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Le grand ouf

Michel David   12 avril 2008  Québec
Pendant des années, libéraux et péquistes ont rivalisé de tartufferie à propos des droits de scolarité. «Cachez-moi cette hausse... »

Ils savaient tous que le gel décrété en 1994 était un non-sens dans le contexte nord-américain, mais personne ne voulait payer le prix politique d'une augmentation qui était non seulement indispensable au maintien de la qualité de l'enseignement dispensé dans les universités québécoises mais également une question d'équité.

Parfois, au hasard d'une entrevue, quelqu'un se risquait à murmurer qu'il faudrait peut-être commencer à réfléchir à la possibilité de... Il était aussitôt cloué au pilori par les associations étudiantes, ses adversaires politiques et son propre parti.

En politique, avoir raison au mauvais moment revient à avoir tort, et les bons moments pour annoncer une hausse de tarif ou d'impôt sont très rares. Il y a seulement des moments pires que d'autres. Par exemple lorsqu'un gouvernement est minoritaire.

On reproche bien des choses à l'ADQ, mais il faut lui reconnaître le courage d'avoir été la première à s'engager à dégeler, puis à indexer les droits de scolarité. Encore aujourd'hui, Pauline Marois doit multiplier les circonlocutions pour éviter de provoquer les militants péquistes.

La présidente du Conseil du trésor, Monique Jérôme-Forget, aurait toutefois été bien malvenue de jouer les saintes nitouches dans ses commentaires sur les hausses de tarif proposées par la commission présidée par l'économiste Claude Montmarquette. Ce n'est pas dans son caractère et, de toute manière, personne ne l'aurait crue.

Mme Jérôme-Forget ne s'en est pas cachée: elle trouve que les tarifs d'électricité sont trop bas au Québec. Malheureusement, a-t-elle ajouté, son influence est limitée au sein du gouvernement. Il n'y aura donc pas de hausse. On ne peut lui reprocher ni sa franchise ni son humour.

La réplique de son vis-à-vis péquiste, François Legault, a été tout sauf mordante. Et pour cause. M. Legault est tout aussi convaincu de la nécessité d'augmenter substantiellement les tarifs d'électricité tout en sachant très bien que Pauline Marois refusera de l'envisager pour les mêmes raisons électorales que le premier ministre Jean Charest.

***

L'ancien ministre péquiste Joseph Facal était particulièrement bien placé pour savoir à quoi s'en tenir quand Mme Jérôme-Forget l'a invité à faire partie de la commission sur la tarification présidée par M. Montmarquette.

À l'époque où M. Facal était lui-même président du Conseil du trésor, Bernard Landry lui avait adressé de vives félicitations pour son rapport sur les fonctions de l'État avant de l'expédier sur les tablettes, où il est maintenant couvert d'une épaisse couche de poussière.

Les réactions de la société civile au rapport Montmarquette étaient également réglées comme du papier à musique. Dans le coin gauche: la CSN, les fédérations étudiantes et Québec solidaire, unis dans une indignation commune. Dans le coin droit: le patronat. Tout ce beau monde viendra répéter son couplet en commission parlementaire.

Il est vrai qu'il existe au Québec une «culture de la gratuité» qui conduit inévitablement à l'inefficacité et au gaspillage. Certes, il est loisible pour une société de faire des choix qui constituent une entorse au principe de l'utilisateur-payeur, mais cela ne signifie pas le moindre coût pour tous tout le temps.

Si la progressivité de l'impôt est une mesure d'équité, pourquoi la tarification doit-elle obligatoirement être uniforme? Que ce soit dans un CPE ou à l'université, il est clair que le Québec offre une aubaine incomparable aux plus fortunés. Ailleurs, il est également très fréquent que des universités modulent les droits selon les facultés.

Les mythes ont la vie dure. Depuis la nationalisation de l'électricité, les Québécois sont convaincus que Dieu lui-même a voulu qu'ils bénéficient des tarifs les plus bas sur la planète. M. Facal a cru bon de citer Claude Ryan, dont la maxime favorite à l'époque où il dirigeait le PLQ était celle-ci: «Petit à petit, le ruisseau perce le rocher.» M. Ryan a cependant appris à ses dépens que la géologie et la politique n'ont pas la même notion du temps.

***

Il y a dix ans, Lucien Bouchard avait réussi à embrigader tout le Québec dans une croisade pour le déficit zéro, mais cela s'est fait au prix de l'éclatement de la coalition qui avait presque permis au OUI de l'emporter au 1995. Quand M. Bouchard est parti, en janvier 2001, nombreux sont ceux qui ont crié au bon débarras.

On peut penser ce qu'on veut de l'ancien premier ministre, mais aucun leader politique ne bénéficie actuellement de l'ascendant qui lui permettrait de convaincre la population de la nécessaire mise à jour d'une politique de tarification devenue anachronique.

Bien entendu, en commandant une étude à un groupe de «lucides», Monique Jérôme-Forget se doutait bien ce qu'il recommanderait, tout comme elle connaissait les conclusions du comité Castonguay sur le financement des services de santé avant même qu'il ne soit formé. Dans un cas comme dans l'autre, elle savait aussi que son gouvernement écarterait du revers de la main les orientations proposées.

Même s'il faudra du temps pour que ces idées pénètrent les esprits, tout n'est pas perdu pour le gouvernement Charest, bien au contraire. C'est même à se demander dans quelle mesure ces rapports n'ont pas été commandés précisément dans le but de permettre au gouvernement d'en rejeter les recommandations.

On a dit que le comité Montmarquette avait été créé sous la pression de l'ADQ, qui avait voté contre le premier budget de Mme Jérôme-Forget, au printemps 2007, sous prétexte qu'il ne contenait pas de politique de tarification. En réalité, rien n'aurait pu convaincre Mario Dumont d'appuyer le budget.

C'est un vieux truc de faire craindre le pire à la population, qui pousse ensuite un soupir de soulagement quand ça n'arrive pas. On a appelé cela la stratégie du grand ouf. Après avoir été accusé d'être le fossoyeur de la Révolution tranquille, le gouvernement Charest s'est métamorphosé en sauveur de la social-démocratie québécoise. Il faut le faire!

***

mdavid@ledevoir.com






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  • Georges Allaire
    Inscrit
    samedi 12 avril 2008 04h55
    Bof
    « Le grand ouf produit le grand bof quand on pense à la politique. »

  • Françoise Maertens
    Inscrite
    samedi 12 avril 2008 06h23
    Sérieusement...
    « Pensez-vous SÉRIEUSEMENT qu'il n'y aura plus de gaspillage parce que les utilisateurs seront les payeurs? Ne pensez-vous pas que les plus nantis continueront à remplir leurs piscines et à consommer de l'electricité à tout vent? Qui va payer : les plus petits et bien sûr, la classe moyenne! POur moi, il est évident que ce que je paierai en plus en électricité et autres biens publics n'ira plus dans l'économie car mes revenus n'augmenteront pas bien évidemment (je suis enseignante).
    Arrêtez aussi de parler de CULTURE DE LA GRATUITÉ!!!! nous sommes bien conscients en payant nos impôts que nous nous offrons ainsi une société plus solidaire que ce qui existe au Sud!!!! VIVE LE QUÉBEC SOLIDAIRE!
    Par ailleurs, comment allons-nous faire quand nous serons malades? Ce sont les malades qui vont payer? J'ai deux collègues qui sont (VRAIMENT - faut-il le préciser car plusieurs de ces bien-penseurs semblent laisser entendre que les malades font semblant de l'être pour être soignés au crochet de la société...) et qui ont plusieurs milliers de dollars de frais médicaux par année. Comment feront-elles quand nous serons dans une société à la États-Unienne??? sans solidarité aucune????
    Et pour les droits de scolarité? Il est évident que ce ne seront que les enfants dont les parents ont des revenus de plus de 100 000$ qui pourront se payer des études!!! Évidemment, ça correspond aux revenus de nos grands penseurs.. alos eux ne voient pas de problème... Je viens d'une famille de 4 enfants et mon père est décédé alors que j'avais 10 ans. Ma mère s'est retrouvée seule avec 4 enfants en bas âge ... et si ce n'avait été de la solidarité sociale, je n'aurai pas pu devenir enseignante!!!
    Et en me parlez pas des Prêts et bourses qui ne sont accordés que dans les cas extrêmes... on obtient bien plus de prêts que de bourses! Et vous commencez dans la vie avec des montants de 15 000 à 20 000 $ de dette si ce n'est plus!

    Je ne peux m'empêcher de penser à tous mes élèves (j'enseigne en milieu défavorisé) qui sont plein de ressources intellectuelles et qui n'auront peut-être pas la chance de pouvoir étudier parce que notre société aura décidé de ne plus être solidaire!

    Vraiment, j'ai du mal à comprendre ces penseurs qui font tout pour mettre en péril ce que le Québec a intelligemment construit ces dernières dizaines d'années!!!!
    Vive la Finlande ... quand je vois où le Québec s'en va, j'ai même envie d'y déménager... et pourtant, tous ceux et toutes celles qui m'entourent savent à quel point j'aime le Québec!

    Françoise Maertens »

  • Clarence-Edgar Comeau
    Inscrit
    samedi 12 avril 2008 07h18
    OUF !
    « Permettez-moi monsieur David de vous demander d'arrêter de dire des conneries aussi abjectes que le discours de ceux et celles (des multinationales et autres « dilapideurs » du genre) qui ont la mainmise sur les ressources naturelles du Québec. Il est vrai que dans toute société qu'on gaspille et que ce gaspillage a un impact énorme sur l'environnement détruisant à jamais les échos systèmes. À cet égard la démonstration n'est plus à faire.

    Le Québec de la Révolution tranquille était conscient de ses richesses naturelles et il aspirait à pouvoir les gérer de façon juste, équitable et automne. L'Indépendance du Québec devait avoir comme pilier le pouvoir de légiférer ce qui, forcément, présageait des jours meilleurs pour tous. Hélas, nous sommes loin d'avoir la coupe aux lèvres.

    Lorsque vous dites monsieur David, que « la CSN, les fédérations étudiantes et Québec solidaire,(sont) unis dans une indignation commune. » il ne faudrait les voir comme étant des irritants, car avec eux il y a encore espoir de ne pas voir toutes nos ressources naturelles disparaître comme neige au soleil. Oui, le Québec est riche et sa richesse ne lui sert peu comparé à ce qu'elle pourrait lui servir.

    Et lorsque vous dites, monsieur David, « qu'il existe au Québec une «culture de la gratuité» qui conduit inévitablement à l'inefficacité et au gaspillage » il faudrait comparer le gaspillage des pauvres avec celui des exploitants des ressources naturelles.

    Vous dites : « Certes, il est loisible pour une société de faire des choix qui constituent une entorse au principe de l'utilisateur-payeur, mais cela ne signifie pas le moindre coût pour tous tout le temps. » mais il faut se rappeler que cette entorse ne bénéficiera nullement de façon équitable et juste à tout le monde.

    Pourquoi les ressources naturelles dont les profits vont à une poignée de multinationales ne seraient pas exploitées par l'État québécois ? Non, n'allons pas croire que c'est du communiste ou du socialiste ou toute autre « iste » qui résonnent comme ceux des dictatures d'antan. Soyons clair, si d'autres savent exploiter et tirer profit des ressources naturelles du Québec, pourquoi les cerveaux des membres de tous les gouvernements élus depuis la Révolution tranquille ne sont pas aussi futé que ceux des exploitants capitaliste et sans merci ?

    C'est au peuple québécois de décider qui sera l'utilisateur-payeur. Donnons-lui la chance de décider et il aura sa part du gâteau ! En attendant, il est à espérer que les chroniqueurs et toutes hautes voix médiatiques sachent faire la différence entre un voleur et gaspilleur et celui qui se fait voler pour gaspilles ce qu'il a de plus précieux, son environnement, ses échos systèmes et l'ensemble de ses ressources naturelles. Et, pour conclure, le jour où un député à l'Assemblé nationale osera exiger que le profit des ressources naturelles du Québec soit remis au peuple, il aura certainement recréé un pont entre l'idéologie de la Révolution tranquille et l'espoir d'un Québec indépendant gestionnaire responsable et non criminel de ses ressources naturelles.

    Clarence-Edgar Comeau,
    Montréal »

  • Mario Tremblay
    Abonné
    samedi 12 avril 2008 08h23
    J'espère que vous avez tout faux.
    « À suivre l'actualité internationale, j'ai l'impression qu'il n'y a que le Québec qui n'a pas encore été touché par la flamme de la lucidité.
    Comme ces courants sont soumis à des modes de pensées cycliques, j'espère de tout coeur que le Québec va sauter un tour!
    Comme je l'ai dit cette semaine, poussons les idées des lucides jusqu'au bout, pourquoi ne pas engager une firme comptable et fermer le gouvernement. Le seul empêchement? Même les lucides convoitent le pouvoir. »

  • Bertrand Lavoie
    Abonné
    samedi 12 avril 2008 09h35
    Choix de société
    « Soit on paie par les impots, soit on paie par des tarifs. Dans le cas de l'éducation, il est clair que nous devons payer par les impots. Nous choisisons en tant que société que l'accessibilité est la valeur la plus importante. L'éducation gratuite profite aux plus riches? Faux! Qu'ils paient plus d'impots! Elle profite aux plus pauvres, car ils paient moins d'impots. Ça s'appelle une société plus juste. Au lieu de se comparer avec l'Amérique du Nord en se disant: on peut augmenter, pourquoi ne pas se dire: soyons un leader dans l'accessibilité aux études! Question de choix de société. Choisissez votre camp, M. David. »

  • Michel Lebel
    Inscrit
    samedi 12 avril 2008 09h38
    La politique n'est pas tout!
    « Et on se demande encore pourquoi bien des gens sont devenus cyniques ou allergiques à la politique! Pourquoi ces palabres sans fin et ce gaspillage de papier pour en arriver là? Heureusement que la politique n'est pas tout, loin de là! »

  • Sébastien Fugère
    Abonné
    samedi 12 avril 2008 09h41
    légèrement désaccord!
    « M. David, j'adore vos chroniques. Cependant, permettez-moi d'être, cette fois-ci, un brin en désaccord avec vous. Hydro-Québec est pour moi un outil que le Québec s'est donné pour justement avoir la chance d'avoir les tarifs les plus bas du monde, et c'est tant mieux. Tant et aussi longtemps que notre société d'État fera des profits, il n'y a aucune raison d'augmenter les frais d'électricité. Une société d'État doit être au service de la population et non à la recherche de profits. Cette société évolue en dehors du marché et n'est donc pas soumise aux pressions de celui-ci. Et si les riches en profitent, tant mieux pour eux, ils se plaignent constamment d'être étouffés par nos déviances socialistes. En ce qui a trait aux frais de scolarité, je ne peux me résoudre à être pour une augmentation, ce serait nier la chance que j'ai eu d'y étudier. Venant d'un milieu plus que modeste, je n'aurais pu y aller sans les bas taux d'aujourd'hui. Et lorsque je fais mon rapport d'impôt, j'ai la très forte impression que l'État a fait un excellent placement avec moi.

    Bien à vous.
    J'adore vous lire.

    Sébastien Fugère »

  • Jacques Gagnon
    Abonné
    samedi 12 avril 2008 10h16
    Le modèle québécois
    « On a cassé beaucoup de sucre sur le modèle québécois, la coûteuse sociale-démocratie.

    Ce modèle suppose des dépenses ou investissements et, bien sûr, des revenus.

    On pense ou on essaie de se libérer de ce foutu couteux modèle en coupant et en se disant que c'en est assez de toute cette générosité débridée et irréaliste.

    Mais on oublie la source des revenus. Nos alarmistes syndiqués, les Fortin , Facal , Bouchard, les IEDMistes et autres réputés hommes d'affaires et éminences éconosensibles ont unanimement trouvé la solution.

    Cette solution, c'est l'augmentation des tarifs ou impôts, ce qui revient au même.

    Malheureusement cette solution fait partie du problème. C'est la solution modèle québécois que vous abhorrez.

    Vous allez plonger le Québec dans un plus grand ratatinement. C'est par la création de richesse et l'investissement dans les secteurs clés comme l'éducation et le dévelopement des affaires que l'on va s'en sortir.

    Encore une fois, on ne s'enrichit pas en changeant son argent de poche. »

  • Roger Kemp
    Inscrit
    samedi 12 avril 2008 15h11
    Faisons payer l'abuseur utilisateur
    « C'est fou (tiens donc c'est ouf à l'envers) comme votre texte fait réagir. J'abonde moi aussi dans le sens des textes de monsieur Comeau et de madame Maertens. Lorsque comme électeur, je vote pour une personne quelque soit son parti politique, c'est pour qu'il gère efficacement nos deniers publiques en regard de la société pour laquelle il doit assurer le maximum de rendement. Comme dans notre société, il y a des riches, une classe moyenne et des pauvres, il faut donc assurer que chacune des classes recoivent le maximum des services offerts surtout en ce qui concernent les services essentiels (électricité, logement, nourriture, l'eau, services de santé, éducation). Or notre système capitaliste n'a qu'un seul objectif: le rendement qu'inporte les moyens pour l'atteindre. Hydro-Québec se voit obliger de fractionner son entreprise pour nous démontrer que le coût de l'électricité résidentiel doit être augmenté. Pourtant Hydro-Québec dans son entier montre des profits records années après années. Pourquoi donc ne pas se servir de ces bas tarifs pour attirer plus de monde à venir vivre ici? Mais que ceux et celles qui abuseraient de cette richesse naturelle (un plafond de consommation pourrait être fixé) se verraient taxés d'une tarrification plus forte. La même réflexion s'appliquerait pour tous les domaines essentiels.
    Ainsi les abuseurs payeraient pour leur non respect d'un bien essentiel.
    Ma réflexion n'est pas parfaite mais je pense qu'elle a le mérite d'ouvrir des discussion sur notre système capitaliste. »

  • David Lépine
    Inscrit
    samedi 12 avril 2008 15h40
    gros consommateurs
    « Que les Québécois soient les plus gros consommateurs d'électricité au monde ne semble même pas affecter le jugement des nombreux répondants ici. Ce serait notre droit d'ainesse que de gaspiller inutilement une ressource précieuse. Si nous la conservions mieux, ce qu'une hausse substantilelle des tarifs provoquerait, l'excédent ainsi conservé pourrait être exporté à fort prix et l'argent pourrait servir à aider les plus pauvres. Oui les riches continueraient à chauffer leurs piscines, mais ils en paieraient le vrai prix.

    Pourquoi encourager collectivement le gaspillage et prétendre que cela consttitue une mesure sociale favorable aux moins nantis? Voilà le modèle québécois tout croche .

    Vaudrait mieux nationaliser les brasseries et vendre la bière à 10 sous, ce serait amusant au moins. »

  • Roland Berger
    Abonné
    samedi 12 avril 2008 16h52
    Décevant
    « Ce qui m'a profondément déçu chez monsieur David, c'est de l'avoir vu adopté progressivement le néolibéralisme à la mode et de nous le servir à de plus en plus fortes doses, en proportion inverse du déclin de son esprit critique. Sa nouvelle grille idéologique ne lui permet même pas de comprendre que l'augmentation des frais de scolarité ne ferait que restreindre la formation d'individus compétents dont le Québec aura de plus en plus besoin. Et quant à la tarification selon le revenu, qu'il suggère en passant, comment ne peut-il pas comprendre que cette option forcerait une accroissement énorme de l'administration de l'État, ce qui va bien sûr à l'encontre de son « dégraissage », mantra cher au néolibéralisme dont il s'efforce d'être partie prenante.
    Roland Berger
    St-Thomas, Ontario »

  • Raymond Saint-Arnaud
    Abonné
    samedi 12 avril 2008 16h58
    Pour une indexation annuelle modulée
    « D'un point de vue économique, aucun prix ne devrait être gelé : les prix doivent évoluer selon les circonstances.

    On peut décider que certains biens ou services soient gratuits, comme l'éducation ou la santé. Cependant, quand une chose est gratuite, on peut être porté à la gaspiller ou à ne pas l'apprécier à sa juste valeur. D'où l'utilité d'imposer certains frais modérateurs même pour ces éléments « gratuits », mais accompagnés de mesures (allègements fiscaux ou allocations fiscales) pour ne pas pénaliser les personnes à faibles revenus.

    L'inflation a toujours existé, depuis des siècles. Alors, en principe, tout devrait être indexé annuellement de façon modulée selon l'indice du coût de la vie : tarifs d'électricité, frais modérateurs, allocations sociales, frais de garderie, frais de scolarité, mais aussi niveaux d'imposition, impôts, etc.

    Une telle politique d'indexation permettrait d'éviter les sempiternelles discussions sur les augmentations de tarif pour les biens ou services « gelés », et permettrait une meilleure planification de la gestion gouvernementale. »

  • Michaël Lessard
    Inscrit
    samedi 12 avril 2008 17h08
    Courage politique ? Gratuité ? Quelques mots...
    « Vous trouvez que ça prend vraiment du courage politique pour parler de hausse des frais de scolarité actuellement? Le contraire me semble plus difficile aujourd'hui.

    La gratuité n'existe pas. Ce qui est demandé par les gens intéressés par la justice, est que l'éducation soit financée par nos fonds collectifs (nos taxes et impôts) plutôt que de la poche des étudiant-es. C'est un simple choix.

    Que l'argent provienne de votre poche à l'entrée de l'université ou de vos impôts, vous payez quand même dans tous les cas. Que l'étudiant-e paie 2500$ à l'Université Laval à Québec ou 5000$ à l'Université d'Ottawa, les deux institutions peuvent recevoir le même financement en fin du compte.

    La question est donc uniquement :

    Voulez-vous contribuer à ce que toute personne compétente et motivée puisse accéder aux études supérieures peu importe ses revenus ou ceux de ses parents? »

  • Gilles Bousquet
    Inscrite
    samedi 12 avril 2008 18h45
    OUF pour éviter le PLOUF au ZOUF
    « Bien oui, le OUF des électeurs pour éviter, à la prochaine élection, le...PLOUF au zouf au pouvoir. »

  • Jacques Godin
    Abonné
    samedi 12 avril 2008 18h50
    Baisses tarifs - Jacques Godin
    « D'où vient cette idée que la nationalisation de l'électricité était pour nous donner les tarifs les plus bas au monde? C'était plutôt pour contrôler une ressource naturelle qui nous appartient afin de s'approprier cette richesse pour le bien-être de notre collectivité. Subventionner les utilisateurs d'électricité au détriment de ceux qui utilisent d'autres ressources énergétiques n'est certainement pas la façon la plus bénéfique pour l'ensemble de la société québécoise. »

  • Florence Richer
    Abonné
    dimanche 13 avril 2008 00h34
    Les riches sont gâtés? Mais alors imposons plus!
    « M. David franchement la vous me décevez grandement. Avez-vous lu les études qui montrent que ce n'est pas tant le coût réel des études qui empêche les étudiants moins fortunés d'avoir accès aux études mais la peur de devoir s'endetter. Et que fait-on de toutes ces familles qui passerait entre les mailles du filet de sécurité que vous voudriez mettre en place pour protéger les moins nantis. Vous savez ces familles et personnes qui gagnent juste au-dessus de la barre permettant d'avoir accès aux tarifs spéciaux. Et ces tarifs ''réduits'' n'est-ce pas une manière d'ostraciser encore plus ces petites gentes qui vivent '' accrochés au système'' comme certains voudraient le faire croire. Il est d'ailleurs beaucoup plus facile de couper dans ces politiques de tarifs réduits que dans un tarif universel qui profite à tous. L'exemple de la large mobilisation face à l'augmentation des tarifs des CPE en est un bon exemple: dans ce débat ce n'est pas seulement les ''démunis'' qui sont sortis pour défendre leurs intérêts dans la rue mais une masse critique de citoyens qui croyaient en la politique progressive des CPE à 7$.

    Bref, si on trouve tant que les riches sont gâtés ici pourquoi leur accorder baisse d'impôts sur baisse d'impôts?
    Si les choyés de notre société payent leur juste part d'impôts alors pourquoi n'auraient-ils pas droit à leur part de services accessibles, universels et abordables? »

  • Paul Verreault
    Inscrit
    dimanche 13 avril 2008 09h06
    Utilisateur-payeur
    « Poussons le raisonnement au bout:"Je n'ai pas d'enfant, pas de taxes scolaires!, je n'ai jamais appeler les pompiers, portion des taxes municipales pour les pompiers, niet!, portion des taxes québécoises et municipales pour la culture, vlan!, etc. et enfin, portions des taxes de toutes sortes pour payer les députés, les ministres, les conseillers municipaux etc. que je n'ai jamais consultés, enfin débarrasser! Et qu'advienne enfin pour de bon la société "du pain et des jeux" tous azimuts et ses chantres des barbares (capitalistes sauvages) des HEC, Inst. Fraser etc.! »

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