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Un virage nécessaire

Bernard Descôteaux   8 mars 2008  Québec
Dès le dépôt de son bulletin de candidature à la direction du Parti québécois, Pauline Marois avait posé le caractère indispensable de la rénovation du programme de son parti. Le week-end prochain, les militants péquistes seront invités à mettre au rancart l'étapisme référendaire qui, depuis 35 ans, oriente leur action pour plutôt s'engager dans une démarche de gouvernance nationale. Il s'agit d'un virage à 90 degrés.

Nul doute que le programme péquiste a besoin d'une révision en profondeur. Si on reprend l'analogie avec les trois périodes d'un match de hockey qu'affectionnait Jacques Parizeau à une autre époque, le Parti québécois a tout simplement été éliminé le soir des élections du 26 mars 2007. Relégué au troisième rang, il n'est tout simplement plus dans la joute. Il lui faut trouver le moyen de revenir au jeu, ce qui semble être en voie de se réaliser grâce au discours sur l'identité adopté par la nouvelle chef de ce parti.

De ses militants, Pauline Marois veut obtenir qu'ils soutiennent son approche et, comme premier geste, biffent du programme l'obligation de «tenir un référendum le plus tôt possible dans le premier mandat», adoptée à leur dernier congrès. L'accent mis par le PQ depuis la défaite de 2003 pour accélérer le processus référendaire a agi comme un repoussoir. Alors qu'on croyait mobiliser la ferveur souverainiste, cette approche a eu un effet contraire, constaté avec amertume le soir du 26 mars dernier.

Évacuer du programme péquiste l'exigence d'un référendum le plus tôt possible changera beaucoup de choses. D'abord, les adversaires du PQ ne pourront plus brandir l'épouvantail de la cage à homards selon lequel le Parti québécois cherche à piéger les électeurs dans un processus irrémédiable vers l'indépendance. Certes, ils diront que Mme Marois nous ramène aux «conditions gagnantes» de l'ancien premier ministre Lucien Bouchard. Il est vrai qu'il subsiste une ambiguïté que libéraux et adéquistes tenteront d'exploiter. Mais on ne peut tout de même pas demander au PQ de renoncer à son projet de souveraineté, qu'il entend réaliser par des voies démocratiques.

Les électeurs comprendront facilement qu'il y a un changement d'approche. Ce que Pauline Marois appelle le «moment pertinent» pour déclencher un référendum, ce sont eux qui le définiront par l'appui qu'ils donneront, à travers sondages et élections, au projet de souveraineté. Il faudra donc aller les convaincre. Le changement de paradigme proposé par la chef péquiste obligera les militants souverainistes à retourner auprès de leurs concitoyens. Plutôt que de débattre entre eux de la meilleure stratégie à suivre, il leur faudra reprendre le bâton du pèlerin, comme aimait le dire René Lévesque. Réunir les «conditions gagnantes», ce n'est pas attendre que la conjoncture soit favorable, c'est-à-dire attendre que surviennent certains événements comme l'échec d'un improbable accord constitutionnel, mais s'assurer qu'existe chez les Québécois une volonté collective de faire l'indépendance. Quoi qu'en pensent certains militants péquistes, ce n'est pas acquis aujourd'hui.

La double démarche que propose Pauline Marois, une «conversation nationale» et une «gouvernance nationale», va dans ce sens. Elle est inspirée du mouvement indépendantiste écossais, du moins pour le choix du mot «conversation». Celui-ci a fait sourire et rire, non sans raison. Le militantisme, du moins le vrai, est du domaine de l'action, pas de la conversation. Ce mot a déjà créé la perception d'un militantisme de salon qui ne peut que déplaire aux souverainistes les plus fervents. À charge pour les dirigeants actuels du PQ de défaire cette perception.

Plusieurs militants souverainistes parmi les plus engagés n'aiment pas non plus cette idée de gouvernance nationale qui les ramène à cette époque honnie du leadership de Pierre Marc Johnson dite de l'«affirmation nationale». Le contexte n'est pas le même. Personne ne peut douter de la volonté de Pauline Marois de faire progresser le Québec vers un statut de pays, qu'elle inscrit clairement dans le programme du parti. Mais en attendant la souveraineté, il lui faut faire des gestes qui, sans nécessairement y conduire, renforceront le Québec. Éventuellement, le Parti québécois devra gouverner; c'est même la première étape à franchir. Il lui faut donc un programme, qui doit d'abord être un programme d'affirmation nationale, comme lorsqu'il a pris le pouvoir pour la première fois.

En matière de résultats électoraux, le PQ est revenu à son point de départ. Cela induit un douloureux sentiment de retour en arrière. À moins de fermer les yeux, il n'y a pas d'autre voie que de se livrer à la reconstruction du parti. À cet égard, on ne pourra pas reprocher à Pauline Marois d'avoir le courage d'être lucide.

bdescoteaux@ledevoir.com






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  • Richard Desrochers
    Inscrit
    samedi 8 mars 2008 06h31
    retour vers le passé.
    « Les jeunes sont tournés vers le monde, pas vers leur ombre. Le PQ et son projet, c'est une affaire de vieux roteux qui rotent le même hot dog depuis 40 ans. Le PQ est le parti d'une génération, la nôtre, celle des 50 ans et plus. Jetez juste un regard sur les gens qui se trouvent à une réunion du PQ, très peu de jeunes s'y rassemblent. Alors, passons donc à autre chose, l'avenir est pour les jeunes, pas les has been comme madame Harel et les autres du même âge. »

  • jacques noel
    Inscrit
    samedi 8 mars 2008 08h58
    Rien ne presse pour tenir un référendum?
    « On est tombé à moins de 50% sur l'ile et à 79% au Québec

    On va accueillir plus de 200,000 immigrants au cours des 4 prochaines années ce qui va nous faire tomber à 76%. Comment pouvez-vous gagner un référendum avec seulement 76% de Québécois?

    Avant d'aller plus loin dans la reddition nationale, c'est le procès du PQ qu'il faut faire. Pourquoi l'indépendance a réussi ailleurs et pas ici? Alors que l'Empire soviétique s'est écroulé en 2 ans, l'Allemagne s'est réunifiée en un an et les Tchécosloques se sont séparés en 3 mois, pourquoi ici après 40 ans de péquisme on a rien au programme? Rien d'autre qu'un parle-parle jase-jase avec Pauline plutot que Janette.

    C'est le procès de René Lévesque qu'il faut faire. Lévesque qui a tassé tous les vrais souverainistes (comme Bouchard plus tard), les vrais séparatistes, pour nous embarquer dans sa patente ridicule de souveraineté-association, une béquille qu'on traine encore aujourd'hui. Est-ce que les Baltes se sont associés aux Russes après leur libération? Non, ils se sont associés aux Européens, leurs Américains.
    Pas caves, les Baltes. Toute l'Europe de l'Est, une fois libre, a regardé à l'ouest. Pas à l'Est! Pas vers un nouveau deal "d'égal à égal" avec l'ours! Pas caves eux autres

    Notre avenir est lié aux Américains. C'est vers eux qu'on doit regarder pour notre prospérité économique. Pour la défense de notre identité, c'est vers nous qu'il faut regarder, vers nos racines, et non vers ce multiculralisme infecte qu'on nous sert depuis 20 ans, et qu'on est en train de dégueuler dans la bouche de Bouchard-Taylor.

    Avant d'avancer c'est le procès de ce parti de pleutres et de pelleteux de nuages qu'il faut faire. »

  • claire dufour
    Abonnée
    samedi 8 mars 2008 09h16
    Il faut le faire
    « Bonjour,
    J'abonde dans le même sens: le changement ne sera pas facile mais il faut le faire. Et j'ai confiance en Pauline Marois pour nous donner un pays. Sûrement, il y aura des tergivercations, des discussions et j'ose espérer des compromis. Mais c'est une étape que nous devons affronter. »

  • Gilles Léveillé
    Abonné
    samedi 8 mars 2008 09h23
    Enfin tombée cette épée de Damoclès.
    « Et au pus tôt rédigeons enfin une Constitution Québécoise et instaurons cette Citoyenneté Québécoise. Assez parler,agissons significativement.
    Gilles Léveillé, Longueuil.
    gleveille@videotron.ca »

  • Gilles Bousquet
    Inscrite
    samedi 8 mars 2008 10h16
    La mal et son remède
    « C'est quoi le mal au Québec et quel est le remède lui administrer ?

    Dédoublement des ministères provinciaux et fédéraux ?
    Peur de perte due la langue française et de notre culture ?
    Besoin d'aller plus à gauche socialement avec tout le coffre d'outils "taxes et impôts" ?
    S'ouvrir des ambassades partout, un siège à l'ONU et à l'OTAN etc...pour faire plus de commerce international ?
    Se débarrasser de la reine d'Angleterre et des princes héritiers avec ?
    Arrêter de se faire gouverner par les anglophones ?
    Se venger du passé, Plaines d'Abraham, nos fermes brulées, nos patriotes déportés et pendus suite à la rébellion de 1837/38, Gordon du CN qui pensait que les francophones étaient tous des zoufs, l'immigration anglophile pendant que nos grand-mères accouchaient en série ? etc...?

    Ou toutes ces réponses en même temps ?

    Faut juste faire attention que le remède administré ne soit pas un de cheval qui fait pas plus de mal que de bien, si le malade n'est pas assez fort dans son référendum, qui pourrait résulter en : partition "amputation" de l'Ouest de Montréal, de Westmount, de l'Outaouais, des indiens anglophones et de tout le nord du Québec à partir de la toundra et boycott du Québec par le ROC et son grand copain anglophone américain, assoiffé du pétrole de l'ouest canadien.

    Si le nombre de souverainistes purs ne peut être assez élevé, vaudrait mieux alors une vraie confédération canadienne avec un Québec souverain à l'intérieur. Voir son dictionnaire préféré au mot : CONFÉDÉRATION pour en lire toute le beauté pour application ici afin d'y rassembler fédéralistes et souverainistes/indépendantistes. »

  • Zach Gebello
    Inscrit
    samedi 8 mars 2008 10h17
    Virage?
    « Comment le PQ peut-il faire un virage quand il ne conduit rien du tout?

    La conversation nationale écossaise, empruntée par un PQ sans imagination, n'est qu'une partie d'un vaste plan bien fignolé par le parti indépendantiste écossais qui lui EST aux commandes de l'État !

    Il ne sagit pas de promesses mais d'actions bien concrètes après plusieurs référendums sur le rapatriement de pouvoirs et changement à la constitution, et ce, en dedans de 8 ans seulement !

    Le PQ nous présente un facsimilé d'une partie du plan du parlement d'écosse, lorsqu'il est en deuxième opposition, et ce, après avoir été près de 30 ans au pouvoir !

    Il y a des limites à prendre les Québécois pour des valises!

    Voilà la seule chose que veut vraiment Marois:

    « La social-démocratie, telle que je la vois et qui anime le Parti Québécois, c'est une société dans laquelle l'État doit jouer pleinement son rôle tout en n'écrasant pas l'être humain. L'État doit réunir plutôt que diviser. Il doit aider sans étouffer le dynamisme de ceux qui veulent entreprendre », a affirmé la chef du Parti Québécois, Pauline Marois.

    Plus de liberté pour le business de son mari avec ses associés du ROC et New York. »

  • Patrick Lépine
    Inscrit
    samedi 8 mars 2008 10h24
    Il existe le PI...
    « Vous avez parfaitement raison monsieur Desrochers, ce sont les jeunes qui sont porteurs de changements, c'est pourquoi le PI a été fondé récemment par plusieurs jeunes. Comme vous voyez, il est fort probable que nous l'aurons notre pays! :) Ne perdez pas espoir, et votez pour du véritable changement, des idées neuves, un parti de jeunes! :) »

  • Francois Piazza
    Inscrit
    samedi 8 mars 2008 10h44
    Les gestes et les faits... François Piazza
    « La politique est l'art de rendre pragmatique une idéologie ( démocratie, socialisme,etc...) pour empêcher que cette dernière devienne une utopie. C'est ce à quoi Mme Pauline Marois doit faire face le plus tôt possible car où vont les choses, l'indépendance fait face à sa dernière chance d'être.
    Pour ce faire, évitons les ( conversations, colloques, commissions etc...) comités Télesphore, Théodule ou Zabulon sur la question à fin d'établir un Xiéme programme. Tout d'abord, on sait la raison d'être du PQ: évitons la redondance ( « Je la met article 1 ou bedon 3» ?).
    Il serait plus pratique ( comme font les Catalans, les Écossais etc ) une fois le Parti Québecois au pouvoir de créer un ministère qui aurait pour tâche de « constitutionnaliser » les pouvoirs et les fonctions que possède déjà le Québec à fin qu'ils servent de références : ce qui est déjà le cas avec la Charte des droits de l'homme. Au besoin, - dans le cas de la loi 101 par exemple - en utilisant le droit de suspension ( tant qu'on est Canada ) actuel.
    Le tout établi, c'est à dire une constitution «interne » il ne resterait plus qu'à la faire adoptèe via réfenrendum.
    Mais pourquoi cette démarche ? Une constitution québecoise sera utile même à un parti fédéraliste, parce qu'il sera impossible pour Ottawa de se livrer au « give and take » que nous avons connu depuis 30 ans ( assurance-chômage, ingérence en éducation et communications etc...) Mais aussi parce c'est le moyen d'affirmer une référence quant à l'identité québecoise . C'est ce que l'on appelle l'autonomie.
    Une fois celle-çi établie, même si la route sera encore, il sera plus facile livrer bataille pour l'independance.
    Il faut cesser d'être en train d'être en train de... et commencer à exister »

  • Parti Pris
    Inscrit
    samedi 8 mars 2008 11h11
    « Parle, parle, jase, jase. »
    « On ne peut pas forcer un coeur à aimer.
    On ne peut pas forcer quelqu'un à vouloir se faire respecter.
    On ne peut pas forcer quelqu'un à être fier.
    C'est triste de voir mourir un peuple. Lentement, la révolte fait place à la résignation.
    La seule chose qui me dérange encore c'est de réaliser que tous ceux et celles qui n'ont pas compris, tous ceux et toutes celles grâce auxquels nous faisons toujours partie du Canada ne réaliseront jamais l'ampleur de l'erreur qu'ils ont commise, ils seront morts avant.
    Une conversation nationale ? Ben voyons ! C'est triste ! Même le Parti québécois a oublié que la seule chose qui a, historiquement et encore de nos jours, mobilisé tous les Québécois de coeur, c'est le « bi » : se grouper en vue d'aider un ami, un voisin, etc., soit à construire un bâtiment incendié, soit à faire ses récoltes, etc.
    Et pourquoi pas un Bi national ? Se grouper en vue d'aider un peuple à se construire un pays !
    Le point de départ ? Tout simple. L'amour de soi, le respect de soi et la fierté d'être ce que nous sommes, ça ne se force pas, ça ne se converse pas : ça se sème et se cultive.
    Il suffira de se rappeler et d'expliquer à tous ceux qui habitent sur le territoire du Québec, à tous les Québécois, la signification de notre devise : JE ME SOUVIENS !
    Je voterai pour le parti politique qui inscrira ce « bi » national à son programme.
    http://partipris.blogspot.com/ »

  • Gilles Dubé
    Abonné
    samedi 8 mars 2008 11h58
    On a perdu 13 ans
    « C'est suite à la défaite du référendum de 1995 que le PQ aurait dû mettre de côté sa stratégie référendaire pour un certain temps. Ce travail de pellerin des militants péquistes aurait pu être entrepris dès lors et nous serions peut-être rendus plus loin dans notre affirmation nationale. »

  • Yves Babin
    Inscrit
    samedi 8 mars 2008 12h00
    Jasez avant qu'il ne soit trop tard !
    « Il y a près de trente ans déjà j'avais demandé à mon vieux professeur de géographie à l'université s'il croyait que le Québec accèderait un jour à son indépendance. Cet homme à qui j'avais une haute estime car grand humaniste et grand voyageur qu'il était m'a répondu "Je ne crois pas car les québécois sont trop près de leur portefeuille pour prendre ce risque". Perplexe j'ai douté de sa réponse à l'époque.

    Malheureusement je crois qu'il avait raison quand on regarde ce qui se passe aujourd'hui avec la mondialisation, l'avancé de l'anglais à Montréal sans que cela irrite le moindrement les francophones.

    Bref sans vouloir paraître trop défaitiste je crois qu'on perd un temps précieux à dialoguer sur la cause du Québec. C'est une cause perdue à moins de faire voyager tous les québécois dans le reste du Canada où ils vont se rendre compte rapidement que leur pays n'est peut-être pas celui qu'ils croient vraiment. Ce pays qui traite l'un des deux peuples fondateurs comme une minorité quelconque dans un pays multiculturaliste mais dont l'élite est le maître anglais. Parlez-en à Claude Dubois.

    Bonne chance Mme Marois dans votre "conversation nationale" car le danger de la conversation est bien résumé dans cette fameuse citation de Oscar Wilde : > La conversation doit tout aborder mais ne rien approfondir. »

  • Gerry Pagé
    Inscrit
    samedi 8 mars 2008 12h39
    Elle a succombé à la tentation de Schtroumpfer.
    « Sous le co-patronage de Gérald Larose, Pauline Marois s'apprête à introduire dans nouveau coran (programme) de l'intégrisme péquiste, le livret - guide des gestes de souveraineté dont sa galerie parlait-parlait et dont le thuriféraire Gérald Larose palabrait-palabrait. Sous le co-solidarisme de la syndicaliste séparatiste Monique Richard, Pauline Marois s'apprête à rédiger de nouveaux versets moins durs qu'elle introduira au nouveau coran (programme plus mou et frangé de dorures et de dentelles empesées), tentant d'effacer le fanatisme séparatiste que prônait le souverain pontife Landry. Ces versets de dernière heure sont également destinés à neutraliser les antiennes de l'obscurantisme sécessionniste du parrain Parizeau. C'est, en somme, ce qui constituera les objets dont son entourage jasera-jasera et jacassera-jacassera à s'en péter la glotte et en lâcher des vents. Forte de l'escorte du rédemptoriste preacher et cardeur de consciences, Gérald Larose, la châtelaine Pauline croit pouvoir évacuer et tirer silencieusement la chasse de l'exercice démocratique d'un référendum qu'elle frappe du sceaux suprême de son autorité d'emprunt, parce qu'elle ne connaît que trop bien les résultats dévastateurs d'un prochain référendum la reléguant aux quelques carpettes de la troisième opposition, après Québec Solidaire, si l'on tient compte, entre autre, de son évolution plutôt chaotique du dernier trimestre.

    Dans un striptease sans précédent, le phénomène Pauline est à effeuiller et à dénuder progressivement son idéologie souverainement présidentielle et majestueusement républicaine, doit-on comprendre, puisque l'impérialisme auquel elle et les siens carburent, ne peut pas être avoué. Ce serait un suicide politique! Elle a tellement superposé de couches, au cours des trente dernières années, que nous ne sommes pas à la veille de voir le fond de sa pensée régressivement évolutive, malheureusement, en raison des revirements, des virages et des verbiages contorsionnistes auxquels les accros séparatistes la pressent et la compressent. Ses tergiversations les plus récentes sont allées de l'effervescence à la turbulence, de la gouvernance nationale à la conversation nationale, des gestes de souveraineté aux gestes de rupture qu'elle laisse aux autres le risque d'en libérer les fantômes. La suite ira selon les pressions et compressions, les tactiques et stratagèmes de l'heure ... Pourtant, je me souviens avoir entendu Pierre Bourgeault affirmer sans ambages : «On ne fera jamais avancer ni gagner une idée, en s'excusant de l'avoir»

    C'est à l'heure du Sommet des sophismes de Saint-Hyacinthe que seront exposés les leurres qui devront titiller les 500 délégués et festoyeurs péquistes, séparatistes, souverainistes et républicains vacanciers tous azimuts, en week-end de lessivages et d'essorages de cerveaux, fébrilement réunis pour libérer la jactance de leurs enthousiasmes utopiques et pour donner libre cours au délire visionnaire de leur chimérique imaginaire, ces «objets de conversations souveraines» qu'ils demanderont aux médias sympathiques, tel Radio Canada, de multiplier comme des petits pains et d'en faire la promotion régionale et la propagande nationale. Pour une première fois, sous le regard attentif des Québécois lucides, ils s'adonneront aux exercices des «conversations nationales» sur leur souveraineté et sur les attributs électoralistes de leur Châtelaine qui a tout quitté, des parfums de ses jardins jusqu'aux conforts de son palace, pour leur promettre le paradis impérial et, bras dessus bras dessous, la main dans la main, les yeux dans les yeux (médias obligent), pour diriger leurs piétinements, lors de sa prophétique promesse d'une traversée devant mettre fin au purgatoire de leurs défaites cuisantes et de leurs déboires brûlants.

    Quelle régression! Quel inextricable mélange de duplessisme et de créditisme dont le méli-mélo prend la forme d'un crétinisme politique gélatineux qui ne prend pas! Quelle indigeste poutine des rebours et des débours, des contresens et des inepties du régressant nationalisme de ringards intellos patriotards dont «l'autonomie éternelle», pour un grand nombre des instigateurs, fut l'heureux soulagement de leurs fixations et dépendances plus régionales que nationales, plus insulaires que continentales, plus sidérales que terrestres.

    Tous les éléments d'un long métrage sur le coran péquiste sont réunis. Les derniers acteurs de la trahison de l'idéal de René Lévesque, du lamentable échouement séparatiste de 2003, du tsunami électoral 2007 et des gestes de souveraineté (camouflage de la rupture) qui feront l'objet des conversations nationales de 2008, sont à tourner les dernières séquences d'un film dont FITNA serait le titre approprié. Ça fera parler-parler et jaser-jaser, jacasser-jacasser et palabrer-palabrer à souhait ... N'importe quoi, pourvu qu'on en parle, qu'on en jase, qu'on en converse et que l'on tue ainsi le temps qui reste..

    L'idéal de René Lévesque, celui de donner à tous les Québécois l'envie et la fougue de construire ensemble un Québec à la mesure de leur potentiel, auquel idéal, Pauline Marois substitue l'ambition personnelle de se procurer son Québec à elle et aux quelques patriotards assoiffés de pouvoirs à pétards qui montent sa garde, cet idéal de René Lévesque, dis-je, est en droite ligne et au seuil de son exit fatal.

    Quand on y regarde de près, le cumul des frasques du fédéral, ajoutées aux bourdes du provincial, tous clans de la crasse politique confondus, auquel palmarès viennent s'ajouter les gaffes et méprises du condor municipal de la Vieille Capitale, la pollution de nos environnements vitaux devient une agression quotidienne odieusement insupportable. Est-ce un accident de parcours, un signe des temps ou le nouveau swing du millénaire? Aux prochaines élections, auxquels d'entre eux, des irresponsables farfadets minoritaires «fédéralisses» de Jean Charest, des tertiaires grabataires «séparatisses» de Pauline Marois ou des angéliques secondaires et ordinaires «autonomisses» de Mario Dumont, va-t-on confier la «régression systématisée» ou «la gouvernance gesticulatoire et désarticulée» ou «la gestion improvisée et à tâtons populistes» de la «la Nation Québécoise»? Pour combien de temps encore, ce brûlant purgatoire peut-il durer?

    Sérieux! Comment peut-on dessiner le Québec de demain et d'après demain, avec la gang d'assujettis libéraux, la gang de rabougris séparatistes et la gang d'apprentis adéquistes que nous voyons ramer chacun pour soi, dans la cacophonie la plus complète et le désordre idéologique le plus exaspérant? Qui de Charest, de Marois et de Dumont connaît suffisamment les Québécois et ce qu'ils sont devenus en 2008, pour rédiger LE PROJET SOCIÉTAL qui s'adresse au coeur et à la raison des Québécois, non pas aux portefeuilles des partisans et commanditaires, LE PROJET SOCIÉTAL qui puisse, par sa spécificité, son authenticité et son réalisme chiffré, retenir l'attention de notre intelligence collective, gonfler les muscles de notre carrure et activer les montures chargées de l'érection de notre stature distinctive? S'ils n'en veulent rien savoir, pourquoi continuons-nous à rémunérer si grassement leurs poursuites d'intérêts personnels et l'engraissement de leur ego? Les trois que nous avons quotidiennement devant nous, sont d'ambitieux carriéristes politiques et profiteurs d'une conjoncture nationalement ambiguë qui les favorise. Ce sont des verticalistes qui salivent à la seule vue du pouvoir accessible et de la collusion des pouvoirs disponibles (amis - amis).

    Le Québec parfaitement sur mesure et paradisiaque, n'existera jamais. Le Québec conversationnel et fusionnel dont rêve Pauline Marois n'existe que dans la rêvasserie et le fantasme surréaliste. Amenez la souveraine républicaine dans les quartiers pauvres, les bidonvilles et tous les recoins du Québec profond où s'écrasent les démunis, où l'on touche du doigt la souffrance des malades et la désespérance des aînés que tente de leurrer Marguerite Blais et demandez à la châtelaine de s'assoire parmi eux et parmi elles, afin de voir et d'écouter la misère québécoise. Demandez-lui, par la suite, quels mots elle a trouvés pour vendre son option élitiste, élective, sélective et exclusive, pensée par des pachas pour des poussahs. Je parie à deux contre un, que la grande dame va sitôt vendre son miroir aux alouettes de Charlevoix et qu'elle va sitôt se réfugier dans les acquis royaux de son palace de l'Île Bizarre dont il lui faudrait jouir avant de mourir, laissant au souverain pontife Landry, à son révérend Larose et à leurs thuriféraires grabataires et débonnaires, le soin de mettre la clef dans la porte d'un Temple Solaire Imaginaire maintenant déserté et dont la décrépitude en est à son point de non retour. Par ailleurs, si vous demandez à Charest de passer par là, c'est évident qu'il mandatera une Commission et quelques doctoraux itinérants de sa collection, scandaleusement graissés, pour y aller faire lever quelques perdrix. Si Dumont et ses druides silencieux et soumis y vont, il est fort risqué qu'ils en reviennent avec un nouveau parti tricéphale, un panache opportuniste pour mieux affronter le dualisme post-péquiste, l'aplaventrisme néo-libéral et le rétro-bicéphalisme de Québec Solidaire.

    Alors que bourlinguent les pirogues des mauvais sorts et que voguent les galères de la fatalité québécoise, cette cahoteuse et triste réalité qu'aucune des célébrations bourgeoises ni des tombolas plébéiennes du 400e n'arrivera à évacuer et faire oublier, d'où pouvez-vous donc tenir et comment pouvez-vous alors titrer, comme vous le faites, Bernard Descôteaux, que «CE VIRAGE», aux allures de «capotages souverainistes» et de «chirages séparatistes» sans précédent, SOIT NÉCESSAIRE? Pour quels Québécois serait-ce nécessaire?

    Gerry Pagé
    Ville de Québec »

  • Jean-Paul Thivierge
    Abonné
    samedi 8 mars 2008 12h43
    le Québec doit cesser d'être "TANGUY" du Canada au plus tôt.
    « Comme un jeune, sans hair ses parents, quittent pour fonder un foyer et une famille ayant son identité.
    Les québécois doivent fonder leur pays, faire des ententes avec les autres nations et décider de leur avenir.

    Si, on attend le ROC du Canada pour faire une nouvelle fédération canadienne, dans le style union européenne, ça risque de ne jamais aboutir.
    Refaire une confédération de 5 pays-régions autonomes qui délégueraient quelques pouvoirs à un organisme comme le parlement Européen pour s'occuper des activités communes au 5 régions.
    1 les maritimes
    2 le Québec
    3 l'Ontario
    4 les prairies et territoires nordiques
    5 les rocheuses la côte ouest et le Yukon.
    chachun ayant ses spécificités ses problèmes et ses solutions.Il y aurait plus d'équilibre et de sens logique mais c'est un chagement de paradigme grave pour certains petits parlements provinciaux
    On a beau y penser et rêver les ROC ne fera jamais ça...
    Le pays Québecois ne devrait pas devenir un petit Canada francophile... mais bien un pays ayant son identité propre.

    Avec cette autonomie nationale le pays québécois pourra être un partenaire actif de la mondialisation autant que les autres pays modernes

    Evidemment, maintenant le nouveau projet de Pauline demande aux citoyens souverainistes québécois de devenir impliqués et responsable de convaincre plus de 70 % des québécois nés ici des avantages d'avoir notre pays. Ensuite de demander un référendum par pétitions et manifestations et quand plus de millions de personnes se manifesteront peut-être que le temps sera venu au PQ proposer un référendum, mais pas l'inverse.
    Quand, les québécois seront prêt à fonder ce pays ils seront assez mature et prêt pour exiger un référendum qui sera gagner clairement sans contredit.
    Si on veut être pleinement autonome on doit aussi être totalement responsable avec des droits et des obligations...
    Jean-Paul Thivierge »

  • Janette Leclerc
    Inscrite
    samedi 8 mars 2008 13h32
    Que reste-t'il de nos amours?
    « Ce parti n'est plus le parti que j'ai connu.
    C'est maintenant une clique de rêveurs.ç
    Le PQ a échoué. La baisse du français à Montréal en témoigne. Il a eu 30 ans pour nous prouver qu'il pouvait nous aider. »

  • Sylvain Racine
    Abonné
    samedi 8 mars 2008 14h54
    Québec réel et Québec imaginaire
    « Madame Marois aurait dû attendre la sortie du livre suivant l'enquête sur le Québec réel et imaginaire. On y retrouvera certainement les grandes lignes de ce que les Québécois et Québécoises désirent pour l'avenir.

    En fait, j'ai lu tous les textes, et une chose certaine, souverainistes ou fédéralistes, les Québécois veulent un projet d'avenir clair et précis, sur lequel l'on peut retrouver une solidarité et un engouement profond.

    En 1995, c'était "un pays, le sous-sol, les fondations et après on verra ce qu'on bâtit dessus" mais maintenant nous allons tenter de construire le château, notre État, mais sans sous-sol, sans fondation.

    Je suis prêt à parier que si l'on y parvient, Ottawa va vite venir se mettre dessous et rapidement sceller le tout en disant: "Vous voyez, vous avec bâti votre pays dans le Canada". Plus aucune raison de partir maintenant.

    Nous ne sommes pas sortis du bois! »

  • Jacques Léger
    Inscrit
    samedi 8 mars 2008 18h02
    On peut toujours rêver
    « Bernard Descôteaux semble refuser à son tour de voir bien en face la réalité et la diversité de la population montréalaise et québécoise. "Il faudra reprendre le bâton du pélerin...aller convaincre les électeurs...S'assurer qu'existe chez les Québécois une volonté collective de faire l'indépendance...". Dommage, mais je vois de plus en plus que les Québécois sont ailleurs. Le Parti québécois est le parti des aînés et d'un nombre versatile de francophones de dit "de souche". Il n'est pas le parti des immigrants de plus ou moins longue date qui ont d'abord choisi le Canada comme pays. Il n'est évidemment pas le parti des anglophones. Il est le parti d'une faible proportion des jeunes générations qui ont des intérêts et des préoccupation d'un autre ordre. Les pélerins péquistes risquent malgré leur bonne volonté d'aller prêcher dans le désert ou à des covertis d'assez longue date. Ce n'est pas Pauline Marois avec un langage constamment ambigu et son goût pour les ballons d'essaie qui pourra y changer quelque chose. Le temps des chapelles est révolu. Le Québec est beau dans sa diversité et le refus des croisades qui séparent l'ivraie du bon grain. Nous sommes ailleurs et autrement. »

  • Marc Lavallée
    Inscrite
    samedi 8 mars 2008 21h02
    Moins ça change, plus c'est pareil
    « Ou le contraire? De toute manière, ce n'est pas la logique qui illumine la politique québécoise. D'où cette croyance de B. Descôteaux que Pauline Marois voudrait et pourrait réaliser l'indépendance du Québec. Faut se faire à l'idée: le Québec est le royaume du neurone bloqué, du piton collé, de l'inertie pathologique, de la catathonie identitaire. C'est pas tout d'avoir une bonne idée par siècle, des fois faudrait se décider. Ça a ben l'air que le Québec en est incapable et préfère se conter des histoires pour mieux dormir au gaz.

    L'indépendance, ça se réalise avec exaltation et conviction, ce dont les québécois sont maintenant dépourvus. Comme les jeunes sont encore plus mous, égocentriques et "j'm'en-crissiste" que leurs vieux boomers de parents, l'indépendance c'est terminé. Avec ce Québec "de souche" anti-intellectuel, adéquiste et en décomposition avancée qui pompe son gaz en périphérie de Montréal pour se réfugier encore plus loin, il n'y a rien à espérer.

    À l'instar du Japon qui a vu Mishima s'hara-kiriser à la télé, le Québec aura peut-être son VLB qui s'immolera avec ses livres à une émission de GuyA. Le "peupe" québécois et l'indépendance sont des concepts qui se sont définitivement dissociés un soir de 1995. La seule chose qui va évoluer, c'est l'assimilation et l'intégration continentale. Le Québec francophone, c'est du folklore canadien, et on a tout fait pour donner raison aux fédéralistes.

    Les tiers partis ont de l'avenir au Québec; son utopie motrice s'est dissoute dans de multiples causes qui n'ont que peu à voir avec la notion de pays. »

  • Gilles Bousquet
    Inscrite
    samedi 8 mars 2008 21h55
    @M. Jean-Paul Thivierge
    « Vous écrivez : Refaire une confédération de 5 pays-régions autonomes qui délégueraient quelques pouvoirs à un organisme comme le parlement Européen pour s'occuper des activités communes au 5 régions.
    1 les maritimes
    2 le Québec
    3 l'Ontario
    4 les prairies et territoires nordiques
    5 les rocheuses la côte ouest et le Yukon.»

    Très intéressant. À mon avis, c'est la seule solution qui pourrait venir d'une coalition du PQ, de l'ADQ et de quelques députés Libéraux provinciaux plus nationalistes que les autres. Ça devrait réussir, ce qui est très important, à aller chercher plus de 60 % de OUI chez les Québécois sauf les purs et durs des 2 côtés. On nous dit depuis 1867 que notre fédération centralisatrice et une confédération, ça faciliterait l'acceptation chez les Québécois d,entendre dire : On veut simplement établir ce qui nous a été promis en 1867.

    Vous écrivez que le ROC ne voudra pas de cette solution là. Peut-être mais il accepterait encore moins la souveraineté complète du Québec avec 50,5 % de OUI. C'est M. Jean Chrétien qui l'a écrit dans ses récentes mémoires : Son gouvernement Libéral fédéral n'aurait pas reconnu une courte victoire du OUI sans compter les risques de partition si le Québec sort complètement du Canada comme au Kosovo.

    Avec 60 % de OUI, le gouvernement fédéral serait tenu de négocier une vraie confédération comme reconnu par la Cour Suprème du Canada à une question claire et une majorité claire sur l'avenir constitutionnel du Québec.

    Que le ROC demeure entier ou qu'il en profite pour se scinder en 3 ou 4 parties pour mieux se particulariser et se gouverner, ce serait à eux de décider. »

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