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Coup de pouce supplémentaire aux familles

Antoine Robitaille   14 mars 2008  Québec
Québec — Aux prises avec une démographie stagnante et poussé par l'Action démocratique, le gouvernement Charest a annoncé hier de nouvelles mesures destinées à venir en aide aux familles dans son budget 2008-09.

D'abord, le gouvernement améliore le crédit d'impôt pour les frais de garde. Cela touchera 150 000 familles et conduira à un allégement fiscal équivalant à 20 millions de dollars par année. Pour ceux dont le revenu familial est inférieur à 80 000 $ par année, le coût des services de garde sera désormais le même, que ces personnes aient recours à une garderie subventionnée ou à une garderie privée non subventionnée.

À l'heure actuelle, l'aide est plus généreuse pour les parents dont les enfants fréquentent des services de garde privés à tarif régulier et qui ont un revenu annuel inférieur à 50 000 $. La bonification du crédit d'impôt vise à rendre plus «neutre» le choix entre les services de garde à contribution réduite et les services privés.

Par ailleurs, les 20 000 places en service de garde promises par les libéraux lors de la campagne électorale de 2007 seront créées au cours des quatre prochaines années. Elles s'ajoutent aux 2000 places déjà annoncées en juillet 2007. En 2012, le nombre de places à 7 $ par jour s'élèvera à 220 000 places. Le coût de cette mesure se chiffrera à 605,5 millions.

La ministre des Finances, Monique Jérôme-Forget, a affirmé hier «souhaiter vivement» qu'il s'agisse de véritables nouvelles places et non de places privées converties en CPE. «Surtout qu'il y a eu 82 000 nouvelles naissances cette année au Québec. Vous comprendrez qu'on est dans une ère de reproduction», a-t-elle souligné.

Justement, comme le souhaitait l'ADQ, le gouvernement libéral aidera davantage les couples éprouvant des problèmes d'infertilité. Il portera de 30 à 50 % le taux des crédits d'impôt remboursables pour le traitement de l'infertilité. Les personnes qui ont recours à l'insémination artificielle ou à la fécondation in vitro recevront une aide fiscale pouvant atteindre 10 000 $ par année. Les familles qui ont recours à l'adoption auront aussi, pour enfant adopté, droit à une somme maximale similaire.

Enfants en difficulté

Par ailleurs, le gouvernement a annoncé un nouveau programme de 400 millions de dollars en dix ans en partenariat avec la Fondation Lucie et André Chagnon, cette famille anciennement propriétaire de Vidéotron. Ce fonds sera consacré au soutien des jeunes enfants vivant «dans un contexte de vulnérabilité» et financera des initiatives visant à favoriser leur «développement global». «On les préparera à la scolarisation», a précisé Mme Jérôme-Forget, qui a souligné que le Dr Gilles Julien fera partie de ce projet. «Le Dr Julien est associé au Réseau de formation en pédiatrie sociale. Il s'est impliqué dans la défense et le développement des enfants. Il contribuera au succès de ce nouveau fonds», a déclaré la ministre.

Afin de préciser les objectifs du fonds et les modalités d'approbation des projets, la ministre de l'Éducation, Michelle Courchesne, déposera un projet de loi au cours de la session parlementaire actuelle.

L'ADQ n'a pas obtenu la somme de 100 $ par enfant qu'elle avait exigée mais a toutefois vu dans les décisions de la ministre la reconnaissance de l'iniquité qui existe dans le système des services de garde. Elle s'est réjouie qu'on permette à 93 000 enfants de «bénéficier d'une situation d'égalité». Elle a toutefois tenu à souligner que l'ADQ a toujours à son programme la notion de «liberté de choix». «Et soyez sûrs que dans notre prochaine plateforme électorale, ce sera là. Et vous allez voir en fin de semaine, au congrès, que cette mesure est toujours très présente et qu'on ne lâche pas.»

«On en fait beaucoup pour les familles», a soutenu la ministre Jérôme-Forget. Ce n'est pas l'opinion du Parti québécois, dont un des critiques, Sylvain Simard, a parlé de «mesures très timides d'augmentation des places en CPE».

La co-porte-parole de Québec solidaire, Françoise David, s'est dite surprise du projet pour les enfants en difficulté en collaboration avec la Fondation Chagnon: «Est-ce qu'on a un gouvernement Charest ou Chagnon?», a-t-elle lancé. Elle a noté que ce n'est pas la première fois que l'État oriente ses priorités sur celles de cette fondation: «Le problème, c'est qu'on n'a pas élu la Fondation Chagnon.»

L'AQCPE veut aller plus vite

L'Association québécoise des CPE voit dans l'annonce de 20 000 nouvelles places en garderie une «bonne nouvelle pour les jeunes enfants et leurs familles». Selon le directeur général de l'Association des centres de la petite enfance, Jean Robitaille, «ça correspond vraiment aux besoins des familles du Québec». M. Robitaille estime toutefois que la création de ces places en quatre ans, «c'est un petit peu long», a-t-il dit. Lui aussi avait une «bonne nouvelle» pour la ministre: il estime que le milieu des CPE sera capable de développer ces nouvelles places «plus vite que ce qui est annoncé». M. Robitaille a aussi salué la création du nouveau programme pour les jeunes enfants en situation de vulnérabilité, mais il a critiqué la décision de hausser le crédit d'impôt. «Favoriser la fréquentation de garderies non régies n'est manifestement pas la voie à suivre», a soutenu la présidente de l'AQCPE, Johanne Roy.
 
 
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  • Dominic Pageau
    Abonné
    vendredi 14 mars 2008 01h13
    Fiscalement parlant, les CPE à 7$ sont avantageuses pour les couples ayant un revenu au dessus de 45 000$
    Je vous réfère à une analyse de Claude Laferrière un fiscaliste intitulée "les garderies à sept dollars sont-elles un aubaine?"

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