La Caisse de dépôt s'intéresse à l'îlot Voyageur
La Caisse de dépôt et placement du Québec s'intéresse de près au projet immobilier de l'îlot Voyageur, qui a contribué au dérapage financier de l'Université du Québec à Montréal (UQAM), a appris Le Devoir.
Depuis quelques mois déjà, une des filiales immobilières de la Caisse, la SITQ, examine avec soin le potentiel économique de l'îlot Voyageur, laissé en plan par l'UQAM. Aucune transaction formelle n'a été faite, mais la SITQ a décidé de poursuivre ses travaux préliminaires. Des discussions ont été engagées notamment avec le propriétaire des terrains, la firme privée Busac, qui a agi à titre de promoteur et de partenaire de l'UQAM.
«La SITQ examine ce projet parce qu'il pourrait être d'intérêt pour elle. C'est une étude qui se fait uniquement sur des bases d'affaires. Pour la SITQ, il est clair qu'il y a toujours des objectifs très précis de rentabilité économique», a expliqué Gilbert Desroberts, porte-parole de la Caisse de dépôt et placement.
M. Desroberts a précisé que la SITQ ne répond à aucune commande politique et que c'est en toute indépendance qu'elle a décidé d'étudier ce projet sur le marché montréalais. Il reste que la ministre de l'Éducation, Michelle Courchesne, avait annoncé en septembre dernier que le gouvernement récupérait l'îlot Voyageur et le gouffre financier que celui-ci a entraîné pour l'UQAM. L'autre projet immobilier déficitaire, le Complexe des sciences, demeure entre les mains de l'UQAM. «Comme l'université n'a certainement pas démontré sa capacité de gérer un projet immobilier de cette ampleur, nous allons la dégager de cet impact financier et nous allons, en collaboration, trouver un promoteur», avait alors déclaré la ministre Courchesne.
Aucun commentaire n'a été émis hier au cabinet ministériel à propos de la possibilité que la SITQ prenne part active au dossier. Le porte-parole de l'UQAM n'a pas pu être joint.
Jusqu'à maintenant, les modalités de l'opération n'ont pas été révélées. Le transfert ne s'annonce pas facile compte tenu du fait que l'UQAM est liée par contrat à Busac. Des négociations ont été enclenchées pour modifier les termes contractuels. L'ancien premier ministre Lucien Bouchard représente l'UQAM dans ce dossier.
En vertu de ce contrat, l'UQAM assume seule tous les risques de l'îlot Voyageur. Ainsi, le financement du projet s'est fait grâce à l'émission d'obligations totalisant 269 millions de dollars. Or le ministère des Finances a immédiatement acheté ces obligations qui risquaient de perturber les marchés financiers et surtout d'entacher la cote de crédit de l'UQAM et, par ricochet, celle du gouvernement du Québec.
Si la SITQ venait à conclure que l'îlot Voyageur offre un certain potentiel économique, elle hériterait d'un vaste chantier qui a des allures de plaie ouverte dans ce secteur de l'est du centre-ville de Montréal. Pour l'instant, il existe des stationnements souterrains, un édifice complété, le squelette d'un autre et deux autres bâtiments sous forme de plans d'architecte.
Les stationnements sont complétés mais n'ont pas de guérite. La gare d'autobus est terminée mais n'est pas utilisée: les administrateurs du terminus actuel ne voient guère d'intérêt à y déménager puisque le lien direct avec le réseau souterrain du métro n'est prévu que si l'îlot Voyageur est complété. Les résidences étudiantes se limitent à la structure de base. Quant au pavillon universitaire et à la tour de bureaux, l'UQAM n'en veut plus, bien qu'elle manque de locaux.
En contrepartie de l'intervention gouvernementale, l'UQAM devait présenter un énième plan de redressement qui visait à rétablir l'équilibre budgétaire dans les plus brefs délais. Mais voilà que la semaine dernière, l'UQAM a présenté un plan de redressement qui ne remplit pas la commande de Québec avec un déficit annuel de 24,4 millions en 2011-12. La firme PricewaterhouseCoopers, mandatée par l'UQAM pour venir à bout du problème, a conclu qu'il était impossible de redresser l'université sans une aide supplémentaire du gouvernement.
Selon l'analyse du Vérificateur général du Québec, si rien n'est fait, le marasme financier de l'UQAM atteindra le demi-milliard de dollars d'ici cinq ans.
À la Caisse de dépôt et placement du Québec, on a souligné hier n'avoir aucun échéancier dans le dossier de l'îlot Voyageur.
Depuis quelques mois déjà, une des filiales immobilières de la Caisse, la SITQ, examine avec soin le potentiel économique de l'îlot Voyageur, laissé en plan par l'UQAM. Aucune transaction formelle n'a été faite, mais la SITQ a décidé de poursuivre ses travaux préliminaires. Des discussions ont été engagées notamment avec le propriétaire des terrains, la firme privée Busac, qui a agi à titre de promoteur et de partenaire de l'UQAM.
«La SITQ examine ce projet parce qu'il pourrait être d'intérêt pour elle. C'est une étude qui se fait uniquement sur des bases d'affaires. Pour la SITQ, il est clair qu'il y a toujours des objectifs très précis de rentabilité économique», a expliqué Gilbert Desroberts, porte-parole de la Caisse de dépôt et placement.
M. Desroberts a précisé que la SITQ ne répond à aucune commande politique et que c'est en toute indépendance qu'elle a décidé d'étudier ce projet sur le marché montréalais. Il reste que la ministre de l'Éducation, Michelle Courchesne, avait annoncé en septembre dernier que le gouvernement récupérait l'îlot Voyageur et le gouffre financier que celui-ci a entraîné pour l'UQAM. L'autre projet immobilier déficitaire, le Complexe des sciences, demeure entre les mains de l'UQAM. «Comme l'université n'a certainement pas démontré sa capacité de gérer un projet immobilier de cette ampleur, nous allons la dégager de cet impact financier et nous allons, en collaboration, trouver un promoteur», avait alors déclaré la ministre Courchesne.
Aucun commentaire n'a été émis hier au cabinet ministériel à propos de la possibilité que la SITQ prenne part active au dossier. Le porte-parole de l'UQAM n'a pas pu être joint.
Jusqu'à maintenant, les modalités de l'opération n'ont pas été révélées. Le transfert ne s'annonce pas facile compte tenu du fait que l'UQAM est liée par contrat à Busac. Des négociations ont été enclenchées pour modifier les termes contractuels. L'ancien premier ministre Lucien Bouchard représente l'UQAM dans ce dossier.
En vertu de ce contrat, l'UQAM assume seule tous les risques de l'îlot Voyageur. Ainsi, le financement du projet s'est fait grâce à l'émission d'obligations totalisant 269 millions de dollars. Or le ministère des Finances a immédiatement acheté ces obligations qui risquaient de perturber les marchés financiers et surtout d'entacher la cote de crédit de l'UQAM et, par ricochet, celle du gouvernement du Québec.
Si la SITQ venait à conclure que l'îlot Voyageur offre un certain potentiel économique, elle hériterait d'un vaste chantier qui a des allures de plaie ouverte dans ce secteur de l'est du centre-ville de Montréal. Pour l'instant, il existe des stationnements souterrains, un édifice complété, le squelette d'un autre et deux autres bâtiments sous forme de plans d'architecte.
Les stationnements sont complétés mais n'ont pas de guérite. La gare d'autobus est terminée mais n'est pas utilisée: les administrateurs du terminus actuel ne voient guère d'intérêt à y déménager puisque le lien direct avec le réseau souterrain du métro n'est prévu que si l'îlot Voyageur est complété. Les résidences étudiantes se limitent à la structure de base. Quant au pavillon universitaire et à la tour de bureaux, l'UQAM n'en veut plus, bien qu'elle manque de locaux.
En contrepartie de l'intervention gouvernementale, l'UQAM devait présenter un énième plan de redressement qui visait à rétablir l'équilibre budgétaire dans les plus brefs délais. Mais voilà que la semaine dernière, l'UQAM a présenté un plan de redressement qui ne remplit pas la commande de Québec avec un déficit annuel de 24,4 millions en 2011-12. La firme PricewaterhouseCoopers, mandatée par l'UQAM pour venir à bout du problème, a conclu qu'il était impossible de redresser l'université sans une aide supplémentaire du gouvernement.
Selon l'analyse du Vérificateur général du Québec, si rien n'est fait, le marasme financier de l'UQAM atteindra le demi-milliard de dollars d'ici cinq ans.
À la Caisse de dépôt et placement du Québec, on a souligné hier n'avoir aucun échéancier dans le dossier de l'îlot Voyageur.
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