Tremblant: l'équation «gagnante» de Loto-Québec
Le nombre de casinos au Québec passera bientôt de trois à quatre. L'ouverture d'un nouveau casino à Mont-Tremblant ne fera toutefois pas augmenter l'offre globale de jeu au Québec. Il aura même l'effet contraire, promet Loto-Québec. Le gouvernement Charest et Loto-Québec ont annoncé hier la transformation de leur projet de salon d'appareils de loterie vidéo (Ludoplex) à Mont-Tremblant en projet de véritable casino qui compterait 400 machines à sous, 20 tables de jeux avec croupiers et 5 appareils de poker électronique Texas Hold'em.
Lancés il y a un an, la construction et l'aménagement du futur Casino de Mont-Tremblant ne doivent pas coûter plus cher que ce qui avait été prévu pour le projet précédent, c'est-à-dire 61 millions, et doivent être terminés à l'été 2009. On annonce la création d'un total de 175 emplois et espère, la première année, 700 000 visites et 50 millions de revenus.
Le nouvel établissement, qui viendra s'ajouter à ceux qui existent déjà à Montréal, Gatineau et La Malbaie, visera tout particulièrement la clientèle des quelque trois millions de villégiateurs, congressistes et vacanciers qui visitent la région chaque année et dont environ un tiers viennent du Québec, un autre tiers du reste du Canada et un dernier tiers de l'étranger. «Ce casino nous permettra de proposer une offre de jeu modelée à la clientèle touristique particulière qui fréquente la Station Mont-Tremblant», a expliqué en conférence de presse Alain Cousineau, président et chef de la direction de Loto-Québec. Un espace relativement grand sera par exemple réservé aux joueurs de hautes mises. Contrairement au Casino de Charlevoix, on y trouvera surtout des tables de Craps dont seraient friands les Américains.
Le nouveau casino ne vise pas tant à attirer de nouveaux visiteurs étrangers dans la région que de donner à ceux qui viennent déjà une raison de rester un peu plus longtemps sur place, a assuré Alain Cousineau. Il permettra aussi d'enrichir l'offre du Casino de Montréal qui n'a pas de pente de ski ni d'allées de golf à proposer à ses clients, et qui s'est vu empêché de réaliser son fameux projet de complexe récréotouristique au Bassin Peel.
Réduction de l'offre
Paradoxalement, l'ajout de ce quatrième casino permettra également de réduire l'offre globale de jeu au Québec, a-t-il expliqué. Engagée depuis 2004 dans un vaste programme de réduction du nombre total de ses appareils de loterie vidéo (ALV) sur le territoire québécois, la société d'État avait aussi prévu de récupérer 300 appareils destinés à son Ludoplex de Mont-Tremblant. Loto-Québec a annoncé hier que ces 300 appareils ne seraient pas redéployés malgré l'abandon du projet. Cette décision aura pour effet de porter le total des appareils retirés du réseau de 730 à 1030 ALV.
Le futur Casino de Mont-Tremblant aura tout de même besoin de machines à sous, de tables de jeu et autres appareils de poker électronique. Ces équipements lui seront toutefois donnés par les casinos de Montréal et de Gatineau qui se sont souvent fait reprocher d'avoir des planchers trop encombrés et qui souhaitent aujourd'hui laisser un peu plus de place à leurs clients pour circuler. «Dans cette perspective, les établissements ont retiré des machines à sous et des tables de jeu, de sorte que [leur nombre] demeurera globalement identique au Québec, même avec un nouveau casino à Mont-Tremblant», s'est félicité le p.-d.g. de Loto-Québec.
Jeu pathologique
Alain Cousineau s'est dit convaincu que l'ouverture du casino ne s'accompagnerait pas d'une augmentation des problèmes de jeu pathologique pour la petite communauté de Mont-Tremblant. «Toutes les études réalisées jusqu'à présent au Québec n'ont trouvé aucun lien entre la présence d'un casino et l'apparition de ce genre de problème, a-t-il affirmé. La situation est très différente entre un casino en plein centre urbain, comme celui de Montréal, et un casino relativement isolé s'adressant principalement à une clientèle de passage», a-t-il ajouté.
Un grand nombre de citoyens s'étaient opposés au projet de casino à Mont-Tremblant les dernières fois qu'il en avait été question, en 1997 et en 2002. L'annonce du lancement du projet d'hier était prévue la semaine dernière, mais a été remise après le suicide d'un client du Casino de Montréal. La coalition pour une gestion éthique et responsable des jeux de hasard et d'argent ENJEU s'est dite persuadée hier que la population locale allait faire les frais de l'arrivée d'un casino à Mont-Tremblant.
Le maire de la petite localité de 9000 habitants, Pierre Pilon, s'est dit convaincu que sa population appuyait le projet. «On n'a pas fait de sondage, mais on parle au monde et nous n'avions rien entendu de négatif jusqu'à présent», a-t-il déclaré.
Le député de Labelle et porte-parole du Parti québécois en matière de tourisme, Sylvain Pagé, a partagé cette opinion. «Je n'ai rien entendu contre le projet», a-t-il dit à la conférence de presse. Il s'est félicité d'avoir demandé et obtenu qu'une campagne d'information et de sensibilisation soit menée par Loto-Québec dans les prochains mois et qu'une étude d'impact soit réalisée deux ou trois ans après l'ouverture du casino. En cas de problème, a-t-il expliqué, on pourra adopter des mesures correctives, comme le relèvement du montant des mises minimales ou l'établissement d'un code vestimentaire plus strict qui empêchera les simples citoyens de faire un détour par le casino durant leurs journées de travail.
Il n'a pas été possible hier de joindre les porte-parole des services sociaux et de santé de la région. Ils avaient joint leur voix l'an dernier à un avis signé par 18 directions de santé publique du Québec et mettant en garde contre les dangers de l'implantation de salons de jeux au Québec. On y soulignait notamment que le site de Mont-Tremblant est entouré de communautés parmi les plus défavorisées et vulnérables de la région.
Lancés il y a un an, la construction et l'aménagement du futur Casino de Mont-Tremblant ne doivent pas coûter plus cher que ce qui avait été prévu pour le projet précédent, c'est-à-dire 61 millions, et doivent être terminés à l'été 2009. On annonce la création d'un total de 175 emplois et espère, la première année, 700 000 visites et 50 millions de revenus.
Le nouvel établissement, qui viendra s'ajouter à ceux qui existent déjà à Montréal, Gatineau et La Malbaie, visera tout particulièrement la clientèle des quelque trois millions de villégiateurs, congressistes et vacanciers qui visitent la région chaque année et dont environ un tiers viennent du Québec, un autre tiers du reste du Canada et un dernier tiers de l'étranger. «Ce casino nous permettra de proposer une offre de jeu modelée à la clientèle touristique particulière qui fréquente la Station Mont-Tremblant», a expliqué en conférence de presse Alain Cousineau, président et chef de la direction de Loto-Québec. Un espace relativement grand sera par exemple réservé aux joueurs de hautes mises. Contrairement au Casino de Charlevoix, on y trouvera surtout des tables de Craps dont seraient friands les Américains.
Le nouveau casino ne vise pas tant à attirer de nouveaux visiteurs étrangers dans la région que de donner à ceux qui viennent déjà une raison de rester un peu plus longtemps sur place, a assuré Alain Cousineau. Il permettra aussi d'enrichir l'offre du Casino de Montréal qui n'a pas de pente de ski ni d'allées de golf à proposer à ses clients, et qui s'est vu empêché de réaliser son fameux projet de complexe récréotouristique au Bassin Peel.
Réduction de l'offre
Paradoxalement, l'ajout de ce quatrième casino permettra également de réduire l'offre globale de jeu au Québec, a-t-il expliqué. Engagée depuis 2004 dans un vaste programme de réduction du nombre total de ses appareils de loterie vidéo (ALV) sur le territoire québécois, la société d'État avait aussi prévu de récupérer 300 appareils destinés à son Ludoplex de Mont-Tremblant. Loto-Québec a annoncé hier que ces 300 appareils ne seraient pas redéployés malgré l'abandon du projet. Cette décision aura pour effet de porter le total des appareils retirés du réseau de 730 à 1030 ALV.
Le futur Casino de Mont-Tremblant aura tout de même besoin de machines à sous, de tables de jeu et autres appareils de poker électronique. Ces équipements lui seront toutefois donnés par les casinos de Montréal et de Gatineau qui se sont souvent fait reprocher d'avoir des planchers trop encombrés et qui souhaitent aujourd'hui laisser un peu plus de place à leurs clients pour circuler. «Dans cette perspective, les établissements ont retiré des machines à sous et des tables de jeu, de sorte que [leur nombre] demeurera globalement identique au Québec, même avec un nouveau casino à Mont-Tremblant», s'est félicité le p.-d.g. de Loto-Québec.
Jeu pathologique
Alain Cousineau s'est dit convaincu que l'ouverture du casino ne s'accompagnerait pas d'une augmentation des problèmes de jeu pathologique pour la petite communauté de Mont-Tremblant. «Toutes les études réalisées jusqu'à présent au Québec n'ont trouvé aucun lien entre la présence d'un casino et l'apparition de ce genre de problème, a-t-il affirmé. La situation est très différente entre un casino en plein centre urbain, comme celui de Montréal, et un casino relativement isolé s'adressant principalement à une clientèle de passage», a-t-il ajouté.
Un grand nombre de citoyens s'étaient opposés au projet de casino à Mont-Tremblant les dernières fois qu'il en avait été question, en 1997 et en 2002. L'annonce du lancement du projet d'hier était prévue la semaine dernière, mais a été remise après le suicide d'un client du Casino de Montréal. La coalition pour une gestion éthique et responsable des jeux de hasard et d'argent ENJEU s'est dite persuadée hier que la population locale allait faire les frais de l'arrivée d'un casino à Mont-Tremblant.
Le maire de la petite localité de 9000 habitants, Pierre Pilon, s'est dit convaincu que sa population appuyait le projet. «On n'a pas fait de sondage, mais on parle au monde et nous n'avions rien entendu de négatif jusqu'à présent», a-t-il déclaré.
Le député de Labelle et porte-parole du Parti québécois en matière de tourisme, Sylvain Pagé, a partagé cette opinion. «Je n'ai rien entendu contre le projet», a-t-il dit à la conférence de presse. Il s'est félicité d'avoir demandé et obtenu qu'une campagne d'information et de sensibilisation soit menée par Loto-Québec dans les prochains mois et qu'une étude d'impact soit réalisée deux ou trois ans après l'ouverture du casino. En cas de problème, a-t-il expliqué, on pourra adopter des mesures correctives, comme le relèvement du montant des mises minimales ou l'établissement d'un code vestimentaire plus strict qui empêchera les simples citoyens de faire un détour par le casino durant leurs journées de travail.
Il n'a pas été possible hier de joindre les porte-parole des services sociaux et de santé de la région. Ils avaient joint leur voix l'an dernier à un avis signé par 18 directions de santé publique du Québec et mettant en garde contre les dangers de l'implantation de salons de jeux au Québec. On y soulignait notamment que le site de Mont-Tremblant est entouré de communautés parmi les plus défavorisées et vulnérables de la région.
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