dimanche 22 novembre 2009 Dernière mise à jour 11h52


Chercher

Inscrivez-vous (gratuit)
Mot de passe oublié?
Abonné papier? Connexion
S'abonner au Devoir
Publicité

Services aux immigrants allophones: l'anglais ne sera plus permanent

Robert Dutrisac   9 avril 2008  Québec
Québec — Une majorité de nouveaux arrivants allophones pourront continuer à recevoir les services de l'administration publique québécoise en anglais. Mais le gouvernement Charest veut changer les règles pour que ce privilège ne soit pas accordé une fois pour toutes aux immigrants qui sont appelés à se franciser.

Responsable de la Charte de la langue française, la ministre de la Culture et des Communications, Christine St-Pierre, a indiqué hier au Devoir que, même si les immigrants conserveront la possibilité de se faire servir en anglais par l'État québécois à leur arrivée au Québec, le gouvernement allait trouver «un mécanisme» pour qu'ils reçoivent après une certain temps toutes les communications gouvernementales en français.

La ministre n'a pas précisé après combien de temps les nouveaux arrivants devront se mettre au français dans leurs relations avec les ministères et organismes publics. «Lorsque la personne est intégrée, un temps court, le plus court possible», a dit Mme St-Pierre. La ministre a mandaté le sous-ministre du Secrétariat à la politique linguistique, Guy Dumas, pour qu'il conçoive d'ici l'été un mécanisme qui convienne.

Dans un article du Devoir, on apprenait hier que ministères et organismes publics désignent comme anglophones jusqu'à 75 % des nouveaux arrivants allophones, dont plusieurs ont pourtant une certaine connaissance du français mais aussi, dans bien des cas, de l'anglais. Ces immigrants obtiennent ensuite, leur vie durant, que l'anglais soit la langue dans laquelle l'État québécois communique avec eux.

Lors de la période de questions à l'Assemblée nationale, le chef de l'opposition officielle, Mario Dumont, a affirmé que cette pratique découle de «la politique du laisser-aller» du gouvernement en matière de langue et qu'elle s'ajoute au «portrait inquiétant de l'anglicisation de Montréal», aggravée par la hausse «disproportionnée» des seuils d'immigration. «S'il y a une chose qu'on a comprise comme collectivité dans le débat des accommodements raisonnables, c'est bien que l'aplaventrisme ne mène nulle part. Ça inclut l'aplaventrisme linguistique, la paresse linguistique du gouvernement», a lancé M. Dumont.

Le premier ministre Jean Charest a répliqué en accusant Mario Dumont et son parti d'être «contre ça, l'immigration». Citant le faible taux de natalité des Québécoises et les pénuries de main-d'oeuvre, M. Charest a déclaré que «ce que le Québec est capable de faire amplement, c'est justement recevoir des gens et de les intégrer à la société québécoise».

Le porte-parole du Parti québécois en matière de langue, Pierre Curzi, estime que les consignes suivies par l'administration publique avec les nouveaux arrivants entraînent le Québec «vers une bilinguisation». Un changement à la Charte de la langue française est peut-être nécessaire, a avancé le député.

La Charte prévoit que la correspondance de l'administration avec les personnes physiques peut être dans une autre langue que le français lorsque ces personnes ne s'adressent pas à elle en français. Il ne s'agit pas d'une obligation mais d'une permission. Ce principe fut repris en 1996 par la Politique gouvernementale relative à l'emploi et à la qualité de la langue française dans l'administration, qu'a fait adopter Louise Beaudoin.

La pratique qui s'est instaurée depuis permet à quiconque de se faire classer en tant qu'anglophone auprès de l'administration. C'est contraire à l'esprit de la politique de 1996, a dénoncé hier Louise Beaudoin. «Il faut revoir la politique linguistique pour faire en sorte d'intégrer les immigrants», a-t-elle fait valoir. Comme c'est le cas pour l'éducation, seuls les anglophones de souche devraient pouvoir se faire servir en anglais par l'État québécois, estime-t-elle.






Envoyer
Fermer

Haut de la page
Cet article vous intéresse?
Partager
Digg Facebook Twitter Delicious
 

Vos réactions

Triez : afficher les commentaires 
  • Bernard Gervais
    Abonné
    mercredi 9 avril 2008 00h20
    L'importance des médias !
    « Encore bravo à Benoit Dutrisac pour son enquête sur le manque de respect du français dans les communications entre l'État québécois et les allophones. Son reportage aura forcé le Gouvernement à réagir sur un sujet qu'il préfère très souvent éviter ! »

  • Gilles Bousquet
    Inscrite
    mercredi 9 avril 2008 07h41
    Une autre bonne idée Libéral très provinciale, bip, bip, bip
    « Une autre bonne idée Libérale très provinciale, partir nos immigrés en anglais et les finir en français. Bip, bip, bip., attention en arrière, on recule...again. »

  • Francois Lamoureux
    Inscrit
    mercredi 9 avril 2008 08h25
    Services aux immigrants allophones
    « Citant le faible taux de natalité des québécoises
    et les pénuries de main-d'oeuvre M. Charest a déclaré que, ce que le Québec est capable de faire amplement,c'est justement recevoir des gens et de les intégrer à la société québécoise. Est-ce une bonne raison pour les intégrer en anglais M. Charest? La société québécoise est francophone
    au cas ou vous ignorez cela. »

  • Valdor Lagacé-Gallant
    Inscrit
    mercredi 9 avril 2008 10h16
    À quand les manifestations de LIBERTÉ ?
    « Par les temps qui courent, les gens manifestent parce que La Chine fait de la misère aux Tibétains en multipliant les vagues de Chinois qui vont s'y installer.

    Ici, on utilise les mêmes techniques d'envahissements avec la complicité et l'éternel silence des fonctionnaires-qui-ont-peur-de-perdre-leur-job.


    Ils sont nombreux. Ils s'installent à demeure et à vie avec cette attitude et ensuite ils se demandent pourquoi ils sont tous en fatigue professionnelle.

    Pourquoi dépenser tant d'argent pour les franciser si nos propres fonctionnaires préfèrent leur parler en anglais ?

    Que dire des souffrants au-dessus de leurs têtes?

    C'est St-Pierre qui ouvre la porte...


    Valdor Lagacé-Gallant





    Tous les fédéralistes vous le diront.Ils gagnent du terrain en utilisant cette méthode qui est vieille comme le monde.


    Justement, on en connaît son fonctionnement.
    Il est temps d'en changer le cours de son histoire. »

  • Guy Fafard
    Inscrit
    mercredi 9 avril 2008 10h53
    la loi 101 doit être appliquée
    « administration publique, allophones, Langue, Immigration, Québec (province), Canada (Pays)

    Le problème n'est pas que la loi n'est pas bonne et qu'elle doive être changée; elle doit être appliquée.

    On a perforé la loi 101 de toutes parts avec la charte de monsieur Trudeau. Malgré ses trous, si une loi n'est pas appliquée, à quoi sert-il de voter des lois; si non c'est une perte de temps et des frais inutiles. Pendant ce temps c'est toujours les mêmes qui payent, c'est à dire les payeurs de taxes et les payeurs de taxes c'est nous. »

  • Yves Leclerc
    Inscrit
    mercredi 9 avril 2008 10h53
    L'anglais à Montréal (immigrants...) Dutrisac , 09/04/08
    « Allons donc voir ce que font les gouvernements provinciaux dans les provinces non bilingues (comme le Nouveau Brunswick) pour les francophones. Les services en français lorsqu'ils existent, sont réduits au strict minimum. D'ailleurs, ils n'ont pas à mettre en place des "mécanismes" pour être en mesure de cesser de fournir un service en français à quiconque, puisque personne ne peut survivre (peut-on dire) dans ces provinces, sans une maîtrise minimale de l'anglais.

    En ce qui concerne les anglais de souche, comment fait-on, par quel mécanisme l'administration provinciale peut-elle vérifier si une personne est anglaise de souche?. Existe-t-il un registre de ces personnes comme c'est le cas pour les indiens?

    Encore une fois, ce qui se passe ici fait partie du même phénomène que ce qui a fait les manchettes récemment: la difficulté de se raire servir en français dans les commerces à Montréal. Le fait est, que l'anglais est maintenant la langue première à Montréal et éventuellement ailleurs au Québec. La majorité francophone du Québec a abandonné le projet d'indépendance et transmis le message à tous (à l'intérieur et à l'extérieur du pays),que le Québec est une province comme les autres dans un pays, officiellement bilingue mais anglais dans les faits, surtout en affaires. Au Québec même, le français est maintenant facultatif et de plus en plus réservé au domaine privé (fammilial) par les Québécois de souche francophone. Lentement mais sûrement, il se folklorise comme c'est le cas au Nouveau Brunswick quoiqu'en disent les Acadiens. Comme les fédéralistes, je crois qu'Il faut passer à autre chose. La prochaine étape: un Canada entièrement anglophone et ensuite, l'annexion aux États Unis d'Amérique. Peuple colonisé et soumis, voilà ce qu'est la Nation Québécoise qui vogue lentement vers l'assimilation. Il serait rentable d'accélérer le processus. Voilà un concept (rentabilité) qui est tout à fait "tendance" n'est-ce pas? »

  • Claude Archambault
    Inscrit
    mercredi 9 avril 2008 12h54
    @ M Leclerc
    « Vous parlez des autres provinces et leur traitement des francophones. À quand remonte votre dernier voyage en Ontario, une province anglaise si il y en a une. À Toronto, et presque partout on retrouve les directions routière en français, les permis de conduire et la carte d'assurance maladie sont bilingue, la province a même une télé publique TVO francophone. Tous les services du gouvernement provincial sont tous disponible en français. Oui il y a des têtes carré qui refuse la présence du français, mais il fait dire qu'ils sont peut être exaspéré par une portion de québécois raciste et xénophobe qui prône le français seulement et n'accepte aucune présence anglaise. La minorité francophone de l'Ontario est de très loin mieux servi en Ontario que la minorité anglophone au Québec qui est ostracisée par nos dirigeants.
    Avec les demande radicale que font les souverainiste au niveau de la langue dans un Québec Canadien je m'imagine ce que serait un Québec indépendant.... Un état totalitaire et abusif des droits individuels !
    Au Québec la minorité anglophone est de beaucoup plus grande que la minorité francophone dans les autres provinces alors elle se doit d'avoir TOUS ses service dans leur langue et ne doivent pas être forcé à se 'ghettoïser' Au Québec on devrait plutôt montrer notre force et notre confiance en soit en acceptant et même forçant le bilinguisme partout à tous les niveaux. »

  • Gilles Bousquet
    Inscrite
    mercredi 9 avril 2008 13h11
    @ Yves Leclerc
    « Vous avez raison M. Leclerc sur le besoin de connaître l'anglais pour les gens du Nouveau-Brunswick. Dans certains coins, les conversations vont à peu près comme suit : J'avions oublié qu'il faut crosser la street pour aller quérir des doughnuts au drug store. »

  • Thomas Paul-Jean
    Inscrit
    mercredi 9 avril 2008 13h42
    Attention! Ethniciser la langue??
    « Mme. Beaudoin, j'aimerais savoir ce que vous entendez par "les anglophones de souche". Est-ce seuls les blancs d'origine anglo-saxone qui ont droit aux services gouvernementaux en anglais? Imaginons qu'un ministre provincial ontarien ait dit que les services en français ne peuvent être fournis qu'aux "Canadiens-français" d'Ottawa, et non pas aux dizaines de miliers de libanais, d'arabes, d'haitiens et d'africains installés dans la province depuis des décennies ou aux futurs membres de leurs communautés. Imagions la réaction à cette absurdité. Et,en plus, quelle est cette obsession de toujours recourir au terme "de souche", même de la part des gens qui devraient savoir mieux, telle Mme. Beaudoin? »

  • Raymond Saint-Arnaud
    Abonné
    mercredi 9 avril 2008 13h54
    Les immigrants et le français
    « 1.- Ce qui fait la richesse d'un pays, Monsieur Charest, c'est le produit intérieur brut PIB par habitant, pas le nombre de personnes dans ce pays. Il n'y a aucune corrélation entre le niveau de vie et l'ampleur de la population. On n'a qu'à penser aux pays scandinaves riches et et de faible population, et aux pays africains pauvres et avec beaucoup de population.

    Il y a actuellement au Québec un mantra à l'effet que e Québec a absolument besoin de plus d'immigrants. Aucunement prouvé, Monsieur Charest! Si au moins nous réussissions à intégrer tous ou presque tous les immigrants au Québec francophone, ce pourrait à la limite être acceptable d'accueillir plus d'immigrants, mais plus de la moitié de ceux-ci ne s'intègrent pas à la majorité francophone, alors on se tire dans le pied en augmentant inconsidérément le nombre d'immigrants.

    La santé économique et sociale du Québec viendra plutôt en donnant une meilleure instruction à nos enfants. Nous serons alors plus productifs. C'est là la clef de notre survie comme peuple francophone.

    2.- Avant d'accepter les futurs immigrants ne connaissant pas le français, on devrait les informer qu'ils devraient apprendre le français dès leur arrivée au Québec en allant séjourner au moins trois mois dans une région francophone du Québec, i.e. en région, par exemple en Beauce, en Mauricie, au Lac St-Jean, etc., pour y suivre des cours de français et y être en immersion française dans des familles ou des centres communautaires.

    Cette mesure aurait de grands avantages :
    1.- franciser les immigrants
    2.- leur faire connaître la culture québécoise
    3.- revitaliser les régions par l'activité académique et économique résultante
    4.- faciliter l'établissement des immigrants dans des régions qui disent manquer de main d'oeuvre, contrairement à la région métropolitaine où une large part des immigrants sont sans emploi.

    Pour les immigrants déjà sur place et ne connaissant pas le français, on pourrait favoriser la même mesure. »

  • Peter Langford
    Inscrit
    mercredi 9 avril 2008 14h09
    Gimme a break!
    « Your pre-occupation with language astounds me. Is anybody surprized that so many immigrants want to clear out of this province? Permettez-vous les commentaires en anglais? Ils le font dans The Gazette! »

  • Claude L'Heureux
    Abonné
    mercredi 9 avril 2008 15h14
    Fabuleux!
    « Selon monsieur Archambault et compagnie ils peuvent s'exprimer en français dans le ROC. Les statistiques confirment leur assimilation: ou bien on laisse parler le moribond pour le conforter avant sa disparition ou bien le moribond ne connaît pas sa condition...

    Claude L'Heureux, Québec »

  • yves archambault
    Abonné
    mercredi 9 avril 2008 15h34
    immigrant.
    « le québec devrait communiquer avec les allophones au départ dans leur langue maternelle et en francais. ainsi ils se familliariseraient avec le français plus façilement et saurait qu'au québec ces le français qui est langue officielle »

  • Yvon Vallières
    Inscrit
    mercredi 9 avril 2008 16h44
    Un peu plus PRO-ACTIF M. Charest SVP
    « On veux du monde qui vont nous aider à produire, et on en fait venir au Québec assez pour écraser notre jeune culture. Des voiles, des charpas, et un peu de tout finalement avec les charges financières que cela pose. Ma solution: Que l'on recrute des francophones adaptables à notre culture et que l'on s'occupe de les rendre 'compatibles' dans leur pays même. Exemple, on pourrait envoyer dans le pays de nos recrues, des professeurs qui formeraient une classe d'étudiants en soins infirmiers. La formation chez eux, aurait l'avantage de mesurer le sérieux des candidats, de leur enseigner le francais québécois et ils parviendraient à émigrer au Québec avec un diplôme en poche et ainsi combler la demande dans nos hopitaux. Ils serait moins coûteux pour notre province de travailler pro-activement comme cela au lieux d'attendre que le pire arrive, comme la fermeture d'entreprise par millier, faute de main-d'oeuvre.
    M. Charest, laisser moi vous proposer un programme, vous verrez les millions qu'on va faire en étant pro-actif. »

  • Henri-Bernard Boivin
    Abonné
    mercredi 9 avril 2008 17h24
    La langue de l'État
    « Il est aberrant que le Gouvernement du Québec s'adresse en anglais à la plupart des immigrants. Quel message envoyons-nous ? C'est suicidaire. Que les immigrants sachent que s'ils veulent s'établir au Québec ils devront maîtriser le français. Qu'ils le sachent tout de suite en arrivant. Si notre gouvernement ne le fait pas en notre nom, il est certain que l'immigration travaillera contre nous.

    Henri-B. Boivin »

  • Jean Frost
    Inscrit
    jeudi 10 avril 2008 01h34
    À M Lecler
    « Il est inutile d'employer une tactique de peur pour émouvoir le peuple québécois contre les anglophones et les immigrants.

    Bien que la question sur la langue française au Québec soit l'un des sujets les plus chauds, mais vous vous trompez tellement que le français disparaisse lentement au Québec. Cette langue survit fortement pendant environ deux et demi siècles malgré cette "domination anglo-canadienne" et elle survivra sans doute jusqu'à ce que le dernier Québécois soit effacé de Terre. Vous devriez savoir que les Québécois sont trop têteux de laisser mourir la langue française.

    L'anglais est la langue dominante à Montréal? Il va me falloir employer cette expression anglaise: "Please, give me a break!" Au contraire, je trouve qu'il est toujours un peu difficile d'obtenir les services en anglais aux commerces. Vivez-vous vraiment à Montréal? Je le doute.

    Et enfin, que voulez-vous de ces immigrants et de ces anglophones au Québec? La plupart d'entre eux connaissent maintenant la langue de Molière et ils l'emploient quand ils ne sont pas chez eux. Ne pouvez-vous pas vous en contenter?

    Je vous conseille que vous vous rationalisiez un peu et que vous ne portiez plus vos lunettes roses.

    En passant, je suis anglophone qui aime la langue français et qui la respecte tellement.

    Passez une bonne journée et veuillez m'excuser des erreurs possibles dans ce commentaire en français. »

Déjà inscrit? Ajoutez votre commentaire ci-dessous

    Connexion




Cet article vous intéresse?
16 réactions
0 votes
 
Mots-clés de l'article
Recherche complète sur le même sujet


Abonnez-vous pour recevoir nos Infolettres par courriel
Choisir mes
infolettres
Publicité

Les blogues du devoir

Vos commentaires

 
Recherche



Exemples de recherche :
Robert Sansfaçon
"directeur général des élections"

S'abonner au Devoir
Abonnez-vous au journal papier Le Devoir ou à la version Internet.
Publicité
Vous souhaitez annoncer dans Le Devoir, contactez le service de publicité.

» En savoir plus
© Le Devoir 2002-2009