mercredi 25 novembre 2009 Dernière mise à jour 00h11


Chercher

Inscrivez-vous (gratuit)
Mot de passe oublié?
Abonné papier? Connexion
S'abonner au Devoir
Publicité

La Caisse de dépôt s'intéresse à l'îlot Voyageur

Kathleen Lévesque   13 mars 2008  Québec
La Caisse de dépôt et placement du Québec s'intéresse de près au projet immobilier de l'îlot Voyageur, qui a contribué au dérapage financier de l'Université du Québec à Montréal (UQAM), a appris Le Devoir.

Depuis quelques mois déjà, une des filiales immobilières de la Caisse, la SITQ, examine avec soin le potentiel économique de l'îlot Voyageur, laissé en plan par l'UQAM. Aucune transaction formelle n'a été faite, mais la SITQ a décidé de poursuivre ses travaux préliminaires. Des discussions ont été engagées notamment avec le propriétaire des terrains, la firme privée Busac, qui a agi à titre de promoteur et de partenaire de l'UQAM.

«La SITQ examine ce projet parce qu'il pourrait être d'intérêt pour elle. C'est une étude qui se fait uniquement sur des bases d'affaires. Pour la SITQ, il est clair qu'il y a toujours des objectifs très précis de rentabilité économique», a expliqué Gilbert Desroberts, porte-parole de la Caisse de dépôt et placement.

M. Desroberts a précisé que la SITQ ne répond à aucune commande politique et que c'est en toute indépendance qu'elle a décidé d'étudier ce projet sur le marché montréalais. Il reste que la ministre de l'Éducation, Michelle Courchesne, avait annoncé en septembre dernier que le gouvernement récupérait l'îlot Voyageur et le gouffre financier que celui-ci a entraîné pour l'UQAM. L'autre projet immobilier déficitaire, le Complexe des sciences, demeure entre les mains de l'UQAM. «Comme l'université n'a certainement pas démontré sa capacité de gérer un projet immobilier de cette ampleur, nous allons la dégager de cet impact financier et nous allons, en collaboration, trouver un promoteur», avait alors déclaré la ministre Courchesne.

Aucun commentaire n'a été émis hier au cabinet ministériel à propos de la possibilité que la SITQ prenne part active au dossier. Le porte-parole de l'UQAM n'a pas pu être joint.

Jusqu'à maintenant, les modalités de l'opération n'ont pas été révélées. Le transfert ne s'annonce pas facile compte tenu du fait que l'UQAM est liée par contrat à Busac. Des négociations ont été enclenchées pour modifier les termes contractuels. L'ancien premier ministre Lucien Bouchard représente l'UQAM dans ce dossier.

En vertu de ce contrat, l'UQAM assume seule tous les risques de l'îlot Voyageur. Ainsi, le financement du projet s'est fait grâce à l'émission d'obligations totalisant 269 millions de dollars. Or le ministère des Finances a immédiatement acheté ces obligations qui risquaient de perturber les marchés financiers et surtout d'entacher la cote de crédit de l'UQAM et, par ricochet, celle du gouvernement du Québec.

Si la SITQ venait à conclure que l'îlot Voyageur offre un certain potentiel économique, elle hériterait d'un vaste chantier qui a des allures de plaie ouverte dans ce secteur de l'est du centre-ville de Montréal. Pour l'instant, il existe des stationnements souterrains, un édifice complété, le squelette d'un autre et deux autres bâtiments sous forme de plans d'architecte.

Les stationnements sont complétés mais n'ont pas de guérite. La gare d'autobus est terminée mais n'est pas utilisée: les administrateurs du terminus actuel ne voient guère d'intérêt à y déménager puisque le lien direct avec le réseau souterrain du métro n'est prévu que si l'îlot Voyageur est complété. Les résidences étudiantes se limitent à la structure de base. Quant au pavillon universitaire et à la tour de bureaux, l'UQAM n'en veut plus, bien qu'elle manque de locaux.

En contrepartie de l'intervention gouvernementale, l'UQAM devait présenter un énième plan de redressement qui visait à rétablir l'équilibre budgétaire dans les plus brefs délais. Mais voilà que la semaine dernière, l'UQAM a présenté un plan de redressement qui ne remplit pas la commande de Québec avec un déficit annuel de 24,4 millions en 2011-12. La firme PricewaterhouseCoopers, mandatée par l'UQAM pour venir à bout du problème, a conclu qu'il était impossible de redresser l'université sans une aide supplémentaire du gouvernement.

Selon l'analyse du Vérificateur général du Québec, si rien n'est fait, le marasme financier de l'UQAM atteindra le demi-milliard de dollars d'ici cinq ans.

À la Caisse de dépôt et placement du Québec, on a souligné hier n'avoir aucun échéancier dans le dossier de l'îlot Voyageur.






Envoyer
Fermer

Haut de la page
Cet article vous intéresse?
Partager
Digg Facebook Twitter Delicious
 

Vos réactions

Triez : afficher les commentaires 
  • jacques noel
    Inscrit
    jeudi 13 mars 2008 08h06
    Gros trou dans le bas de laine
    « En 2007, Henri-Paul Rousseau a perdu 1,900,000,000$ de notre bas de laine dans l'aventure du papier commercial. C'est plus de 1000$ par famille. C'est deux Stades olympiques, huit Gaspésia, 25,333 enveloppes de Schreiber ou 380,000 toilettes-silencieuses passés presqu'inaperçus! Pire, on a eu droit à un indécent pétage de broue: "la Caisse est parmi les meilleures gestionnaires au Canada"! Ayoye. Omers, la caisse ontarienne, a fait 8,7% soit 3,1% de plus que nos péteux de broue; c'est l'équivalent de 4,4 milliards de plus.

    En commission parlementaire l'automne dernier, Rousseau avait pourtant soutenu que la Caisse ne perdrait que 500 millions à un milliard dans le papier commercial ce qui était déjà un méga-scandale! Est-ce qu'il doit démissionner pour avoir menti aux députés? Bill Clinton a failli perdre la présidence pour bien moins que ça.

    On se souvient du "scandale" du siège social et des dépenses somptueuses de la Caisse à l'étranger de la dernière administration. Qu'a fait Rousseau cette année? Il a flambé 330 millions pour administrer la Caisse, une augmentation 17,4% en une seule année!

    Ces 330 millions (pour 155,4 milliards d'actifs) représentent 21,7 cents par 100$ sous gestion. L'an passé on administrait 143,5 milliards au coût de 281 millions. Le communiqué de la Caisse soutient que c'était 21,6 cents. Faux, c'est 19,6 cents. Les frais de gestion ont donc augmenté de 10,7% par dollar administré en une seule année.

    Les frais de traitement des employés sont passés de 116 à 140 millions! Une augmentation de 20,7% en une seule année! Pas à dire c'est le gros party à la Caisse, dans l'indifférence médiatique.

    http://www.lacaisse.com/fr/nouvelles-medias/Documents/communique_2100208.pdf

    http://www.lacaisse.com/fr/nouvelles-medias/Documents/Etats-financiers-cumules-2007-fr.pdf


    On nous raconte qu'il faut penser mondial et surtout ne pas trop intervenir sur le petit marché québécois, peu rentable. Rendement, rendement, rendement; que dale l'économie locale. Or la Caisse s'est planté dans ses investissements étrangers et pas à peu près! Alors que le marché canadien rapportait 12,6% (pas de données sur le marché québécois), on perdait 5,1% sur les marchés étrangers et 13,3% sur le marché américain. La catastrophe quoi, à des années-lumière du "rendement, rendement, rendement"!

    On ne cesse d'augmenter les cotisations parce qu'on a peur que la Caisse se vide. Or on apprend que les rentrées des cotisations ont augmenté de 4 milliards l'an passé par rapport aux sorties! Quatre milliards de taxes cachées! Quatre milliards de trop par rapport aux besoins réels. C'est quatre CHUM, six autoroutes des Bleuets qu'on nous impose de payer cash, drette là, sans aucune raison logique!

    Si on fermait la Caisse, si on distribuait les 155 milliards au million de Québécois de 65 ans et plus, c'est un chèque de -tenez-vs bien- 155,000$ que on pourrait faire à chaque "vieux"!!! Autre possibilité: on distribue 30,000$ à chaque retraité et on paie toute la dette de 125 milliards du Québec ce qui nous permettrait de réduire les taxes et impots de 8 milliards d'un seul coup.

    A quand un débat sur la Caisse? Et sur son administration?

    PS:
    Est-ce que Claude Garcia, président du comité de vérification de la Caisse, est le même Claude Garcia qui avait insulté la moitié des Québécois au référendum de 1995, en disant que les séparatistes allaient en manger une maudite? »

  • Sylvain Racine
    Abonné
    jeudi 13 mars 2008 21h54
    Faillite collective en vue!
    « L'exemple de L'UQAM et de sa tentative de PPP est ce qui attend le Québec entier: une faillite collective! »

Déjà inscrit? Ajoutez votre commentaire ci-dessous

    Connexion




Cet article vous intéresse?
2 réactions
0 votes
 
Mots-clés de l'article
Recherche complète sur le même sujet


Abonnez-vous pour recevoir nos Infolettres par courriel
Choisir mes
infolettres
Publicité

Les blogues du devoir

Vos commentaires

 
Recherche



Exemples de recherche :
Robert Sansfaçon
"directeur général des élections"

S'abonner au Devoir
Abonnez-vous au journal papier Le Devoir ou à la version Internet.
Publicité
Vous souhaitez annoncer dans Le Devoir, contactez le service de publicité.

» En savoir plus
© Le Devoir 2002-2009