petit. Et de s'y complaire avec délectation.

    Et surtout, oui, surtout, de ne pas supporter qu'il y ait des gens autour d'eux qui préfèrent carburer à la liberté et à la dignité humaine.

    Comme l'écrivait St-Exupéry, je cite de mémoire, « L'esclave fait son orgueil de la braise du maître ».

    Allez, messieurs ! Allez donc chercher le petit bois sous la futaie. Ce sera toujours un petit velours pour les Stéphane Dion, les Jean Charest et les... Pierre - « Looser » - Pettigrew de ce monde.

    MM. Merven, Archambault, Roujeon, Gerry Pagé et al., vous inspirez moins la colère que la pitié.

    Dieu que vous êtes pathétiques à vanter ainsi - « Prudence », dit-il !!! - la servitude volontaire comme la grande Vertu de notre temps.

    Vraiment, c'est à désespérer de l'humanité, des individus de cette sorte. »

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