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Un peu plus d'argent afin de franciser les immigrants

Kathleen Lévesque   14 mars 2008  Québec
Photo : Jacques Nadeau
Après un an de turbulences sur le front des accommodements raisonnables et de l'immigration, le gouvernement du Québec a décidé d'augmenter de 20 % le budget du ministère de l'Immigration et des Communautés culturelles (MICC) consacré à la francisation des nouveaux arrivants.

Un investissement de 65 millions en cinq ans est prévu afin de faciliter la francisation et l'intégration en emploi des personnes immigrantes. Cette somme s'ajoute aux mesures déjà prévues, pour un total de 186 millions d'ici 2012-13.

Pour l'année financière débutant le 1er avril prochain, il s'agit d'une bonification de dix millions de dollars en francisation et en intégration. Les modalités de ce soutien seront détaillées au cours des prochaines semaines par la ministre Yolande James. Le MICC doit également présenter au printemps son plan stratégique qui précisera les orientations, les objectifs et les indicateurs de performance à atteindre.

Toutefois, on peut d'ores et déjà s'attendre à ce que des organismes communautaires qui travaillent à l'intégration des nouveaux arrivants puissent bénéficier d'une aide supplémentaire, ont expliqué hier des fonctionnaires responsables du dossier. De même, on offrira davantage de cours de français.

Cette hausse budgétaire découle entre autres choses de la hausse prévue des volumes d'immigration. L'automne dernier, le gouvernement a décidé d'accueillir davantage d'immigrants au cours des prochaines années, c'est-à-dire 55 000 nouveaux arrivants plutôt que 45 000 par année.

Du côté de la Table de concertation des organismes au service des personnes réfugiées et immigrantes (TCRI), on ne se montre guère impressionné par l'annonce gouvernementale, y voyant tout de même un «petit effort». «C'est assez décevant. Compte tenu de l'ampleur des débats et des discussions des dernières semaines, on s'attendait à plus. [...] Souvent, le dossier de la francisation n'occupe que quelques lignes dans les budgets. Là, il y a quelques pages», a commenté le directeur général de la TCRI, Stephan Reichhold.

Cette décision d'accroître les budgets consacrés à l'immigration a été présentée hier par la ministre des Finances, Monique Jérôme-Forget, comme une occasion d'essor économique pour le Québec. «Dans un contexte de pénurie de main-d'oeuvre, nous avons besoin d'une immigration qualifiée. Et la concurrence sera vive entre les pays d'accueil pour attirer une main-d'oeuvre qualifiée», a affirmé la ministre à l'Assemblée nationale.

Le budget du MICC passe de 111,2 millions en 2007-08 à 270,3 millions pour l'année 2008-09. Il faut toutefois retrancher une somme de 145,3 millions correspondant aux crédits provenant d'Ottawa qui seront redistribués aux divers ministères ayant des activités soutenant la francisation et l'intégration des immigrants. C'est notamment le cas du ministère de l'Éducation, du ministère de l'Emploi et de la Solidarité sociale ainsi que du ministère de la Santé. L'ajout budgétaire net en immigration s'élève donc à 13,8 millions pour 2008-09, somme qui s'ajoute aux dix millions en francisation et en intégration.

Accusé depuis plusieurs années de ne pas respecter les termes de l'entente Canada-Québec sur l'immigration et d'utiliser à d'autres fins les fonds transférés par le fédéral, le gouvernement du Québec a décidé de créer une nouvelle structure «afin d'assurer une plus grande rigueur et une plus grande transparence dans l'utilisation des sommes allouées».

La question du français a également inspiré le gouvernement, qui a annoncé la création d'un crédit d'impôt remboursable pour la francisation en entreprises. Cette mesure coûtera dix millions en deux ans. Toutes les entreprises, y compris celles de très petite taille (50 employés et moins), y auront accès.

«En favorisant l'intégration des nouveaux arrivants et en renforçant l'usage du français comme langue du travail, nous affirmons notre ambition: que chaque Québécois participe à notre réussite et que notre réussite devienne elle-même le premier levier de l'affirmation de notre identité», a déclaré Mme Jérôme-Forget.

***

Avec la collaboration de Guillaume Bourgault-Côté
 
 
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  • Line Légaré
    Abonnée
    vendredi 14 mars 2008 10h40
    Quel est le coût réel de l'immigration?
    Le Québec a ouvert ses portes à l'immigration et je me demande pourquoi personne n'a pensé à préparer la population à tous ces changements. Avons-nous été consultés? Pourtant, si je m'apprête à recevoir quelqu'un chez-moi, je vais planifier mes achats, m'assurer que tout est en place, que j'ai tout préparé afin qu'ils se sentent à l'aise. Je serai en accord avec cette venue. Rien de tout ceci a été fait avec la population, les ordres professionnels, les compagnies, etc. Après toutes ces années, la structure de base n'est même pas encore en place: les nouveaux arrivants doivent attendre des fois plus d'un an pour avoir une place dans les cours de françisation.

    Quels étaient les vrais buts de l'immigration? Je suis persuadée que les problèmes que nous vivons et que connaissent les personnes immigrantes en arrivant ici avaient été anticipés mais si on avait diffusé ces informations à la population et aux immigrants eux-même, l'immigration de milliers de personnes n'aurait peut-être pas eue lieu et n'aurait surtout pas servie les desseins de nos gouvernements. En 2008, encore taire la vérité...pour qui et pourquoi?

    Conçernant les coûts, plusieurs de ces personnes peinent à se trouver un travail selon leur expertise: ils vivent avec quel argent en attendant et quel est leur taux de détresse?; le taux de réussite dans les écoles multi-ethniques de Montréal est d'environ 25% (primaire et secondaire): quels en sont et seront les coûts sociaux dans quelques années?; s'ils doivent retourner aux études: qui paye ces formations?; la pauvreté engendre souvent de graves problématiques et celles-ci ont aussi des coûts sociaux, (HLM, police, hôpital, justice, etc.) quels sont-ils? Personne ne parle du revers de la médaille et j'aimerais bien qu'on nous fasse un portrait exact de la situation qui prévaut avant de vouloir hausser encore le taux de l'immigration.

    Qui peut me répondre selon vous?

    Line Légaré

  • Dominic Pageau
    Abonné
    vendredi 14 mars 2008 15h11
    Le pire dans tout ça...
    Je me demande c'est qui la population !

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