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Francophonie - Sarkozy veut parler d'environnement au sommet de Québec

Christian Rioux   21 mars 2008  Québec
Paris — Dans son premier véritable discours sur la Francophonie depuis qu'il est devenu président, Nicolas Sarkozy a dit souhaiter que le Sommet de la Francophonie qui se tiendra en octobre prochain à Québec soit un véritable sommet politique où on discutera des grandes questions de l'heure, et tout particulièrement d'environnement. Il a par ailleurs réitéré sa ferme volonté d'intégrer la chaîne de langue française TV5 Monde à l'audiovisuel français malgré l'opposition de la Suisse, de la Belgique, du Québec et du Canada.

À l'occasion de la Journée internationale de la Francophonie, les principaux représentants de l'Organisation internationale de la francophonie (OIF) s'étaient réunis à la Cité internationale universitaire de Paris pour entendre un président jusque-là assez peu loquace sur ce sujet. Pour la première fois, Nicolas Sarkozy a affirmé publiquement son soutien à une francophonie «à l'offensive» et qui ne soit «pas une nostalgie».

Pour Nicolas Sarkozy, le sommet de Québec qui aura lieu en octobre prochain à l'occasion du 400e anniversaire de la ville doit «sortir des sentiers battus». Ce doit être un sommet résolument politique, estime le président, qui souhaite d'abord y parler d'environnement et de maintien de la paix.

«Le prochain sommet de Québec en octobre sera un test de notre volonté collective, a-t-il dit. Je fais confiance à ses organisateurs canadiens et québécois pour proposer des thèmes politiques qui conduiront l'OIF à prendre sa part dans les grands débats internationaux.» Mais le président français n'hésite pas à y aller de ses propositions. Et il veut d'abord parler d'environnement.

«La Francophonie, ce n'est pas simplement la défense du français. Je voudrais qu'on y mette un contenu politique au vrai sens du terme. Est-ce qu'on ne pourrait pas mettre les États francophones à la tête du combat universel pour préserver les équilibres environnementaux de la planète?» Nicolas Sarkozy veut aussi que la Francophonie joue un rôle accru dans le maintien de la paix, même «si elle n'est pas une ONU bis», a-t-il reconnu.

TV5: l'impasse subsiste

Fidèle à son habitude, le président est sorti de son texte pour aborder la délicate question de l'avenir de TV5 Monde. Malgré l'échec de la réunion tenue à Paris cette semaine, il a réitéré sa ferme intention d'intégrer la chaîne de télévision francophone (propriété de la France, de la Suisse, de la Belgique, du Québec et du Canada) au sein du nouveau holding France Monde, chargé de diriger et de mettre en commun les ressources de l'audiovisuel extérieur français.

«Je veux renforcer les moyens de diffusion de la culture française dans le monde partout, a-t-il dit. Je ne veux pas que chacun reste sur son petit pré carré certain d'avoir la vérité. Et je discuterai avec nos partenaires francophones pour les associer jusqu'à ce qu'on trouve un consensus et qu'on crée une nouvelle marque: France Monde.»

Dans son discours, Nicolas Sarkozy parlait indistinctement des intérêts de la Francophonie et de ceux de la France, évoquant à plusieurs reprises «notre langue» et «notre culture commune». Il a aussi dit souhaiter «mettre tous ces journalistes de grande qualité [ceux de France 24, RFI et TV5 Monde] au service d'un projet qui permettra une vraie diversité. Et on associera les Canadiens, les Québécois et tous ceux qui le veulent, bien sûr.» La France fournit 80 % du budget de TV5 Monde.

La plupart des intervenants dans le dossier de TV5 ont froidement reçu ce discours. Selon le président de TV5 Monde, François Bonnemain, cette intervention «ne règle rien». Elle survient après une énième réunion qui s'est terminée à Paris mercredi sur un constat d'échec. Plusieurs personnes proches du dossier nous ont indiqué que les pays partenaires de la France avaient rejeté la proposition des nouveaux dirigeants de France Monde leur offrant une participation financière dans ce nouveau holding qui chapeaute déjà France 24, RFI et TV5 Monde. Selon Le Figaro, les dirigeants de France Monde ont aussi proposé de nommer un directeur délégué provenant d'un des pays partenaires. Pour la Suisse, la Belgique, le Québec et le Canada, cette proposition ne règle pas le problème de fond: TV5 étant une chaîne multilatérale possédée par les télévisions publiques de cinq gouvernements différents, elle ne peut pas être soumise à un holding français chargé de l'audiovisuel extérieur français.

L'ambassadeur du Canada à Paris, Marc Lortie, semblait cependant se réjouir du discours de Nicolas Sarkozy, dans lequel il a dit voir un «bel élan», même si, a-t-il avoué, les discussions sur TV5 butent «sur le problème de la gouvernance». Le délégué général du Québec, Wilfrid-Guy Licari, n'était pas sur place.

L'Algérie et Israël

Sur le ton qu'on lui connaît, Nicolas Sarkozy a par ailleurs dit souhaiter que la Francophonie ait «de l'ambition» et ne reste pas «dans le train-train habituel». Le président a dit vouloir défendre la position du français dans les organisations internationales, jugeant notamment que tous les pays membres de l'OIF devraient s'exprimer en français à l'ONU. Il entend aussi renforcer l'usage du français dans l'Union européenne malgré les déclarations de sa ministre de l'Enseignement supérieur, Valérie Pécresse, qui a déclaré le mois dernier vouloir «rompre le tabou de l'anglais» en s'exprimant en anglais aux réunions de l'Union européenne.

S'il dit «rester attentif à la tentation d'un usage croissant de l'anglais dans la société française», Nicolas Sarkozy considère qu'il ne faut pas «dramatiser» ce débat. «La France [...] n'est pas dans la situation de nos amis du Québec en Amérique du Nord. La France a la chance de vivre la diversité à ses frontières. Il faut ramener les choses à leurs justes dimensions.»

En Europe, Nicolas Sarkozy dit vouloir faire la promotion du trilinguisme et non pas du bilinguisme. «Le trilinguisme est une nécessité en Europe. Il est très important de ne pas se laisser enfermer dans le bilinguisme.»

Le président s'est livré à un long plaidoyer soutenant que la défense de la diversité culturelle n'entrait pas en contradiction avec la promotion des identités. Brisant quelques tabous, il a ouvertement dit souhaiter l'adhésion de l'Algérie et d'Israël dans la Francophonie. «Ça serait une très bonne nouvelle si le président Bouteflika acceptait de prendre part au sommet de Québec cette année», a-t-il déclaré.

En ouverture de l'assemblée, le secrétaire général de l'OIF, Abdou Diouf, avait rappelé que «la Francophonie sait tout ce qu'elle doit à la France, même si la France ne sait pas toujours tout ce qu'elle doit à la Francophonie et ce qu'elle pourrait lui donner en retour».

Correspondant du Devoir à Paris






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  • Dominic Pageau
    Abonné
    vendredi 21 mars 2008 04h14
    Sarko, cet homme de droite, proche des big business fait la promotion de Kyoto?
    « Sarko, proche de bien des compagnies pétrolières et Gazière comme Total ou Suez Gaz de France(Via Desmarais)est en faveur des quotas de CO2 et du marché du carbone. Tout comme Desmarais et sa presse qui fait activement la promotion de cette mesure dans son journal, il va même jusqu'à inviter ce très cher Al Gore pour faire une conférence sur son bras. Ce cher Al Gore qui, via son partenaire Hank Paulson, est actionaire de la bourse de carbone de Chicago : Chicago Climate Exchange (CCX)

    Je trouve tout ça fort curieux, la droite pro développement et ayant des liens avec des pétrolières en faveur des quotas de CO2? »

  • Eric Shannon
    Inscrit
    vendredi 21 mars 2008 05h58
    Son altesse ambitieuse
    « Fidèle à lui-même, Sarko offre un discours de visionnaire tenant des propos polémiques. Reste à savoir s'il fera comme avec le reste et si ses propos demeureront au stade du discours. En véritable impérialiste, il s'approprie la francophonie comme si elle lui revenait de droit. Il faudra voir si les autres membres de l'OIF sauront comment gérer... »

  • Richard Lauzier
    Abonné
    vendredi 21 mars 2008 09h08
    @Dominic Pageau
    « Ainsi, Al Gore serait suspect puisqu'il fait la promotion d'un marché de carbone alors qu'il possède des actions du Chicago Climate Exchange (CCX). Comme c'est simpliste!

    Supposons que vous ayez une grande fortune et, tout en même temps, vous croyez que le marché de carbone est un bon moyen de combattre les changements climatiques. N'est-il pas conséquent que vous investissiez dans le domaine? Ne serait-ce pas l'inverse qui serait inconséquent?

    Selon votre logique, Al Gore serait-il mieux de ne pas investir du tout dans le CCX ou dans les technologies vertes? Ou bien est-ce simplement que quelqu'un qui possède de l'argent ne peut être vertueux que s'il donne l'entièreté de sa fortune aux bonnes oeuvres?

    Pour ce qui est de Sarkozy, c'est selon moi le signe qu'un politicien français gagne du capital politique en parlant d'environnement, tout comme ce pourrait être le cas de Stephen Harper s'il n'était pas obsédé par les ressources de l'Alberta. L'environnement n'est-elle pas rendue la plus grande priorité des canadiens? »

  • Mario Tremblay
    Abonné
    vendredi 21 mars 2008 11h18
    @ Nicolas Lauzier
    « Vous avez raison pour Gore, les riches et Harper. Mais ce n'est pas parce que Sarko parle d'environnement que la cause avancera nécessairement. Même que ... lorsque Sarko se préoccupe de quelque chose, ce serait plutôt le contraire. »

  • Dominic Pageau
    Abonné
    vendredi 21 mars 2008 11h29
    Sarko, cet homme de droite, proche des big business fait la promotion de Kyoto?
    « Sarko, proche de bien des compagnies pétrolières et Gazière comme Total ou Suez Gaz de France(Via Desmarais)est en faveur des quotas de CO2 et du marché du carbone. Tout comme Desmarais et sa presse qui fait activement la promotion de cette mesure dans son journal, il va même jusqu'à inviter ce très cher Al Gore pour faire une conférence sur son bras. Ce cher Al Gore qui, via son partenaire Hank Paulson, est actionaire de la bourse de carbone de Chicago : Chicago Climate Exchange (CCX)

    Je trouve tout ça fort curieux, la droite pro développement et ayant des liens avec des pétrolières en faveur des quotas de CO2? »

  • Dominic Pageau
    Abonné
    vendredi 21 mars 2008 11h35
    Selon ma logique, Al Gore ment comme un arracheur de dent et a des intérêts financiers à vendres les quotas de carbone
    « Il ment, pas grand chose dans son documentaire est réaliste, ses prédictions, la hausse du niveau des mers, des températures, les populations menacéess, les maladies tropicales qui vont envahir le monde, le liens CO2 et température.... Mensonge par dessus mensonge par dessus mensonge.

    Puis il pollue, il a une villa de plus de 10 000 m carrés, se promène en jet privé et fait la promotion de ses produits financiers partout dans le monde. »

  • Sophie Maheu
    Abonné
    vendredi 21 mars 2008 11h51
    Bonaparte
    « Finalement, celles et ceux qui accusaient Sarkozy de se prendre pour Bonaparte visaient juste. La France est trop petite pour lui (pourtant !), c'est le retour aux tentations impérialistes. Imaginons un instant la Grande-Bretagne proposer aux USA et aux pays membres du Commonwealth la création d'une chaîne se nommant GREAT BRITAIN WOLRD. Les réactions ne tarderaient pas et seraient unanimes: Hé ho! L'Empire c'est terminé depuis longtemps là! Ouais, plus ça va, plus il est débranché ce Sarko!

    Robert Lachance »

  • Christian Tallon
    Inscrit
    vendredi 21 mars 2008 14h53
    L'homme qui mangeait les nerfs de son peuple (et des autres)
    « Ce pourraît être un titre de livre concernant Nicolas Sarkozy. Il faut garder son calme, savoir qu'il dit une chose et 3 jours suivants son contraire, que les effets d'annonce sont suivis de ... rien. Que son problème fondamental est la cohérence et le suivi. Il est connu pour ses positions pour l'usage de l'anglais à Bruxelles (mais ça ne le gêne pas que ses ministres disent des choses antinomique pour brouiller le message). Comme d'habitude, Abdou Diouf est celui qui dit les choses intelligentes et clairevoyantes.

    Comment vouloir imaginer l'Organisation de la Francophonie en Imperium Francorum relooké et imaginer que ça rapprocherait l'Algérie de celle-ci ? C'est évidemment tout le contraire. Quand le poids de la France aura diminué fortement, que les pays seront égaux, alors l'Algérie pourra envisager d'intégrer l'OMF. Il sait bien que la candidature d'Israel sera bloquée par les pays arabes tant qu'il n'y aura pas de traité de paix mais ça ne mange pas de pain de mettre une partie de son électorat de son côté, quitte a rendre la situation libanaise plus difficile et de rendre la participation de l'Algérie plus improbable. C'est de la très petite politique ou de l'irresponsabilité ou la trahison des intérêts supérieurs du pays qu'il représente. On ne peut pas savoir.

    Enfin, 53 % des français ont voté pour cet acteur photogénique infantile. Il ne reste plus qu'à croiser les doigts jusqu'en 2012. Pourvu qu'il ne fasse pas joujou avec son nouveau sous-marin atomique !!! S'il pouvait ne RIEN faire ! Tant qu'il est là, le RIEN ne peut qu'être le mieux. La France peut parfaitement se permettre d'être en pilotage automatique pendant 4 ans. L'administration française est assez solide pour ça. Quant à parler d'environnement, pourquoi pas puisque c'est le sujet à la mode. Mais une tentative de définir les valeurs communes de la Francophonie (Total en Birmanie ou en Afrique par exemple, le role de la France dans le génocide du Rwanda, la Françafrique et ELF) et de les proposer au reste du Monde. On ne semble pas en être à ce niveau ! Quant à l'affaire TV5, elle se passe de commentaire. On ne peut qu'être horrifié par l'absence de conscience que des pays indépendants partenaires puissent se sentir froissés par un ukaze absolûment contraire à l'esprit fondateur de la Francophonie.
    Vivement 2012 ! Vive la Ville de Québec ! Espérons qu'"il" ne dira pas trop de bêtises ce jour là. Qu'est-ce qu'"il" va encore inventer ? »

  • Jean-Paul Gosselin
    Inscrit
    vendredi 21 mars 2008 21h41
    Crédibilité...
    « Disons qu'en matière d'environnement et de GES, j'ai beaucoup plus tendance à faire confiance à un scientifique crédible, comme pas exemple, l'astrophysicien Hubert Reeves, qu'à un politicien, quel qu'il soit. »

  • Dominic Pageau
    Abonné
    dimanche 23 mars 2008 00h36
    Hubert Reeves est un illuminés dans les étoiles, sa position est idéologique.
    « Par contre, contrairement à Al Gore ce homme prêche par l'exemple ce qui le rend beaucoup moins méprisable, voire, sympathique. Mais bon, il nous raconte des mythes lui aussi comme la pseudo menace qui pèse sur l'ours polaire dont la population a doublé depuis les années 1970. Il nous invite comme beaucoup de vert d'ailleurs à retourné aux préceptes de vieilles cultures paiennes en devenant végétalien.... pour supposément évité encore là des émissions de GES.

    C'est une vrai religion cette folie, et malheuresement, contrairement à ce qu'on dit, il y a AUCUNE science derrière cette croyance. Bref, rien ne peut porte à croire que l'homme avec ses émissions de GES réchauffe la planète. »

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