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Congédiement du délégué général à New York

Kathleen Lévesque   3 avril 2008  Québec
Aucun projet de réorganisation administrative ni même le développement d'une vision divergente de celle prévue par le gouvernement du Québec sur le plan des relations internationales n'était en préparation à la délégation générale du Québec à New York.

C'est ce qu'a affirmé hier au Devoir le directeur des communications et des affaires publiques à la délégation, Benoît Payeur. Du coup, cela contredit les motifs invoqués par la ministre des Relations internationales, Monique Gagnon-Tremblay, pour expliquer le rappel en catastrophe du délégué général du Québec à New York, Bruno Fortier.

«J'ai appris ça dans les médias. Il n'y a eu aucun changement de personnel ici depuis l'arrivée en poste de M. Fortier. Est-ce qu'il en prévoyait? C'est à lui qu'il faut poser la question. [...] En tout cas, il n'y a jamais eu de projet concret présenté au personnel de la délégation», a assuré M. Payeur.

Quant à l'orientation que M. Fortier voulait supposément donner aux affaires que le Québec mène à New York, rien ne laisse voir, selon M. Payeur, un quelconque hiatus avec la nouvelle politique internationale du Québec présentée en 2006 par la ministre Gagnon-Tremblay et intitulée «La force de l'action concertée».

«Toutes les présentations de M. Fortier faisaient écho aux fêtes du 400e de Québec et aux autres priorités de la politique, dont l'extension du réseau des délégations québécoises aux États-Unis. C'est un peu comme un conférencier de chambre de commerce ou un ministre, on répète souvent la même chose», a expliqué M. Payeur.

Le travail de M. Fortier consistait à multiplier les rencontres en petits groupes. Il n'avait pas à s'adresser à de larges auditoires. Il a toutefois été conférencier en octobre dernier lors de la rencontre annuelle des «chefs de poste», qui s'est déroulée en Montérégie. «C'était un discours à saveur économique et il n'y avait pas de motif pour des visions différentes», a indiqué le directeur des communications.

Ces explications ne cadrent pas avec les réponses données par la ministre Gagnon-Tremblay devant l'Assemblée nationale depuis deux jours. Elle est demeurée évasive sur les raisons pour lesquelles Bruno Fortier a été mis à la porte alors qu'il était en fonction depuis seulement neuf mois. «L'ancien délégué a voulu faire des changements qu'il a envisagés dans la délégation qui n'étaient pas autorisés par le ministère», a-t-elle répété.

Mitraillée de questions par l'opposition officielle, la ministre des Relations internationales a expliqué qu'il s'agissait d'un problème administratif datant de novembre dernier. «L'ancien délégué propose sa vision des choses, qui n'est pas nécessairement en accord avec le ministère. On le suit, on discute avec lui. On n'arrive pas à mobiliser le personnel. Et il y a des discussions», a expliqué Mme Gagnon-Tremblay. Elle a ajouté que, malgré une rencontre en tête à tête avec M. Fortier au Québec en mars, les parties ont été incapables «d'en arriver à une vision claire».

Mais pour le leader de l'opposition, le député adéquiste Sébastien Proulx, tout cela cache la vérité et sert de prétexte pour protéger un ami de plus de trente ans du premier ministre Jean Charest. «La question toute simple qu'il faut se poser maintenant est "Qu'est-ce qui compte le plus quand on est ministre des Relations internationales, la réputation du Québec à l'étranger ou les intérêts des amis du premier ministre?"», a lancé M. Proulx.

L'Action démocratique du Québec prétend qu'au moins deux rapports ont été faits sur le comportement de M. Fortier. L'un d'eux a été signé par le directeur des services ministériels, Michel Chevrier, au sous-ministre Alain Cloutier. Le directeur administratif de la délégation, André Prince, aurait également fait un rapport.

De plus, l'ADQ soutient que le gouvernement a envoyé quelqu'un à New York pour enquêter sur les agissements de l'ex-délégué général. Monique Gagnon-Tremblay n'a pas démenti l'information. Tout au plus a-t-elle reconnu que Bruno Fortier a été invité à s'expliquer à plusieurs reprises.

«Si on envoie des enquêteurs, s'ils sont sous-ministres, si des gens de son ministère lui disent que le gars, il ne fait pas le travail là-bas, puis que c'est un ami du premier ministre, tu ne le renvoies pas manu militari comme ça, en lui disant: tu ne pourras même pas retourner à New York. Il n'y a personne qui croit ça au Québec, Mme la ministre», a laissé tomber le député Proulx.

Démis de ses fonctions, M. Fortier empochera une indemnité de départ équivalant à quatre mois de salaire, soit 39 000 $. Le conseil des ministres a immédiatement nommé le fonctionnaire Robert Keating en remplacement de Bruno Fortier. M. Keating a une longue feuille de route en relations internationales.






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  • claire dufour
    Abonnée
    jeudi 3 avril 2008 09h48
    Odeur nauséabonde
    « Bonjour,
    Ça sent la m...comme tout ce que Madame Gagnon-Tremblay touche!!! »

  • Roger Dion
    Abonné
    jeudi 3 avril 2008 11h15
    Oui une drôle d odeur se dégage de cette affaire
    « Comme toujours , les libéraux et CHAREST, sont encore prient dans des magouilles, comme depuis qu ils sont au pouvoir.
    Oui comme dit CLAIRE DUFOUR, de drôles d odeurs de mer.... sortent de cette affaire.
    Nous revoyons le meme CHAREST, de 2003 a 2007, arrogant dans ses réponses, /a la période de question hier/ a DUMONT et MAROI , le dernier sondage lui a monté a la tète, de la meme façon lorsqu il a été élu en 2003.
    Chasser le naturel il revient au galop.
    Le 61% de satisfaction du gouvernement, c est qu il est minoritaire, CHAREST ne peu faire tout ce qu il voudrait, S IL /CHAREST/ redevient majoritaire il sera comme de 2003 a 2007.
    ROGER MONTREAL »

  • Michel HAins
    Abonné
    jeudi 3 avril 2008 13h23
    Un chum du PM
    « Je pense qu'il n'y a pas à chercher de midi à quatorze heure.
    1-C,est un chum du PM,
    2-Ses affaires lui ont été expédiées par FEDEX
    3- Même le PM ne pouvait lui conservé son emploi
    Q.Qu'est ce qui peut motiver un tel comportement ?
    R. Une hisoire de c.. ou de fric »

  • Lorraine Dubé
    Abonnée
    jeudi 3 avril 2008 14h02
    @ Roger Dion
    « Oui monsieur Dion, que je suis en accord avec vous!
    Le gouvernement Charest étant minoritaire, il ne peut gouverner par des lois-baillon (anti-démocratiques) comme ce qui est fidèle à certaines habitudes lorsqu'il était majoritaire. Il doit maintenant tenir compte de l'avis des autres partis. Comme vous le dites si bien! Heureusement que l'opposition fait le poid pour contrer son arrogance légendaire. Le pourcentage élevé d'appui au PLQ est tributaire au fait qu'il gouverne minoritairement. Point!Autrement!!!!
    Jean Charest ne peut se vanter d'avoir gagné sa circonscription par la peau des... La division des votes souverainistes du Parti Québécois et Québec Solidaire (près de 3,000 votes à ce dernier)lui a permis d'obtenir gain de cause par un peu plus de 2,000 votes de majorité contre le candidat péquiste. À nous de lui en mettre plein la vue au prochain rendez-vous électoral! Montrons la porte à Jean Charest, libérons-nous des Libéraux! »

  • Raymonde Chouinard
    Abonnée
    vendredi 4 avril 2008 13h39
    @Lorraine Dubé
    « "À nous de lui en mettre plein la vue au prochain rendez-vous électoral! Montrons la porte à Jean Charest, libérons-nous des Libéraux!" (Lorraine Dubé)

    Est-ce-à-dire, que nous devons à nouveau voter ADQ? Très bonne idée. Pas de problème avec ça! »

  • Pierre-Yves Pau
    Inscrit
    lundi 28 avril 2008 23h20
    Offense au féminisme d'État?
    « Alors comme ça, Benoît Fortier aurait marché sur les orteils d'une de ces dames? Un chum du PM peut-être, mais le PM n'est pas assez fou pour affronter le lobby féministe québécois. »

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