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Pierre Brien annonce sa décision ce matin - Un souverainiste à l'ADQ

L'ancien whip du Bloc québécois se présentera contre le ministre Rémy Trudel

Clairandrée Cauchy   13 janvier 2003  Québec
Le chef de l’ADQ, Mario Dumont, félicite son candidat dans Vimont, François Gaudreault, choisi lors de l’assemblée d’investiture tenue hier dans cette circonscription.
Photo : Jacques Nadeau
Le chef de l’ADQ, Mario Dumont, félicite son candidat dans Vimont, François Gaudreault, choisi lors de l’assemblée d’investiture tenue hier dans cette circonscription.
Les collègues de Pierre Brien au Bloc québécois sont convaincus qu'il ne renonce pas à ses convictions souverainistes en faisant le saut à l'ADQ.

«Advenant le cas où l'ADQ serait élue, cela me rassure qu'il y ait là un souverainiste compétent comme Pierre Brien. C'est certain qu'il pencherait du bon côté s'il y avait un référendum», a confié hier la députée de Longueuil, Caroline St-Hilaire, qui louait l'intelligence et le côté rationnel de l'ancien whip du Bloc.

Le doyen des jeunes députés du Bloc québécois annoncera aujourd'hui, à Ville-Marie en Abitibi, sa candidature pour l'ADQ dans la circonscription de Rouyn-Noranda-Témiscamingue contre le député-ministre Rémy Trudel.

Un débat gauche-droite

Le député bloquiste de Rosemont-Petite-Patrie, Bernard Bigras, croit lui aussi que Pierre Brien ne met pas sa foi souverainiste de côté en se joignant à la formation de Mario Dumont. «Il semble que l'ADQ présente un projet politique qui lui ressemble plus que celui du PQ sur le plan social. Cela témoigne qu'il peut y avoir des souverainistes qui se situent à différents endroits sur l'échelle de développement social, soit à gauche ou à droite», observe Bernard Bigras, qui dit respecter le choix de son collègue.

Le jeune député ne partage cependant pas sa vision politique et entend «appuyer sans réserve le PQ» aux prochaines élections. Il espère toutefois que «les souverainistes qui appuieront l'ADQ reviendront à la raison quand viendra le temps d'un autre référendum». Il n'est pas exclu, selon lui, que les deux hommes se retrouvent à nouveau sur une même tribune si un référendum a lieu sur la question nationale.

De son côté, le député de Charlesbourg-Jacques-Cartier, Richard Marceau ne s'étonne pas de la décision de son collègue: «c'est une suite logique dans son positionnement idéologique, il a toujours été assez conservateur; cela ne m'étonne pas qu'il se sente à l'aise avec les positions de l'ADQ», analyse le jeune député. «Personne ne pourra lui reprocher de faire le saut en raison des sondages», poursuit le député de la région de Québec en témoignant de la longue réflexion de son collègue et ami.

L'élu du Bloc québécois estime pour sa part que la souveraineté est plus urgente que jamais devant les velléités centralisatrices du gouvernement fédéral, comme en fait foi le rapport Romanow qui propose de nouvelles normes nationales en santé. «Pierre arrive à une conclusion différente. Mais il se dit souverainiste, et je ne doute pas de sa parole», conclut Richard Marceau.

Diplômé des HEC en administration des affaires, Pierre Brien a été élu à la Chambre des communes en 1993. Le député de 32 ans a été porte-parole en matière d'industrie, d'affaires intergouvernementales, de revenu et de défense avant d'occuper le poste névralgique de whip en chef du Bloc québécois. M. Brien a quitté ce dernier poste avant les fêtes et a annoncé qu'il songeait à se porter candidat pour l'ADQ.

Pierre Brien affrontera Rémy Trudel, ministre d'État à la Population, aux régions et aux Affaires autochtones, qui avait emporté la dernière élection avec une majorité de plus de 3000 voix.

Assemblées d'investiture

Par ailleurs, l'ADQ a tenu hier, sur un mode préélectoral, trois assemblées d'investiture. François Gaudreault sera donc candidat dans Vimont, Marie Grégoire, dans Berthier, et Sylvie L'Espérance dans Joliette. Les trois députés adéquistes élus en juin dernier ont été confirmés comme candidats sans opposition.

Le chef du parti a profité de l'occasion pour dénoncer l'intention du gouvernement d'envoyer des patients suivre des traitements de radio-oncologie aux États-Unis.
 
 
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