vendredi 27 novembre 2009 Dernière mise à jour 23h58


Chercher

Inscrivez-vous (gratuit)
Mot de passe oublié?
Abonné papier? Connexion
S'abonner au Devoir
Publicité

Surprenez-nous, Monsieur Charest

Bernard Descôteaux   11 mars 2008  Québec
Les gens heureux n'ont pas d'histoire, dit-on. Ce dicton s'applique bien au congrès du Parti libéral du Québec du week-end dernier. L'événement s'est terminé en apothéose pour le premier ministre Jean Charest pour qui cette fin de semaine aura été une sorte de grand «love-in». L'appui reçu l'investit d'une autorité exceptionnelle qu'il lui reste maintenant à exercer.

De ce congrès, il y a bien peu à dire comme tel. Tout s'est déroulé dans l'ordre et sans heurts. Les questions délicates ont été mises de coté. C'est le cas de la politique de la langue que l'on a peu eu le temps — vraiment? — d'étudier en assemblée plénière. C'était le seul sujet contentieux. À la place, on a mis l'accent sur le développement économique, la famille et l'environnement, des questions qui permettaient toutes de dégager facilement des consensus, voire l'unanimité.

La préoccupation des organisateurs de ce congrès était patente, éviter à tout prix les dissensions et dégager une image d'unité derrière le chef. Le message a été compris. Trop bien même! Comment ne pas voir en effet dans ce vote de confiance de 97 % à son endroit une dimension artificielle. Certes, les militants libéraux se devaient d'accorder leur confiance à leur chef. Depuis l'automne, il s'est repris en main. Il a accepté d'être conseillé et, surtout, d'écouter ses conseillers. Aujourd'hui, son gouvernement ne va pas encore bien, mais il va beaucoup mieux. Néanmoins, comment croire qu'il n'y a que 3 % des militants libéraux qui soient insatisfaits du leadership de leur chef et qui veuillent en changer?

Un tel appui est une arme à deux tranchants pour Jean Charest. Cela lui permet de ne pas avoir à se méfier des ennemis au sein de son parti. Il peut se consacrer entièrement à ses adversaires péquistes et adéquistes et chercher à convaincre les Québécois qu'il est celui qui peut mieux défendre leurs intérêts. Par contre, s'il n'y arrive pas, il tombera de très haut. Le choc sera alors brutal.

Le défi de Jean Charest est d'arriver à convaincre les électeurs francophones qui, aux dernières élections, se sont tournés majoritairement du côté de l'Action démocratique et du Parti québécois. Ces dernières semaines, il a repris quelques points de pourcentage au parti de Mario Dumont, mais il demeure loin derrière celui de Pauline Marois qui s'est fait le champion de la promotion de l'identité et de la langue. Deux thèmes qui, de toute évidence, font peur aux libéraux, au point que les délégués au congrès ont fait biffer du texte d'une résolution le mot citoyenneté.

Le blanc-seing obtenu au cours de ce congrès devrait permettre à Jean Charest d'aborder plus librement ces questions. Osera-t-il aller à l'encontre des réserves de ses militants? Le congrès terminé, on s'attendra à ce qu'il retrouve ses habits de premier ministre et accomplisse cette «mission sacrée» qu'est la défense de la langue française qui, selon ses propres mots, revient à tout chef de gouvernement du Québec.

Jean Charest saura-t-il nous surprendre? Il ne faut pas en écarter la possibilité. Il l'a fait une fois à l'automne 2000, reconnaissant à la stupéfaction de beaucoup de ses militants que le Québec formait une nation. Il a confirmé dimanche que la ministre responsable de l'application de la loi 101, Christine St-Pierre, présenterait d'ici la fin du mois un plan d'action. On sait qu'il n'est pas question d'amender la loi 101, mais le gouvernement peut prendre les moyens pour l'appliquer avec vigueur. Il peut donner le message fort et clair que les Québécois attendent. Allez, Monsieur Charest, surprenez-nous une autre fois. Ce vote de vos militants vous en donne les moyens.

bdescoteaux@ledevoir.com






Envoyer
Fermer

Haut de la page
Cet article vous intéresse?
Partager
Digg Facebook Twitter Delicious
 

Vos réactions

Triez : afficher les commentaires 
  • Gilles Bousquet
    Inscrite
    mardi 11 mars 2008 08h05
    Voici ce qui serait le plus surprenant !
    « Pour nous surprendre vraiment, faudrait que M. Charest vire souverainiste d'un coup sec et qu'il nous avoue : J'avais le goût de sortir du placard ce matin parce que je n'en peut plus de me retenir de vous dire que je suis "un souverainiste conservateur de coeur depuis quelques années", même si ça peut enlever des votes au PLQ dans l'Ouest de Montréal, Westmount et en Outaouais, ça devrait m'en donner en Gaspésie, dans l'Estrie, en Mauricie et en Montérégie.

    Je m'en vais préparer un référendum sur la souveraineté du Québec pour le mois prochain et mon ministre Pelletier va être en chef du parapluie du OUI merci et VIVE LE QUÉBEC SOUVERAIN ! Que le ROC s'arrange avec ses problèmes de pollution, bon ! »

  • Claude Stordeur
    Abonné
    mardi 11 mars 2008 08h50
    La poutine Charest nous étonne déja
    « La poutine Charest nous étonne déjà
    Avoir plus de 3000 personnes qui n'ont rien a redire, au contraire, à une presque défaite, à un support plus que léthargique de la (encore) majorité francophone du Québec et que malgré cela on lui verse un boni....

    Voila un parti qui a le coeur solide et qui doit fumer du bon pour voir tout rose avec ce Monsieur à leur tête...

    Ou personne ne veut se mouiller dans la prochaine défaite cuisante prévue dans un proche avenir...

    Laissons lui le plaisir de manger la poussière de ses mauvaises gestions.

    L'argent ne manque pas au Québec, on a reçu plein d'argent neuf et malgré que la construction vas, on a toujours pas assez de personnel dans les hôpitaux et les attentes de chirurgie après 6 ans de la poutine Charest ne vont pas mieux... Mais lui reçoit son boni et un vote genre république de Poutine... Cherchez l'erreur... »

  • Roland Berger
    Abonné
    mardi 11 mars 2008 10h14
    L'instinct des libéraux
    « Il faut reconnaître aux libéraux du Québec l'instinct de dénicher des chefs particulièrement astucieux et opiniâtre. Cet instinct les a failli qu'une fois, lorsqu'ils ont élu Claude Ryan à la tête de leur parti. Trop moral, le pauvre !
    Roland Berger
    St-Thomas, Ontario »

  • Michèle Bourgon
    Inscrite
    mardi 11 mars 2008 10h42
    La surprise, il nous l'a déjà offerte
    « Hé oui, monsieur Descôteaux, la surprise, il nous l'a déjà offerte: il est toujours là! Qui, après la contre-performance des dernières élections aurait cru possible que monsieur Charest se maintienne en poste ? Il est toujours là! Et 97% des délégués libéraux ont réitéré leur confiance en leur chef.Époustouflante remontée! Les femmes ministres y sont pour quelque chose. Elles ont, pour la plupart, accompli un excellent travail. Le dossier le plus chaud est celui de la langue. Pourquoi Jean Charest jetterait-il de l'huile sur le feu? Tout va bien pour lui en ce moment. Le dossier de la langue représente un enjeu majeur pour notre "nation".Outre la santé, l'éducation, les routes, la langue française est la langue de la majorité, l'esprit de la culture et elle doit demeurer la langue de travail. Pour cela, le gouvernement doit la protéger, faire appliquer les lois. Même la sempiternelle mondialisation ne justifie pas que l'anglais prenne le pas sur le français parce qu'il s'agit ici de la survie d'un peuple. De cela, monsieur Charest doit être conscient de même que tous ses ministres et tous les députés libéraux, adéquistes ou péquistes. De même que nous tous. »

  • Jean Desjardins
    Abonné
    mardi 11 mars 2008 11h50
    "Surprenez-nous ...sans surprise, bienaimé monsieur Charest !"
    « À la lecture de cet article de monsieur Descôteaux, je ne puis m'empêcher de recycler une opinion que j'avais émise à Le Devoir.com, tout juste avant le congrès, pour ne pas dire le love-in, du PLQ. Vous verrez, la formule 'C.Q.F.D.' y prend tout son sens !

    Voici donc. Le texte s'intitulait : "La transparence au PLQ..."

    "Ce qui est extraordinaire, au PLQ, c'est la facilité déconcertante avec laquelle on va chercher le consensus et ...l'unanimité.

    La recette est semble-t-il géniale.

    Les débats simples, vides de sens, sans grand risque de confrontation, se font en public. Au terme des pseudo-débats, on conclut sur la 'ligne de partie' à suivre ...à l'unanimité. En ce qui a trait aux sujets plus délicats ou plus compromettants, tels les "valeurs libérales" et l'avenir de la Société québécoise, on préfère que cela se fasse à huis clos. Par la suite on a qu'à dicter les consensus (aïe, aïe, aïe ...) les plus accrocheurs à des partisans complaisants qui suivront la 'ligne de partie', à coup sûr.

    On convient que ce n'est pas faire preuve de beaucoup de courage mais, après tout, l'important, c'est de gagner les prochaines élections, coûte que coûte !

    C'est cela la transparence, au PLQ... Génial, non ?"

    ...Fin de la citation et conclusion !

    En fait, le terme 'transparence', que j'avais choisi, était en partie inexact. On aurait tout aussi bien pu le remplacer par le terme 'surprise' et le contenu y garderait tout son sens, à la lumière du résultat de ce 'happening' de joyeux opportunistes. Somme toute, le thème de la prochaine campagne du PLQ est déjà tout trouvé: "Surprenez-nous ...sans surprise, bienaimé monsieur Charest !"

    Joli et accrocheur, non ? En tout cas, ça devrait attraper tous les tenants du statu quo ...progressiste.

    On a les gouvernants qu'on mérite, finalement.


    Jean Desjardins
    Laval »

  • jacques noel
    Inscrit
    mardi 11 mars 2008 11h55
    Le dictateur de Sherbrooke
    « Il y a un an, Charest obtenait un ridicule 13,136 votes dans Sherbrooke, à peine 26,9% des 48,831 électeurs inscrits. Les 2,267 votes de Québec-sot-sot-solitaire ont fait perdre le candidat péquiste qui a eu 11,804 votes. C'est Michou qui a empêché Jean d'appeler Françoise pour la remercier....

    http://www.electionsquebec.qc.ca/fr/
    resultats_gen.asp?bsq=Sherbrooke&section=resultats_gen&even='2007'&mode='n3'#resul


    A 22 heures, Pierre Bruneau le donnait d'ailleurs battu. Fini. Kaput Patapouf. Enterré le Johnny. Mais c'était sans compter sur le bon vieux truc des libéraux qui avait marché deux fois auparavant: le vote par anticipation.

    A chaque élection, l'"organisation" loue tous les bus scolaires disponibles et fait le tour des Centres d'accueil lors du vote par anticipation (ils ont même doublé les journées pour avoir plus de temps pour vider tous les centres; le pauvre PQ et l'ADQ des X n'y ont vu que du feu!) "Voulez-vous aller voter Mme Tremblay? C'est gratis". "Ready to vote Miss Reddy? It's free" Comme 90% des ultra-vieux votent du bon bord, c'est du bonbon en banque pour faire perdre la face à TVA...

    Le PLQ a obtenu seulement 1 313 664 votes, à peine 23 % des 5 650 567 électeurs inscrits. Vs avez vient lu: 77% des adultes au Québec n'ont pas voté libéral.

    3 970 618 personnes ont été votées. Comme les Anglos-Allos font 20% des électeurs (800,000) et qu'ils votent à 80% pour les Rouges (640,000), le nombre de Nous qui a voté rouge est donc de 673,664 (1 313 664 - 640,000) sur les 4,520,453 Nous (80% de 5 650 567), soit un gros 15%. Si vous enlevez les vieux, trouvez-moi un Québécois de 18 à 64 ans qui a voté rouge? Pourtant, on ne rêve pas, on vit bien sous un régime rouge! Charest admistre bien 62 milliards de nos taxes et impots. C'est lui qui a nommé Boulanger à la Délégation à Londres et France Boucher à l'Office de la langue française. Dumont et Marois ont zéro-pouvoir. Sont dans les estrades à commenter le show. »

  • Michel Savard
    Inscrit
    mardi 11 mars 2008 17h43
    @ jacques noel : Mépris des personnes âgées et chiffres falsifiés !
    « Vous faites preuve d'une "attitude d'hostilité systématique à l'égard d'un groupe de personnes", ce qui, dans le Larousse, correspond à la définition de racisme.

    En effet, vous affichez le plus profond mépris à l'égard des personnes âgées en les qualifiant de "vieux" et "ultra-vieux"
    et en laissant sous-entendre qu'ils sont ni plus ni moins arriérés parce que, selon vous, ils votent toujours du "même bord", c'est-à dire, le bord qui n'est pas le vôtre !

    De plus, mon cher monsieur, vous avez une façon démagogique de manipuler les chiffres ! Le Parti Libéral de Jean Charest a été élu, en 2007, avec 33% du suffrage. Mais vous, vous rapportez ce pourcentage sur le nombre total de personnes éligibles pour le vote et non sur le nombre effectif de personnes qui ont voté.
    Vous falsifiez tout et je vous en donne ici la preuve. Faisons l'hypothèse que dans un futur référendum, 90% des personnes éligibles votent et donnent un OUI à 55%. Selon vos savants (?) calculs, il faudrait dire : 55% de 90% ce qui donnerait seulement 49.5% du nombre total de voteurs qui ont dit OUI et on dirait que le NON l'a emporté par 50.5 % !!! C'est complètement aberrant , n'est-ce-pas, mais pourtant, c'est exactement ce que vous faites dans votre manipulation des chiffres !

    Finalement, au Québec, un vote est un vote. Alors cessez donc de faire du sectarisme en disant que les Nous ont voté comme ceci, les Anglos avec tel pourcentage et les "vieux" toujours du même bord ! »

  • jacques noel
    Inscrit
    mercredi 12 mars 2008 10h30
    @michel savard
    « La moyenne d'âge dans les centres d'accueil est de 83 ans. J'ai donc parlé d'ultra-vieux par opposition aux simples vieux (65 ans et plus), ce qui n'est plus très vieux de nos jours. Il n'y avait aucun mépris dans mes propos

    D'autre part j'ai parlé des 77% de citoyens qui n'ont pas voté Libéral. C'est la triste réalité. Lorsque vous vous promenez dans les rues, plus de 3 citoyens sur 4 n'ont pas voté pour ça, comme disait la "p'tite madame de la CSN" (dixit Jean Charest) »

Déjà inscrit? Ajoutez votre commentaire ci-dessous

    Connexion




Cet article vous intéresse?
8 réactions
0 votes
 
Pour en savoir plus
Chronique
Article
Mots-clés de l'article
Recherche complète sur le même sujet


Abonnez-vous pour recevoir nos Infolettres par courriel
Choisir mes
infolettres
Publicité

Les blogues du devoir

Vos commentaires

 
Recherche



Exemples de recherche :
Robert Sansfaçon
"directeur général des élections"

S'abonner au Devoir
Abonnez-vous au journal papier Le Devoir ou à la version Internet.
Publicité
Vous souhaitez annoncer dans Le Devoir, contactez le service de publicité.

» En savoir plus
© Le Devoir 2002-2009