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Le statut de patrimoine mondial de Québec est en jeu

Isabelle Porter   4 avril 2008  Québec
La façade de l’église Saint-Vincent-de-Paul, à Québec.
La façade de l’église Saint-Vincent-de-Paul, à Québec.
Québec —Selon la ministre de la Culture, Christine St-Pierre, la ville de Québec pourrait perdre son statut de ville du patrimoine mondial s'il advenait qu'on démolisse la façade de l'église Saint-Vincent-de-Paul, dans l'arrondissement historique du Vieux-Québec.

En réponse à des questions sur le sort de l'église Saint-Vincent-de-Paul, la ministre a déclaré hier matin que «le statut de patrimoine mondial» n'était «pas garanti à perpétuité» et qu'il pouvait «être retiré» «Tout ce qui est fait à l'intérieur [de l'arrondissement historique] doit être regardé avec énormément de précaution», a-t-elle plaidé après avoir annoncé que 14,1 millions seraient investis dans la restauration d'une centaine d'églises au Québec.

Interrogée plus tard en journée, son attachée de presse, Marie-Hélène Paradis, a confirmé que le sort de la façade de l'église constituait un enjeu capital. «Oui, il y a une menace, parce qu'à chaque fois qu'on change quelque chose dans l'arrondissement historique, ça fragilise son statut. C'est très précaire.»

L'arrondissement historique du Vieux-Québec a, rappelons-le, été classé site du patrimoine mondial par l'UNESCO en 1985. Le comité responsable de la sélection des sites doit justement tenir sa rencontre annuelle à Québec du 2 au 10 juillet.

Dans ce contexte, le dossier de l'église constitue tout un embarras. On s'apprête à recevoir «des gens qui sont très ferrés en patrimoine mondial», a souligné la ministre. «Le statut de patrimoine mondial accordé à cet arrondissement est quelque chose qui est assez important pour qu'on fasse la démonstration qu'on prend les choses au sérieux.»

Située près de l'entrée du Vieux-Québec, l'église Saint-Vincent-de-Paul a été presque entièrement démolie en 2006 par un promoteur, Jacques Robitaille, qui avait acquis le terrain des pères de Saint-Vincent-de-Paul en 1998. L'homme d'affaires souhaitait construire un hôtel de 300 chambres à cet endroit. Il possède déjà plusieurs établissements dans la région, dont un hôtel en hauteur à l'entrée du Vieux-Québec, près des vestiges de l'église.

Mme Saint-Pierre a expliqué hier que des négociations «très soutenues» sont en cours entre son ministère et le promoteur afin d'intégrer la façade de l'ancienne église à son projet. Une entente devrait dès lors être conclue «très bientôt».

Il n'est toutefois pas question pour le ministère d'accorder une aide financière au promoteur pour réaliser son projet. «Le promoteur a démoli l'église sans l'autorisation du ministère, alors je ne pense pas que les citoyens seraient d'accord que le ministère aide quelqu'un qui est allé à l'encontre des règlements.»

La Ville de Québec et le ministère de la Culture sont à couteaux tirés dans ce dossier depuis le début. Il y a dix ans, les autorités municipales avaient donné au promoteur l'autorisation de détruire l'église à la condition qu'on en préserve la façade. Or le ministère maintient qu'on aurait dû demander son autorisation auparavant puisque le site est situé dans l'arrondissement historique.

Le maire Régis Labeaume a déjà pris position contre le maintien de la façade tout en priant la ministre St-Pierre de prendre une décision dans ce dossier qui n'en finit plus de traîner.

Hier, la ministre St-Pierre a déclaré que le maire se montrait «très, très ouvert».

Suivant un système de classification des églises de la ville de Québec rendu public en 1999 par l'administration municipale, le ministère de la Culture et le diocèse, l'église Saint-Vincent-de-Paul présentait une valeur patrimoniale «significative» et son enveloppe extérieure devait être préservée. Dans le cas des églises dont la valeur patrimoniale est jugée élevée, on recommande la conservation intégrale de l'édifice (intérieur et extérieur).

L'historien Jean Provencher doute que l'UNESCO puisse revenir sur sa décision, mais il estime néanmoins que l'intervention de la ministre est justifiée. «La façade, on doit la garder. Il faut qu'on soit imaginatif pour l'utiliser d'une manière ou d'une autre.»

M. Provencher a été vivement inquiété par l'intervention, fin février, d'une fonctionnaire de la Ville de Québec selon qui le site de l'église Saint-Vincent-de-Paul méritait de toute façon d'être exclu de l'arrondissement historique puisqu'il est déjà séparé de la vieille ville par une autoroute.

«Même si l'UNESCO a reconnu le site en 1985, les limites de l'arrondissement sont définies depuis 1963», a-t-il rappelé. «À l'époque, on en avait pris plus large autour des fortifications pour protéger le Vieux-Québec, et avec raison. Il suffit de voir à quel point l'entrée du Vieux-Québec a été assiégée depuis par des tours de dix, douze étages. [...] Il ne faudrait pas remettre ça en question à chaque génération juste parce que les valeurs changent.»

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  • Patrick Charrier
    Abonné
    vendredi 4 avril 2008 05h10
    Cercle vicieux
    Un promoteur démolit la vieille ville pour construire un hôtel destiné aux visiteurs de la vieille ville. On fait ça partout, et il n'y aura bientôt plus rien à voir nulle part.

  • Pierre-S Lefebvre
    Inscrit
    vendredi 4 avril 2008 08h32
    Diversion
    Christine Saint-Pierre doit se concentrer sur le renforcement et le respect de la langue française dans le réseau d`affaires de Montréal. Elle se dit déterminée mais quels sont les gestes posés à cette fin. Ancienne journaliste fédéraliste d`Ottawa, à la SRC, Christine Saint-Pierre maîtrise le verbe. Son ascendant Benoît Pelletier l`a introduite à la marginalité constitutionnelle et au défaitisme chronique. Dès lors elle se dédie à des causes sans signifiance pertinente. La belle affaire!

  • andré michaud
    Inscrit
    vendredi 4 avril 2008 10h47
    Pelleteux de nuages à l'oeuvre
    Je suis de la majorité des citoyens de Québec qui souhaitent la démolition de cette affreuse facade d'église qui n'est même pas à l'intérieur des vieux murs!!! Les visiteurs qui viendront fêter le 400iè de la ville, ne doivent pas voir cet horreur.C'est EXTRÊMEMENT LAID, mais la ministre s'en foute et tient à la procédurite à tout prix! Seul une minorité de pelleteux de nuages tient à préserver cette laideur extrème...

    Déjà la conservation historique cause de nombreux problèmes à l'intérieur des vieux murs. Ainsi, l'édifice contenant le Bar Spectacle le D'Auteil et la coop Fourmi Atomique, sur la rue d'Auteuil, a du fermer il y a quelques années et laisser l'édifice à l'abandon car les frais de rénovations selon les critères historiques auraient été ASTRONOMIQUES!!! Seules les pétrolières auraient les moyens.... Le résultat c'est un édifice à l'abandon depuis des années qui s'écroule et pollue le paysage du vieux-québec, et ne produit plus d'activité économique!!! Quel gâchi causé par des pelleteux de nuages complètement déconnectés de la RÉALITÉ!

    Je suis d'accord pour garder le côté historique de la vieille ville, mais pas à tout prix, y compris jusqu'à laisser à l'abandon un vieil édifice plustôt que l'utiliser dans un contexte un peu moins intégriste historique.

  • Claude L'Heureux
    Abonné
    vendredi 4 avril 2008 19h34
    Courte-vue
    Quel pitié de voir un maire et ses fanes "lucides" ($$) considérer cette façade, délibérément enlaidie par un promoteur sans scrupule, comme un obstacle au développement... sauvage. Trop bête pour imaginer cette façade intégrée à une architecture qui devra respecter l'allure de la Côte d'Abraham. J'imagine que les architectes comme les urbanistes font parti de ces pelleteux de nuages pour ces banlieusards du beau bon pas cher à vol... d'auto.

    Claude L'Heureux, Québec

  • Paul Lafrance
    Inscrit
    samedi 5 avril 2008 05h46
    Démolissez, de grâce
    C'est de la folie furieuse de vouloir conserver cette laideur.Patrimoine mon c... Que Québec soit patrimoine mondial ou pas qu'est-ce-que ça change.Québec sera toujours Québec. Si les juges sont assez imbéciles pour enlever le statut de patrimoine mondial à Québec, ils sont aussi imbéciles que les pelleteux de nuages qui veulent conserver cette façade.C'est quand même pas le Colisée de Rome. Madame la ministre, reprenez vos esprits. Si vous avez peur de perdre la face, faites signer une pétition ou au moins, laissez le Conseil de ville décider.
    Paul Lafrance
    Québec

  • LeRévoltéTranquille
    Abonné
    dimanche 20 avril 2008 11h15
    Une raison sérieuse: RABASKA !
    Je sais, je suis de Montréal, je ne devrais pas m'en mêler, MAIS il y a une urgence beaucoup plus pressante et criante dans la région de Québec et c'est:

    RABASKA !

    En effet, bien que ce projet ne se trouve pas dans le territoire de la ville de Québec, l'UNESCO doit absolument considérer l'enjeu paysager et historique de massacrer et dénaturer un paysage presqu'intouché depuis l'implantation française au XVIIème siècle et RETIRER le statut de ville du patrimoine mondial à Québec.

    Et la tape sur les doigts sera d'autant plus violente qu'elle visera au premier chef le gouvernement libâral provincial fantoche des turbo-capitalistes qui se fait un devoir de ne prendre aucune responsabilité quant à la préservation de la mémoire FRANÇAISE de ce pays.

    Ça sera bien fait pour leur pomme et ça servira de leçon à cette ville de PROVINCE au maquillage subventionné qui se fait plus grosse que le boeuf sans en avoir l'envergure et la prestance.

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