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Abandon de la politique du «ni-ni» - Charest aussi cherche une autre formule

La Presse canadienne   2 avril 2008  Québec
Paris — La perspective de voir Nicolas Sarkozy remettre en question la politique française de «non-ingérence et non-indifférence» à l'endroit du Québec n'inquiète pas le gouvernement Charest. Au contraire, «Jean Charest est d'accord», a déclaré hier le délégué général du Québec à Paris, Wilfrid-Guy Licari.

Le Québec va même plus loin: il s'associe à la réflexion engagée par le président français et cherche une nouvelle formule qui «refléterait mieux le dynamisme des relations franco-québécoises».

«On cherche une nouvelle formule. Pas seulement Nicolas Sarkozy. Nous aussi», a indiqué M. Licari, par ailleurs représentant personnel (sherpa) du premier ministre auprès de la Francophonie.

La semaine dernière, l'ancien premier ministre français Jean-Pierre Raffarin a révélé que le président Sarkozy pourrait profiter de sa visite au Québec l'automne prochain pour rompre avec la doctrine de la «non-ingérence, non-indifférence» en usage depuis 30 ans.

«Nicolas Sarkozy est contre le ni-ni» et «s'exprimera clairement sur le sujet», avait indiqué M. Raffarin à la Presse canadienne.

«Le ni-ni a forcément une connotation négative, estime pour sa part le délégué général. On voudrait trouver quelque chose de plus fort, qui refléterait mieux l'intensité de notre relation. Ça ne veut pas dire que la nouvelle formule annulerait l'ancienne.»

L'enjeu ne se résume évidemment pas à la recherche d'une phrase choc ou d'un slogan. À Québec, l'automne prochain, c'est l'ensemble de la politique québécoise et canadienne de la France que le chef de l'État français pourrait être tenté de redéfinir en profondeur. Et si Nicolas Sarkozy, perçu comme un président «pro-canadien», procède à un rééquilibrage, celui-ci devrait logiquement se faire, estime-t-on, en faveur du Canada.

L'ex-ministre péquiste Louise Beaudoin s'inquiète des conséquences qu'un tel geste aurait pour la présence internationale du Québec. «Toutes les avancées du Québec sur la scène internationale sont dues à l'appui de la France», a-t-elle affirmé hier.

Dans une lettre publiée par le quotidien Le Devoir, Mme Beaudoin s'est inquiétée d'une éventuelle «mise à sac» de la politique québécoise de la France par un président qui «ne cache pas son amitié» pour les membres de la famille Desmarais et qui «partage leur vision de l'histoire et de l'avenir du Québec». Elle a pressé Jean Charest d'intervenir auprès de M. Sarkozy.

«Pourquoi la France, a demandé Louise Beaudoin, se mettrait-elle à dos une bonne partie de ceux qui, au Québec, de toutes les couleurs politiques, animent cette relation unique au monde [...], alors que personne, ni ici ni en France, ne demande de changement? La rupture pour la rupture? Alors que le Québec fête l'arrivée de Samuel de Champlain et la naissance de la Nouvelle-France, le moment de l'annonce de cette mise à sac serait bien mal choisi.»
 
 
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