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    La présidente de l'Office de la langue française, France Boucher, affirmait en conclusion de sa comparution mardi devant une commission de l'Assemblée nationale ne pas avoir d'états d'âme en ce qui a trait à la situation du français au Québec. Voilà tout un aveu, qui confirme l'impression qu'elle a créée en présentant il y a quelques semaines le bilan quinquennal dressé par son organisme à propos de la situation du français au Québec. La froideur avec laquelle elle exécute son mandat ne serait pas différente si elle dirigeait une fabrique de conserves de petits pois. Chargée de l'application de la Charte de la langue française, ce qui sous-entend une obligation de défendre et de favoriser la langue française, elle n'a apparemment guère d'enthousiasme pour cette responsabilité.

    Rien d'étonnant à cette absence d'états d'âme. L'exemple vient de haut. Le gouvernement de Jean Charest, s'il n'est pas indifférent à l'état du français, est le champion des demi-mesures. L'a illustré encore récemment la ministre responsable de l'application de la loi 101, Christine St-Pierre, qui nous présentait un bouquet de mesures de soutien au français méritant bien le qualificatif d'anémique. On ne s'étonnera pas non plus que d'autres organismes gouvernementaux appliquent alors avec indulgence certaines dispositions de la loi 101.

    La pratique mise au jour cette semaine par notre collègue Robert Dutrisac, qui consiste à inscrire automatiquement comme ayant droit à des services gouvernementaux en anglais tous les immigrants allophones qui le demandent, est le fait de cette indulgence. Elle incite les fonctionnaires à appliquer avec libéralité, si on peut employer ce mot ici, des politiques conçues pour répondre à des cas d'exception mais qui deviennent la règle. Lorsque ce sont près des trois quarts des immigrants allophones qui reçoivent leurs communications en anglais, que ce soit de la Régie de l'assurance maladie ou de la Société de l'assurance automobile, il y a un problème. Les efforts du ministère de l'Immigration et des Communautés culturelles en matière d'intégration des immigrants à la majorité francophone sont fragilisés.

    Pris en flagrant de délit de contradiction, le gouvernement Charest nous promet de réévaluer cette pratique qu'il a tolérée. C'est le moins qu'il puisse faire. Il faudrait aussi qu'il soit vigilant. Pourquoi faut-il que ce soient les médias ou des groupes militants qui attirent l'attention sur des situations anormales ou irrégulières? Plusieurs ministères ont ainsi dû mettre fin à cette pratique dite du «press nine» qui permet de sauter les messages d'accueil téléphoniques en français. Devant ce manque de vigilance de la part du gouvernement, il ne serait pas inutile qu'une commission parlementaire de l'Assemblée nationale se penche sur l'application de la loi 101 et s'assure de son respect par les ministères et les organismes gouvernementaux.

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    bdescoteaux@ledevoir.com












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