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Couillard force les dentistes à rentrer dans le rang

Louise-Maude Rioux Soucy   28 mars 2008  Québec
Quitter le régime public ne donnera que quelques jours de répit aux 2500 chirurgiens-dentistes qui ont fait le grand saut hier. En matinée, le ministre de la Santé, Philippe Couillard, a en effet riposté en déposant un décret qui les forcera à rentrer dans le rang. Extrêmement complexe, cette mesure obligera les dentistes désengagés à fournir des services aux personnes assurées sans aucune autre rémunération que celle prévue à l'entente en vigueur depuis 2003.

Le ministre Couillard espère toutefois ne pas avoir à utiliser cette voie d'évitement, qui vient de pair avec beaucoup de paperasse, tant pour les dentistes que pour les patients et la Régie de l'assurance maladie du Québec (RAMQ). «La journée d'aujourd'hui n'est pas pour nous une échéance annonçant la fin des négociations, au contraire, elles se poursuivent, et de façon très intensive.» Les deux parties ont en effet rendez-vous dès cet après-midi pour une séance de négociation. Chacune entend y participer de bonne foi.

Le ministre Couillard n'en a pas moins critiqué le moyen de pression qui a conduit à cette négociation de la dernière chance. Mettre un terme à la gratuité dont jouissent 802 000 enfants de moins de dix ans et 416 000 assistés sociaux revient selon lui à prendre cette clientèle vulnérable en otage. «Pour des raisons fondamentales de morale publique et d'éthique de société, je ne crois pas qu'il soit justifié pour des professionnels de la santé qui ont un revenu considérable d'utiliser ce genre de moyen de pression», a-t-il déclaré.

Le ministre Couillard n'a pourtant que lui-même à blâmer, a aussitôt riposté le critique de l'opposition officielle en matière de santé, Éric Caire. «Les dentistes ne prennent pas les gens en otage. Ils ont été acculés au pied du mur.» Il y a maintenant près de cinq ans que l'Association des chirurgiens-dentistes du Québec (ACDQ) tente en vain de négocier une entente échue depuis 2003, a-t-il rappelé. «Je pense que l'odieux, c'est le ministre qui doit le porter, pas les chirurgiens-dentistes», a tranché le député adéquiste lors d'une conférence de presse.

De son côté, le porte-parole de l'opposition péquiste en matière de santé, Bernard Drainville, a dit que la solution prônée par Québec est «archi compliquée et hyper bureaucratisée». Il a toutefois refusé de qualifier le moyen choisi par les dentistes pour faire valoir leur point de vue.

L'ACDQ réclame du gouvernement qu'il reconnaisse une fois pour toutes le poids réel des frais d'exploitation de ses cliniques, qui grimpent de 3,5 % par année, selon le rapport Mallette. Devant le refus de Québec de séparer la tarification en cours des frais d'exploitation, 2500 dentistes ont choisi de quitter le régime public. Et ils ont eu raison, a affirmé le président de l'ACDQ, le Dr Serge Langlois. «Avec une offre bonifiée à 40 % sur 12 ans, soit environ 3 % par année, Québec propose en réalité un véritable recul aux chirurgiens-dentistes.»

Philippe Couillard ne nie pas qu'il y a un «problème d'augmentation des frais de fonctionnement des cabinets», mais son impact est bien minime, selon lui. «On n'a pas la même lecture de l'impact réel des frais de fonctionnement pour une clientèle qui ne représente que 10 % de leur pratique», a expliqué le ministre. En effet, les 90 % restants paient le plein prix pour obtenir les mêmes soins.

En attendant l'entrée en vigueur du décret, le 4 avril, les dentistes désengagés pourront réclamer le tarif qu'ils veulent pour soigner les enfants et les assistés sociaux. Et ils le feront, a promis le Dr Langlois. «Il faut rester logique, c'est pour ça que nous nous battons.» Toutefois, le ministre Couillard les a bien prévenus: la prudence est de mise. Pas question de tirer avantage de la situation en gonflant les prix. Autrement, «des correctifs» seront au rendez-vous.

De son côté, l'ACDQ souhaite ardemment signer une entente avant le 4 avril. Environ 20 millions de dollars séparent les deux parties, selon les derniers chiffres diffusés hier. Sitôt scellée l'entente de principe, les dentistes pourront réintégrer le régime public. Mais tous ne sont pas intéressés à revenir en arrière, a reconnu le Dr Langlois. «Pour certains, cette négociation est la goutte d'eau qui a fait déborder le vase. Ceux-là ne le cachent pas: ils ont quitté le régime pour de bon.»

Une solution à deux volets pour maintenir la gratuité

- En attendant que le décret gouvernemental entre en vigueur, le 4 avril, une période de flottement permettra aux dentistes désengagés de soigner tout le monde, mais au plein tarif. Les frais encourus devront être payés sur-le-champ par le patient. On devra compter en moyenne entre 35 et 50 $ pour un enfant et entre 90 et 135 $ pour un adulte.

- Les personnes admissibles pourront demander à la Régie de l'assurance maladie du Québec (RAMQ) le remboursement des services couverts reçus au moyen d'une demande écrite, accompagnée d'une facture détaillant les services fournis. Québec paiera la facture en entier, quel que soit le tarif payé.

- Pendant cette période, les prestataires de l'assurance emploi pourront obtenir une aide immédiate de la part du gouvernement. Ils devront passer par leur centre local d'emploi, qui leur avancera les fonds nécessaires pour acquitter leur facture.

- Dans huit jours, le décret gouvernemental entrera en vigueur. Le patient assuré n'aura alors plus à payer les soins reçus de sa poche. Le dentiste lui remettra plutôt un relevé d'honoraires qu'il devra transmettre à la RAMQ, au tarif en vigueur en 2003. Lorsque la personne assurée aura obtenu son remboursement, elle le remettra au dentiste.

- Tous les soins d'urgence continueront à être donnés gratuitement.

- La liste du millier de dentistes qui acceptent toujours la carte d'assurance maladie est accessible sur le site Internet de la Régie, au www.ramq.gouv.qc.ca.






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  • Parisien Jaque
    Abonné
    vendredi 28 mars 2008 05h07
    Dommage mais...
    « Disons-le : il est dommage que le gouvernement doive recourir au décret pour assurer les soins aux démunis. On aurait préférés que le tout se règle par la négociation. Deux choses me frappent toutefois.

    La première, c'est que les dentistes aient eu le culot d'utiliser les démunis comme des otages; la deuxième, c'est que pendant ce temps-là les grosses compagnies qui fournissent les médicaments et l'équipement observent le tout, en-dehors de l'arène, indifférentes au drame qui se joue.

    Autrement dit, les requins du marché, partout dans le monde, se fichent complètement de ce qui se trame dans cette mer de misère. L'important, c'est qu'ils parviennent à dévorer leur pitance quotidienne, le profit. Pendant ce temps-là, nous nous entredéchirons, inconscients (vraiment?) d'être autant d'appâts et de proies dans cette lutte pour la survie. »

  • Mario Tremblay
    Abonné
    vendredi 28 mars 2008 08h43
    Mais M. Parisien
    « C'est ça le principe de la prestation de soins publics donnée par un système privé! Il va arriver la même chose avec les cliniques privées. »

  • André Chamberland
    Inscrit
    vendredi 28 mars 2008 09h36
    La conscription dentaire comme la militaire
    « Inquiétant de voir notre gouvernement imposer une sorte de conscription dentaire aux dentistes. Celà ressemble drôlement au service militaire obligatoire de nos voisins du sud. Drôles de valeurs sociales ! »

  • Gerry Pagé
    Inscrit
    vendredi 28 mars 2008 10h14
    L'insupportable démesure du «deux poids deux mesures».
    « L'insupportable démesure du «deux poids deux mesures».

    Le contexte de cette tentative de négociation sur la place publique, opposant les dentistes et le «Cabinet des 8», laisse voir tous les mépris du Titulaire public de la Santé privée, à l'égard des dentistes. Le fait que Philippe Couillard veuille traînasser le tout sur la place publique, ne peut être inspiré que par la provocation, la désinformation et la manipulation de l'opinion publique. Ça sent mauvais. C'est aussi malsain, corrosif et polluant que les traînées que laisse le Commanditaire libéral et supporteur majoritaire Rabaska, entre autres.

    Alors que les magistrats ont obtenu et obtiendront encore tout ce qu'ils demandent, par un simple jugement ordonnant à leur employeur complaisant, le Gouvernement, de se soumettre au jugement de «leur Cour» qu'il serait plus juste d'appeler la Basse Cour (de ceux qui se font justice), les dentistes se prendront un décret dans la gueule.

    Alors qu'ils avaient pris en otage les étudiants stagiaires, les femmes enceintes et tous les corridorisés de leur suffisance insolente et inhospitalière, les amis médecins spécialistes du ministre médecin spécialiste Philippe Couillard, grâce aux solides gauches du très musclé spécialiste bulldozer Gaétan «Mad Dog» Barrette, ont obtenu ce qu'ils exigeaient (32% d'augmentation salariale) et plus (abris fiscaux et autres gratifications privilégiées), les dentistes sont traînés sur la place publique, accusés de prendre en otage les enfants et les démunis et grossièrement menacés de la crucifixion d'un décret gouvernemental, le 4 avril prochain. Le dictatorial et absolutiste, le cassant et méprisant Maurice Le Noblet Duplessis n'aurait pas fait mieux.

    Alors que le cirque pollueur des magnats promoteurs de Rabaska a obtenu l'aval empressé du ministre responsable de la Région de Québec et maintenant que tout le monde sait que ce président de la réplique, en Chambre, a tripoté les résultats des consultations pour en élaguer ce qui ne faisait pas son affaire, pour arriver à ses fins de collusion avec le potentat du pétrole et ses grands maîtres du lobby libéral, à Québec, les dentistes sont frappés des férules et diktats du même autocrate pluriel qui crache les milliards comme les amuseurs de la rue crachent leurs feux et qui a le culot de dire que ces professionnels de la santé ont un revenu considérable, oubliant ou tentant de faire oublier qu'il vient à peine de porter le revenu de ses amis et collègues médecins spécialiste, aux nues de la grossière indécence , en ajout aux sommets irresponsables de notre endettement sociétal.

    Alors que l'actuel ménestrel régional n'a rien trouvé de plus urgent, le 25 mars dernier, que de signifier très visiblement son appui au multimillionnaire proprio des Remparts instigateurs de l'agression criminelle sans précédent du 22 mars dernier, à laquelle agression l'entraîneur chef, directeur gérant et copropriétaire, a incité son fils portier et à laquelle son fils portier s'est sauvagement livré, voilà que le même Kid Kodak qui niaise les dentistes, depuis 2003, se déguise en arbitre, se cramponne aux platebandes de l'arène actuellement médiatisée du Colisée Pepsi et s'époumone au sifflet discrétionnaire de son autoritarisme, pour décréter l'envoi massif de ses adversaires dentistes au banc des punitions de son absolutisme hégémoniaque.

    Ça sonne tellement faux d'entendre Philippe Couillard glisser les mots «démunis» et «prestataires de l'aide sociale», dans les pompes verbeuses de son habituelle jactance d'aristo parvenu, qu'il faut inscrire le phénomène aux livres de la souvenance collective. Ça sonne tellement creux que ça n'a aucune connotation la moindrement crédible et digne de respect. Bien au contraire, c'est révoltant.

    Les négociations opposant le gouvernement aux dentistes, lève définitivement le tapis du lobby libéral qui contrôle les actuels guignols de l'ingouvernance. Tapis sous lequel les libéraux de Jean Charest ont balayé, depuis 2003, tant d'illogismes et d'incongruités, tant d'incohérences et d'absurdités, tant de déficiences et de cynismes, encrassant impunément la notoriété et la crédibilité, l'honorabilité et la respectabilité du politique.

    Après «l'insupportable légèreté du bien-être de Kundera», voilà «l'insupportable lourdeur du mal-être de Couillard». Le comportement sélectif et exclusiviste de Philippe Couillard ne laisse rien présager de positif, de constructif et prometteur pour la démocratie citoyenne, au chapitre de l'équité, de l'égalité et de la justice, la même pour tous. Dès les prochaines élections, les électeurs de JEAN TALON auront l'obligation morale et sociale, en plus de mille autres raisons, d'indiquer massivement et de façon on ne peut plus claire, à leur parachuté 2007, la porte de son exit et toutes les bretelles d'accès à l'autoroute 40, en direction du Plateau de sono exil!

    Gerry Pagé
    Ville de Québec »

  • Johanne Perron
    Inscrite
    vendredi 28 mars 2008 10h41
    ingérence
    « A quand l'obligation des épiceries de vendre le litre de lait 35% moins cher aux démunis, à quand l'obligation des magasins de meuble de vendre leur frigidaire 35% moins cher aux démunis, à quand l'obligation de l'industrie vestimentaire d'en faire autant ainsi que tous les commerces offrant des services essentiels. Le gouvernement ne finance et ne subventionne absoluement rien de tous les investissements qu'un dentiste doit faire pour gérer une clinique. Alors pourquoi décider des prix de ceux- ci. Monsieur Couillard demande de charger le plein prix à tous le reste...c'est les travailleurs et tous les autres qu'il prend en otage car en bout de ligne, ce sont eux qui se ramasssent avec une facture plus élevée. C'est au gouvernement de payer la facture des services qu'il utilise au privé. »

  • Raymonde Chouinard
    Abonnée
    vendredi 28 mars 2008 13h41
    @Johanne Perron et Gerry Pagé
    « Comme vous avez raison et comme il semble hautement louable pour M. Couillard de se montrer prodigue avec l'argent des autres et pourquoi ce seraient les dentistes, justement, qui en paieraient les frais sous prétexte qu'ils sont bien rémunérés sur le plan privé....!

    Et les dentistes dont les cliniques sont installées dans les milieux défavorisés et qui ne traitent que cette clientèle, que doivent-ils faire pour vivre, sinon délaisser cette clientèle et s'orienter vers des milieux qui, au moins, vont leur permettre de rentrer dans leur frais.

    Quel hypocrisie de la part de M. Couillard de mettre tous les dentistes sur le même pied. »

  • Pierre Germain
    Inscrit
    vendredi 28 mars 2008 13h53
    @ Mme la chirurgienne-dentiste Perron
    « Mme (ou Dr) Perron,

    Je l'ai écrit dans mon intervention d'hier. Les épiciers et les marchands de meubles n'ont pas un monopole protégé par le gouvernement, tous pouvant ouvrir et exploiter une épicierie ou un magasin de meubles; il n'y a donc pas ici une situation de monopole.

    En contraste, les dentistes ont un monopole protégé par l'État, ce qui amoindrit de beaucoup leur risque financier. On ne peut dès lors parler d'entrepreneurship. Comme toute situation de monopole, un certain contrôle s'impose alosr sinon le risque d'abus est grand.

    D'ailleurs, il y a une trentaine d'années, le revenus des dentistes en dollars constants était de beaucoup supérieur à ce qu'il est maintenant, l'ouverture d'une école de dentisterie à l'Université Laval ayant fait augmenter l'offre des dentistes plus vite que la demande des patients. Le même phénomène s'observe d'ailleurs chez les chiropraticiens, avec l'ouverture d'une école de chiropraxie à l'UQTR.

    Il n'en reste pas moins qu'en limitant la formation de dentistes, ces derniers sont plus ou moins libre de s'entendre pour fixer les prix, ce qui s'apparente à de la collusion et.. est formellement interdit en situation de libre marché. Par opposition, le personnel infirmier reste sous-payé, en partie parce que leur pénurie n'est pas encore assez criante.

    SVP ne jugez pas que je suis trop dur avec vous et vos collègues. En effet, le gouvernement à des torts très significatifs dans cet affaire, notamment de ne pas avoir agi plus tôt, et d'avoir laissé sa tarification prendre du retard sur le coup de la vie. De plus, il est évident que M. Couillard n'est pas impartial, et traite différemment les gens selon qu'ils soient médecins ou ingénieurs, policiers ou infirmières, juges ou pharmaciens.

    Par contre, il est injustifié que des mesures ne soient pas prises pour empêcher que vos frais de bureau augmentent plus vite que l'inflation. Je sais, les coupables sont, en grande partie, les compagnies pharmaceutiques ainsi que les compagnies de fournitures dentaires. Mais refiler bêtement la facture à vos clients (si vous êtes des entrepreneurs, patients sinon!) n'est pas une solution car à ce compte, vous n'avez aucun incitatif pour maintenir une tarification raisonnable. »

  • michel rheault
    Inscrit
    vendredi 28 mars 2008 15h36
    Solutions magiques !?!
    « Depuis que les libéraux sont au pouvoir, M.Couillard sort sa formule magique pour règler les problèmes qui relèvent de son domaine...je n'ai pas dit "compétence".

    Deux poids,deux mesures, en formant des catégories;
    Promesse généreuse d'augmentation du financement...dans dix ans, à si peu par année, que ça demeure quasi sous lIndice à la consommation. »

  • Stephane Caron
    Inscrit
    vendredi 28 mars 2008 16h13
    Ironique non?hein mr germain!
    « Ironique non que ce soit Philippe couillard, ce neurochirugien qui trouvant que les tarifs de la RAMQ etait trop bas est allé pratiquer en arabie saoudite pour faire beaucoup,beaucoup plus de fric, oblige les dentistes et les medecins l'an passé a travailler a rabais et/ou a perte dans son regime publique?Si la situation durait depuis 1 an je dis pas mais la ca fait 5 ans qu'il niaise les dentistes.La dentisterie est une libre entreprise au meme titre que l'epicerie mon cher.Rien n'empeche quiconque de devenir dentiste ou marchand et d'ouvrir sa propre entreprise, qui plus est ce n'est que 4 ans d'université.Si le gouvernement ne peut pas se payer les soins dentaires selon les vrais tarifs; quil arrete tout simplement et qu'il laisse la libre entreprise s'opperer.Si tu as pas d'argent pour aller chez le dentiste bain vas y pas!Quand ta dent va faire assez mal tu va couper sur la cigarette, la biere ou la tv pis tu va y aller.Si les dentistes chargent tellement cher a moment donné que pu personne y va ,bain y feront faillite pis l'equilibre reviendra cest tout. »

  • Pierre Germain
    Inscrit
    lundi 31 mars 2008 12h12
    @ M. le chirurgien-dentiste Stéphane Caron
    « Mme Perron écrivait: « Le gouvernement ne finance et ne subventionne absolument rien de tous les investissements qu'un dentiste doit faire pour gérer une clinique. » Possiblement. Mais vos études furent largement subventionnées par celui-ci. Peut-être aimeriez-vous un système comme celui des États-Unis, où le gouvernement ne s'ingère pas dans les affaires des dentistes.

    Si tel est le cas, veuillez prendre bonne note que les frais de scolarité sont de 51 420 USD par année pour chacune des quatre années que dure le programme de dentisterie à l'Université de Pennsylvanie. En comptant les autres frais afférents (livres, instruments, laboratoire, etc.), excluant le logement et les repas, cela se chiffre à plus de 65 000 USD par année.

    À l'Université du Kentucky, c'est 18 850 USD/an; 45 094 USD/an pour les non résidents de cet état. Plus 5 000 USD/an pour la location d'instruments.

    À l'Université de l'Ohio? Environ 20 000 USD/an; et 35 000/an pour les non-résidents.

    Etc.

    Si l'argument que les services doivent être payés à leur pleine valeur est valable pour une partie, il devrait l'être tout autant pour l'autre. Et je ne suis pas sûr qu'à ce jeu, vous en sortiez gagnant!

    Que vous basiez votre juste revenu sur la difficulté des études requises, la complexité de la tâche, le niveau de responsabilité, les heures travaillées, le niveau de stress et les frais d'opérations évalués à leur juste valeur, alors là, je suis d'accord. Mais je crois qu'il est tout à fait inapproprié que vous ameniez certains arguments économiques de libre entreprise, alors que vous êtes en situation de monopole. De plus, il faudrait voir à vous comparer, à l'aide des facteurs énumérés ci-dessus, à d'autres professions. Certains d'entre vous seraient peut-être alors très heureux de ne pas être contrôleur aérien ou encore délégué en bourse (trader sur le parquet).

    En terminant, j'aimerais mentionner que M. Couillard a ses torts, et n'est pas impartial dans ses actes. Cependant, le fait de relever ses erreurs ou son double discours ne change rien aux faits objectifs se rapportant à l'objet de cet échange de point de vue. »

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