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Le PLQ évite un débat sur la langue

Charest promet un budget non «flamboyant» qui ne choquera pas l'opposition

Antoine Robitaille   10 mars 2008  Québec
L’amour entre le premier ministre et son épouse, Michèle Dionne, a été mis en avant au congrès du PLQ en fin de semaine.
Photo : La Presse canadienne (photo)
L’amour entre le premier ministre et son épouse, Michèle Dionne, a été mis en avant au congrès du PLQ en fin de semaine.
Québec — Au terme de ce que l'on pourrait qualifier de «congrès de l'amour», où 97,23 % de ses militants lui ont réitéré sa confiance, Jean Charest a été contraint d'expliquer pourquoi son parti n'a pas traité de la question linguistique, comme prévu, hier. «On va aborder les questions qui ne l'ont pas été», a promis le chef libéral, mais «ça va aller au prochain conseil général [en septembre], alors on n'y échappera pas», a-t-il dit en soutenant que l'enjeu ne serait pas «mis de côté». Il a tenu à dire que la défense de la langue était une «mission sacrée» pour tout premier ministre et que la ministre Christine St-Pierre devrait bientôt déposer un plan d'action sur le sujet.

Vers 12h45, hier, les débats en plénière des quelque 2500 militants ont été ajournés alors que la discussion portait sur le Bloc 3 intitulé «Mise en valeur de la langue française et l'identité nationale du Québec». Or ce bloc comportait certaines propositions controversées, comme l'augmentation des budgets et du nombre d'inspecteurs de l'Office québécois de langue française. Une autre visait à hausser les amendes pour les infractions à la loi 101, ce que des délégations des circonscriptions anglophones étaient résolues à combattre.

Les organisateurs du 30e congrès du PLQ avaient décidé hier matin de traiter en priorité le Bloc 4 sur le soutien aux familles, repoussant l'étude du Bloc 3 sur la langue et l'identité. «Une demande a été faite par un des participants à la plénière pour traiter en priorité des questions portant sur la famille», a expliqué le porte-parole du parti, Michel Rochette. Les militants ont toutefois eu le temps de traiter de quelques résolutions sur l'identité et notamment d'y biffer le mot «citoyenneté» à deux endroits pour le remplacer par «éducation civique». Un militant de Jacques-Cartier a argué que le mot «citoyenneté» ne convenait pas dans un contexte québécois, puisque la «citoyenneté est canadienne».

Un budget non «flamboyant»

Par ailleurs, Jean Charest a légèrement levé le voile hier sur le budget qui sera déposé jeudi. Il n'aura rien de «très flamboyant», a-t-il dit. Il ne comportera rien «de si choquant [offensive] aux yeux des partis d'opposition qui les porterait à conclure qu'il "faut des élections". Ce n'est pas ce type de budget», a-t-il précisé en anglais lors d'un point de presse à la fin du congrès. Selon lui, les partis d'opposition reconnaîtront certaines de leurs propositions dans le budget, mais ne pourront obtenir tout ce qu'ils ont demandé. «Mes ministres non plus n'ont pas eu tout ce qu'ils ont demandé», a souligné M. Charest. Dans son discours de clôture, sans texte ni lutrin, il avait révélé que la ministre des Finances, Monique Jérôme-Forget, mettrait l'accent «sur la productivité» envisagée de manière large, parce que «ce n'est pas uniquement de la machinerie», a précisé M. Charest, mais aussi la formation. Il a du reste exhorté les partis à faire connaître leur décision jeudi 13 mars, sinon il y aura incertitude quant à l'issue du vote «pendant quatre semaines», puisque le vote sur le budget est prévu pour le 8 avril.

M. Charest a présenté une vision exclusivement économique du Québec, hier. «On est le parti politique de l'économie, ç'a toujours été notre force», a-t-il expliqué. Il est revenu à de multiples reprises sur ses projets visant l'«ouverture de nouveaux espaces économiques» pour le Québec: reconnaissance mutuelle des compétences avec la France, éventuel libre-échange Canada-Union européenne, accord avec l'Ontario. Il a ajouté hier un autre front, «l'ouverture du Grand Nord», pour les ressources énergétiques, minières, touristiques.

Marois cible principale

Ce discours axé sur «l'ouverture», il l'a encore une fois opposé à ce qu'il estime être de la «fermeture, voire du repli» chez ses adversaires. Mais, hier, le premier ministre n'a mentionné qu'une fois Mario Dumont et a concentré ses attaques sur la chef péquiste Pauline Marois, lui reprochant d'avoir l'obsession de hausser la TVQ. «Si ce n'était d'elle, on augmenterait la TVQ à chaque fois qu'un nouveau problème se présente. [...] Dossier de la forêt? Augmenter la TVQ. Dossier de l'éducation? Augmenter la TVQ. Les municipalités visitent Québec une semaine? Augmentons la TVQ. Dossier de la Santé? Augmentons la TVQ... deux fois! Tempête de neige? Augmentons la TVQ.» Et quand un citoyen rencontre Mme Marois, «ça se passe comment... la conversation?», a enchaîné M. Charest, ironique. Le citoyen n'a pas besoin de se présenter, puisque Mme Marois dit d'emblée: «Je sais qui vous êtes. — Oui, je suis qui? — Vous êtes un guichet automatique», répondrait Mme Marois. «Cachez votre NIP», a par la suite ironisé le premier ministre en guise de conseil aux Québécois.

Pas d'allocation pour le foetus

Sur la thématique de la famille, ajouté en catastrophe en janvier aux travaux préparatoires au congrès, les militants ont rejeté deux propositions phare. L'idée de verser une allocation mensuelle aux femmes enceintes de plus de vingt semaines. La députée de Lapinière, Fatima Houda-Pepin, est intervenue pour souligner que les services de garde coûtaient déjà deux milliards de dollars, tout comme le soutien aux enfants de zéro à dix-huit ans. Une autre élue, Stéphanie Vallée, députée de Gatineau, y a vu le risque de donner des «droits au foetus». Quant à la proposition de hausser les tarifs des services de garde pour que les parents assument «20 % des coûts totaux moyens», elle a été totalement transformée sur le plancher. Déjà, la ministre Michelle Courchesne y avait opposé une fin de non-recevoir. La possibilité de hausse demeure toutefois puisque l'on propose maintenant d'«indexer, au besoin, le tarif quotidien des places en garderie, tel que le permet la loi sur les services de garde à l'enfance adoptée en décembre 2005». Au reste, le parti demande au gouvernement d'exempter de la TVQ certains biens obligatoires destinés à la sécurité des enfants, dont les sièges pour bébés.

Les militants ont adopté une résolution proclamant le caractère national et collectif de la propriété de l'eau, ce qui permettra de profiter des «retombées économiques de l'exploitation» de l'«or bleu». D'ailleurs, le gouvernement examine actuellement la possibilité de déposer un projet de loi sur l'eau. Cela aurait l'avantage de venir allonger un menu législatif plutôt mince, alors que les travaux reprendront demain à l'Assemblée nationale.

Le Castro québécois

Comme on le sait, les militants libéraux ont, samedi, réitéré leur confiance à Jean Charest avec un score aux allures castristes, 97,23 %. Lui-même a lancé à la blague à un reporter de The Gazette, peu après le vote: «le télégramme de M. Castro est-il arrivé?». À une attachée de presse d'origine roumaine, Manuela Goya, Le Devoir a fait remarquer que le chiffre rappelait l'époque des plébiscites communistes. «Oui, mais ici, personne n'a été menacé de mort», a-t-elle répondu en éclatant de rire. M. Charest a dit hier que ce score — improbable il y a seulement six mois et supérieur à celui qu'il avait obtenu en 2000 (95,25 %) — lui donnait «des ailes»: «Ça me donne confiance. Je sais que j'ai derrière moi un parti qui est uni, qui croit à ce que nous proposons aux Québécois.»
 
 
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  • Stéphan Gauvin
    Abonné
    lundi 10 mars 2008 07h44
    Au moins il a quelques personnes derrière lui,
    Cela ne veut pas dire que le Québec au complet est derrière lui. Peut-êtres qu'il a seulement 4,75% d'appuis des Québecois?

  • jacques noel
    Inscrit
    lundi 10 mars 2008 07h49
    mais 77% des électeurs et 85% des Nous n'ont pas voté pour Charest
    Il y a un an, Charest obtenait un ridicule 13,136 votes dans Sherbrooke, à peine 26,9% des 48,831 électeurs inscrits. Les 2,267 votes de Québec-sot-sot-solitaire ont fait perdre le candidat péquiste qui a eu 11,804 votes. C'est Michou qui a empêché Jean d'appeler Françoise pour la remercier....

    http://www.electionsquebec.qc.ca/fr/
    resultats_gen.asp?bsq=Sherbrooke&section=resultats_gen&even='2007'&mode='n3'#resul


    A 22 heures, Pierre Bruneau le donnait d'ailleurs battu. Fini. Kaput Patapouf. Enterré le Johnny. Mais c'était sans compter sur le bon vieux truc des libéraux qui avait marché deux fois auparavant: le vote par anticipation.

    A chaque élection, l'"organisation" loue tous les bus scolaires disponibles et fait le tour des Centres d'accueil lors du vote par anticipation (ils ont même doublé les journées pour avoir plus de temps pour vider tous les centres; le pauvre PQ et l'ADQ des X n'y ont vu que du feu!) "Voulez-vous aller voter Mme Tremblay? C'est gratis". "Ready to vote Miss Reddy? It's free" Comme 90% des ultra-vieux votent du bon bord, c'est du bonbon en banque pour faire perdre la face à TVA...

    Le PLQ a obtenu seulement 1 313 664 votes, à peine 23 % des 5 650 567 électeurs inscrits. Vs avez vient lu: 77% des adultes au Québec n'ont pas voté libéral.

    3 970 618 personnes ont été votées. Comme les Anglos-Allos font 20% des électeurs (800,000) et qu'ils votent à 80% pour les Rouges (640,000), le nombre de Nous qui a voté rouge est donc de 673,664 (1 313 664 - 640,000) sur les 4,520,453 Nous (80% de 5 650 567), soit un gros 15%. Si vous enlevez les vieux, trouvez-moi un Québécois de 18 à 64 ans qui a voté rouge? Pourtant, on ne rêve pas, on vit bien sous un régime rouge! Charest admistre bien 62 milliards de nos taxes et impots. C'est lui qui a nommé Boulanger à la Délégation à Londres et France Boucher à l'Office de la langue française. Dumont et Marois ont zéro-pouvoir. Sont dans les estrades à commenter le show.

    A Ottawa, Harpeur a obtenu 907,972 votes (merci à la Radio X de Québec) sur 5,852,528 électeurs inscrits (intéressant de voir qu'il y a 201,961 électeurs de plus au fédéral, on se croirait au référendum!!!), un gros 15,5%!!!!

    http://www.elections.ca/scripts/OVR2006/defaultf.h


    Alors que 77% des électeurs au "provincial" et 85% au "fédéral" n'ont jamais voté pour les partis au pouvoir, alors que la quasi totalité des francos de 18 à 64 n'ont jamais voté pour ces deux partis, ces deux gouvernements administrent plus de 100 milliards de nos taxes parce que la majorité nationaliste au Québec est incapable de concentrer ses forces autour de l'os: LE POWER. La seule et unique chose qui compte en politique, LE POWER

    Mais ce n'est pas tout. A peu près toutes les villes du Québec sont administrées par des Libéraux, de Chicoutimi à Montréal. Le gros des Commissions scolaires (8 milliards) est aussi administré par des Libéraux.

    Le PIB du Québec est de 280 milliards, les taxes et impots sont plus de 100 milliards. Le gros du PIB et le gros des taxes et impots sont payés par les quelque 4 millions de Francophones de 18 à 64 ans, qui sont complètement, totalement écartés du pouvoir à Québec, Ottawa, dans les villes et commissions scolaires.

    PS: Avez-vs vu l'Asiatique, derrière Charest et Michou samedi, qui prenait des photos, le sourire fendu aux oreilles. Une image vaut 1000 mots qu'on dit en Asie!

  • Gilles Bousquet
    Inscrit
    lundi 10 mars 2008 08h21
    Pelletage
    Bien oui, M. Charest refuse d'augmenter la TVQ en profitant de la baisse de la TPS mais il aime mieux continuer à faire grimper la dette du Québec pour endetter les prochaines générations.

    Nous, on fait dans le pelletage de neige, lui, fait dans le pelletage des dettes gouvernementales provinciales, ce qui est plus durable.

  • Bernard Gervais
    Abonné
    lundi 10 mars 2008 15h06
    Pourquoi tenir un débat qui déplairait à la seule clientèle fidèle aux libéraux ?
    On s'en doutait un peu, Charest a préféré remettre à septembre le débat sur la langue, pourtant inscrit à l'ordre du jour du congrès de samedi et dimanche. Encore heureux qu'il ait déclaré à ses militants qu'ils ne pourront pas toujours l'éviter ! !

    Les libéraux, c'est bien connu, n'aiment pas trop aborder la question linguistique (la défense du français) car cela risque très souvent de faire des mécontents dans la communauté anglophone, la seule clientèle électorale qui leur est vraiment fidèle.

    Par contre, ils sont bien contents qu'autres aillent au front à leur place !

  • Raymond Saint-Arnaud
    Abonné
    lundi 10 mars 2008 15h29
    La division des francophones
    C'est la division des francophones qui mène à des gouvernements qui ne correspondent pas à leurs aspirations profondes.

  • Lorraine Dubé
    Abonnée
    mardi 11 mars 2008 07h31
    Surtout ne pas faire de vagues!
    Tout est calculé pour ne pas déplaire à l'électorat! Vous avez raison monsieur Gilles Bousquet. L'éternel STATUT-QUO! Préférable d'insinuer ne pas avoir le temps d'en discuter que d'avouer leur impuissance et manque de courage à défendre ce qui fait pourtant la spécificité de notre peuple, la langue française. Comment au Québec un congrès digne de ce nom peut-il en faire abstraction? Et pire...Peu de délégués se sont inscrits aux ateliers, ont-ils déjà lâché prise? Comme vous précisez si bien monsieur Jacques Côté, dans ce cas précis,une langue c'est fait pour lécher...
    Lorraine Dubé

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