vendredi 10 février 2012 Dernière mise à jour 07h55
fermer

Connexion au Devoir.com

Mot de passe oublié?


Chercher

Inscrivez-vous (gratuit)
Mot de passe oublié?
Abonné papier? Connexion
S'abonner au Devoir
Publicité

Du moment que ça passe

Michel David   14 mars 2008  Québec
L'élection d'un Parlement de cohabitation, le 26 mars 2007, constitue un «appel à ce qu'il y a de plus noble en chacun de nous», a déclaré Monique Jérôme-Forget dans son discours sur le budget.

Mercredi, la ministre des Finances a dû être bien déçue de son collègue Jean-Marc Fournier. Il n'y avait certainement rien de noble à présenter Pauline Marois comme le «conjoint survivant» qui allait profiter des généreuses conditions de retraite faites à son mari quand il était président de la Société générale de financement.

Il est clair que le «budget rassembleur» de Mme Jérôme-Forget n'aurait rassemblé personne si les sondages avaient indiqué à Mario Dumont qu'il avait avantage à renverser le gouvernement. Gilles Taillon n'aurait pas eu la moindre difficulté à voir dans ce verre à moitié plein un verre aux trois quarts vide.

Au printemps dernier, aucune concession n'aurait pu convaincre l'ADQ d'appuyer le budget, peu importe les concessions qu'on aurait pu lui faire. Si le gouvernement était tombé, M. Dumont aurait très bien pu se retrouver premier ministre. Cette fois-ci, il risquait plutôt de retourner dans le «poulailler» du Salon bleu, à la tête d'une douzaine de députés, au lieu des 41 élus le 26 mars 2007.

La seule question était de savoir si M. Dumont allait juger qu'il était politiquement plus avantageux de s'attribuer le mérite de certaines mesures et de voter en faveur du budget ou de s'abstenir sous prétexte qu'elles étaient insuffisantes.

Après quelques remarques de pure forme sur le jovialisme du gouvernement et son impuissance à contrôler ses dépenses, le porte-parole adéquiste Gilles Taillon n'a pas fait durer le suspense indûment: comme à Ottawa, l'opposition officielle allait appuyer le budget.

À partir du moment où tout le monde savait que l'ADQ n'avait aucune envie de se lancer en campagne électorale, il aurait été ridicule de provoquer un psychodrame comme celui de l'an dernier. On ne voulait pas non plus créer de distraction inutile pour les militants adéquistes qui se réuniront en congrès à Laval en fin de semaine.

***

À la différence de Stephen Harper, Jean Charest ne tenait pas du tout à voir son gouvernement renversé. Mme Jérôme-Forget a fait un véritable effort pour permettre à l'ADQ d'appuyer le budget sans trop perdre la face.

Il est vrai qu'elle a écarté, pour des raisons aussi bien philosophiques que budgétaires, l'octroi d'une allocation directe pour les enfants de moins de cinq ans qui ne bénéficient pas des services de garde subventionnés, mais elle a accueilli favorablement la plupart des demandes adéquistes.

Sur une base annuelle, M. Taillon a calculé qu'elles représentaient environ 60 % de la marge de manoeuvre de 250 millions dont disposait Mme Jérôme-Forget. L'an dernier, il aurait sans doute trouvé que le gouvernement camouflait son déficit réel, mais ce sera pour une autre fois.

Dans le cas du PQ, Mme Jérôme-Forget a immédiatement compris qu'aucune entente n'était possible. D'ailleurs, malgré quatre rencontres avec François Legault, elle n'a jamais su ce que le PQ voulait exactement, sauf trouver des raisons de ne pas appuyer le budget.

Sans surprise, M. Legault n'y a rien trouvé de bon, sinon que les incitatifs fiscaux à la francisation des petites entreprises constituent un «bien petit pas» dans la bonne direction. Pour le reste, tous les clichés d'usage en pareilles circonstances y sont passés: manque de courage politique, pelletage en avant, etc.

Certains pourront trouver contradictoire de reprocher à Mme Jérôme-Forget de ne pas avoir investi suffisamment dans la santé et dans l'éducation tout en l'accusant de tripoter les chiffres pour masquer un déficit, mais qui a dit que la politique était affaire de logique?

Soit, les mesures annoncées auront un bien faible impact cette année, mais le budget ne contient rien de comparable à la couleuvre que le PQ a dû avaler l'an dernier, sous la forme d'une baisse d'impôt de 700 millions, qui contredisait de façon flagrante le discours de tous les gouvernements du Québec, libéraux ou péquistes, à propos du déséquilibre fiscal.

Le premier ministre Charest, qui se fait maintenant fort de tenir ses engagements, avait promis un budget «non flamboyant»: il a tenu parole. Au ministère des Finances, on reconnaissait volontiers qu'il n'avait rien de très excitant. Il s'agissait simplement d'un passage obligé, dont le gouvernement n'espérait rien, sinon en sortir indemne. «On aime mieux un budget plate mais un budget qui passe», a-t-on résumé.

***

mdavid@ledevoir.com
 
 
Édition abonné
La version longue de certains articles (environ 1 article sur 5) est réservée aux abonnés du Devoir. Ils sont signalés par le symbole suivant :
 
 












CAPTCHA Image Générer un nouveau code

Envoyer
Fermer

Haut de la page
Cet article vous intéresse?

Vos réactions

Triez : afficher les commentaires 
  • Eric Barnabé
    Inscrit
    vendredi 14 mars 2008 06h47
    Mme Jérome-Forget sort ses REER pour boucler son budget
    Quand Mme Jérome-Forget fait emprunter Hydro-Québec pour boucler son budget, c'est comme si je sortais mes REER pour payer mes comptes. Auparavant, les institutions québécoises, SAAQ en tête, étaient saignées mais, règles comptables obligent, c'est impossible aujourd'hui. Le prochain à contribué au bouclage du budget sera la Caisse de Dépot et Placement du Québec ? Ils y trouveront bien un surplus là aussi.

    Parlant des élections. Celà fait presqu'un an maintenant que tous les journalistes disent que les gens ne veulent pas d'élection, que l'ADQ n'est pas prête, etc... C'est facile dans ce contexte de deviner au PQ qu'un budget le moindrement acceptable passera la rampe. Pourquoi ne pas en profiter pour jouer à la vierge offensée du côté du PQ ? Ils savent très bien que l'opinion publique s'est faite mettre dans la tête que l'ADQ n'est pas prête.

    Si je me rappelle bien, René Lévesque n'avait même pas préparé de discours en cas de victoire en 1976. J'imagine qu'il était prêt à gouverner.

    Eric Barnabé

  • jean claude pomerleau
    Inscrit
    vendredi 14 mars 2008 07h59
    L'économie, la marque de commerce des libéraux. WOW.
    M David, à l'annonce que M Charest allait faire de 2008, l'année de l'économie, je vous ais entendu dire cette phrase (Radio), "l'économie, C'est la marque de commerce des libéraux". À quand un bulletin chiffré pour les commentateurs politico-économique. L'économie du Québec sous la gouverne du PLQ a dans les dernier vingt ans sous performé par rapport au PQ: M Daniel Johnson (1985-1994) nous laisser aprés 9 ans de pouvoir dans une sinistrose économique (6 miiliards de déficit, 3 annnées de suite; M Charest a prit l'économie en croissance à 4,2 % et l'a ramener à 2%, (1%=500 millions dans les coffres du Gv). La confirmation que Charest n'a pas été à la hauteur de la performance de M Landry nous viens d'un des 4 experts qui a signé son cadre fiancier (2003):http://www.ledevoir.com/2007/02/21/commentaires/07

    Curieusement aucuns commentateurs ou journalistes ne sont retourner interroger ces experts qui ont valider ce cadre financier qui a permit l'élection de Charest à l'époque.On préfère entretenir le mythe que l'affirmation nationale est incompatible avec une bonne gestion de l'économie. Or depuis 50 ans c'est exactement le contraire qui est vrai: La Révolution tranquille est un vaste mouvement d'affirmation nationale qui nous a permit de ramener les francophones dans la game économique. Depuis les libéraux ont prit lentement la tangente de s'éloigner de l'affirmation nationale et à mesure qu'il s'en éloignait leur performance économique baisait: les deux derniers (Johnson et Charest) qui se disent "canadian first and foremost" sont les pires gestionnaires économiques que le Québec a eu à subir (chiffres à l'appui). Mais ne comptons pas sur la médiacratie fédéraliste pour nous monter cette évidence. On préfère encore nous dire que ce dernier budget est "balancer" alors qu'il est déficitaire parce que l'économie du Québec sous performe depuis que Charest est au pouvoir, et qu'elle est à la merci du moindre ralentissement américain. Et si l'année 2008 était l'année Titanic de l'économie américaine (http://www.vigile.net/Diner-sur-le-Titanic). M Charest, avec son super conseillé M Daniel Johnson (oui le même) et M Bachand (qui a le projet fabuleux de mettre la Ville de Québec sur la carte du monde .....du jeux de monopoly) sera t il "prêt".
    "L'économie, la marque de commerce des libéraux." À quand un bulletin chiffrer pour les commentateurs politiques.

  • Roland Berger
    Abonné
    vendredi 14 mars 2008 09h09
    Sans les dons d'Ottawa
    Si je ne me trompe, Mme Jérôme-Forget n'a pas inclus dans ses calculs budgétaires de possibles dons d'Ottawa sous une forme ou une autre. S'agit-il d'un geste de souveraineté ou de l'admission de l'impossibilité de compter sur le grand-frère fédéral qui gère nos impôts ?
    Roland Berger
    St-Thomas, Ontario

  • Charles-O Roy
    Abonné
    vendredi 14 mars 2008 10h08
    Moodys, standard and poors
    Ça sent la décote...

  • jacques noel
    Inscrit
    vendredi 14 mars 2008 10h33
    Prendre son gaz égal...
    Quand est-ce que Pauline Marois va dire à Jean-Marc Fournier de prendre son gaz égal?
    Si c'est bon pour Josée, c'est bon pour Pauline..

Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
ou Créer un profil
Cet article vous intéresse?
5 réactions
0 vote Voter
 
  • a Taille du texte -- ++
  • Imprimer
  • Envoyer
  • Commenter
  • Partager
  • Droits de reproduction
  • Voter
Mots-clés de l'article
Recherche complète sur le même sujet


Publicité

Les blogues du devoir

Vos commentaires

m'inscrire
 
Recherche



Exemples de recherche :
Robert Sansfaçon
"directeur général des élections"

S'abonner au Devoir
Abonnez-vous au journal papier Le Devoir ou à la version Internet.
Publicité
Vous souhaitez annoncer dans Le Devoir, contactez le service de publicité.

En savoir plus
Stratégie Web et référencement par Adviso
Design Web par Egzakt
© Le Devoir 2002-2012